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Masculin
Messages : 2
Date d'inscription : 04/06/2017
Localisation : Bastion Immortel
Emploi/loisirs : Ourdir son prochain complot
Dim 4 Juin - 18:11
« Autre adversaire, même déception. »

 
« CARTE D'IDENTITÉ »
♦♦ NOM : Jericho Swain
♦♦ TITRE : Maître tacticien
♦♦ LIEU DE NAISSANCE : Noxus Prime
♦♦ RÉSIDENCE : Bastion Immortel, Noxus Prime, Empire noxien
♦♦ OCCUPATION : Grand Général
♦♦ FACTION : Noxus
« DERRIÈRE L'ORDI »
♦♦ PSEUDO : IJustMadeThatUp
♦♦ AGE : 20
♦♦ COMMENT AVEZ-VOUS CONNU LE FORUM ? : Retour après une petite absence
♦♦ PRÉSENCE ? : Régulière






Rencontrer Jericho Swain, c’est faire face à la personnalité la plus représentative de Noxus. Un homme ne se hisse pas à la tête d’un empire aussi méritocratique sans s’approprier les règles du jeu, jusqu’à représenter à lui seul une quintessence des qualités -et des défauts- qui font des noxiens un peuple craint dans tout Valoran. Brillant -et c’est ici un euphémisme-, calculateur et fin stratège, le général n’a pas usurpé son titre de Maître tacticien. En politique comme sur le champ de bataille, il n’a pas son pareil pour analyser en un clin d’œil une situation et l’état d’esprit de tous ses opposants. Si vous faites partie de ceux qui ont toujours un coup d’avance, vous en avez quatre de retard sur Swain. Habitué à jouer sans cesse avec son entourage et ses subordonnées, avec ses alliés comme avec ses ennemis, le général voit la vie comme une gigantesque partie d’échec. Vous êtes les pions, mais il n’est pas le roi. Il est le joueur.

Si vous entrez dans la vie de cet homme, ce n’est pas en tant qu’être pensant et doué d’une volonté propre mais en tant qu’outil. Vous serez utilisé, manipulé, et jugé en fonction de vos aptitudes. S’il sait se montrer juste avec ceux qui le soutiennent, c’est uniquement pour s’assurer de leur loyauté. Swain ne règne pas par l’empathie et la récompense. Il dirige par l’exemple, la violence psychologique et morale. Cette présence écrasante, ce charisme effroyable qui pousse ses hommes à le suivre dans toutes ses entreprises. S’il y a bien une chose innée chez Swain, c’est son autorité.

Autoritaire donc, froid aussi. S’il ne s’arme pas d’empathie pour parvenir à ses fins, c’est tout simplement qu’il en est dépourvu. La souffrance, la sienne comme celle des autres ne l’émeut pas. En fait, il parvient si bien à dompter ses propres douleurs et à les faire taire par la seule force de sa volonté que tous ceux qui se laissent aller à se plaindre deviennent à ses yeux moins qu’humains. Il s’est hissé seul au sommet d’une nation, réputée pour l’extrême brutalité de ses rapports sociaux, et ce n’est aucunement un hasard. Cependant, il n’est pas dépourvu d’humanité. Féru de musique, amateur d’art et gentleman, il se fend à l’occasion d’un compliment ou d’un bon mot, lorsque ce genre de badinerie peut lui rapporter quelque chose. On rapporte même qu’il lui arriverait parfois de parler d’un ton affectueux, presque paternel. Jamais à personne d’autre qu’à Béatrice, cependant.

Il semble entretenir avec son oiseau des rapports plus étroits qu’avec n’importe qui d’autre. Il s’adresse à mademoiselle Béatrice, toujours à voix basse, et parfois dans un dialecte étrange, lorsqu’il est certain de ne pas être écouté. Elle joue le rôle de confidente, certains diraient même de conseillère. Mais c’est impossible bien sûr, car comme chacun sait, un corbeau ne saurait tenir des conversations sensées. Toujours est-il que Béatrice est bien la seule à qui Swain fait suffisamment confiance pour dormir les yeux clos lorsqu’il est seul avec elle. Le rapace lui ne ferme jamais ses six yeux en même temps. Allez savoir pourquoi.

