Jade and Amethyst [Syndra]

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Karma
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Lun 19 Déc - 16:50
Karma regardait le soleil descendre doucement derrière l'horizon, profitant du canevas que les rayons du soleil peignaient sur la petite bourgade où la duchesse avait passé les trois jours du festival de la Lune de Sang. Elle avait accepté l'invitation, profitant de cette occasion pour s'échapper du tumulte de la scène politique durant les trois jours du festival. La Duchesse en garderait un bon souvenir, ce festival était l'une des fêtes les plus représentatives de Ionia et les habitants de ce village étaient en phase avec cette tradition, le grand arbre, qui portait les vœux accrochés par les habitants du village lors du premier jour, se dessinait clairement dans la lumière vacillante du crépuscule, les charmes se balançant dans une fraîche brise nocturne. Puis vint la communion avec les esprits sous la pleine lune, le moment où l'au-delà et le présent se rassemblaient pour ne former qu'un. Suivi de la très populaire fête du feu et de ses danses, et où le village avait eu l'honneur d'avoir une des danses de la Duchesse qui avait tournoyé autour des flammes au son de la musique. Cela lui avait fait du bien, beaucoup de bien, puis vint finalement la fin du festival, le dernier jour consacré au cadeau entre personne chères. Une journée plus calme que les précédentes, mais plus intimes et tout aussi précieuse.
J'espérais simplement que le prochain festival se déroulerait aussi dans une Ionia en paix, le futur de mon pays et de Runeterra était incertain et sombre, il était difficile de savoir d'où allait venir la prochaine menace... Dans la majorité des cas. Car mon humeur avait été troublée par l'approche d'une forteresse volante qui était de très mauvais augure. J'avais été prévenu par les gardes de la ville peu après le début du festival de l'arrivée d'une forteresse flottante, celle de Syndra. Mon premier réflexe avait été de sonner l'alerte, à juste titre, les anciens m'avaient prévenu de la réputation que l'ancienne championne avait. Celle d'un tyran au pouvoir cataclysmique qui comptait détruire le pays pour l'asservir, dans le meilleur des cas. Et en tant qu’Aîné on m'avait maintes fois prévenu sur la menace que représentait la Souveraine Obscure, les Maîtres m'avaient raconté qu'elle avait sauvagement assassiné son instructeur dans un accès de rage et qu'elle était une meurtrière assoiffée de pouvoir. Ce qui était la vérité, cependant, un détail m'avait dérangé dans leurs témoignages. Ils n'avaient jamais prononcé son nom, elle avait toujours été "La Sorcière", "Le Monstre", "La Souveraine obscure"... Je n'avais jamais appris son nom de leurs bouches, j'avais alors discrètement mener mon enquête de mon côté, découvrant que la petite Syndra était une prodige parmi les prodiges dès sa plus tendre enfance et que les anciens qui me mettaient en garde contre elle était les mêmes qui avaient chercher à brider ses pouvoirs d'une façon indigne de leurs rangs. Cela partait d'une bonne intention, certes, mais l'enfer était pavé de bonnes intentions... Et ils venaient de refaire toute la cuisine. Cette maladresse de leurs parts nous avaient probablement coûté la présence de l'une des plus puissantes mages de Runeterra dans le camps Ionien, et la culture de cette image de croque mitaine que le peuple lui avait donné n'aidait pas, c'était tellement de potentiel gâché. Mais cela ne servait à rien de se morfondre sur ce qui aurait pu être, j'avais ordonné aux autorités de garder la présence de Syndra sous silence, la population étant heureusement trop concentrée sur les festivités pour se rendre compte de la menace qui planait non loin d'eux. Bien sûr, j'avais tout de même mis les gardes en alerte, surveillant la forteresse pour prévenir le moindre mouvement suspect. Cependant, l'attaque tant redoutée n'avait jamais eut lieu, et le festival s'était déroulé à merveille. Me faisant une nouvelle fois réfléchir sur l'étrange personnage qu'était Syndra. Je ne me faisais pas d'illusion, elle était, et restera encore longtemps, une menace pour Ionia... Mais il était de mon devoir de connaitre sa version de l'histoire, elle ne pouvait pas qu'être un monstre assoiffé de pouvoir. C'était une personne avec un but, un objectif, une voie qu'elle avait choisi, cette voie n'était pas la plus bénéfique pour Ionia, mais une personne avec un but ne pouvait pas qu'être un monstre sans âme.

Et c'est pour cela, qu'à la grande surprise du dirigeant de la ville, que j'avais décidé de me rendre seule à la forteresse volante et mystérieuse, espérant apporter un message de paix et de compréhension à celle qui représentait l'une des plus grandes menaces ioniennes. Cependant, j'avais aussi envoyé une missive pour Soraka, indiquant la marche à suivre si jamais ma rencontre devait se terminer de manière tragique. J'avais écrite cette missive il y a bien longtemps déjà, la vie d’Aînée de Ionia était dangereuse et chaque jour pouvait être mon dernier sur cette terre, je me devais de prendre des précautions sur ce qu'il fallait faire après mon décès. Je ne recherchais pas activement le danger, mais cette situation pouvait dégénérer de bien des manières et je savais que je n'étais pas de taille contre Syndra. Cependant, je n'avais pas le droit de me montrer hésitante devant elle, j'étais la plus jeune des Aînés de Ionia, celle qui avait créée sa propre voie, j'étais différente de ceux qui avait tenté de la brider, j'étais celle qui devait apporter un second souffle à Ionia.  J'étais destinée à échouer si je restais dans le moule de mes prédécesseurs dans une situation aussi épineuse que celle-ci, comme avec les Noxiens, je me devais de faire ce que personne d'autre n'avait fait.

