[Flashback] Sourire froid [Pv. Shaco]

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Dim 15 Oct - 23:57
Le jeune homme portait une longue toge brodée, aussi noire que la suie. Sa musculature imposante roulait sous cet habit peu commun, lui donnant des allures de panthère. Même expression carnassière, mêmes canines surdimensionnées. Ses yeux d’un vert éclatant se posèrent sur l’autre occupant de la salle. Un jeune homme lui aussi, dont la chevelure indisciplinée rappelait le ramage d’un corbeau. Bien moins élancé et vigoureux, ce dernier était penché sur une table, traçant du bout des doigts des symboles anciens. Un galet poli, roulait délicatement sur le bois, sans un bruit, comme animé par les mouvements de la main.

"Tu es lent. Je n’ai mis que quelques semaines à comprendre la portée de ces rituels. Ils sont inintéressants au possible."
Le ton était charmeur, la voix claire et assurée. Il s’agissait à l’évidence d’une personne extrêmement extravertie, douée d’une confiance en elle à la limite de l’indécence.

"Pendant que tu t’acharnes sur ces détails sans importance, j’ai eu le temps d’apprendre les bases de la nécromancie. J’aurai bientôt sous mes ordres une cohorte de serviteurs dévoués, fraîchement tirés de leur sommeil éternel. Et toi tu en seras encore à faire rouler des cailloux."

Le galet s’immobilisa. Une rune étrange ornait désormais sa surface. D’abord rougeoyante, elle s’éteignit progressivement jusqu’à n’être plus qu’un souvenir. Le jeune mage releva alors la tête et se tourna vers celui qui l’avait apostrophé.

"Tu sais, Werner, pendant que certains se font passer pour inaptes, d’autres se battent pour maintenir les frontières de l’empire. Tout occupé que tu es à jouer avec des arcanes que tu ne comprends pas, tu perds la notion du réel. Il nous a été demandé de ramener une de ces pierres runiques à Wisp."
Un silence passa, quelques secondes durant lesquelles le dénommé Werner perdit un peu de sa superbe tandis que l’autre garçon se redressait davantage.
"Les rumeurs vont bon train sur ta famille, et sur votre utilité… limitée sur les trois dernières générations. À croire qu’on ne vous garde que pour vos richesses. Un pétale racorni qui tombera bientôt au pied de la fleur, pour servir d’engrais…"

L’expression de Werner se durcit et il attrapa son interlocuteur par le col, pour l’approcher à quelques centimètres de son visage.
"Tes menaces de gueux ne m’impressionnent pas. Ta petite vision étriquée ne reflète pas celle de l’ordre. Tu ne sais rien de ma famille."

Son ton était devenu froid, sa respiration sifflante. De toute évidence ces quelques mots avaient fait mouche. Néanmoins, il relâcha bientôt sa prise, avant de reculer d’un pas. Un sourire impeccable ornait de nouveau ses traits. Il reprit, après un toussotement léger et feint :
"Tes petits jeux sont amusants, mais je suis prêt à parier que tu n’aimerais pas qu’on joue de même avec toi. Jericho Swain, arrivé ici par hasard, officiellement plus jeune officier catapulté sur le front. Officieusement, trop occupé à déterrer des cadavres pour étudier correctement. Je crois bien que je ne suis pas le seul à jouer avec des arcanes incompréhensibles. Et je suis certain que ça intéressera maître Wisp."

Rapide comme l’éclair, il étendit le bras, écarta Jericho et s’empara du galet, encore posé sur la table. Ce dernier ouvrit la bouche, comme pour protester, mais ne dit rien.

"Je me fais peut-être passer pour inapte pour éviter ce foutu service militaire, mais nous savons tous les deux qui est le véritable éclopé ici. Je serais désolé d’avoir à briser cette seconde jambe… En attendant, merci pour ta généreuse donation. Ne fais pas mine de parler. Ce sera ta parole contre celle d’un descendant de grande lignée, et le sang a encore son importance ici."