Seul, et habitué à l’être, Jericho ne recherche dans ses relations avec les autres que plus de renseignements sur eux, pour mieux les utiliser à son avantage par la suite. Il analyse, assimile et traite en permanences une myriade d’informations. Cela lui permet de fomenter des plans, des plans à l’intérieur de ses plans et des plans annexes à chacun de ces plans. Chaque nouvelle donnée collectée, chaque indice relevé permettra d’adapter les prévisions et les machinations du stratège. Le savoir, c’est le pouvoir. Lorsque le Maître tacticien se fixe un objectif, il n’y a ni morale ni code de conduite pour le limiter. Son intellect doublé d’une absence totale de considération pour les autres lui permet de toujours prendre les décisions les plus objectivement profitables. Pour lui, bien entendu.

Car plus que le pouvoir, il recherche la victoire. Il ne tire du plaisir que de l’expression incrédule de ceux qu’il a surpassé de son génie. Il cherche sans cesse des adversaires capable de lui tenir tête, car les défis sont bien la seule chose qui lui font ressentir de l’amusement. Il rencontre rarement des personnes capables de se mesurer à lui, et lorsque c’est le cas, lesdites personnes finissent soient par se ranger à ses côtés, soit par disparaitre mystérieusement. Ne vous opposez pas à Swain si vous n’êtes pas capable d’ourdir des complots au moins aussi tordus que les siens. En fait, ne vous opposez pas à Swain.
Devenu le dirigeant d'une nation qui glorifie la force et la puissance, Swain peut paraître à première vue peu adapté aux standards noxiens. De taille moyenne, l'homme ne peut se déplacer sans boiter. Pâle, presque maigre, on pourrait le croire trop frêle pour représenter Noxus la Grande. Un seul regard suffira à vous persuader du contraire. Ses yeux brillent d'un éclat grenat tout à fait malsain, première marque physique de la magie à laquelle il s'adonne. Le Grand Général respire l'autorité, et son aura est un mélange subtil de puissance, de froide assurance et de malveillance contenue.

Son visage dur, taillé à la serpe est marqué par les années. Quelques rides le parsèment, dues à l'âge avancé du commandant, mais étrangement, aucune des ridules d'expressions que l'on retrouve habituellement sur les visages de ceux qui ont vu tant d'hivers. Il y a une raison simple à cela, le faciès de Swain ne s'anime presque jamais. Avare de paroles, presque incapable de sourire ou même de plisser les yeux, l'homme tombe rarement le masque froid et indéchiffrable qu'il s'est choisi. D'ailleurs, le bas de son visage est perpétuellement couvert, mais nul ne sait pourquoi. Certains avancent que c’est pour cacher son rictus satisfait à ses adversaires, lorsqu’il les sait battus. Il se murmure aussi des choses autrement plus effrayantes, des histoires de bec et de plumes plus noires que la nuit. Mais ce sont bien évidemment des racontars. Quel dirigeant noxien n’a pas été la cible de ragots en tout genre, relayés par la propagande demacienne ?

Son corps aussi a été marqué par la vie. Souvenir de jeunesse, son péroné droit forme une boule inquiétante, là ou l’os s’est ressoudé. Restes de sa vie d’officier de première ligne, son torse est parcouru de fines cicatrices, là où les lames demaciennes ont su traverser l’armure. Anecdote amusante, aucun homme vivant ne pourrait aujourd’hui se vanter d’avoir blessé Swain au combat. Le général porte des vêtements seyants à sa condition, et à un homme de goût tel que lui. Des toges longues, rehaussées de bijoux discrets et de décorations militaires en tout genre. Depuis son "élection" au poste de Grand Général, il lui arrive d’arborer en public une armure d’apparat. Noire comme l’ébène, couverte d’or et de plumes. Version améliorée de celle que porte les membres de la Garde Raedsel, elle est complétée par quelques pièces d’équipement uniques sélectionnées par le commandeur en personne.

Une spalière renforcée et façonnée sur mesure pour être équipée d’un perchoir doré. Lorsque Béatrice se pose dessus, on pourrait presque croire que l’oiseau sourit de contentement. Le heaume quant à lui présente un protège-nez atypique, en forme de bec effilé. En complément, quelques bibelots subtilisés à leur précédent propriétaire, lui aussi très versé dans l’art de la magie noire. Cet ensemble hétéroclite sur lequel vient s’accrocher une cape pourpre et noire inspire crainte et respect, car il symbolise parfaitement tout ce qu’incarne Swain. Pouvoir immense, volonté écrasante, détermination sans faille. Propension à s'approprier ce qui peut lui servir, aussi.

