[EVENT] Nuit silencieuse

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Sona Buvelle
Les mots sont des notes de musiques
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Les mots sont des notes de musiques
Mer 3 Jan - 16:55
EVENT

Nuit silencieuse

Démacia était recouverte d’un fin manteau blanc, on n’y retrouvait pas les même neiges que dans les régions froides de Freljord mais il y faisait juste assez frais que pour faire un bon feu dans toutes les cheminées. Toutes les maisons étaient illuminées de bougies et l’on avait décoré les bâtisses de gui et de houx, égayant la ville en cette période festive. Les quelques gardes n’ayant pas eu leurs permissions pestaient contre le temps une fois la nuit installée mais ils savaient qu’ils n’en seraient que mieux récompensés par la suite et qu’un bon repas chaud ne leur paraîtrait que meilleur une fois rentrés auprès de leur famille. Les enfants avaient dû arrêter leurs jeux le temps de la soirée pour s’installer à table avec les adultes et avaient pour consigne d’être encore plus sages que les autres jours s’ils voulaient recevoir quelques beaux cadeaux.

De mon côté, j’avais passé un dîner interminable avec les frères et soeurs de feu Lestara Buvelle ; mes oncles et tantes adoptifs cherchant à s’approprier ses richesses en me faisant rencontrer l’un de leur fils. N’ayant plus de parents attitrés et Lestara ne m’ayant jamais promise à quiconque, il est vrai que ma condition était étrange, je n’avais pas réellement d’autorité m’obligeant à un tel mariage. D’autant que ma noblesse n’était dûe qu’au nom de Buvelle, je ne partageais en rien le sang de celle que j’avais pour coutume d’appeler ma mère. Rien ne m’empêchais donc d’épouser un de mes “cousins” si ce n’était le manque d’envie. Non pas qu’ils ne soient pas charmants mais je ne souhaitait simplement pas passer mon existence avec l’un d’entre eux. On m’avait aussi proposée d’re rencontrer d'autres jeunes nobles afin de préserver les relations inter-familiales si chère à notre classe sociale mais à nouveau je m’en désintéressais. Le repas fut long et désagréable, si j’avais pu éviter de les inviter dans le manoir je l’aurais fait volontiers mais je craignais de les offenser plus que ce qu’il n’en fallait. Après tout, ils pourraient vouloir remettre la légitimité mon titre en question devant la justice démacienne étant donné le drame qui avait eu lieu des années auparavant.

Bien que ce fusse aussi pénible que cela était attendu, le repas s’était terminé sans trop d'encombre ; quelques assiettes cassées et une tante en furie suite à un débat houleux sur le manque d’implication de sa progéniture au sein de l’armée. C’est fou ce que l’on peut voir quand on regarde une famille de près ; les maris est infidèles, les femmes vénales et les enfants à qui l’on ne refuse rien. Les espoirs de gloire, la jalousie et la folie des grandeurs. C’est un jeu hypocrite qui se déroule, il faut montrer ses richesses sans en avoir l’air, prouver que sa branche de la famille est meilleure en souriant. Bien sûr quelques-uns éprouvent de vrais sentiments d’amour dans le lot mais ils sont peu nombreux et jugé par les regards condescendants du reste de l’aristocratie...

Pour le dessert les domestiques nous avaient préparés diverses sucreries traditionnelles. Il ne restait que cette dernière étape avant d’être enfin tranquille. J’avais décidé de laisser le personnel de maison rentrer chez eux pour la fête, en prenant soin de leur laisser à chacune un petit quelque chose, je n’étais pas de celles qui les incombait de tâches fastidieuses sans laisser de répit et me chargeait donc d’apporter les plats en ce jour si particulier. Cela me permettait aussi d’échapper à la pression quelques instants entre chaque service... du moins le temps que l’eau du thé soit chaude. A mon retour dans la salle à manger j’amenais donc les mets cuisinés avec soin par mes laquais et chacun se servit tant qu’il le souhaitait. Malgré l'accueil chaleureux qui leur avait été réservé, je sentais que quelque chose d’étrange se tramait entre les invités dans mon dos. Avaient-ils arrangés une combine me concernant ? Probable … La mèneraient-ils à terme sans se planter de couteaux dans le dos ? Cela était moins plausible mais on ne savait jamais... Cependant les femmes firent honneur au thé ionien tandis que la majorité des hommes préféraient continuer la soirée avec une énième bouteille de vin. Lorsque l’on sonna minuit, on se souhaita un joyeux Solstice et l’on s’étreignit comme si de rien n’était.