Puis il s’éclipsa, à grande enjambées, laissant Swain devant une table vide.


Le jeune officier quitta la salle d’étude quelques heures plus tard. Il devait s’assurer que Werner n’essaierait pas de le suivre comme il en avait l’habitude. Il savait que ce dernier avait perdu patience une poignée de minutes auparavant, et quitté les environs. Mais d’autres intrigants déambulaient dans ces ruelles mal famées, et Béatrice ne pouvait tous les repérer. Il fallait partir rapidement. Il rejoignit l’oiselle dans une rue adjacente, complètement privée de lumière. Les fenêtres alentour ne disposaient même pas de carreaux, et la plupart des habitants ne rentraient que lorsque le jour poignait.

Elle l’attendait, perchée sur un pan de mur effondré. Le croassement de bienvenue lancé par le corbeau fit passer durant un bref instant une lueur d’humanité dans les yeux de son maître.
"Tu m’as manqué aussi."

Béatrice se posa sur l’épaule droite de Jericho, à sa place habituelle. Son regard croisa celui du jeune homme et ils restèrent là, quelques instants, comme hypnotisés l’un par l’autre. La voix rauque de l’humain rompit le silence.
"Ainsi, tu as trouvé notre candidat. Je fais confiance, tu as toujours eu le bec creux sur ce genre de décisions. Werner se rapproche de la vérité. Et Wisp avec lui. S’il venait à découvrir nos petits arrangements dans les souterrains, il serait capable de promouvoir cet idiot plutôt que nous."

Il tira un carnet écorné d’une des nombreuses poches de sa robe, sur lequel il inscrivit rapidement quelques mots.

"En avant, mène-moi à ce coupe-jarret."



La salle était faiblement éclairée, fortement enfumée. Les conversations n’étaient que des murmures, les clients n’étaient que des ombres. Le garçon et son corbeau jaugeaient les lieux. Un pas, puis l’autre, tout en tentant de distinguer les visages dans la pénombre. Une infime pression de serre fit comprendre à Jericho que son homme se trouvait sur la droite. Il longea le mur jusqu’à une alcôve minuscule. Une table, deux chaises, et une grande silhouette dégingandée. Étrangement, aucun verre ne venait encombrer la tablée, et les serveuses faisaient de grands détours pour éviter ce recoin de la salle. Swain s’assit néanmoins, et Béatrice quitta son épaule pour atterrir bruyamment sur la table.

"Bonsoir. Je suis à la recherche d’un homme de talent. J’ai un problème et on doit m’en débarrasser, le plus tôt étant toujours le mieux."

La silhouette se redressa. De grandes mains fines aux doigts crispés vinrent agripper le rebord du plateau de bois brut. Les bras qui en partaient semblaient sans fin, et s’élevaient sans jamais s’arrêter pour venir se raccorder à des épaules couvertes de manches bouffantes. Outre cette coquetterie pour le moins particulière, l’ensemble du costume soulevait des interrogations. Les couleurs étaient sombres, particulièrement discrètes et adaptées à des lieux tels que celui-ci, mais les formes et les textures rappelaient un vêtement de scène. Comme si quelque troubadour avait voulu se reconvertir dans le meurtre de sang-froid.

Le visage n’était pas en reste. Une peau laiteuse, plus encore que celle de Swain. Des cheveux torsadés, ébouriffés, comme doués d’une vie propre, coiffés pour ressembler à des cornes. Et en dessous, deux petits yeux luisants, aux pupilles agitées, presque sauvages. Mais la touche finale qui venait compléter ce chef d’œuvre de tragicomédie, c’était ce sourire. Angélique, au sens figuré. Ou plutôt défiguré. Deux coupures asymétriques barrant des joues glabres. Des cicatrices à la fois horribles et fascinantes, qui révélaient deux rangées de dents effilées, plus blanches que la craie. Plus encore que les yeux, c’était le sourire qui semblait fixer Jericho. Etait-ce seulement possible d’avoir des zygomatique aussi efficaces malgré ces blessures ? Car le sourire s’élargissait encore, bien davantage qu’il n’était humainement possible.

