Le Champion et la Ligue [Ouvert]

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Varus
Le Dernier Gardien
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Le Dernier Gardien ~ Papi Varus ~
Lun 30 Jan - 0:38
La Faille de l'Invocateur avait été fermée. Vraiment. Telle était sa découverte du jour. Il lisait avec circonspection la note rédigée par les Invocateurs aux Champions qui se présentaient encore à l'Institut. Les battants immenses ornés d'enjolivures de métal forgé, menant à la salle d'invocation, étaient indéniablement verrouillés. Les motifs rappelaient les styles architecturaux de chaque nation de Runeterra. Il contempla pensivement les arabesques subtiles et caractéristiques d'Ionia, avant de laisser une griffe noire racler le sillon qu'il approfondissait à chaque fois qu'il passait devant le sigle de Noxus.

Il longea le bâtiment, pour trouver l'une des entrées du jardin de l'Institut. Immense, bordant les arènes et occupant la place entre certains bâtiments administratifs, il s'étendait même sur les limites extérieures du territoire revendiqué par l'Institut. Il était facile de le croire désert, mais en réalité il était plus exact d'affirmer qu'en raison de sa superficie, il était difficile d'y croiser quelqu'un par hasard. Sa configuration permettait qu'il soit ouvert jour et nuit au public. Des circonstances exceptionnelles auraient pu en limiter l'accès, et il craignait que ce ne soit le cas au regard des évènements récents. Mais il trouva la grille ouverte. Cela suggérait plusieurs choses malgré les heures sombres que traversait la Ligue. Elle maintenait son activité, et mobilisait encore suffisamment de personnes pour l'entretien et le gardiennage de tous ses locaux. Le jardin étant à l'évidence le moins essentiel.

Pensant à cela, il se surprit à être contrarié. S'il n'était plus invoqué dans la Faille, cela pouvait lui coûter son logement. Certes, les autres arènes étaient toujours actives, mais en raison de la défection de la lice principale, les autres seraient bientôt tout aussi désertes. Sans la Faille de l'Invocateur, les autres arènes faisaient pâles figures, et seraient aussi désaffectées que leur grande sœur. Dans ces conditions le Conseil maintiendrait-il toujours les prérogatives lié à sa condition de champion invoqué ? Il entretenait de sérieux doutes à ce sujet.
Outre le côté purement pragmatique et pratique, il s'apercevait que l'Institut de la Guerre avait été son refuge depuis plusieurs années. Bien qu'il ne lui fut alloué qu'une minuscule chambrette, y revenir avait quelque chose de familier, ce qui rapprochait le plus de ce qu'il avait perdu, bien qu'il ne puisse y trouver aucune comparaison ni consolation. Il n'était pas sentimental. C'était en premier lieu un abri sûr quel que soit le moment de l'année, le perdre lui coûterait une certaine tranquillité d'esprit.

A la lumière de ces considérations, un avenir se dessinait où il devrait sans doute louer ses services en tant que mercenaire. C'était une perspective désagréable. Il ne combattait pas pour l'argent, pas plus qu'il ne faisait partie des imbéciles qui misaient tout sur l'honneur et en faisaient leur devoir. Il grimaça, ses lèvres s'incurvèrent légèrement. Cela ressemblait plus à un rictus, mais ce n'était qu'un sourire sans joie et teinté d'amertume. Il venait de réaliser cela constituait un point commun avec ses pires ennemis.
Au moins n'aurait-il aucun mal à trouver des causes à satisfaire. Son apparence laissait difficilement douter de ses capacités martiales, et n'incitait guère à l'engager pour couper du petit bois ou réparer la maçonnerie. Tout cela était d'une telle ironie...

Le parc était désert, ou plutôt, comme il s'en était fait la réflexion, il ne vit personne. La baisse de fréquentation n'était pas étonnante. Pourtant même lui remarquait l'atmosphère singulière du lieu, voué à adoucir le plus dur des cœurs de pierre. Le temps était radieux. Dans son dos, la longue cascade de ses cheveux était ondulée par une douce brise, comme pour caresser délibérément sa peau. Le parfum entêtant des fleurs qui s'épanouissaient parvint à ses narines. Le jardin était très coloré, ce qui n'était pas sans lui rappeler les vastes étendues boisées de Ionia. Il reconnaissait même certaines essences qui en étaient originaires, des variétés qui avaient sans doute été importées directement de l'île. Les Invocateurs avaient décidément le sens du détail. Mais rien de tout cela ne l'émouvait. Il ne trouvait en ce lieu rien de réconfortant, bien que tous les efforts aient été déployés pour le rendre propice à la détente.
Il s'assit sur l'herbe fraîche, et posa ses coudes rugueux sur ses genoux repliés en tailleur. Le calme ambiant invitait malgré tout à la réflexion, et pour lui Ionien, à la méditation, et c'était ce dont il avait besoin. Son menton trouva ses poings fermés, plus semblables à une masse compacte qu'à des doigts, et sans vraiment y penser consciemment, il commençait à étudier ce qu'il savait et avait appris, et spéculer sur les conséquences que cela avait pour lui, et pour le monde. Bien que du monde il n'en fasse que peu de cas. Il se souciait seulement d'en faire partie.