Karma se leva, profitant une dernière fois du panorama, avant de prendre un kimono violet et noir soigneusement plié sous son bras et une théière encore chaude entre ses mains libres. Deux tasses étaient soigneusement rangées dans un pli de son kimono, et la duchesse se leva pour marcher tranquillement vers l'extérieur de la ville. Saluant les passants et les couples qui lui souhaitaient un bon festival, enfin, elle fit un léger signe de tête aux gardes avant de sortir de la ville alors que l'un deux lui tendit les rènes d'un magnifique étalon à la robe brune, le meilleur du village, et Karma commença son périple sur les routes. La nuit avait prit ses droits lorsque Karma aperçut la forteresse, qui semblait la toiser depuis les cieux, la duchesse afficha un sourire serein, ses affaires rangées dans une sacoche de sa monture, et suivit une trace encore fraîche qui semblait mener jusqu'à la forteresse. Finalement, après une autre heure de voyage, la duchesse s'installa en tailleur dans une clairière facilement visible depuis la forteresse. Elle posa les deux tasses et la théière sur une souche d'arbre avant de commencer réchauffer magiquement magiquement la théière.
J'avais parfaitement les moyens de monter jusqu'à la forteresse de Syndra, mais je n'étais pas inconsciente, je n'allais pas m'exposer à sa fureur en entrant dans sa propriété sans y être invité. Non, j'allais l'attendre, tout simplement.
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Jeu 22 Déc - 15:07



Jade and Amethyst
Kama et Syndra


Le festival de la Lune de Sang. Un  spectacle que je n’avais pas eu l’heur de contempler depuis… Combien d’années maintenant ? J’avais cessé de mesurer le fil du temps, depuis les grands froids permanents que m’offraient les hauteurs. Entrainée par des ailes puissantes, qui avaient arraché à leur terre natale mes racines. Perchée solitaire dans les ombres, dans cette obscurité qui était devenue part de mon identité, j’avais admiré les feux de joie, les couleurs chatoyantes, les chants et les danses alors que les esprits même se mêlaient aux festivités des mortels pour cette journée si particulière ou leurs mondes ne faisaient plus qu’un.
Mes racines ont été coupées. Elles l’ont été il y a des années, lorsque j’ai posé le premier pied dans ce temple. Revenir ici bien des années plus tard, près de ces terres qui m’avaient vu grandir, où j’avais assisté à ces premiers festivals, ne pouvait rien y changer. Le paysage lui-même me semblait différent, désormais.

Je n’avais pas même réalisé ou ma volonté me portait avant d’être arrivée. Une étrange sensation. Sans doute le lieu le plus dangereux pour moi actuellement, puisque je risquais de m’y faire reconnaitre, et que nombreux devaient être à s’attendre à ce que je remette le pied au sol ici même, pensant peut-être que j’avais besoin de lécher mes plaies. Sous la menace des anciens d’Ionia, comme de l’Institut.
Qu’ils viennent. Je n’attendais que ça. De briser leur corps comme des brindilles. Qu’ils récoltent le fruit de ce qu’ils avaient semé.
Parlant d’eux, j’avais eu la mauvaise surprise d’apercevoir parmi les danses l’une de leur représentante. Karma. Grande duchesse, personnalité politique, et championne fidèle à l’Institut de la barbarie. Dansant lors du festival, entourée de… deux esprits ? Illusions ? Manifestations d’autre chose encore ? Je n’avais pas assez de connaissance dans le domaine pour savoir de quoi il s’agissait, et m’en moquait pas mal. Le spectacle avait été plaisant à l’œil, mais la réciproque ne m’arrangerait pas. Cela dit j’avais en horreur l’idée de devoir partir avant plus tôt que prévu, à cause de la présence d’une de ces termites à la solde de ces rebuts d’invocateurs. Je m’en irai lorsque je l’avais décidé, et si elle tentait quoi que ce soit contre moi, alors ce serait à ses risques et périls. Non pas que je souhaite l’anéantissement de qui que ce soit, mais vivre comme une fugitive apeurée n’était pas dans mes intentions. Si elle s’approchait, c’était tant pis pour elle. Et si elle communiquait à ces invocateurs ma position… Tant pis pour eux.

Le bout de mes doigts effleura une phalange de ma main gauche, caressant une écorchure causée par l’écorce. Un simple faux mouvement, précipité sans tenir compte de la position de mon corps. Je n’avais plus l’habitude de marcher.

