Enfants des Etoiles (Soraka-Sona)

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Sona Buvelle
Les mots sont des notes de musiques
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Date de naissance : 26/03/1999
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Les mots sont des notes de musiques
Dim 3 Sep - 1:33

ft. Sona

ft. Soraka

Enfants des Etoiles
Partout autour de moi, le vide … Tout est aussi sombre que la nuit ; rien n’est distinct autour de moi …  je suis seule avec la sensation étrange que mon corps m’a abandonnée. Je ne sens ni mes jambes, ni mes bras ni aucune autre partie de moi. Je me contente de rester immobile, d’être ici et maintenant en observant l’obscurité profonde qui m’enveloppe. Elle est accompagnée du silence le plus harmonieux qu’il m’ait été donné d’entendre ; ce dernier gonfle petit à petit, s’emparant de l’espace vide pour l’emplir de sa présence silencieuse. Cette bulle muette continue de grandir jusqu’à éclater sans un bruit et pourtant, la mystérieuse sensation de sa perfection m’a quittée pour en laisser place à une autre. Au loin une étoile brille faiblement. Elle absorbe la nuit qui se trouve autour d’elle et propage une lumière chaude à travers les ténèbres. L’astre semble aussi perdu que moi dans cette étendue achrome sans horizon. Elle s’approche toujours, si près que je pourrais la toucher, si près que sa lumière pénètre mon corps et m'éblouit. Je baigne à présent dans sa lueur pure qui forme une sphère lumineuse autour de moi. Grâce à son éclat j'aperçois alors subrepticement l’Être au masque doré qui s’était immiscé dans mes rêves à Demacia. Les orbites vides et blancs que laissent deviner son masque me regardent fixement et, aussi vite l’avais-je remarqué qu’il avait déjà disparu, ne laissant dans son sillage que des images floues : l’Oeuf bleu étoilé au décors dorés, mon Etwahl un peu plus loin, l’immense montagne qu’il m’avais montrée, l’île d’Ionia, l’orphelinat de mon enfance, mon reflet vieillissant depuis l’enfance à aujourd’hui, Lestara, Demacia et la League. Les images tourbillonnent autour de moi, elles défilent de plus en plus vite et la lumière qui m’entoure s’intensifie toujours plus. Jusqu’à ce que mes yeux se closent enfin. Je n’entends plus qu’un bourdonnement qui résonne dans ma tête ; un son lointain ; un bruit sourd qui tente de parvenir à moi. Quand je recouvre la vue, le torrent d’images est arrêté et, devant moi, je n’observe plus que l'entremêlement de celles-ci. Le flux de mes souvenirs enfouis et de mes émotions se calme, me laissant alors ouïr distinctement une voix claire et douce, comme tombée du ciel. Sans connaitre le moindre mot de cette langue aux accents lyriques,, je perçois pourtant un message clair : je suis rappelée vers mes origines, et cela commence par un retour à Ionia.