Plus aucun champion ne serait donc appelé, et l'accès avait été interdit. Il s'agissait d'un évènement hautement improbable dans l'esprit de l'archer. Parlait-on de la même "Faille" ? Depuis qu'Ionia avait choisi de rallier l'union de la Ligue, il avait toujours l'Institut de la Guerre comme une organisation immuable, qu'aucune nation ne pouvait ébranler. La corruption et la tricherie n'étaient pas exclues de son raisonnement, car il gardait un souvenir cuisant des circonstances dans lesquelles la première joute décidant du sort de Ionia avait été organisée. Mais se faire dérober l'un de ses propres nexus ? C'était... déroutant. Déroutant. Le terme correspondait bien au sentiment qu'il essayait de cerner.
La nouvelle lui était parvenue comme un fait accompli, alors que la Ligue avait divulgué un communiqué sur une mission - apparemment infructueuse - ou des champions plus ou moins volontaires avaient été dépêchés pour récupérer le bien si convoité. Visiblement les renseignements qu'on lui avait fournis étaient restés incomplets. Il avait simplement trouvé les portes closes à son retour à l'Institut, bien que les appartements restaient accessibles. Rien n'expliquait qu'on ait à peine pris le temps de l'informer, ni inclus dans la bataille du nexus. Les convocations de la Ligue lui étaient toujours parvenues, où qu'il se trouve.

Et à présent il était assis, songeur sous un soleil resplendissant, dans le jardin de la Ligue, magnifique mais aussi silencieux que désert. L'ironie de sa réflexion effleura à peine son esprit. Seul un soupir trahit sa réaction à son propre sarcasme. Il n'avait pas manqué la rébellion des héros, du débat houleux qui avait divisé les opinions. Il s'était arrangé pour en connaître l'ampleur mais n'y avait pas pris part. Cela rendait d'autant plus étrange le fait que la Ligue n'ait pas fait appel à ses services afin d'apporter sa contribution pour résoudre cette problématique. Car si ses absences régulières étaient connues, il n'avait pas quitté les Champs de Justice, ni renoncé à son engagement. Manquaient-ils de confiance à son égard ? Ce serait surprenant. Il n'était pas un grand stratège mais possédait tout de même un certain sens tactique, ses talents étaient toujours bienvenus sur un champ de bataille. Et les invocateurs n'avaient pas à craindre une rébellion de sa part. Manipulé ou non, cela lui importait peu. Il n'avait que faire de la justice et de la paix. Les Invocateurs le savaient très bien depuis le début, il n'avait même pas cherché à le leur dissimuler. Mais c'était exactement pour cette raison qu'il était et restait de manière objective un allié de choix.
Alors pourquoi n'avait-il pas été invoqué ? Leur magie s'était-elle tellement affaiblie qu'ils étaient devenus incapables de l'invoquer depuis un autre continent ? Il fallait croire que oui. Il n'avait même pas ressenti leur appel. Si c'était exact, alors leur magie n'était plus fiable. En ce cas sa retraite avait peut-être été bienvenue. L'avenir lui dirait quelle direction prendre. Comme à son habitude, il resterait spectateur jusqu'à ce qu'il se sente suffisamment concerné. Il jugerait peut-être sage d'intervenir en faveur de la Ligue, si les choses se corsaient. Ou à ses dépends. Mais il était encore trop tôt pour qu'il se décide à rejoindre un camp, quel qu'il soit. Les renseignements fournis par l'Institut étaient trop nébuleux, trop vagues, et donnés de manière indubitablement partiale et parcellaire. Il ne pouvait arrêter son opinion à cette unique source.

Pour l'heure il était de retour sur Valoran, et aurait certainement tout le temps dont il pouvait rêver pour connaître la véritable nature des évènements. Son exhultoire, momentanément - ou définitivement - hors course, la chasse se ferait dorénavant en terrain réel. Il était temps, sans doute, qu'il mette à profit ces années de silence et de concessions, les renseignements qu'il avait récoltés à l'insu des autres participants. Les possibilités d'invocation pourraient bientôt se voir diminuer drastiquement. L'Institut regretterait sans doute de ne pas l'avoir gardé sous contrôle.