En dehors de cet accoutrement guerrier, il a toujours à la main un appui aussi efficace et distingué que le reste de sa tenue. Canne à pommeau d’argent, bâton de mage arborant l’emblème de Noxus... les supports sont variés mais tous sont utilisés de la même façon. Pour soutenir la démarche du général, pointer les emplacements stratégiques sur une carte et occasionnellement briser les os de ceux qui commettent l’erreur de croire que le Maître tacticien est aussi faible physiquement qu’il en a l’air.

Parler de Jericho Swain sans évoquer Béatrice serait aussi idiot que de décrire Noxus Prime sans mentionner le Bastion Immortel. Toujours perché sur l’épaule de son maître, le corbeau -c’est du moins la race à laquelle semble appartenir le volatile- semble bien plus gros que la moyenne. Un ramage aussi noir que la nuit, des serres et un bec plus affutés qu’un glaive d’acier noxien et trois paires d’yeux rougeoyants qui ne vous lâchent pas un seul instant. Là où Swain se rend, Béatrice suit ou se trouve déjà. Perpétuellement affamé, le charognard sera souvent vu un en train de mâchouiller un morceau de viande rance. Ou de chair fraîche, selon les endroits visités par son maître dernièrement.
À Noxus, les orphelins aussi frêles que l’était Swain peinent à survivre. Entassés dans des établissements crasseux de la basse ville, ils apprennent rapidement au milieu des garçons plus grands qu’eux et des surveillants tyranniques à faire profil bas. Mais Jericho n’était pas de ceux-là. Lui apprit rapidement aux autres -les grandes brutes comme les plus retors des adultes- à faire profil bas en sa présence. Il y avait quelque chose d’étrange dans le regard du garçon, dans ses manières. Il avait une expression un peu trop mature, une locution un peu trop distinguée. Les haillons qu’il portait le disaient sorti du caniveau, quand ses belles paroles et son parler le désignait comme une sorte d’héritier de haute naissance. Quoi qu’il en soit, personne ne prit jamais la peine d’enquêter sur le passé du jeune homme à la peau pâle. Il était certes étrange, mais il ne causait guère de problème, et un orphelin sans histoire n’éveille guère la curiosité.

On se contentait de l’éviter, parce qu’il n’y avait pas pire compagnie que la sienne. Se retrouver seul dans la même pièce que le garçon, c’était se faire dévisager longuement, intensément. Voir ces pupilles qui ne cillent pas vous transpercer, sentir tous vos secrets les plus intimes être arrachés un à un et le sourire de Jericho s’élargir peu à peu face à votre désarroi. C’était aussi une des raisons pour lesquelles il vécut une enfance tranquille. Lorsqu’on le menaçait physiquement, il plantait son regard dans les yeux de ses agresseurs et déblatérait une à une leurs peurs les plus secrètes avant de les regarder fuir. Mal à l’aise dans le meilleur des cas, en pleurs dans le pire. Il ne développa aucune passion, ne prenant aucun plaisir dans les jeux et les sports pratiqués par les jeunes de son âge.

La plupart du temps, il déambulait, le visage inexpressif dans les couloirs de l’orphelinat. On le laissait faire. Il avait appris à lire seul, et il était bien plus intelligent que tous les enseignants qui venaient offrir un semblant d’éducation aux pensionnaires de l’établissement. Pourquoi déranger un enfant aussi brillant ? Raison plus officieuse, personne, pas même le directeur n’osait s’opposer à Swain. Aussi, ce dernier faisait comme bon lui semblait. Un jour, il revint d’une ballade dans un cimetière avec un oisillon sur l’épaule. On le pria de se séparer de l’oiseau. Le jeune Jericho refusa, le personnel insista. Le jeune homme glissa un mot à l’oreille du directeur, et le débat fut clos. Après tout, l’oiseau en question n’était pas très grand, il ne faisait guère de bruit, et le garçon s’occuperait seul de le nourrir. Les documents de l’orphelinat mentionnent le départ anticipé du dirigeant de l’établissement quelques jours plus tard.