Un rai de lumière illumine mon visage, apparement le soleil est levé. Réveillée par le soleil je peine malgré tout à quitter mon état de somnolence. Mon rêve traine encore devant mes yeux quelques instants et je reste couchée dans mon lit malgré son confort discutable. Impossible cependant de retrouver le calme et la sérénité qui m’habitaient quelques secondes auparavant. Le roulis de la mer me berce toujours et l’odeur saline et iodée ambiante est pour moi le parfum du retour. L’île au Serpents est loin derrière nous désormais …  Lorsque je ferme les yeux la symphonie de Nadak-Aeyaa est encore ancrée dans ma mémoire. L’unique partition est restée dans leur temple et n’en sortira sûrement jamais, l’ode à Nagakabouros vivra éternellement à travers lui et les enfants qui l’avaient entendue seront bientôt les gardiens de ce savoir. L’Etwahl émet un léger son et me sort de mes pensées : elle aussi a été perturbée par les évènements récents. Je passe mes doigts sur les cordes qui laissent résonner un magnifique si bémol majeur avec une septième. Elle a besoin d’être écoutée mais cette fois-ci je ne comprends pas ce qu’elle essaie de me communiquer. Entre moi et mon instrument il y a toujours eu une forme de compréhension mutuelle instinctive ; ni lui ni moi n’avions à parler, les informations et les sentiments passaient entre nous comme si nous n’étions qu’une seule et même entité et pourtant, quelques rares fois l’une ou l’autre prenait le dessus et se détachait de ce lien. Je ne l’avais jamais volontairement fait mais lorsque cette liaison était rompue je me sentais comme privée de l’un de mes sens.Cette fois-ci c’était encore différent : ni l’Etwahl ni moi n’avions rompu quoi que ce soit ; nous étions sur deux longueur d’onde différentes et j’avais beau essayer je ne parvenais pas à percevoir ce qu’il y avait entre nous. Étonnée, je me décidai enfin à me lever, me vêtir d’une tenue correcte et je montai sur le pont, mon compagnon sous le bras. Une étendue d’eau à perte de vue, un ciel bleu azur et un peu d’air frais ne pouvaient certainement pas me faire de mal, après tout la nature a toujours été l’une des plus grandes sources d’inspiration artistique.




Malgré la calme qui régnait, je n’arrivais pas à passer outre mon étranges rêve, il collait à ma peau et ne quittait pas mon esprit et, toute la journée j’errai dans un état brumeux, entre ce monde onirique et la réalité. Plusieurs fois je cru même voir certaines étoiles briller en plein jour mais, après m’être frottée les yeux elles disparaissaient systématiquement. A Démacia on aurait sans doute mis cela sur le compte de ma fatigue mais je ne pouvais m’empêcher d’y voir un signe extérieur : si l’Etwahl et le mystérieux homme au masque essayaient tous les deux de m’avertir de quelque chose, que devais-je faire ? J’aurais apprécié qu’Ahri ou Illaoi soient sur ce bateau pour me donner quelques informations mais ni l’une ni l’autre ne pouvaient m’aider. J’étais seule avec pour compagnie des messages mystiques auxquelles je ne comprenais rien. Je laissais trainer mes yeux dans le vide de longues heures durant. Le bateau tanguait légèrement au  gré des vagues, le vent caressait mes cheveux et le soleil tapait sur ma nuque mais je faisais fi de tout cela. Seul comptait le temps qui s’écoulait et qui me rapprochait de la terre ferme ; plus encore, de mon chez moi.




“Ca va pas fort ma petite dame ?”




Je détournai le regard pour observer mon interlocuteur. Je n’avais pas vu le temps passer et le soleil semblait déjà vouloir se coucher. Un marin était venu me voir, il avait amené une chaise sur le pont et s’était installé du mauvais côté. Il avait aussi pris la peine de tendre vers moi une assiette avec une grosse patate, du poisson seché et salé et quelques algues. Rien de bien appétissant en somme mais en le voyant je me rendis compte que j’avais très faim.




“Vous êtes pas obligée mais vous pouvez v’nir manger avec nous si ça vous fait plaisir. C’est pas bon de rester seule avec ses chagrins, faut vous changer les idées…”




D’abord surprise par la proposition, je souris alors. Le plaisir et le réconfort se trouvait parfois dans des choses simples. J’hochai la tête et me levai pour l’accompagner et manger avec les autres marins. Ils faisaient plus ce voyage pour moi que pour les quelques produits exotiques ramenés de l’île aux serpents. A ce genre table, on mangeait avec plaisir le repas frugal, on chantait et l’on riait à gorge déployée. C’était leur façon de vivre heureux. Un peu gênée je m’assis tout de même à côté d’eau et commençai mon repas. Les manières avaient été laissées de côté apparement mais cela ne m'empêcha pas de me tenir comme une Demacienne devait le faire. Très vite cependant ils m’intégrèrent à la discussion et, par quelques mimiques et de petits gestes je participais. Ca faisait du bien de se retrouver un petit peu, loin de la vie de petite noble ou de championne, loin des salles de concerts ou de la Faille, simplement être moi …