Cette dernière pensée était plutôt stimulante et le fit sortir de sa stase. Le corps de l'archer remua légèrement, comme pour soulager une crampe. Il affichait toujours une posture et une expression ennuyées. Toujours assis en tailleur, le menton en appui sur son poing, le visage inexpressif. Egal à lui-même. Au delà de ça il paraissait détendu. Il n'avait pas bougé depuis longtemps, et n'en avait cure. Mais s'il était prompt à se plonger en méditation, l'on aurait tort de croire qu'il était insensible ou inattentif à son environnement.
Ses yeux vitreux s'animèrent. Non que cela fasse une grande différence lorsque l'on ne voyait ni pupille ni iris. Seule une discrète lueur d'intelligence dans les yeux blancs, analysant tout ce qui se trouvait autour de lui, prouvait qu'il n'était pas aveugle. Il nota intérieurement la position du soleil, indiquant que plusieurs heures étaient passées. Le crépuscule assombrirait bientôt le ciel. Il percevait quelque chose, bien que sa vision perçante ne détectait encore personne. Il n'était peut-être pas si seul, après tout. Viendrait-on lui rendre visite ? Les autres sens aux aguets, il ferma les yeux sans changer de position. Au jeu de la patience, il était doué. Il lui suffisait d'attendre, et voir si les pas mèneraient un visiteur vers lui.

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*Evelynn*
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Mar 7 Fév - 11:35
Récidiviste, le terme ainsi appliqué à une personne lui collait à la peau tout aussi parfaitement que l’une de ces robes fendues haut sur les cuisses pour s’entrainer à la danse. Ha la danse ! Voici une activité qui lui manquait terriblement, encore qu’elle ait eu l’occasion il y avait quelques temps déjà de faire quelques pas mortels avec une vilaine petite bestiole odorante. Un sourire éclaira un instant le visage de l’assassin au souvenir de Twitch, en voilà un qu’elle recroiserait avec plaisir à l’occasion, comme quoi la vie réservait des surprises agréables parfois. Mais l’heure n’était à ce genre d’introspection, depuis quelques temps Evelynn se faisait la réflexion qu’elle avait un peu trop tendance à penser aux autres et moins se soucier du présent, c’était une attitude dangereuse pour une tueuse, rien de tel pour se faire trancher la gorge au beau milieu d’une rêverie mettant en scène des acrobates du tango en plein exercice… La faiseuse de veuves secoua la tête, voilà qu’elle recommençait !
Elle s’accorda un soupir et repris sa marche, récidiviste donc, voici qu’elle était de nouveau à la ligue, a se promener dans son jardin avec l’agaçante sensation de préparer le repiquage des semis pour le printemps prochain. Les talons aiguilles n’étaient pas vraiment adaptés à la marche sur l’herbe. L’assassin était une personne plus urbaine que rurale, son pouls battait dans les villes et c’est dans les villes qu’elle faisait cesser de battre celui des autres… Les meurtres au grand air étaient relativement rare pour elle, même s’ils avaient le bon gout d’ouvrir l’appétit et de faire du bien aux poumons, mais une fois de plus elle dérivait. En parlant de poumons… Evelynn dégagea avec mauvaise humeur une feuille qui avait élu domicile dans son décolleté et repris sa marche en maugréant un peu contre les arbres pervers.

*Et pourquoi il ne serait pas là, aller montre toi grand échalas, j’ai de nombreuses questions, et des récompenses pour les petits polissons, qui révèlent des informations, aux vilains qui jouent aux espions.*

La marche se poursuivit, la mauvaise humeur aussi. Habituellement même s’il n’y avait pas foule dans le jardin à cette heure, on pouvait y trouver quelques jeunes invocateurs venus se remplir la tête d’air au lieu de formules et d’arcanes dont certaines connaissances, un peu plus personnelles... Mais le crépuscule annonçant sa venue, ils étaient sans doute déjà partis combler une autre partie de leur anatomie plutôt que de se voir proposer de faire de même avec celle de la succube bleu en échange de quelques badinages.

*Peste et malédiction, j’aurai troué cette saleté de gazon et gratuitement ! Dégoutant !*

D’un autre côté elle était bien consciente que sa technique était hasardeuse, mais il fallait bien tenter des choses, Darius lui avait demandé des informations, en voici un qui risquait gros… restait à voir ce qu’elle allait réellement faire, mais dans tous les cas venir à l’institut lui serait néanmoins utile, ce serait-ce que pour se tenir informée des dernier potins en date. Evelynn replaça une mèche folle dans sa coiffure en pétard et s’étira, regardant avec amusement un exemple édifiant d’art topiaire, un léger souvenir remontant comme une fine bulle piquante dans un vin mousseux. Elle avait une technique d’interrogatoire bien à elle, enfin plusieurs, mais celle-ci était la manière douce, qui comportait une démonstration en de nombreux point des diverses opportunités offertes par les buissons. Quelques personnes avaient eu droit à ce cours particulier et approuvaient tous sans exception la règle voulant qu’il y ait bien plus intéressant à faire avec la flore que d’y planquer des démaciens hurlants.