Avec l’arrivée de Béatrice -c’est ainsi qu’il nomma l’oisillon ébouriffé qu’il avait recueilli-, Jericho devint encore plus renfermé et taciturne. Lui qui n’adressait la parole aux autres qu’avec condescendance, et s’il y était obligé, ne parla plus du tout. Sauf à Béatrice. Les autres enfants cessèrent tout à fait de lui prêter attention. Lui adresser la parole, c’était attirer son attention, et personne de sensé ne désirait attirer l’attention de Swain. On ne parlait de lui et qu’à voix basse. "Le garçon aux oiseaux". En effet, ses virées en dehors de l’orphelinat se faisaient de plus en plus régulières, et de de plus en plus longues. Les membres du personnel envoyés à sa recherche revenaient toujours sans lui, avec un regard un peu fou.

Après une enquête plus approfondie et un recoupage des quelques bribes de phrase arrachées aux personnes dépêchées sur place, la nouvelle directrice découvrit que Jericho se rendait toujours dans les cimetières, seul. Là-bas, les versions différaient mais toutes mentionnaient des corbeaux. Des dizaines, voire des centaines. Aucune ne faisait vraiment sens. La directrice décida que pour son bien et afin de préserver sa santé mentale, sa version à elle serait que ce jeune homme était assez grand pour vaquer seul à ses occupations et faire ce que bon lui semblait. Le lendemain, elle trouva une note manuscrite sur son bureau qui la félicitait pour son bon sens.


Swain lui-même retint la période de son enfance comme une perte de temps. Dès qu’il fut assez vieux pour subsister par ses propres moyens, il quitta l’orphelinat. Un destin bien plus grand l’attendait. Il ne conserva sur lui que ses vêtements, quelques documents administratifs qui serviraient à prouver qu’il n’était pas esclave et bien sûr Béatrice. Cette dernière l’aida à survivre dans les moments les plus durs. L’oiselle développait déjà des talents insoupçonnés pour un volatile. Définitivement plus intelligente qu’un corbeau lambda, même dressé. Plus féroce aussi. Jericho apprit bien vite à faire bon usage des talents de son amie. Elle devint ses yeux, ses oreilles ainsi qu’une arme redoutable.

Devenu enfant des rues, le jeune orphelin n’attirait pas la sympathie. Chassé où qu’il aille, traité comme un mendiant et un voleur, il trouva refuge une fois de plus auprès de ses seuls amis. Les corbeaux. Cimetières, volières, toits de la ville. Jamais il ne dormait au même endroit, mais toujours il retrouvait ses compagnons. Lui et Béatrice se nourrissaient comme les autres charognards. Restes, fruits de menus larcins et occasionnellement un peu de viande crue. Lui qui n’avait jamais été bien nourri devint famélique, sa peau déjà blanche devint extrêmement pâle. Personne à Noxus ne le prit en pitié. La ville et ses habitants n’étaient pas connus pour protéger les faibles. C’est à cette époque que Jericho acquit une certitude. La morale et l’empathie étaient dispensables et ne servaient que de freins à l’ascension des plus forts.

Persuadé de sa supériorité intrinsèque, le garçon se mit à échafauder des plans pour asseoir sa domination. Lui qui n’était rien s’élèverait pour devenir tout. Noxus était l’endroit rêvé pour cela. Le mérite était récompensé, et seul les plus forts dominaient. Ce n’était que justice, et c’était la configuration rêvée pour lui. Il avait toujours été différent, aussi loin que remontait sa mémoire. Il avait toujours eu ce genre de talents. Mais son plus grand atout demeurait son intelligence. Avec un esprit comme le sien et les aptitudes qu’il possédait, ne pas dominer les autres aurait été un terrible gâchis. Et il ne commencerait pas par les cibles faciles. Il se mit donc à parcourir Noxus Prime, cette fois dans les quartiers huppés de la cité. Là, Béatrice et lui s’emparèrent d’un nombre incalculable d’objets en tout genre. Par le vol, le troc, les menaces, le chantage... Rien de plus facile que de rassembler des informations sur les vieilles familles d’aristocrates noxiens, pour ensuite s’introduire dans leurs demeures ou s’en servir comme monnaie d’échange.