« Syndra » s’adressa sobrement une voix à côté de moi. Je n’avais pas besoin de tourner les yeux pour savoir de qui il s’agissait.

« Nous sommes prêt à partir ? » lui demandai-je avant de lui avoir laissé le temps de dire quoi que ce soit de plus. Une certaine impatiente agitée dans le ton. Il était nécessaire qu’ils réapprovisionnent les réserves de nourriture et de charbon à chaque fois que nous nous posions, mais je n’appréciais pas les retards.

« Tout le monde est revenu. Mais il y a quelqu’un en bas »

Je sentais qu’elle pesait ses mots et son ton, avec prudence, en disant cela. Je plissai les yeux avec méfiance, mais ce n’était pas à son intention. Eléana était peut-être la seule personne qui pouvait se targuer d’avoir ma confiance.

Mes talons décollèrent du « sol » de pierre formé par les roches de ma forteresse posée, qui portait encore les traces de son atterrissage forcé là ou je m’étais confrontée aux invocateurs. M’élevant dans les hauteurs, jusqu’à atteindre le plus haut toit, ou un poste d’observation avait été sculpté dans la roche. D’ici, la vue sur la pleine lune, encore écarlate pour cette troisième et dernière nuit, était splendide, mais cette fois c’est vers le bas que mes yeux se posèrent. Scrutant dans l’obscurité, une cinquantaine de mètres en contrebas, cherchant une trace de l’intrus.
Mes muscles se tendirent en l’apercevant. Même d’ci, je pouvais reconnaitre qui se tenait ainsi tranquillement posé devant mon habitation, comme si elle avait été invitée. En un clin d’œil, j’étais de retour près de ma servante.

« Il semblerait qu’un insecte soit venu se place sous ma botte » sifflai-je d’un ton acide, de ceux qui précédaient les colères.

Que faisait-elle ici ? Voulait-elle tenter de venir me raisonner, me convaincre de rendre le Nexus à l’Institut et d’arrêter tout pour laisser ma magie se faire brider et « apprendre » ? Ces tentatives pacifistes étaient propres aux Ioniens, mais  je craignais quelque chose de plus retors. Comme une diversion en attendant l’arrivée de ses acolytes de l’Institut.
Alors quoi. La tuer et m’en aller ? Ce serait toujours un ancien de moins. Mais je ne savais pas encore ce qu’elle me voulait, et ma curiosité était plus forte.

Dans tous les cas, hors de question que je sorte de mon lieu d’habitation. Ici, je pouvais sentir la moindre variation de poids, le moindre champ magique perturbateur dans la délicate construction que j’animais. Dehors, je pouvais plus facilement être dérangée. Et je n’aimais pas être dérangée.

« Fais la entrer » lachai-je après ces quelques instants de réflexion. Qu’elle pénètre donc dans cet édifice, dans ce temple ou ils avaient voulu m’enfermer. Ils avaient gagné leur coup. Je ne quittais plus ce temple. Mais lui, allait ou je le voulais.




Eléana inclina légèrement la tête en guise d’acceptance, avant de tourner les talons.
Son dos se détendit peu à peu à mesure qu’elle descendait les marches de l’escalier interne, ses pas résonnant dans la pénombre. Une détente temporaire, cependant. Tout aurait bien pu se passer jusqu’à la fin, et sa colérique souveraine repartir, avec ses étoiles plein les yeux et sa satisfaction presque candide de ce festival.

Mais il avait fallu qu’un étranger s’en mêle. Elle avait hésité à taire sa présence, et à simplement laisser faire les choses sans que Syndra ne l’apprenne, pour éviter une de ses crises de colère. Ses émotions et sa magie étaient si intimement liés, qu’elles débordaient toujours et de façon conjointe, pour un peu tout et n’importe quoi.

Mais son rôle n’était pas de lui mentir, même pas omissions. Elle se devait de l’informer. Elle était sa souveraine après tout.

Depuis le temps qu’elle vivait proche d’elle, comme sa suivante, elle avait appris à déchiffrer les signes annonciateurs. Cette fois, elle y avait échappé de peu, mais visiblement la personne ici ne la ravissait pas par sa présence. La faire monter ne serait sans doute pas la médecine la plus efficace pour la garder en bonne santé, mais c’était là l’ordre qu’elle devait suivre. Au moins, si elle ne l’avait pas instantanément broyée contre un tronc d’arbre, mais avait choisi de la faire entrer, c’était sans doute qu’elle n’était pas complètement fermée au dialogue. Ou avait envie de la voir faire une chute de plusieurs centaines de mètres de haut. Difficile à dire.

Une fois en bas, les lourdes portes de pierre s’ouvrirent comme à son habitude sur son passage. Elle aurait presque pu croire, à la longue, que c’était un automatisme, si elle n’avait pas su que c’était Syndra qui sentait ses déplacements et sa position dans l’immense structure qu’elle gérait. L’espace d’un instant, elle se demanda si elle pourrait encore être surprise par quelque chose, sur ce sujet-là. L’émerveillement des premiers jours lui paraissait lointain.