*Las de ces digressions, de cela ne ressortira rien de bon, il est temps de partir, ces parterres sont ennuyeux à mourir.*

La tueuse d’herbes folles s’apprêtait à faire demi-tour quand un sixième sens en alerte lui indiqua la présence d’un cœur qui battait… c’était une sensation totalement empirique et qui était plus souvent dû à une certaine forme de paranoïa qu’autre chose, mais Evelynn préférait se retourner pour rien plutôt que de se taper un empoisonnement à l’acier. En un clin d’œil les couleurs éclatantes virèrent au sombre et l’image bleu et rose d’une femme au milieu des fleurs colorées laissa place à celle d’un jardin endormi, les corolles des Hémérocalles oranges se dandinant doucement lorsqu’un mouvement d’air les fit exhaler leur léger parfum dans l’air du soir.
Ainsi parée de son habit d’invisibilité elle entreprit de fouiller son environnement immédiat et trouva rapidement l’objet de son ressenti, un homme à la chevelure de neige dont la curieuse tenue ressortait avec force sur le vert clair du gazon qui accueillait son postérieur presque nu. Il fallut un petit moment à l’assassin pour reconnaitre la créature. C’était un champion, un archer, elle avait déjà sentie la morsure de ses flèches étranges transpercer son corps… mais son nom… Instinctivement, comme s’ils étaient sur la faille, elle retint sa respiration en voyant ses orbites vides se tourner, enfin leur éclat viser vaguement dans sa direction.
Alors qu’il refermait son regard à faire tellement froid dans le dos qu’on en deviendrait bleu de peur, *haha*, elle contourna en silence et à bonne distance sa cible. D’humeur coquine et taquine, pour changer… Sa frustration de ne pas avoir trouvé qui que ce soit ayant besoin d’un exutoire et qui sait, elle pourrait peut-être récupérer quelques paroles intéressantes de la bouche du bellâtre aux abdominaux faisant pâlir d’envie un Draven.
Derrière lui, un sourire de chipie au coin des lèvres, elle posa avec nonchalance ses ongles si mortels de part et d’autres du cou de l’homme, à mi-chemin entre la tentative d’égorgement et le massage des cervicales.

"Bonsoir bel adonis, alors on se promène dans le jardin d’éden dans le plus simple appareil ? Dit moi, je me posais une question, ton sang a la même couleur violine que cette boue dans laquelle tu t’es visiblement enfoncé jusqu’à la lie ?"
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Varus
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Le Dernier Gardien ~ Papi Varus ~
Mar 7 Fév - 16:59
Des doigts presque griffus coulèrent jusqu'à ses clavicules. Son corps détendu ne tressaillit pas, malgré le contact inattendu. Lentement, en un geste aussi calculé que s'ils voulaient lui lacérer la peau, la transpercer jusqu'à la carotide, les doigts assassins se déplacèrent avec vigilance jusqu'à la base de son cou. Il n'était pas surpris. Son approche avait été limpide pour lui, il l'avait suivie avec attention malgré l'artifice de son invisibilité. "Vous verrez plus de choses les yeux fermés." Pourquoi cette phrase lui revenait-elle ? Elle n'était pas de lui, c'était certain. Ah oui. L'une des citations fétiches d'une stupide yordle avec qui il avait été contraint de collaborer. Quoiqu'en ce sens, elle n'avait pas complètement tort. Dans son dos, sa nouvelle interlocutrice ne put pas percevoir la légère inclinaison de ses lèvres. Avant même qu'elle prenne la parole, il en savait déjà plus qu'elle ne pouvait l'imaginer. Sa démarche seule avait trahi une gêne. Une certaine difficulté à marcher dans l'herbe ? Rien d'étonnant connaissant le goût de la demoiselle pour les attributs féminins hautement explicites. Aussi la manière dont elle s'était manifestée ne l'étonnait pas vraiment. Cela correspondait au personnage.
Ne pressentant aucune intention réellement belliqueuse, il la laissa jouer avec les muscles de sa nuque, sensation douce et violente, né d'un savoir-faire subtil et cultivé, mêlant habilement le plaisir à la douleur. Savait-elle qu'il abhorrait le contact physique ? Qu'elle l'ignore ou non elle en tirait un avantage. Mais il ne lui permettrait jamais croire qu'un fait aussi simple puisse lui donner le moindre ascendant. Il ne s'était pas dégagé, et cette absence de révulsion faisait déjà partie du jeu. Il était résolu à ne pas laisser son humeur s'assombrir, cette distraction était du reste bienvenue vis-à-vis de ses mornes pensées. Cette situation était fort incongrue, et il décida d'en tirer bénéfice. Il poussa même le vice en faisant légèrement rouler les muscles sous la peau de ses épaules et son cou, mouvement indiscernable à l'œil mais nettement perceptible sous la pulpe des doigts de la masseuse. C'était une première réponse vis-à-vis d'une question informulée, une appréciation positive. Le langage corporel était fort, nul doute que celle qui en avait fait son métier y était particulièrement sensible.