"Je crois que vous conviendrez parfaitement."
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Ven 3 Nov - 10:59
Quoi de mieux qu’une maison sinistre pour prendre du bon temps, surtout quand celle-ci ne vous appartient pas. C’est en tout cas ce que pense Shaco. Assit sur une table de bois au milieu d’une pièce faiblement éclairée, il savourait un verre du meilleur alcool qu’il ait pu trouver. De son autre main, il lançait ses couteaux à travers la pièce. La cible était un tas de chiffons semblant être une poupée, attachée à un poteau de bois. La poupée était déjà couverte de trous et avait encore un couteau planté dans son bras. Un dernier fila dans le deuxième bras complétant la crucifixion. Le bruit du métal qui taille dans le bois était le seul son qui ponctuait la scène. Un son brut et net. Il faut dire que l’occupant de la maison n’était pas très bavard. Son corps était étendu sur le sol, déjà froid depuis un long moment. Les battements du cœur du noxien s’étaient arrêtés rapidement dans la nuit. Bien trop rapidement au goût de Shaco. La tunique qu’il portait était blanche, si on omettait la grosse tâche rouge qui s’étendait sur les côtés. Le reste était simplement en tissu avec un cuir trop sombre pour qu’on puisse le distinguer. Shaco se leva de sa chaise, laissant un trait de lumière éclairer une partie de son visage. Ses yeux rouges étaient rivés sur le cou de l’homme, d'un air absent. Le symbole de l’armée noxienne était gravé sur un médaillon.

" Quelle ironie. Un commandant fier de sa patrie, tué par quelqu'un en faisant partie. "

Passant au-dessus du corps, il ramassa un couteau tombé à terre. Il coupait efficacement mais le blanc de la lame n’était pas en accord avec le rouge du sang qui coulait dessus. Le besoin d’en acheter de nouveaux se fit ressentir. Il va falloir se rendre dans les bas-quartiers pour trouver un bon marchand discret. C’est avec cette idée en tête qu’il ramassa ses deux autres couteaux, toujours plantés dans le bois. Sa paire de couteaux favorite, avec la lame rouge et un seul côté tranchant. Une excellente acquisition malgré le prix élevé. L’argent du contrat actuel ne suffira pas pour payer les prochaines armes. Shaco se rabattit sur le peu d’objets de valeurs présents dans la maison. Malgré l'argent dont il pourrait tirer du médaillon, il le laissa autour du cou du cadavre. Donc quelques pièces de monnaie et une montre brisée furent les seules trouvailles. Un coup d'oeil par la fenêtre l'averti que le soleil commençait à se lever dans les rues. Rangeant tout son attirail sur lui, il allait sortir de la maison, mais il s’arrêta à l’entrée. Un petit rire s’échappa de sa bouche et il retourna sur ses pas afin de détacher la poupée. Elle s’étala sur le sol dans un bruit étouffé. Il sortit ensuite en laissant la porte à semi-ouverte. Un petit gémissement émana du corps étendu au pied du poteau.

" Pa…Pa… "


Shaco marchait dans les rues encore peu éclairées. Quelques rares commerçants commençaient déjà à ouvrir leurs échoppes et les ivrognes rentraient chez eux en criant la gloire de leur État. Des oiseaux piaillaient et parmi eux un grand corbeau volait au-dessus des maisons. En passant à côté d'une petite armurerie, Shaco s'arrêta quelques instants. Deux grands stilettos étaient exposés dans la boutique. Une lame en pointe de harpon et un manche de bois avec des gravures étranges. Ainsi qu'un prix étrangement bas pour des armes si parfaites. Quoi qu'il en soit, ces armes finiront dans son arsenal. Mais pour ça, il lui fallait un nouveau contrat.

Shaco alla empocher l'argent de sa nuit auprès de son client. Mais celui-ci ne proposa rien de plus. Toujours plus avare. L'objectif fut donc d'aller voir ses derniers clients, l'obligeant à passer la journée à marcher dans la cité. Mais aucun d'entre eux ne souhaitait de ses services.