La nuit était agitée : les vagues se faisaient de plus en plus grande, le vent soufflait et il tonnait. Le paysage paradisiaque laissait place à un autre, beaucoup plus chaotique. Ciel noir et mer grise à perte de vue, la seule teinte qui brisait ce tableau n’était que celle des éclair qui déchiraient le ciel. Le bateau pourtant solide était malmené par les vagues et nous étions ballottés dans tous les sens. La pluie trempait les courageux qui tentait de manoeuvrer en vain. Tout était arrivé si vite … On m’obligea à rester enfermée dans la cabine; à l’abri des éventuels accidents cependant je ne m’y sentais pas plus en sécurité. Le battement de la pluie sur les planche et le souffle du vent m’isolaient du reste de monde. Coincée dans cette petite pièce je n’avais aucun pouvoir sur ce qui allait venir. J’étais soumise aux éléments …






CRAC



Le noir total






Je prends une grande goulée d’oxygène, mon coeur bat prestissimo, il fait froid et je panique. Je me débat et, quand j’ouvre enfin les yeux, je m’aperçois que l’étreinte humide et glacée que je percevais n’existait que sous la forme d’un chiffon mouillé posé sur mon front. Encore un rêve ? Il y a une bougie posée à côté du lit qui éclaire la minuscule cabine et le visage de l’homme qui veillait sur moi. 




“Vous allez mieux mademoiselle Buvelle ? Si vous ne pouvez pas me faire signe fermer simplement les yeux pendant cinq secondes.”




Je lui hoche la tête, j’arrive toujours à bouger heureusement… L’homme pose alors une paire de lunette sur son nez et me parle lentement. “Nous allons vous apporter un repas. Quand vous vous sentirez mieux vous pourrez quitter votre chambre… Reposez vous c’est le plus important pour l’instant.”




Pas la peine de me le dire deux fois, je m’étais déjà presque rendormie. A mon second réveil je découvris un bol de soupe froide que je bu à grandes goulées avant de sombrer à nouveau dans un sommeil profond. Celui-ci cependant ne semblait pas décidé à devenir reposant. Il y avait toujours quelque chose, une présence, un appel. Ionia … La montagne, l’orphelinat … Tout recommençait toujours. Une étoile qui brillait puis une autre qui s’était éteinte. Puis écrites en lettres d’or “Rejoins moi”.




A mon troisième réveil j’ai enfin pu me lever. Tout était à l’arrêt … Où était le rêve et où était la réalité … Tout s’entremêlait depuis ma rencontre avec l'Être masqué … Et plus encore depuis la Vérité… “Nous avons mis cap sur Ionia comme demandé mademoiselle Buvelle, nous devrions arriver d’ici deux journées si tout se passe bien.”




Apparement j’avais du me réveiller plus que trois fois … ou peut-être qu’une renarde se baladait encore ici … Quoi qu’il en soit, hasard ou non dans deux jours j’aurais ma réponse. Mon Etwahl semblait elle aussi satisfaite d’en finir, elle subissait certainement autant que moi ces perturbations.




En effet, au petit matin du surlendemain nous débarquions sur les côtes ionienne. L’île de mon enfance. Je m’étais remise sur pied mais l’équipage refusa de me laisser partir seule le premier jour. J’avais toujours l’esprit embrumé et le médecin mais le médecin de bord plaçait ses contrariétés sur le compte d’une lourde fatigue, d’une trop grande nervosité et de la mer. Cela m’avait laissé le temps de trainer un peu les oreilles et de récupérer de cet éreintant voyage. Je me sentais déjà plus à l’aise désormais, mais comment trouver ce mystérieux messager mystique ?




Merci Janna:
 


Si nous apprenions d'abord à écouter le silence ?
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