Bonsoir bel adonis, alors on se promène dans le jardin d’éden dans le plus simple appareil ? Dis moi, je me posais une question, ton sang a la même couleur violine que cette boue dans laquelle tu t’es visiblement enfoncé jusqu’à la lie ?

C'était comme si elle n'avait qu'à peine entrouvert la bouche. La voix suave confirma définitivement son identité, bien qu'il n'ait eu matière à en douter jusqu'ici. Si son camouflage était un réflexe de survie pour elle, l'aborder avait été tout à fait intentionnel. Les mots qu'elle avait choisi d'utiliser avaient la même connotation calculée. Sa langue était une arme aussi mortelle que ses épines, il était impossible de le nier ou l'ignorer. Elle n'avait ici pas vocation à blesser, mais démontrait une curiosité qui aurait pu paraître déplacée à tout autre. La franchise était son apanage, l'on ne pouvait s'y tromper. Son indécence familière lui plut. Pour autant le compliment le laissait de marbre. Sa façon de l'accoster verbalement était aussi directe et impertinente que son abordage physique. Et puisqu'elle avait posé une question, il pouvait se donner la peine de répondre. Si elle aimait les jeux d'esprit, elle allait être servie. Car de vin il ne buvait point.

Es-tu ici pour compter les queues des chats ou éduquer une épine calcanéenne ? Question futile, à croire que la mémoire te fait défaut.

Malgré la raillerie caustique que l'homme avait suggérée, sa voix était froide et teintée de ténèbres. Elle semblait provenir des tréfonds de son être plus que de ses cordes vocales, une vibration intense que la femme avait pu ressentir jusqu'à la surface de la peau blême. Ou était-ce ses doigts qui avaient tremblé ? Si le son avait une couleur, elle l'aurait deviné sous forme d'effluves noires et pourpres, s'immisçant dans les âmes pour les étrangler, instillant malgré lui la crainte d'une force inconnue et trop sombre pour être nommée. L'archer avait-il conscience de ce que cela provoquait ? Apparemment pas. Mais il ne s'était jamais montré loquace et ce n'était pas sans raison.

La couleur de son sang... Si la forme prise par l'interrogation l'avait interpellé, il ne pouvait oublier que son interlocutrice improvisée connaissait déjà la réponse. Et s'il s'agissait de pure rhétorique, alors elle ne se formaliserait pas de le voir éluder. Comme bien d'autres, la faiseuse de veuves avait pu voir son sang imprégner la terre des Champs de justice. Si le corps bleu avait connu l'agonie intangible de ses flèches, il avait lui aussi savouré le goût amer de ses épines. Le sang qui avait coulé des blessures de son cadavre éphémère avait la couleur noire et empoisonnée de sa corruption, et avait transformé les plantes qui avaient eu le malheur de le boire. L'on avait vu éclore sur les Champs des fleurs teintées d'indigo, quand la noirceur n'avait pas contaminé le plan entier pour le faire mourir.

J'oubliais. "Bonsoir".

La salutation tardive adoucissait légèrement la sensation oppressante que sa voix faisait naître. La méchante humeur de l'archer cinglant s'était envolée à ce mot. Elle n'était en réalité qu'une chimère créée par sa nature et son tempérament, qui faisait difficilement admettre qu'il soit accessible à l'humour. Cela renforçait également l'idée que sa première phrase n'était qu'une réponse à l'ironie, le double-sens caché faisant simplement écho à la propre question de l'assassin, donnant plus de poids à sa réplique. Elle n'apparaissait plus comme un potentiel reproche tacite, mais pour ce qu'elle était, un trait d'esprit avisé. Etait-il... amusé ?

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*Evelynn*
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Ven 10 Fév - 20:22
Tel un chat hésitant entre faire ses griffes et ronronner en patounant calmement son coussin favori, Evelynn triturait avec une lenteur consommée les muscles fermes, mais curieusement détendus de son jouet du moment. Redevenant visible, inutile de gaspiller vainement ses dons dès lors qu’elle avait signalé sa présence de ses doigts glacés sur une peau à la tiédeur délicieuse, elle arqua ses sourcils dans une grimace étonnée en constant les roulements délicats de la chair sous ses paumes.

*Ho quel petit coquin, en voici un taquin, qui l’eut cru, c’est inattendu, d’une si dangereuse créature, réchauffer la froidure, c’est qu’il y aurait un esprit, dans ce cambouis rubis*

