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Date d'inscription : 19/03/2017
Dim 23 Juil 2017 - 11:17
Comme quoi cela pouvait servir de ne pas être tout à fait n'importe qui. L'auditorium n'était pas un endroit inconnu pour Falun, même si l'y voir semblait toujours incongru. Personne ne le voyait comme un grand amateur de musique, et il ne pouvait prétendre vraiment s'y connaître en acoustique. Pourtant, c'était ici qu'il avait effectué les derniers réglages pour Trèfle, l'oiseau réagissait aux sons, et ainsi amplifiés, l'enregistrement de ses instructions, aussi obscures qu'elles paraissent pour des néophytes, s'était révélé d'autant plus rapide et précis.

A l'époque, les techniciens le laissaient rentrer par sympathie pour son projet, qui passait pour une lubie sans avenir. Falun savait qu'ils avaient pitié de lui. Il était maigre et avait le teint hâve, l'air malade même quand il ne portait pas de plâtre. Sa santé ne lui laissait alors guère de répit.
Les choses avaient bien changé depuis, et les techniciens qu'il avait vus de manière récurrente se réjouissaient du dénouement heureux de son histoire, et fiers de l'avoir connu avant que son nom n'apparaisse dans les journaux. Reconnaissant pour leur aide désintéressée, l'inventeur avait appris à les connaître et les appelait par leur prénom.
Même si ses visites s'étaient largement espacées, il avait même eu l'occasion de rencontrer le directeur de l'auditorium, qui n'avait pas manqué remarquer à quel point sa santé - et ses chances de survie - s'étaient améliorés. Ils étaient parmi les rares personnes à avoir entendu le potentiel symphonique de Trèfle, même s'ils étaient loin d'en connaître toute l'étendue et le potentiel.


"Merci Deif."

L'ingénieur abandonna la missive dans les mains du technicien. Plus que sa petite célébrité, c'était surtout l'amitié qu'il avait tissée avec ces hommes qui s'avérait utile. Pourtant, même s'il se sentait suffisamment proche d'eux pour leur demander ce service, l'étudiant était passé en amont par les voies officielles. Cela était potentiellement plus contraignant, mais il doutait que l'artiste consente à rencontrer un inconnu à la sauvette, et son emploi du temps devait être plutôt chargé. Même s'il prenait le risque d'un refus purement administratif, il avait ainsi une meilleure chance qu'on lui concède un peu de ce temps si précieux.
Contre toute attente, l'on accéda à sa requête bien facilement. Falun n'était pas hautain, et en dehors de ses champs d'exercice, il s'efforçait de rester discret. Et il ne profitait pas de sa renommée pour obtenir des faveurs. En réalité, c'était la première fois. Il n'était pas naïf. Il savait qu'on ne lui aurait pas ouvert les portes de la loge s'il avait été un simple étudiant, sans histoire et anonyme. Son nom et la modestie de sa demande avaient sans doute grandement joué. Le jeune homme soupçonnait également un brin de mansuétude. Car nul dans l'Académie ne pouvait ignorer les récents évènements qui l'avaient touché.
Même si cette pensée le mettait mal à l'aise, il ne se plaignait pas du temps ainsi gagné. C'était déjà un miracle qu'il ait trouvé le temps d'écrire ce court message. Mais il avait bien trouvé le temps d'assister au concert, alors...




Entr'acte I : Spectateur clandestin

L'Académie accueillait la journée des inventeurs. C'était une manifestation importante, bien que le nom paraisse un peu pompeux. Même si la plupart des inventions exposées provenaient des élèves, quelques inventeurs indépendants pouvaient s'y produire. Cette journée servait d'introduction à la Fête du Progrès, et il pouvait y avoir des visiteurs des grandes maisons... alors tout le monde s'appliquait et se donnait au maximum pour que son atelier soit remarqué.