Encore quelques marches en spirale, extérieures, cette fois, avant que son pied n’effleure le sol mousseux. L’inconnue était toujours là, semblant attendre. Elle s’approcha d’elle, avec une dignité prudente, se tenant droite, l’observant de ses yeux dont la couleur avait viré au gris électrique avec les années. Un maigre sacrifice, bien qu’elle se surprenne parfois à se demander quelle couleur ils pouvaient bien avoir, auparavant.

« Bonsoir » dit-elle en s’inclinant avec une politesse qu’elle espérait de mise. Si elle avait appris la langue au contact de Syndra, en terme d’étiquette Ionienne, elle n’avait pas vraiment été le meilleur des professeurs. « Ma souveraine vous invite à la rejoindre. Voudriez vous bien me suivre ? »  


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Karma
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Jeu 22 Déc - 21:09
Karma se concentra sur le silence de la nuit, retraçant ce qu'elle savait sur l'habitante de ce palais ambulant qui semblait toiser la nature elle-même. Syndra avait été déchue de son statut de championne, et la League allait prendre des "mesures" à son égard, ils voilaient à peine le fait qu'ils la recherchaient pour l'éliminer, faisant preuve d'une barbarie digne des envahisseurs noxiens. C'est pour cela que l’aînée avait spécifiquement demandé au dirigeant de la ville de ne pas prévenir le conseil avant le matin, lui rappelant gentiment que désobéir à un ordre direct d'une Aînée était une grave insulte et le rassurant en disant que tout allait bien se passer, ce qui était un évident mensonge,  mais passons. La duchesse ne portait pas non plus la League dans son cœur, elle avait remplit son rôle à merveille durant des années mais son pouvoir s'était petit à petit érodé au fil du temps, chaque scandale était un nouveau coup du burin qui sapait les fondations du pouvoir des invocateurs. Et Syndra? Syndra avait juste décidé de réduire ces fondations en miette, l'histoire retiendra son nom et le jour où elle avait relevé la tête pour se libérer du joug des Invocateurs. Après, est-ce qu'elle sera retenue comme une révolutionnaire visionnaire où la source de l'heure la plus sombre de Valoran? Seul le futur nous le dirait, mais dans les deux cas, elle avait été l'élément déclencheur au réveil du gouvernement ionien. Après de longues nuits de débats secret et de rendez-vous avec le conseil, Ionia était prêt à quitter la league, les Anciens s'étaient décidés et attendaient le prochain scandale d'envergure pour quitter la League. L'armée ionienne était prête à intervenir aux frontières, tous les champions ioniens avaient été prévenu et avaient eut le choix de partir où non, il suffisait que la League fasse un nouveau faux pas pour que tout se termine, et il y avait de fortes chances que le départ d'une nation entière risquait d'achever le pouvoir décadent de la League. L'époque où Ionia attendait de se faire marcher dessus par les autres nations étaient terminées, nous nous devions d'agir les premiers.

« Bonsoir. Ma souveraine vous invite à la rejoindre. Voudriez vous bien me suivre ? »  

La Duchesse rouvrit les yeux en entendant un bruit de pas s'approchant, le regard de la championne croisa les yeux gris de ce qui semblait être une servante. Il y avait peu de chance que cela soit la couleur naturelle de ses iris, cependant elle n'avait pas l'air d'être manipulée magiquement et semblait être en bonne santé. Sa posture était bien trop rigide, et la manière dont elle s'inclinait bien trop mécanique, mais il y avait un début. La Duchesse se releva en reprenant ses affaires, s'assurant que la théière était encore à bonne température, avant de répondre à la servante.

"Avec plaisir."