In petto elle était impressionnée par la maîtrise de l’archer, sans doute l’avait-il perçue venir, elle n’avait pas non plus usée de tous son savoir-faire en matière de furtivité pour le simple plaisir d’une petit galéjade entre camarades, mais tout de même… Il fallait une bonne dose de calme et d’assurance pour* laisser la cruelle faiseuse de veuves s’approcher ainsi de vous et lui exposer sans tension votre gorge, à moins qu’il ne fût joueur ? Ce serait un retournement amusant et terriblement excitant, l’assassin bleu avait toujours eut un faible pour ceux qui aimaient vivre dangereusement et plaçait volontiers leur vie entre les mains d’une dame encore plus versatile qu’elle.
La réflexion qui fit suite confirma ces suppositions, monsieur aimait les bons mots même s’il les disait d’une voix d’outre-tombe à faire mouiller les culottes de foies jaunes… celui d’Evelynn étant azur, le problème ne se posait guère certes, mais elle nota avec intérêt le danger grondant et venimeux qui émanait de lui avant d’éclater de rire. C’est qu’il fallait un peu plus qu’un danger de mort planant telle une nuée d’épées de Damoclès pour effrayer une femme qui en avait vu des bleus et des pas mures dans une zone de Runeterra que les gens s’ingéniaient généralement à fuir comme le pire des gris Zaunien, et même plus encore.
Poussant le vice et l’audace un peu plus loin encore, elle adossa sa poitrine sur les épaules de l’homme, à défaut d’une meilleure définition, lui offrant un repose tête moelleux tandis que ses mains descendaient le long de son torse en suivant d’un ongle soucieux les lignes de son tatouage.

"Le monde serait bien plus triste sans une once de futilité, et je n’aime les chats que lorsqu’ils sont au moins neuf. Cela dit, je crains que ton nom ne m’échappe aussi sûrement que la fuite de tes vêtements." Se penchant doucement elle susurra au lobe d’une oreille dont la pointe laissait supposer une origine moins humaine qu’il n’y paraissait de prime abord. "Rassures toi en revanche je me souviens bien du moelleux de ta chair lorsqu’on y enfonce les griffes pour de bon…  et de tes transperçantes capacités."

Une petite pression des doigts là où ils étaient toujours posés illustra la faisabilité d’une réitération de la situation, qui disparut à peine une seconde plus tard en même temps que les mains et la pression de la poitrine sur la nuque de son interlocuteur. Varus pu contempler, quelques fractions d’éternité plus tard, Evelynn bien en face de lui, assise dans l’herbe de manière complètement avachie, attitude contrastant d’autant plus avec la posture hiératique de son vis-à-vis.

"Tu fais mal vilain garçon…"

Le ton sur lequel la douleur était évoquée avait curieusement des accents de gémissement sensuel, comme tout ce qui semblait se rapporter à l’assassin, une aura sulfureuse planait sur la moindre de ses paroles, cachant presque le ronronnement de gorge du grand fauve à l’affût par-dessous. Car pour avoir noté les capacités, elle les avait noté. Chaque champion de la ligue qu’elle avait pu rencontrer ou voir se trouvait muni d’une petite fiche dans le palais mental de la tueuse avec ses forces, ses faiblesses, et des notes sur le degrés de méfiance à adopter en cas de rencontre en dehors de la zone ultra protégé des champs de justice… Les noms en revanche… celui de Draaaaven était aisée à se souvenir, mais pour les plus discrets des locataires de l’institut le titre était bien souvent plus parlant.

"Enfin peut importe, ma curiosité dépassant les frontières de l’entendement, je me demande ce que diable tu fais ici ?"
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Varus
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Dim 12 Fév - 19:47
La peau du Champion était anormalement chaude, et bien qu'elle puisse le penser, les caresses insolentes de la féline tentatrice n'y étaient pour rien. Il la laissait explorer la partie de supérieure de son anatomie à l'envi. Même s'il avait souhaité le contraire, il aurait eu du mal à la retenir, car elle s'y attelait avec hardiesse. Il sentait les ongles longs érafler l'encre trompeuse de son torse, rappelant avec malice le pouvoir qu'elle avait sur lui en cet instant. Pouvoir qu'il lui déléguait sans état d'âme, sachant ne rien avoir à craindre d'elle en de telles circonstances. La donne pouvait changer en un instant, mais il connaissait assez le tempérament fougueux et imprévisible de la tueuse pour être capable de réagir à temps.
Joueur, il l'était. Peu d'occasions se présentaient pour le démontrer, surtout à lui. Qui aurait pensé à chercher pareil instinct sous le masque de la corruption ? Cela le rendait trop inaccessible. Il n'avait rien d'effronté par nature et comprenait qu'on n'ait guère l'envie de le tester. Cette charmante enquiquineuse était sans doute la première à l'aborder ainsi. C'était nouveau et à la fois extrêmement familier. Voilà un piège dans lequel il se laissait volontairement tomber. Il devait bien le reconnaître : sans pour autant le ramener en arrière, à une époque où le rire égayait régulièrement ses pensées, cette stimulation impromptue n'avait rien pour lui déplaire.
Sa posture n'avait pas changé. Mais lorsqu'elle lui offrit le moelleux d'un oreiller voluptueux, il fit sans le savoir parfaitement écho à ses pensées, exposant un peu plus explicitement sa gorge aux doigts assassins. Ainsi, elle sut avec certitude que sa manœuvre n'était pas passée inaperçue, tout en confirmant le goût de l'archer pour le danger imminent. La pression de son crâne était légère sur la poitrine appuyée contre ses épaules, et aurait pu être interprétée pour involontaire, si les deux partis ne s'adonnaient déjà à une étrange connivence, équivoque et volage.