C’est ce moment-là que choisi mon cousin Arthur pour tapoter son verre avec sa petite cuillère et demander le silence. Les autres invités se turent et tous nous regardions vers lui. Il inspira et se plaça au bout de la table avec un air suffisant et provocateur.
“Je souhaiterais porter un toast à notre hôte acceuillante, qui est aussi ma plus charmante cousine.”

Il y eut quelques gloussements mais ceux qui avaient encore un verre le burent, de même que lui et moi. Je n'avais pas confiance et me méfiait de la suite de son discours.
“Tu as peut-être un petit mot à nous dire petite cousine ?”
Quel sale gamin … Il était à peine plus vieux que moi mais il se prenait déjà pour un homme de grande envergure. D’autant que suite à cela, les railleries à mon compte allèrent de bon train et malgré ma décision de les ignorer, il m’était difficile de rester en leur compagnie. Je feignis donc d’avoir un dernier détail à régler pour me rendre dans la cuisine et, pensant être enfin tranquille et pouvoir souffler un peu.

C’était sans compter sur la personne qui posa alors sa main sur mon épaule… Arthur comme par hasard. Il me sourit et ébouriffa mes cheveux.
“Allons, ne te vexe pas pour si peu, ce n’était qu’une petite plaisanterie… D’autant que je t’ai laissé un petit cadeau ; on a plutôt intérêt à bien s’entendre tous les deux si on fait des enfants… Allez, sans rire, j’ai déjà l’autorisation de toutes les figures masculines ici présente pour te faire la cour.”

Mes yeux s’agrandirent au fur et à mesure de ses paroles, je refusais quoiqu’il arrive mais jusqu’où était-il prêt à aller pour l’argent mais aussi la notoriété qu’il y avait à avoir pour femme une championne mais aussi la musicienne la plus réputée de Demacia.
“Chut ne dis rien … Je sais ce que tu veux me répondre mais nous nous reverrons bientôt ma mie ..."
Il déposa un baiser sur mon front et j’eu du mal à me retenir de le gifler. Ce serait lui donner un autre avantage, j’en étais certaine. Il rejoignit alors la famille avec un sourire hautain et se mêla à eux comme si de rien était. Il avait laissé derrière lui un petit paquet que je me promettais de jeter dès que tous les Buvelle auraient passé le pas de la porte, je ne voulais même pas savoir ce qu’il y avait dedans.

La soirée se prolongea encore un peu après cela, le temps que l’un aille comploter avec l’autre mais surtout que leurs dévoués serviteurs préparent leur retour : il ne s’agissait pas de les faire rentrer dans l’inconfort et les carrioles étaient prêtes. Je les avais prévenus que les domestiques étaient partis et, comme je le pensais, ils se refusaient à dormir dans un manoir où ils auraient dû eux-même préparer leur petit-déjeuner et faire leur toilettes sans aucune aide. A croire que ces anciens soldats, au ventre désormais bedonnant, avaient oubliés leur jeunesse de chevalerie à la caserne.

Il fallut un long moment pour faire les au-revoirs et s’échanger les présents de coutume mais enfin, tout ce petit monde était parti. La neige tombait encore et je regardais par la fenêtre les voitures quitter le domaine Buvelle. Enfin libre … La fatigue s’abattit alors sur mes épaules et je m’affalai dans le premier fauteuil venu. J’attrapai une petite boîte à musique posée-là et tournai la manivelle. Ce genre de mélodie m’avait toujours apaisée …

Pourtant aucun son n’en sorti … J’avais beau essayer, elle ne produisait aucun son. On me l’avait sûrement cassée en la laissant tomber. J’enrageais encore plus … Étaient-ils aussi incapables de faire attention à ce qui les entouraient ?! J'éteignis les bougies, prenant avec moi un petit chandelier et montai jusqu’à ma chambre, il était grand temps d’aller me reposer un peu.

Mon lit me paraissait froid et je ne trouvais pas le sommeil malgré la fatigue, aucune position ne me semblait confortable et j’avais un coup trop chaud, un autre trop froid. Décidément, tout aujourd’hui virait mal … Je repris ma chandelle, décidant de lire un peu pour me changer les idées, ce devait être la nervosité qui m’empêchait de dormir … J’avais pris avec moi quelques texte de poésie de me parurent fades et un livre plus épais, recueil de contes et légendes traditionnelles. Les pages présentaient les monstres venant chercher les enfants turbulents, mais aussi des histoires sur les esprits malveillants des Iles Obscures et du Néant, de créatures insidieuses et perfides qui vous attaque dans le dos au moment où l’on ne s’y attend pas, se nourrissant de la peur et …