Il ravit ainsi de quoi vivre décemment. Il y gagna aussi un accès à des livres anciens et des parchemins antiques. Pour protéger leurs secrets, nombreux étaient ceux dans le Quartier d’Ivoire prêts à donner à cet étrange adolescent tout ce qu’il désirait. Surtout si au lieu d’acheter son silence en espèces sonnantes et trébuchantes, ils pouvaient se débarrasser de lui en refourguant des antiquités familiales. Swain se moquait bien des inimitiés qu’il pouvait laisser derrière lui. Il recherchait des ouvrages bien particuliers, et ce genre d’écrits ne pouvait se trouver que dans ces maisonnées bien... particulières. Prenant goût à cette influence qu’il développait, Jericho oublia de considérer les failles de son plan. Ses propres faiblesses. Il abusait certes de celles des autres, n’ayant aucun mal à les déceler. Mais tout occupé qu’il était à juger ceux qu’il considérait comme ses inférieurs sur le plan de l’intellect, il ne vit pas venir la riposte. Une riposte physique.

Il était maigre, il était chétif. Et Béatrice n’avait pas encore l’envergure qu’elle possède aujourd’hui, ni les mêmes serres. Ils n’étaient pas de taille face aux hommes de mains envoyés pour s’occuper du "gamin dérangeant". Une allée sombre, une bastonnade en règle. Entre deux évanouissements, Swain entendait parfois le croassement plaintif de Béatrice immobilisée par ses tortionnaires. Le monde extérieur n’était plus qu’un mélange confus de douleur, de sons lointains et de formes floues. De temps à autre, il distinguait vaguement une série de phalanges tatouées qui s’éloignaient pour mieux revenir s’écraser sur son visage, puis de nouveau le néant. À l’abri dans sa forteresse mentale, Jericho contemplait froidement l’état de son corps.

Faible. Pathétiquement faible. Il avait sous-estimé les risques et sous-évalué les enjeux. Sur le terrain de la ruse et de l’intellect, il pouvait battre n’importe qui. Mais le dernier des ruffians pouvait le rouer de coup s’il se laissait prendre dans une confrontation physique. Il se mit à penser, à planifier la mort de tous ceux qui prenaient part à cette... Cette... Pourquoi cherchait-il ses mots ? Il n’avait jamais eu cette sensation de... Non. Il était en train de perdre. Après le contrôle de son corps, il était en train de perdre celui de son esprit. Et il savait ce que cela signifiait. Il allait mourir. L’ultime défaite, celle de l’homme face à la vie. Quelque chose de primal s’éveilla en lui.


L’instant d’après, il se voyait plongeant son bec dans l’orbite de phalanges-tatouées. Le goût métallique, désagréable, de son propre sang était envolé. Celui qu’il goutait maintenant était infiniment plus savoureux. Avec délice, il enfonça les serres de sa patte droite dans les entrailles d’un autre homme au crâne rasé. Voir le colosse se tortiller et implorer sa pitié alors que ses viscères touchaient déjà le sol, oh, quelle vision plaisante. Il était justement affamé. Alors que sa raison vacillait de plus en plus, il distingua vaguement du coin de ses six yeux les membres de son meurtre. Il croassa et mille piaillements rauques lui répondirent.

Il se réveilla dans une autre ruelle. Ses vêtements toujours déchirés, mais plus une trace de coup, ni même une entaille sur le corps. Alors qu’il se redressait, sa jambe droite se déroba sous lui. Le jeune homme fixa un bon moment les deux morceaux d’os qui transperçait la peau. Visiblement, tout n’avait pas guéri à la même vitesse. Il se dirigea vers un dispensaire, prenant appui sur les murs crasseux pour ne pas retomber. Il revoyait nettement le dernier homme asséner un coup de gourdin sur sa patte antérieure, la brisant nette. Pourtant, ce souvenir ne lui appartenait pas. Béatrice demeurait étrangement muette, figée sur son épaule.

Un médecin relativement compétent. Des réponses lapidaires, laconiques au possible. Oui, son tibia était visiblement brisé. Oui, il se nommait Jericho Swain et il était citoyen noxien. Oui, il était certain de ne pas savoir comment il s’était fait cela. Oui, il était bien sûr d’avoir treize ans. Le craquement des os ne parvint pas à briser la concentration du garçon. Il planifiait déjà son prochain coup. Lorsque le docteur prescrivit des soins magiques, il se contenta de refuser sèchement. Sa faiblesse apparente ne serait pas un handicap. Cette marque physique servirait autant de rappel personnel que d’atout pour duper les autres. Il ébouriffa les plumes du cou de Béatrice et s’éloigna en claudiquant, une béquille sous le bras.