Pourtant quand elle décida de se retourner pour lui faire face, elle ne vit toujours que cet éternel regard impassible et dur, figé dans la glace de ses yeux, au milieu d'un visage que le temps et la souffrance avaient taillé à la serpe, accentuant sans les déformer la maturité de ses traits fins, qu'elle devinait autrefois doux et harmonieux.

Tu fais mal vilain garçon…

Le regard blanc suivit le mouvement fluide de la séductrice, alors qu'elle s'allongeait dans une posture lascive et un gémissement suggestif. A le voir ainsi, il était bien plus difficile de le croire intéressé, malgré ses propres avances dissimulées et sa référence à un instrument bien connu de son interlocutrice. Il était si froid... Ne voulait-il donc plus jouer ?

En son for intérieur, l'archer avait bien noté l'intérêt de l'assassin pour ses talents. Devait-il être flatté qu'elle se souvienne de lui ? Même si son attrait était purement physique, son attitude alanguie avait tendance à le faire pencher vers une réponse positive. Elle reconnaissait ses capacités de combattant, tout en les détournant vers une approche différente. Intéressante... Il n'était pas étranger à ces tactiques. Pas plus qu'il y était indifférent. Sensuelle. Elle l'était incontestablement. User ainsi de ses subterfuges sur lui... avait-elle quelque chose en tête, autre que ce jeu réciproque ? La prédatrice restait à l'affût. L'homme fit cette constatation, imperturbable, non sans en tirer une certaine satisfaction. Elle se montrait suffisamment méfiante pour le conforter dans ses propres dispositions.
Imitant sa propre attention, il ne la quittait pas des yeux. Pourtant, le sujet qui vint ensuite, par trop pragmatique, contribua à refroidir quelque peu ses ardeurs invisibles. Voilà qui était sans doute le prix à payer pour son manque de savoir-vivre. Bien qu'elle ne semblât pas avoir renoncé complètement à sa récréation, ses attributions d'espionne reprenaient immanquablement le dessus. Ce changement de comportement avait au moins le mérite de répondre à l'une des questions de l'homme, lequel n'avait toujours pas fait mine de bouger. Il n'avait aucune raison de ne pas la satisfaire. Les évènements courants n'avaient rien d'un secret. Des deux, c'était lui le moins informé, et il était probable qu'elle le renseigne plus que le contraire. Même si ça n'était pas gratuit. De cela il était amplement conscient. L'ambiguïté dont il jouait pour flatter son plaisir lui suffirait-elle ? Il en doutait mais n'y renoncerait pas, aussi futile que cela paraisse. Il l'avait déjà surprise, ce n'était pas chose commune. L'entendre rire avait un petit goût de victoire. Ce n'était pas déplaisant, quand ce rire ne précédait pas une mort... piquante.
Il fit un geste vague embrassant les bâtiments qui les entouraient, plus précisément dirigé vers celui qui les surplombait tous, sensé abriter la Faille de l'Invocateur.

Sais-tu ce qui se passe, là-dedans ?

Ainsi, elle était directement éclairée sur son ignorance flagrante concernant les évènements de la Ligue. Elle en tirerait les conclusions qui s'imposaient, il n'avait nul besoin de l'aider en ce sens. Il avait à peine remarqué avoir répondu à une question par une autre, mais connaissant le tempérament de la demoiselle, il était peu probable qu'elle lui en tienne rigueur. Tout au plus en plaisanterait-elle. Il avait de toute façon, même indirectement, répondu à sa curiosité. Pas entièrement cependant, car sciemment ou non, il avait omis une interrogation tout aussi concrète, qu'elle n'avait cependant pas exprimée sous forme de question.

Sa bouche s'était ouverte suffisamment pour ne pas retenir son souffle. Il savait à qui il avait affaire et lui parlait en égale. Les crocs qu'il lui dévoila ainsi pouvait faire naître toute sortes de questions chez elle. L'humanité de l'homme à qui elle s'adressait disparaissait peu à peu au fur et à mesure qu'elle le découvrait, il se rapprochait sensiblement de sa propre espèce. Il aurait prétendu être originaire des Îles obscures, elle n'en aurait pas été choquée, et ceux qui ignoraient de quoi il retournait exactement auraient accordé assez de crédit aux légendes pour le croire.
Mais s'il avait parfaitement conscience de ce qu'il venait de provoquer, c'était à présent son tour d'attendre quelque chose d'elle. Ses yeux la fixaient. Son regard s'avérerait insistant mais il ne pouvait changer sa nature. Derrière l'immobilité supposée de ses pupilles, l'homme se montrait un poil trop évasif, et manifestait un don certain pour rester stoïque. Il était bien mystérieux, mais impossible de déterminer si cet effet était recherché. Il avait pourtant démontré être sensible à une certaine forme de flatterie, et n'était ni passif ni obéissant. Alors attendait-il seulement une réponse, ou regardait-il autre chose ?