La précédente Fête du progrès, la seule à laquelle il avait pu prétendre en réalité, avait été une catastrophe pour Falun - et un cuisant échec. Il ne s'était donc pas étonné de voir le projet d'un autre élève choisi pour être présenté lors de cette journée. Il y avait participé activement, travaillant dur pour que ce soit une réussite, mettant comme toujours beaucoup de cœur à l'ouvrage. Mais cette fois, ce n'était pas lui dans le feu des projecteurs et il pouvait en profiter pour se reposer un peu... et faire quelques biais au programme de la journée.
Cela faisait plusieurs jours déjà que le jeune homme avait repéré les affiches annonçant la venue d'une grande artiste, dont la représentation signerait l'ouverture de l'exposition. Connaissant son nom, il n'avait qu'un souhait pour cette journée, pouvoir assister à son spectacle. Par honnêteté, il avait partagé cette envie avec ses camarades. En temps normal, le temps du concert était l'occasion pour les exposants de faire les derniers préparatifs et de peaufiner leur présentation et leur discours. Il n'était pas sensé faire exception. Mais aidé par les circonstances, il avait gagné l'accord de tous les participants et la complicité même de la "directrice du projet". Il s'était assuré d'avoir terminé toutes ses tâches en avance, et au moment opportun, il s'était éclipsé, aidé par les autres qui cacheraient son absence.


"Sur ce coup-là, je t'envie.
- Non, c'est ton jour de gloire."

Falun voulut sourire à la jeune fille. Sélène était une élève douée, et son esprit inventif était trop souvent oblitéré par sa réserve et son envie de mettre ses talents au service des autres. Même s'il restait un peu amer pour son propre avenir, il était sincèrement heureux qu'elle ait été choisie, c'était l'occasion pour elle de se faire enfin connaître. L'exprimer était une autre paire de manches.
Une fois hors de vue, il avait pris un chemin de traverse pour se diriger vers l'extérieur de la bâtisse. Quelques notes sifflées, et Trèfle reçut ses instructions. Il regarda l'oiseau s'envoler. A partir de maintenant il suffirait d'une fenêtre ouverte. Il espérait faire une belle surprise aux camarades qui couvraient son escapade.

Un éclat argenté dans les hauteurs de la salle lui confirma le succès de son infiltration. L'auditorium était bondé. N'étant pas invité à la représentation, il avait dû se contenter d'une petite place près de la sortie. Il était assis à même le sol pour que l'on ne remarque pas sa présence, et n'avait aucun visuel sur la scène... quelle déception. Dire qu'il avait fait tant d'effort pour...
La vibration intense interrompit net ses pensées. S'il n'avait pas été assis il serait tombé. Amplifié par la sonorisation, la mélodie de l'Etwahl avait rempli l'espace. En moins d'une respiration, le souffle coupé, il ne pouvait plus penser à autre chose. Il ne voyait pas Sona, mais il entendait parfaitement son instrument. Les yeux fermés, Falun se laissa porter. Comme si elles étaient vivantes, les notes traversaient son corps, faisant frémir ses nerfs et battre son cœur. Il ne faisait qu'un avec elles, comme si elles l'emportaient dans un rêve.
L'instrument se tut, laissant couler une dernière note avant un silence parfait. L'étudiant porta la main à sa nuque, manquant le coche pour les applaudissements. Encore ému, il ressentait une chaleur le long de sa colonne vertébrale, comme une résonance. Avant qu'il n'ait pu reprendre pied sur terre, la musique l'emporta à nouveau. C'était une invitation au voyage, elle l'emmenait successivement dans ces pays étranges et lointains qu'il n'avait vu qu'en peinture. Il se trouva l'espace de quelques minutes en terrain familier, mais Piltover n'était qu'une étape, et il quitta bientôt sa ville vers d'autres horizons, dans de cette succession de paysages mélodiques. C'était... magique.

La note finale sembla rester suspendue dans les airs, avant que n'explose la foule extatique. Cette fois, Falun faisait partie du public enthousiaste, et manqua se blesser la main à force d'applaudir. C'était très différent de tout ce qu'il avait pu imaginer. Bien loin de la mélodie lancinante et répétitive qu'il avait vue sur les écrans. Mais il en était heureux, et cela faisait naître en lui une nouvelle envie, un doux rêve. Il n'était pourtant qu'un point parmi tant d'autres, admirateur invisible et caché par les corps des spectateurs qui s'étaient levés pour acclamer l'artiste. Quel vain espoir était-il en train de faire naître ? La déception ne serait pas un baume pour son cœur meurtri...
L'étudiant était debout, l'émotion lui avait fait oublier pourquoi il ne souriait plus. Mais il se faufila hors de l'auditorium avant que les applaudissements ne retombent. Il sentait encore les palpitements de la musique dans ses tempes, mais il ne fallait pas qu'il se fasse repérer et devait retourner à l'atelier avant que son absence ne devienne trop suspecte. Trèfle lui, attendrait que la salle se soit entièrement vidée avant de prendre son envol. Peut-être capterait-il des images de la magi-musicienne, qui sait ?