L’homme qui l’aborda le jour suivant le fit sans trop de manières. Sous sa capuche, ses traits semblaient nobles. Les bagues qu’il portait aux doigts valaient plus cher que l’habitation du noxien moyen. L’une d’elle en particulier, une chevalière couverte d’épine, attira l’attention de Jéricho. Il se présenta comme "un messager" venu proposer "une initiation et les services de ses cercles". Il avait attiré l’attention d’aristocrates très particuliers en rassemblant ainsi des grimoires et des manuels d’arts occultes. Et avec la disparition inexpliquée des hommes envoyés pour le supprimer la veille, cette attention s’était transformé en intérêt. Le jeune homme laissa passer un instant. C’était la première fois qu’on ne le sous-estimait pas, mais aussi la première fois qu’on le menaçait à demi-mot. S’il n’acceptait pas lesdits services, nul doute qu’il serait mort avant la nuit.

L’entrée de Swain dans les fameux "cercles" fut une nouvelle leçon de vie. Il n’était pas le seul joueur, et certains jouaient depuis des siècles. Sa détermination à surpasser ceux qui possédaient tant d’avance sur lui n’en devint que plus grande. Il apprit beaucoup auprès des autres membres. Là-bas, son âge, ses origines et sa personnalité n’avaient aucune importance. Seuls comptaient ses pouvoirs, son intellect et ses ambitions. Conscient d’être utilisé, il s’assura de rentabiliser le temps qu’il passait à jouer les parfaits disciples. Il exigea qu’on lui ouvre les portes du Bastion Immortel. Rien de moins. Lorsqu’on lui répondit dans un rire que ce genre de plan requerrait au moins quatre décennies de préparation, le garçon se contenta d’acquiescer de la tête. C’était à peu près conforme à ses estimations.

Le plan tel qu’il l’imaginait à l’instant présent l’amènerait sur le siège de Grand Général en trente-sept ans, trois mois et six jours. Plus ou moins quelques heures. Il intégra l’armée, comme tous les citoyens non-exemptés de seize ans. En tant qu’officier. Dans ses calculs, il avait bien évidemment pris en compte le coup de pouce que pouvait lui offrir ses nouvelles relations. Il mena ses premières campagnes, donnant des ordres d’une voix aussi froide qu’assurée. Le champ bataille et l’exaltation de la guerre révélèrent l’homme que Swain était déjà devenu depuis bien longtemps. Comme il aimait à le répéter aux soldats parfois trois fois plus âgés que lui qui servaient sous ses ordres, l’enfance n’est qu’une perte de temps.

Document retrouvé dans les archives :
 

Si lors de sa première affectation, son jeune âge fit grincer des dents plus d’un vétéran couturé de cicatrices ; son charisme naturel et son efficacité dans le feu de l’action eurent tôt fait de transformer les "gamin !" et les crachats menaçants en louanges. Il n’y avait pas d’officier plus compétent que Jericho. Toujours en première ligne, appuyé sur la garde de son sabre, il menait les troupes comme un chef d’orchestre, avec précision et efficacité. Le champ de bataille était une partition, et chaque soldat une note qu’il fallait placer pour composer la symphonie de la victoire. En bon virtuose, le jeune officier n’hésitait pas à raturer des pans entiers de son œuvre. Voir ses hommes se faire décimer ne l’atteignait tout simplement pas. Il voyait plus grand. Chaque sacrifice était volontaire, minutieusement examiné et consenti. Et au bout du compte, chaque bataille se transformait en victoire.