La duchesse suivi la servante aux yeux d'argents sans faire de bruit, se doutant que toute tentative de conversation se solderait par un silence justifié. Elle gravit les marches sans s’essouffler avant de lever les yeux sur les deux grandes portes qui marquaient autrefois l'entrée du temple. Karma inspira une bouffée d'air froid sans se stopper et entra à la suite de la servante. Les deux portes de pierres bougèrent d'elle-même, se refermant de manière menaçante dans le dos de la duchesse qui ne prit pas la peine de se retourner. Un paysage surréaliste se dévoila devant elle, des rochers éclairé par la lumière sanglante de la lune flottait au-dessus d'eux. L'extérieur était lugubre, surement parce que l'altitude empêchait à la majorité des plantes de pousser librement. La duchesse monta une seconde volée de marche sans se laisser distancer par la servante, entra pour de bon dans le temple, elle était parfaitement calme là où d'autre aurait commencé à hésiter et à prendre peur. Pas Karma, l'hésitation et la peur étaient des émotions mortelles dans ce genre de situation. Son visage était un masque tranquille alors qu'elle était dans l'antre d'un ennemi que tout le monde lui ordonnait de craindre depuis le premier jour.
Puis vint la grande salle, fermée une nouvelle fois par un paravent coulissant. La Duchesse resta calme avec son kimono replié et sa théière encore fumante. Cette dernière resta parfaitement calme attendant que la salle se dévoile...
Et sans un bruit, les portent s'ouvrirent, dévoilant la grande salle.
C'était une ancienne pièce, qui avait vu bien des histoires et des tragédies, il n'y avait aucun mobilier, juste un gigantesque espace vide et noir qui semblait absorber la lumière, la pierre était taillée à vif pour former une parodie de banc sur les côtés, et au fond, gracieusement assis dans une alcôve qui lui servait de trône, se trouvait Syndra. Toujours aussi impressionnante et jouant d'une terrible beauté, l'énergie crépitant dans la paume de ses mains alors que des sphères voletaient de manière menaçante autour de sa forme. Elle était magnifique, elle était capable de m'écraser, et elle était l'une des plus grande menace pour Ionia. Karma croisa son regard couleur améthyste, chargé de pouvoir et de promesse de douleur. Et devant l'une des plus puissantes magiciennes de Valoran, Karma ne s'écrasa pas, elle soutint le regard de la souveraine obscure, et elle lui sourit.
Ce n'était pas un sourire moqueur, ni une provocation, c'était une expression douce et reposée. Son regard était celui d'une personne en paix, qui avait choisit de ne pas craindre la jeune femme qui se tenait devant elle, dénué de toute trace de peur. Ses yeux étaient amicaux sans pour autant donner une fausse impression de condescendance, ils étaient une invitation, une proposition, une ouverture sur quelque chose d'autre. Karma s'avança sans un bruit, ses pas glissant silencieusement sur le sol, les portes se refermèrent derrière elle alors qu'elle commença à s'adresser à la Souveraine.

"Bonsoir Syndra. Et merci de m'avoir reçu en cette fin de festival. Saches que je ne suis pas venu ici au nom de la League et que je n'ai pas prévenu les Invocateurs de ta présence, autrement ils auraient été là avant la fin du premier jour. Je ne suis pas ici pour tenter de te dévier de ta voie, car c'est celle que tu as choisi. Je n'aurais pas l'audace de me présenter à ta porte en tant que possible instructeur, et je te promets que je ne viens pas te voir en ennemi, car cela serait bien inconscient de ma part. Non, je suis simplement ici pour discuter, mais avant"

La duchesse traversa lentement la salle silencieuse, les seules sources de lumières étant le pale reflet de la lune sanglante à travers une grande ouverture dans le mur et l'énergie que dégageait les deux sources de magie dans la pièce. L'une couleur jade, l'autre couleur améthyste, cette combinaison de rouge, de vert et de violet formait une scène étrange et troublante reflétée par le lac visible depuis la fenêtre. Puis, elle s'arrêta devant Syndra, levant légèrement la tête pour ne pas briser le contact visuel. Elle forma une infime couche de mana vert et transparent au niveau de sa hanche, déposant la théière dessus, avant de tendre le kimono noir et violet à la Souveraine.

"Un cadeau, car arriver sans cadeau lors du troisième jour de la Lune de Sang est malpoli."

Je l'avais fait faire en devinant ses mesures lors du festival, c'était une pièce unique, je devais cependant admettre que j'avais demandé à ce qu'on le fasse légèrement plus grand à des endroits où Syndra avait eu une croissance... Prononcée.
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Lun 9 Jan - 15:31



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L’ascension de l’immense forteresse, toute en escaliers de spirales, était toujours une épreuve, même pour les mollets les plus habitués comme les siens. Si elle en avait l’habitude, Eléana adapta cependant sa vitesse d’escalade, pour ménager leur « invitée ». Qu’il lui reste assez de souffle pour parler un peu, en espérant que les mots qui sortiraient de sa bouche ne seraient pas faits d’huile jetée sur le braséro permanent qu’était sa souveraine.
Le feu est aussi puissant que magnifique à contempler. Mais peut être tout aussi dévastateur lorsqu’il devient hors de contrôle, songeait Eléana en gravissant les marches intérieures, après que le palier ait été passé. Et les colères de Syndra étaient aussi sauvages et destructrices qu’un feu de forêt, et risquait de ravager sur son passage même les plus délicates émotions de joie et d’affection, qui se dessinaient aussi belles et fragiles que des fleurs à peine écloses après la beauté et la nostalgie des nuits de la Lune de Sang.

Elles atteignirent finalement le niveau du lac, la partie à ciel ouvert de la forteresse, bien qu’entourée de hautes roches formant un cocon protecteur, pour s’isoler d’un monde qui lui avait appris par son mépris à le mépriser. Les cascades ne se déversaient pas, cette fois-ci. Le réseau d’eau, qui formait une boucle entre les hauteurs et le lac, renouvelé par la poussée magique de la souveraine des lieux, ne déversait ses torrents que lorsque celle-ci s’en donnait la peine, le plus souvent pour le plaisir de retrouver le paysage d’origine, ou pour impressionner les rares visiteurs. Que Syndra ne se soit pas donné cette peine pour la personne qui approchait n’était pas vraiment bon signe. Elle n’en manifesta cependant pas de signe, et se contenta de l’accompagner de sa démarche calme vers les hauteurs du temple construit le long des parois de la roche, empruntant l’ultime escalier, pour faire pénétrer leur invitée par la porte coulissante.