FSCHHHHH

Un coup de vent vint éteindre la flamme des bougies sur le chandelier. Je regardais la fenêtre … Je ne me rappelais pas l’avoir ouverte… Je descendis alors avec le livre entre les mains pour chercher de quoi m’éclairer. Il faisait bien plus froid que lors du dîner et, dans la salle à manger, je trouvais mon bonheur et allumais la mèche. Je vis mon Etwahl posée là, juste au dessus de la cheminée alors que je l’avais laissée bien cachée dans la chambre. Même si je savais qu’elle me revenait toujours je préférais la savoir en sécurité dans ce genre de moment… Peut-être était-elle descendue me porter réconfort sans que je m’en aperçoive lors du repas.
C’était bizarre, même en la voyant je ne sentais pas sa présence. Je posais le chandelier et la pris entre mes mains. L’acier me parut aussi froid que de la glace et les cordes ne brillaient plus de leur lueur bleues. Un frisson me parcourut l’échine, que se passait-il ?


Mes doigts tremblants s’approchèrent des cordes tendues et les effleurèrent vainement. Rien … Je recommençai, plus fort cette fois pour être sûr d'entendre le son si familier de mon instrument mais rien à nouveau. Je paniquais … Ce devait-être un mauvais rêve. Qu’étais-je sans lui ? Sans l’Etwahl je redevenais la petite fille seule et perdue que j’avais été des années auparavant. Je tentai, encore et encore, de plus en plus fort, quitte à m’en faire saigner les doigts, je refusai de perdre ce qui m’était le plus cher…

Lorsqu’un son retentit enfin, il ne venait pas d’elle … C’était une dissonance dont la simple écoute m’arrachait des larmes. La seule fois où je l’avais entendue … Lestara …
Je posai à nouveau les yeux sur l’Etwahl, m’attendant à en voir jaillir à nouveau un éclair de lumière bleue mais elle restait inerte. Je pris un couteau et m’avançais vers la provenance des bruits. Il y faisait aussi noir d’ailleurs et, quand je levais le chandelier, je n’y vis rien, j’étais seule avec le silence.

J’avançai un peu plus et entendis un cri cette fois, et devant moi, je jure avoir vu Lestara Buvelle tomber. Je me baissai alors, posant la main sur son doux visage et fermant ses yeux d’or. Je la pris dans mes bras et pleurai sa mort une seconde fois. Je savais .. je savais que c’était de ma faute … Je n’avais pas su maîtriser l’Etwahl ce jour-là. Pourquoi était-elle à nouveau ici dans le creux de mes bras ?

J’entendis encore des bruits de pas mais je n’avais même pas la force de me retourner pour voir qui était là, préférant serrer encore Lestara contre moi. Ce soir, j’avais perdu les deux choses qui m’avaient permis de me raccrocher à mes rêves et à les atteindre, était-ce cela le prix à payer ? Sans elles je me sentais comme une carapace vide, une moitié seulement de moi-même. Je regardais le couteau au sol, des idées noires dans la tête, entourées par lee staccato oppressants de ses bruits de pas qui montaient crescendo.

Je me retournai soudain sur un coup de tête, frappant derrière moi sans savoir ce que j’y trouverais… Le temps parut se ralentir ; je vis la pièce tourner, ma main tenant fermement mon arme de fortune et celle-ci pourfendant l’air jusqu’à une silhouette sombre. Du sang coula, seule tâche rouge sur ce tableau noir et j’entendis enfin autre chose que les claquement des semelles sur le sol.
“Allons Sona, on ne refuse pas un cadeau”
Dans ses mains, le paquet que j’avais laissé ici … désormais ouvert…
“PRENDS-LE !”
Il avait toujours le couvert planté au milieu du ventre et son visage ne s’apparentait qu’à une tâche noire et inexepressive. Il parlait avec une bienveillance feinte et pourtant, je me sentais obligée d’accéder à sa demande. Je levai une main fébrile que je posai sur le contenu mystérieux et senti comme une décharge dans tout mon corps. Mes jambes cédèrent, douloureuse. Chaque parcelle de mon corps rejetait ce qui venait de le toucher sans que je puisse comprendre de quoi il s’agissait. J’avais l’impression que quelque chose en moi semblait vouloir sortir, partant de mon estomac pour remonter en écorchant la gorge.

Quelque chose de monstrueux se produisit alors … La voix de Lestara et de l’Etwahl retentirent à l’unisson. Un son si beau et mélodieux qu’il en devenait terrifiant. Un cri de douleur mêlé à la tristesse.

“Tout a un prix …”



Merci à ma Soso d'amour

Merci Janna:
 


Merci Ahri/la patronne

Si nous apprenions d'abord à écouter le silence ?
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Varus
Le Dernier Gardien
~ Papi Varus ~
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Date d'inscription : 15/01/2017
Le Dernier Gardien ~ Papi Varus ~
Sam 6 Jan - 9:41
Spoiler:
 
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