Bien vite, la réputation de Swain au sein de l’armée devint proprement légendaire. Le soir, dans les garnisons, on ne mentionnait plus l’éclopé parachuté officier, mais bien le tacticien de génie qui avait encore une fois mis en échec les troupes demaciennes. Les campagnes s’enchainèrent. À chaque nouvel affrontement, son lot de sacrifices, de stratégies improbables et finalement de lauriers pour les survivants. C’était autour de Swain et non du général que se ralliait les sous-officiers et leurs hommes. Devant le succès grandissant de ce rookie, les officiers supérieurs finirent par l’inviter aux réunions stratégiques. C’est posté au-dessus d’une carte, déplaçant des pièces de bois représentant les troupes que Jericho éprouva pour la première fois ce qui ressemblait à de l’amusement. Son sens de l’analyse lui permettait d’anticiper tous les déroulements possibles, et de préparer un plan pour remporter chaque configuration de la bataille à venir. Il donnait un cours magistral de stratégie à une dizaine d’hommes grisonnants croulants sous les galons, puis il repartait se mettre en première ligne pour appliquer ses propres tactiques.


Et le résultat des batailles de démontrer qu’à chaque fois, l’officier Swain avait raison. Son ascension se fit prodigieusement rapidement. En un rien de temps, il devint aussi respecté que peut l’être un officier de champ et gagna le titre qui ne devait plus le quitter. Pour certains à Noxus Prime, ce Maître Tacticien était une bénédiction. Un homme jeune, capable partout où il se rendait de contrecarrer les plans des plus grands généraux adverses et de donner aux légions noxiennes l’avantage sur leurs ennemis. Il fut dépêché sur tous les fronts, toujours suivi par son unité. De véritable fanatiques dévoués corps et âmes à sa personne.

Pour d'autres, il n'était qu'un opportuniste arriviste et orgueilleux, une menace montante. Aucun des deux camps ne se trompait.

Pendant ses rares permissions, le soldat Swain redevenait un initié de la Rose Noire. Auréolé de gloire militaire, il s’illustra aussi dans l’ombre, en tant que mage et en tant que comploteur. Il avait rapidement découvert que ses pouvoirs étaient uniques. Parmi les autres adeptes de l’organisation, aucun ne put lui enseigner quoi que ce soit sur la maitrise de ses dons. Il s’entraina donc seul avec Béatrice, comme il l’avait toujours fait. Le temps passa. Il monta en grade, gagna de l’influence et assista à la naissance de l’Institut de la Guerre. Chaque année le voyait devenir plus puissant et se rapprocher de son but, mais il sentait également monter de grands bouleversements. Il fit en sorte de toujours accompagner le mouvement, s’immisçant peu à peu dans la vie politique noxienne.

Devenu officier supérieur et un stratège reconnu comme le meilleur de sa génération, l’homme aux corbeaux vit cependant ses projets momentanément contrecarrés par l’intervention de Boram Darkwill qui fit en sorte que Swain soit renvoyé du service actif "avec tous les honneurs dû à sa condition". Loin d’arrêter un Jericho plus retors et avisé que jamais, ce revirement de situation marqua le début d’un nouveau plan, plus subtil encore que le précédent. Tandis que l’invasion Ionienne se déroulait sans sa présence, Swain se mit à comploter avec l’aide de l’organisation. S’il se retrouvait à la tête de Noxus, ce serait le retour sur le devant de la scène de la Rose Noire. C’est du moins ainsi qu’il présenta les choses pour s’assurer le soutien des initiés.


Les évènements s’enchainèrent. Des années de patiences, de manipulation et d’ascension pour brusquement passer à l’action. Swain devint un champion de la Ligue. Armé des meilleures intentions, évidemment. Nullement pour s’assurer du soutien de certains invocateurs influents lors de son putsch silencieux. Aucunement pour augmenter son influence au sein du Haut Commandement en prévision du moment idéal. Qu’il ne soit pas dit que Jericho Swain n’a fait son entrée dans cette mascarade que pour asseoir un peu plus sa dominance et s’assurer qu’il avait l’influence et la carrure nécessaire pour régner. Tandis que dans la capitale des figures encapuchonnées s’activaient pour lui, Swain devint le visage de Noxus sur la scène internationale. Général reconnu, champion émérite et bien évidemment stratège hors pair, autant de qualités qui faisaient de lui un acteur majeur dans le renouveau des relations noxiennes avec le reste du monde.