Le silence qui avait accompagné la disparition des pas d’Eléana vers « l’en bas » se brisa lorsque ses pas approchèrent, accompagnés. Sans surprise. Je n’avais pas senti leur présence, puisque ma forteresse était tranquillement pesée et non soutenue par ma magie, mais je les avais simplement observées approcher d’en haut. Ma mâchoire se crispa dans une expression figée, alors que j’écoutai leurs pas se rapprocher. Les questions avaient tourné et tourné pendant l’absence d’Eleana, et leur longue ascension. La lune avait eu le temps de progresser dans sa course depuis son départ. Mais pas ses réflexions.

Finalement, après leur ombre étirée, elles finirent par apparaître face à moi. Assise sur un « trône », plus destiné à appuyer mon statut en ces lieux qu’à être confortable, je les attendais, joue appuyée dans mon poing semi fermé, le visage fermé, le regard masqué derrière mon masque de pierre. En silence. Silence que mon « invitée » ne tarda pas à briser, n’attendant pas même que je lui donne le droit de s’exprimer sur mon domaine, tandis qu’Eléana me rejoignait comme à son habitude pour se tenir près de moi.  

Elle ne prit même pas la peine de se présenter, mais me tutoyait et parlait au nom des invocateurs, affirmant de ce qu’ils auraient faits si elle les avait prévenus. De la façon dont fonctionnait l’étiquette Ionienne, pour s’adresser à moi ainsi, elle s’estimait d’un statut supérieur au mien, sans doute par habitude. Second mauvais point. Elle n’était pas ici sur un territoire ou son autorité avait la moindre valeur. Mes dents se serrèrent plus fort, à m’en faire mal aux muscles de la mâchoire. Chienne de l’Institut, et chienne des Anciens. Tout dans ce qu’elle était me donnait envie de faire sauter sa tête de son corps comme un bouchon, et si ce n’était à cause du risque d’éclaboussures, c’est sans doute ce qu’il serait arrivé sur le champ au moment où elle évoqua ne serait-ce que l’idée de se présenter comme instructeur.
Discuter. Bien. Je l’aurai mal vu faire autre chose, mais me méfiait de l’institut, malgré les dires de la demoiselle, dont rien ne lui garantissait la vérité. Mon expression n’avait pas bougé, pas plus que mes lèvres, ni ma posture, durant son discours. L'observant simplement en silence. Elle était en train d’utiliser de la magie, et cela me dérangeait. Encore heureux que je ne sois pas en train de soulever ma forteresse et tous les fins réseaux de pierre qui devaient garder une cohésion, sinon l’interaction m’aurait vraiment énervée.

Mon regard se tourna quelques instants vers Eleana alors que celle que je devinais être Karma, pour l’avoir déjà aperçue à l’Institut quelques fois, me tendait quelque chose. Je voyais à son regard et sa façon de se tenir en retrait qu’elle comprenait ce qui allait arriver dans la seconde. Mes pensées étaient plus occupées à bouillir contre la phrase prononcée, comme une leçon de politesse, de la part de celle qui venait ainsi me voir comme si nous avions élevé les cochons ensemble. Mon poing se resserra sur l’accoudoir, tandis que les sphères de magie qui m’entouraient, involontairement, s’accéléraient et crépitaient avec plus de force et de menace. Sans que je n’aie besoin de remuer les lèvres ou de détendre le moindre muscle, ma voix résonna avec force à travers toute la pièce, venue de partout à la fois.


« Je me fiche des traditions autant que d’un cadeau d’une chienne à la solde de l’Institut. Entre ces murs, vous n’avez aucun statut autre que celui d’indésirable, et vous ne m’amadouerez pas avec un bout de tissu »

Une façon de remettre les bases au clair. Qu’elle n’oublie pas qu’elle n’était qu’un insecte à mes yeux, et tant mieux si son sacrosaint honneur s’en retrouvait bafouée alors que je refusais ce qu’elle me tendait. Une certaine lourdeur installée dans la pièce, non seulement par les mots, mais physiquement présente, comme si la gravité s’était soudainement accentuée, accompagna la suite de mon discours, qui résonnait toujours sans que mes lèvres n’esquissent le moindre mouvement pour s’ouvrir.

«  Dites-moi ce que vous me voulez, avant que je ne rende les choses plus expéditives »






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Mar 17 Jan - 23:04
« Je me fiche des traditions autant que d’un cadeau d’une chienne à la solde de l’Institut. Entre ces murs, vous n’avez aucun statut autre que celui d’indésirable, et vous ne m’amadouerez pas avec un bout de tissu »

Karma ne montra pas le moindre signe d'irritation, ce n'était pas la première fois qu'elle se faisait insulter de la sorte, et elle espérait que ça ne serait pas la dernière, son refus du kimono était regrettable, mais prévisible. Il valait mieux qu'elle s'insurge pour la présence du cadeau que de son absence. La Duchesse refusa de lever les yeux au ciel, sachant que ce geste pourrait avoir de lourdes conséquences, et préféra garder le masque paisible qu'elle arborait. Elle nota que l'air semblait soudainement plus lourd, que la gravité augmentait légèrement, surement une menace sourde de la part de Syndra, et Karma ne s'abaissa pas du moindre centimètre, refusant de lui céder le moindre signe de faiblesse. Elle était bien plus puissante, certes, mais ce n'était pas une raison de lui rendre les choses plus facile.