(To be continued...)
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Date d'inscription : 19/03/2017
Mar 25 Juil 2017 - 19:08
TOC TOC

La précieuse enveloppe dans les mains, le technicien remuait les lèvres en silence. Il se trouvait devant la loge de l'artiste, et c'était vraiment intimidant. Il avait expressément attendu de son retour, prévenu qu'elle revenait chercher quelques effets personnels. Il était donc certain de sa présence. Pourtant le doute l'assaillait. La célèbre artiste lui ouvrirait-elle ? La missive était une opportunité à ne pas manquer, car elle lui permettait d'apercevoir, même un bref instant, cette femme à la harpe qu'il n'était pas le seul à admirer. Et Falun se permettait de lui écrire ? Ce petit malin était bien culotté. Le veinard. L'homme se rabroua. A la vérité, non, il n'avait aucune envie d'être à sa place. Pas en ce moment.
Sur ces pensées, la porte s'ouvrit, prenant Deif par surprise. Il faillit froisser la lettre par crispation. Tout n'était que silence. La femme qui lui faisait face le regardait, un air interrogatif sur le visage. Sentant venir son bégayement, il préféra renoncer au petit discours qu'il avait pourtant si soigneusement préparé, et tendit l'enveloppe avec la grâce d'un empoté... mais il s'insulterait plus tard. Il voulait malgré tout savourer cet instant.


"B... bonjour. C'est une lettre pour vous."

Il aurait sans doute dû dire son nom, ou celui de l'expéditeur, mais les mots restaient coincés dans sa gorge. Ses cheveux bleus donnaient un air innocent à son visage, c'était vraiment différent de la voir en vrai. Elle était si... La main de la musicienne attrapa la lettre avec douceur, remerciant le messager d'un hochement de tête. Avait-il réussi à empêcher sa main de trembler ? Il n'était pas sûr.

"Au revoir."

Il avait au moins parlé sans hésiter cette fois. Pour un adieu, génial. Il regarda encore la jeune femme, gardant ses pensées secrètes. Puis il fit demi-tour. Si l'artiste était très occupée, il en allait de même pour lui. Le travail était loin d'être terminé, même après le concert. Et avec ce qu'il venait de voir, la journée promettait d'être longue.



Entr'acte II : Silence

"Eh, c'est moi qui fait ça d'habitude !"

La voix du rouquin s'était élevée presque par réflexe, une réplique ancrée dans sa nature profonde. Ses yeux, eux, trahissaient un trouble bien différent. Il porta avec un geste lent, trop lent, ses doigts à sa joue, pour effleurer sa peau là où les lèvres de Sélène l'avaient touchée. Cette dernière s'était reculée dans le silence qui était tombé soudain, les yeux écarquillés, les mains devant sa bouche, effarée par l'impair qu'elle venait de commettre. Il avait toujours rêvé de ça, il le réalisait maintenant. Mais... ce... n'était... pas... la bonne personne.
Le jeune homme se leva brusquement. Son regard avait croisé celui de la brune avant qu'il ne se retourne. Son œil gauche était aussi rouge et sombre que celui mutilé lors de l'opération qui avant changé sa vie. Mais il était loin d'être froid. Et Sélène recula encore, la culpabilité marqué sur ses traits. L'oiseau d'argent sur l'épaule, il s'éloigna sans plus un mot. Envolé le sourire de son escapade, envolée la joie de la surprise qu'il leur avait réservée en remerciement de leur complicité. Sélène fit mine de le suivre, mais une main l'arrêta.


"Laisse-le, il n'a pas besoin de ça."

Les yeux bleu lagon d'un autre apprenti se plantèrent dans ceux de la jeune fille.

"Mais ne te sens pas coupable. Tu étais juste un peu trop enthousiaste. Nous l'étions tous."

Le son retomba sur le silence laissé par l'absence de Falun. Il n'y avait plus de musique dans les couloirs de l'Académie. Tous espéraient juste que leur compère n'était parti que pour aller dormir.



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