Polices utilisées : Zenda ; Book Antiqua.
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*Evelynn*
~Fais moi mal~
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Mer 12 Avr - 10:20
Les yeux de feu d’Evelynn dévoraient volontiers le savoureux et bouillant morceau de viande et …d’autre chose qui trônait telle une statue du calme viciée par une mousse dévorante dans ce jardin si paisible. En d’autres circonstances et dans un endroit plus propice aux rires et à la plaisanterie, peut-être aurait-elle cherché d’avantage à le bousculer avec son esprit taquin et non conformiste habituel pour voir à quoi ressemblait l’archer quand il n’était pas tendu comme la corde de son instrument, à moins que ses appétits dévorants pour la chasse douloureuse ou sensuelle n’offrissent d’autres perspectives à son esprit volage. Instinctivement elle avait cherché à titiller par le biais de ce trait de son caractère qui la rendait à défaut de sympathique au moins supportable si ce n’est désirable pour ceux qui aimaient prendre des risques en matière de séduction, et puis c’était une manière comme une autre de se présenter. Mais, bien que l’hiératique individu fasse preuve d’un étonnant humour pince sans rire voir d’un intérêt poli pour le confort des formes dont la nature l’avait généreusement pourvu, elle était bien consciente qu’il y avait chez lui un mur de glace violette infranchissable que tous ses subterfuges ne sauraient briser, tout au plus se givrerait-elle la langue sur la paroi en tentant de la gouter, appétissant… Sans doute l’assassin comprenait ceci à sa manière car elle possédait une forteresse semblable par la matière, forgée sur d’autres expériences, non moins glaciale et impénétrable pour ceux qui pensaient que passer les pics, les contrés chaudes et douillettes qui s’étendaient là ouvraient les portes avec le sourire à plus encore.

*Et pourtant, face à un défi vivant, l’envie de jouer et de t’amuser avec ou sans accord avec ou sans corps reste bien présente dans ta petite tête pensante.*

Evelynn se contorsionna avec souplesse dans une position qui ressemblait d’avantage à celle de son vis-à-vis, adoptant sa posture dans un mime grossier car s’il avait le calme figé du granit, elle était le lent et dangereux magna encore moelleux qui refroidissait lentement à l’air, son souffle brulant saillant parfois au milieu des fissures de la cristallisation. La faiseuse de veuve contempla avec amusement les lèvres s’entrouvrir sur une paire de canines que n’aurait pas désavoué un fauve affamé, lui procurant une délicieuse sensation de danger sur l’épiderme, jusqu’à ce qu’elle n’y réagisse de la manière qu’elle aimait le plus : un sourire similaire ou saillait une dentition aussi piquante que la propriétaire.

"Si tu voulais que je te montre les miennes, il fallait me montrer les tiennes plus tôt ! Je suis toujours tenté par l'échangisme."

Une moue amusée que contrastait des pupilles fixes à l’exacte opposition de celle froides impersonnelles de Varus, expressives et plus fulminantes que n’importe quelle fumerolle de volcan, au point qu’on ne savait plus quelle émotion pouvait bien s’y exprimer, saupoudra cette remarque désinvolte en apparence, continuant la métaphore filée du début de cette rencontre placée sous le signe de l’ardente tentation. Et pourtant, le sous-entendu était clair, Evelynn ne donnait pas, elle échangeait, et si l’acheteur n’avait rien à offrir alors il ne recevrait rien, du moins rien qu’il ne souhaita.

"Il se passe toutes sortes de choses ici, en ces murs se trament toujours milles petits drames quotidiens, tous aussi important aux yeux de leurs acteurs que la disparition soudaine d’un Nexus arraché à ses propriétaires par une magicienne en colère."

La faiseuse de veuve ne put réprimer un léger gloussement à cette évocation, en réalité elle avait apprécié le spectacle de près, étant elle-même dans la faille à cet instant précis, et le souvenir était gravé dans sa mémoire parmi les plus amusants à revoir pour les longs moments d’attente que ses traques lui ménageaient souvent.

"La véritable question, c’est… ou désires-tu aller ? Dans ce cas, il se pourrait que j’accepte de t’accompagner."

Elle s’était penchée en avant, offrant une vue sur son visage ouvert aux traits de chipie et sur ce qui se situait en dessous, rendant difficile pour certain la concentration sur son regard, surtout lorsqu’elle passait un doigt sur les douceurs veloutés et vallonnées en parlant de désir et d’accompagnement… Ne pouvait-elle donc jamais parler sans ambiguïté ?
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