«  Dites-moi ce que vous me voulez, avant que je ne rende les choses plus expéditives »

Karma hésita durant une ultime seconde, réfléchissant à la conséquence de ses actions et pourquoi elle était venu dans la gueule du loup, rien que sa présence en ce lieu l'exposait à des accusations de trahisons de la part de ses opposants au conseil, elle ne pouvait pas faire marche arrière maintenant. Elle était venu ici avec un but, un mouvement politique, une idée folle, mais c'était en brisant les règles que Ionia avait survécut la dernière fois. Il était nécessaire de recommencer. Avec le futur départ de Ionia de la League et toutes les menaces que ce geste politique allait apporter, le temps n'était pas à l'hésitation.

"Une alliance entre ton royaume et Ionia en cas d'invasion."

La Duchesse laissa les mots rouler sur sa langue sans la moindre hésitation, cette demande n'était pas venu de nulle part, et Karma y avait longuement réfléchit lors du festival, se basant sur une simple vérité. Ionia allait perdre bien des choses lorsque la League disparaîtrait, nous avions les moyens de lutter, mais une dizaine d'année n'était pas suffisant pour créer une défense suffisante devant des pays qui avaient passés toutes leurs histoires à faire la guerre. Nous avions un début d'armée, des guerriers compétents, mais nous manquions encore d'alliance politique et de soldats. C'était sans compter la présence de Zed et de ses disciples sur nos terre, et celle de Syndra. Nous avions besoin de puissance brute, une puissance que Syndra pouvait nous apporter, et une puissance que nous allions être contraint d'affronter un jour.
Et ce jour viendra. Il nous était impossible de nous protéger des dangers extérieurs et de l'ombre que Syndra faisait planer au-dessus du Conseil en même temps, et même si Ionia arrivait à tenir dans le futur coupe-gorge politique qu'allait devenir Valoran, l'attaque d'une puissance comme Syndra serait le coup de trop pour le conseil et le pays. Je devais l'admettre à contre cœur, mais nos chances de victoires contre la Souveraine Obscure étaient minces, et ces maigres chances fondaient comme neige au soleil lorsque les dernières barrières qui protégeaient Valoran de l'embrasement allait bientôt céder. Dans tous les cas, l'arrivée de Syndra au pouvoir via la probable annihilation du conseil allait causer un soulèvement, la naissance d'une nouvelle résistance, et un bain de sang. Car une tyran comme Syndra n'acceptera pas la résistance, où du moins, cela serait une véritable surprise si elle n'écraserait pas le peuple à la moindre protestation.
Ionia était donc écrasé entre une myriade de menaces extérieures, et la présence d'une conquérante qui écraserait le pays à l'intérieur. Je ne souhaitais nullement que le pays pour lequel je m'étais battu disparaisse à cause d'un envahisseur ou à cause de l'arrivée d'une tyran au pouvoir qui allait surement se changer en guerre civile. Alors au choix, je devais au moins essayer d'utiliser l'un contre l'autre. Syndra était le poison le moins violent, seulement s'il était administré sous les bonnes conditions. Nos chances de victoires contre Syndra étaient astronomiquement faibles, et même si ma première envie était de lui tenir tête lorsque le jour viendra, je savais que cela allait se terminer par un bain de sang, le sacrifice de dizaine de vie ionienne suivit de son arrivée au pouvoir. Alors je devais essayer de faire que son arrivée au pouvoir se fasse avec un minimum de sang versé, avec un minimum de vie perdue.
Même si cela ne me plaisait pas.

"Un jour viendra où tu décideras de t’asseoir sur le trône de l'empire que tu vas créer sur les ruines fumantes du Conseil. Mais ton arrivée au pouvoir se fera dans le sang et provoquera des soulèvements, une rébellion qui sera de courte durée et qui terminera écrasée. Cependant, si tu utilises ta puissance pour protéger Ionia des menaces extérieures, le peuple te verras comme une protectrice, et le Conseil ne pourra pas les en empêcher. Cela aidera ton ascension au pouvoir, et cela t'empêchera de régner sur un tas de cendre."