Marcus. Puis Boram. L’on pourrait croire que faire disparaitre deux personnalités aussi importantes en aussi peu de temps sans laisser de piste permettant de remonter jusqu’aux coupables relève de l’exploit. Confortablement installé dans sa tente de commandement aux abords de Kalamanda, Jericho Swain ne voyait là que le fruit de décennies de préparation. Rien que de très normal. Il lui fallait à présent gérer ce nouveau théâtre d’opération, s’assurer que l’Institut obtienne ces nexus, avant de revenir en héros à Noxus. Meilleur choix aux yeux de la Ligue. Meilleur choix aux yeux du peuple. Meilleur choix aux yeux de la Rose. Meilleur choix aux yeux de ce général si prompt à faire tomber les têtes. Un Grand Général tout désigné pour succéder à ce pauvre Darkwill.

C’était sans compter sur Darkwill fils. Quelle surprise que ce dernier ait voulu reprendre le flambeau, quelle déveine, il fallait alors repenser tout le plan, repartir pour une longue attente... Sans ironie. Aucune. Pathétique. Prévisible. Un pion de plus. Un duelliste soi-disant hors pair. Mais que vaut un duelliste enfermé dans des serres magiques, maintenu au sol jusqu’à ce que sa tête soit proprement séparée de ses épaules ? Grand Général, enfin.


Il aurait dû ressentir de la joie, exulter, mais ce n’était tout simplement pas dans sa nature. Debout, surplombant Noxus depuis le palais, Swain repéra le quartier où il avait passé son enfance.
"Une perte de temps, vraiment ?"

Un croassement lui répondit et Béatrice se laissa tomber gracieusement d’une poutre, ailes entrouvertes, directement sur son épaule.

"Oui, assurément. Nous avons fait un bout de chemin."


Nouveau croassement, approbateur.

"Boram a caché ici des secrets plus anciens que lui. Nous trouverons peut-être ce que nous cherchons toi et moi. J’ai déjà un outil de choix pour remettre nos soldats sur le sentier de la guerre. Darius saura apprécier. Sa vision de Noxus a ses limites, mais il n’a pas tort."

Le volatile redécolla, pour aller se poser cette fois sur les rayonnages d’une bibliothèque démesurée.

"C’est vrai. Quelle que soit sa vision, la nôtre finira par prévaloir. Nous avons l’éternité devant nous, tant que nous aurons la mainmise sur le pouvoir à Noxus. Et assez de vies à sacrifier..."


Depuis que la Ligue a commencé à perdre en influence, Swain mène un double jeu. L’image de dirigeant raisonnable qu’il a construite commence à s’effriter sérieusement. Les plans n’ont pas cessé de germer dans son esprit depuis son accession au pouvoir, bien au contraire. Il joue aujourd’hui une partie serrée. En tant que successeur de Darkwill, il doit donner au peuple noxien et à ses soutiens au sein du Haut Commandement des preuves qu’il agit dans l’intérêt de l’empire. Il doit également prendre en compte les revendications de la Rose Noire et de la Ligue, et ce, tout en poursuivant sa quête de recherche identitaire.

Au final, c’est un Swain déterminé et solidement installé à son poste qui dirige aujourd’hui Noxus. L’empire fourbit déjà ses armes en lorgnant du côté de ses voisins directs. Quant à savoir si le Grand Général engagera vraiment les légions dans une nouvelle campagne d’expansion ou s’il fait cela juste pour ajouter au chaos ambiant... Les corbeaux se rassemblent et tournent dans le ciel.


Fait par Soraka pour Valoran's


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Katarina Du Couteau
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Fleur diabolique aux couleurs vives
Mar 6 Juin - 11:26
Jette une pierre sur Béatrice

Saleté de corbac !


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Marche bien droit sur les lames


Sans pouvoir verser une larm
e
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Jeu 8 Juin - 10:55
Big boss est arrivé. Parfait

*pose un tas de graine*
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Masculin
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Localisation : Bastion Immortel
Emploi/loisirs : Ourdir son prochain complot
Dim 11 Juin - 2:42
Béatrice s'envole dans un piaillement strident, alors que la pierre passe juste à côté d'elle. Elle ne revient se poser que pour picorer quelque graines, le regard méfiant.

Général, auriez-vous l'amabilité d'escorter mademoiselle Du Couteau hors d'ici ? Elle n'est visiblement pas en possession de tous ses moyens. Quelle personne sensée s'amuse à jeter des pierres ? Son esprit est sans doute encore embrumé par le deuil. Aaaaah, la perte d'un être cher...

(Plus ou moins fini, à vous de juger :D)
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