" Ces couards de l'armée noxienne craignent tant pour leur réputation qu'ils n'osent pas engager d'assassins afin d'éliminer leurs concurrents. Ou bien, ils ont trop peur de mourir eux-mêmes par cet assassin. "

Shaco, sans nouveau contrat, décida d'aller boire dans une auberge. Ce n'est pas aujourd'hui qu'il trouvera ce qu'il recherche.


Une faible lumière éclairait la pièce, peinant à passer au travers de la fumée ambiante. Le visage des clients laissait dire qu'ils n'avaient pas eu une meilleure journée que Shaco. Quant à l'aubergiste, il paraissait tendu, probablement des soucis d'argent. Le jeune tueur s'installa à une table sur la droite de l'entrée. Le temps passait doucement et les serveuses ne s'approchaient pas de sa table, visiblement par dégoût. Mais le calme fut brisé par le faible grincement de la porte. Un jeune homme apparut dans l'entrée, la chevelure désordonnée. Un gros corbeau posé sur son épaule droite observait la pièce dans tous ses recoins. Finalement, il se dirigea d’une démarche claudicante vers la table où Shaco s’était posé. Il s’assit, le corbeau toujours sur son épaule. En l’observant de plus près, son visage était inexpressif et ses yeux noirs semblaient jauger Shaco.

" Bonsoir, je suis à la recherche d’un homme de talent. J’ai un problème et on doit m’en débarrasser, le plus tôt étant toujours le mieux. "

Shaco l’observa, un sourire commençant à s’étirer sur son visage. Il serait bien facile de voler un infirme, surtout qu’il ne paraissait pas très robuste. Mais Shaco appréciait l’originalité de ce gamin. Un corbeau aussi imposant sur son épaule a le mérite d’être intimidant. Et puis il ne semble pas posséder une bourse bien lourde malgré le bon état de son habit.

" Je crois que vous conviendrez parfaitement. "

" Intéressant. Vous avez de quoi m’acheter un chapeau ? J’aime les chapeaux. "

Ces mots bien que comiques sonnaient étranges dans la bouche du tueur. Il reprit d’un ton plus sérieux.

" Sachez que mon prix est plutôt cher et que j’aime m’amuser un peu avec la marchandise. Évitez donc les mauvaises blagues pour votre petite sœur, gamin. "
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Mar 7 Nov - 22:55
Jericho se surprit à chercher des similarités entre lui et ce sinistre individu. Après le physique, il s’employait à détailler la psyché de son interlocuteur. Quels secrets, quelles folles pensées nées d'un esprit malade pouvaient défiler derrière ces yeux ? Dans un empire aussi vaste que Noxus, difficile d'estimer le nombre de personnes potentiellement folles. Potentiellement... comme lui. Il n'avait jamais perçu cet état de fait comme un handicap. La norme était source de médiocrité, et penser différemment un avantage non négligeable. Il était plus difficile à cerner, à analyser, et cela augmentait considérablement le temps de réaction de ses adversaires.

Bien sûr, être simplement anormal n'avançait à rien. Un homme dénué d'intelligence et fou à lier finissait au mieux isolé, au pire il retournait au néant. Mais quelqu'un de brillant avec assez de recul pour exploiter ce don qu'était l'anormalité, ce quelqu'un ne pouvait que s'élever. Les yeux de l'adolescent fouillaient littéralement ceux de l'assassin, à la recherche d’une confirmation. Il ne craignait nullement ce qu'il y trouverait, son propre esprit regorgeant de pensées horribles et d’affreux souvenirs. De souvenirs surtout. De toute évidence, cet homme était torturé par sa condition. Lui aussi. Mais plutôt que de sublimer ses pulsions pour en faire quelque chose de plus grand, il les assouvissait. Il "aimait s’amuser avec la marchandise"… Assurément le genre de personne qu’il lui fallait. Un passionné. Un peu excentrique, mais rien d’impossible à canaliser.

"Je me suis laissé dire que vos tarifs tutoyaient le ridicule, et que par conséquent vous ne travailliez guère que pour les nantis. Fort heureusement, j’ai les moyens de mes ambitions. Et bien plus à offrir que de simples piécettes."

Une bourse atterrit sur la table. L’équivalent d’une solde d’officier, plus le fruit des larcins de Béatrice. L’aspect rebondi du cuir ne laissait planer aucun doute sur la nature clinquante du contenu. La voix de Jericho se fit plus basse, presque un souffle.

"Vous mentionniez un chapeau, mais j’ai cru comprendre que vous préfériez les objets… tranchants."

Arpentant toujours le panneau de chêne, Béatrice darda ses yeux rougeoyant sur l’assassin. La commissure de son bec frémit, comme si l’oiselle s’efforçait de sourire. Il y avait quelque chose d’insolent dans le regard du corbeau, et un œil avisé pouvait lire cette même expression dans les yeux vert sombre de son maître.

"Je peux vous garantir l’accès à un arsenal militaire. Je suis certain qu’un connaisseur tel que vous trouvera l’acier de nos forgerons très à son goût. Ce, en sus bien évidemment de la seconde partie du paiement. Quant au chapeau… disons qu’il s’agira d’un bonus accordé à ma libre appréciation. Impressionnez-moi et le couvre-chef est à vous."

Le jeune Swain marqua une pause, durant laquelle le murmure de la salle reprit le pas sur leur conversation. La porte du coupe-gorge grinça tandis que de nouveaux arrivants faisaient leur entrée. Armures lourdes et rictus méprisants. Visiblement, il n’était pas le seul engagé à descendre dans ces rues mal famées. Il rabattit la capuche de sa tunique pour couvrir son visage, et Béatrice plongea sous la table avec un caquètement outré. Une fois qu’il se fut assuré que les soldats ne les avaient pas remarqués et s’étaient installés à une autre table, il reporta son attention sur le ténébreux saltimbanque.

"Votre cible s’appelle Markus Werner. Six pieds de bêtise crasse et d’assurance. Il a bien des amis dans le Quartier d’Ivoire et c’est assurément la seule chose qui fait qu’il est encore en vie aujourd’hui. Même si vous avez pour ainsi dire carte blanche sur la méthode, j’ai une requête à formuler. Je veux qu’il souffre, et je veux que ses chers parents puissent bien voir leur délicieux rejeton passer de vie à trépas."


Tandis qu’il lâchait ces mots sur un ton plus monotone que s’il avait commandé une paire de chausses, les pensées de Jericho s’emballaient. Les Werner affaiblis et éplorés, il n’aurait plus qu’à s’introduire chez eux une fois l’agitation retombée. Leur immense bibliothèque devait encore crouler sous les souvenirs familiaux. Souvenirs qu’il ferait siens. Le Bastion Immortel ne s’était pas bâti en un jour, mais une vie lui suffirait amplement pour s’en emparer. L’important était de procéder méthodiquement. Mettre un terme à cette lignée décadente n’était qu’un test, et son intérêt se trouvait déjà ailleurs. Il aurait besoin d’un outil fiable, dans un futur proche. D’un outil tranchant…

Il se releva lentement, reprenant appui sur le dossier de la chaise pour soulager sa jambe. Un sifflement presque inaudible tomba de ses lèvres pâles et l’oiselle qui nichait sous la table vint le rejoindre sous le couvert de la capuche. Le jeune homme accorda un dernier regard à l’assassin.
"Revenez me trouver lorsque ce sera fait. Je ne vous demande pas sa tête, mais il devrait avoir une sorte de galet en sa possession. Ramenez-le-moi."

Sur ces mots, Swain quitta la taverne, laissant le panneau de bois brut claquer derrière lui. L’air vif de la nuit vint en hurlant s'engouffrer dans son capuchon, incendiant ses joues. Il remonta la bande d’étoffe qu’il portait nouée autour du cou sur son visage. Personne ne devait apercevoir ce sourire froid.
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