Je ne faisais pas cela dans l'espoir de sauver le conseil, je ne faisais pas cela dans l'espoir de sauver ma position en haut de l'échelle ionienne. Je faisais cela pour sauver des vies ioniennes, un maximum, les sauver des épées futurs conflits et les sauver de leurs propres esprits de rébellion. Qu'importe si je devais mourir, si on devait m'accuser de traîtrise, cela n'importait pas tant que je savais que ce que je faisais me permettait de sauver des vies. Je me doutais bien que les chances qu'elle accepte ce marché étaient infimes, mais tant que l'ombre d'entre elles existaient, je me devais d'essayer.
Durant cette déclaration, Karma était resté parfaitement neutre de visage, comme toujours. Elle savait que cette conversation pouvait être sa dernière, mais elle espérait que cette conversation pourrait faire une différence dans le futur de Ionia. Avoir Syndra à la tête de Ionia était mieux que voir Ionia rayer de la carte.
Comme depuis des années, les actions de Karma étaient dictées dans le but de protéger Ionia. Est-ce que cette proposition était la meilleure chose à faire? L'avenir le dira, que cet avenir ce fasse sans la duchesse où non, cela n'avait pas d'importance.
Car elle serait morte avec l'espoir d'offrir au peuple Ionien une vie plus paisible, et celui lui était suffisant.
Karma attrapa la théière et versa habilement le thé dans une des tasses, la délicate odeur du jasmin chatouilla ses narines, et elle profita de l'arôme se diffusant dans l'air lourd. Elle pencha légèrement la théière dans la direction de l'ancienne championne avant de dire:

"Thé? "
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Mar 24 Jan - 17:30



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La réponse de l’impolie visiteuse me surprit, arrachant à mes traits figés un haussement de sourcils circonspect. Une alliance entre mon royaume et Ionia ? Tout dans cette phrase me dérangeait, du tutoiement qu’elle continuait d’employer malgré mon avertissement tacite, au choix de ses mots. Un royaume ? Je possédai une forteresse, et des projets. Pas un royaume. Pensait-elle me brosser dans le sens du poil et m’amadouer ?

Les  Anciens. Au nom de l’équilibre, et de leur peur de ce qui pouvait les dépasser, ils avaient tenté de m’enfermer dans un carcan de chaine, ou j’étouffais chaque jour un peu plus. Ou ma magie prisonnière, ne faisait que croitre sans pouvoir s’échapper, me torturant un peu plus chaque jour. En m’arrachant à ma maison, à ma famille, et en me prenant la seule chose qui me rendait heureuse, comme si mon corps, ma magie, leur appartenait de droit. Qui avaient voulu me réduire à néant, effacer non ma vie, mais mon essence même.
Et maintenant quoi ? Leur précieux Institut n’était plus apte à les protéger de la menace de Noxus, qui flottait près d’eux telle une ombre, plus menaçante encore que celle de ma forteresse. Et désormais, ils espéraient quoi ? Que ce qu’ils avaient voulu à tout prix empêcher, annihiler, la puissance de ma magie, que j’allais la mettre à leur service ?

Un sourire mauvais suivit mon expression de surprise, lorsqu’elle annonça la suite de ses idées. Toujours dans cette idée. Que je serai un tyran, qui écraserait le peuple, et l’opprimerait, d’un sang qui se mêlerait aux cendres. Cette vision était bien trop proche du sol à mon goût.
D’un geste, d’une simple pensée, ma volonté, multiplia la gravité sous les pieds de mon invitée, bien plus que ce qu’un corps debout pouvait supporter. Elle n’avait pas ployé le genou sous l’avertissement, elle le ferait sous la contrainte, qu’elle le veuille ou non. Ou s’aplatirait peut-être au sol, même, ou était sa place face à moi. Après tout, je ne faisais pas dans la délicatesse, et n’avait pas vraiment pris la peine de doser l’effort. Accompagnant cette magie, je me relevai, pour la surplomber encore un peu plus, m’élevant légèrement au-dessus du sol. J’aimais cette sensation. En ce moment, clouée au sol face à la puissance écrasante d’une personne autoritaire, peut-être ressentait-elle ce que les siens m’avaient fait subir par le passé.

« Puisque tu n'as pas l'air de comprendre » sussurai-je d’une voix évoquant le grondement lointain des tambours de guerre se rapprochant. « Tu te trouves sur mon domaine, ici. Et le temps où l’on m’assignait un Ancien comme mentor ou maître est révolu depuis longtemps. Le dernier a fini ici même. »

Lui relevant le menton de force d’un simple geste, je lui offrai directement la vision sur le mur du fond de la pièce, ou les craquelures et pierres manquantes résidaient toujours, tel un souvenir. Celui d’un meurtre et du début d’une tyrannie, sans doute, à ses yeux. Celui de ma libération et de ma première bouffée d’air depuis longtemps, aux miens. Mais ce que j’espérai surtout qu’elle verrait, était un avertissement pour la prochaine fois qu’elle s’aviserait de me tutoyer, ou tout autre signe qu’elle me considérait comme une enfant ou une chose à guider ou manipuler.

« La seule raison pour laquelle tu es encore en vie après t’être approchée ici, est que tu n’as pas été impliquée dans les décisions qui me concernaient. Tu es aussi manipulée par eux que par l’Institut, et tous ceux qui me craignent sans comprendre. »

A mesure que je parlai, la pression se faisait plus forte, sans doute plus insupportable. Mes émotions s’exprimaient, appuyant physiquement la lourdeur de mes paroles. Que la leçon soit retenue, et qu’elle s’estime chanceuse, que je sois dans de bonnes dispositions ce soir-là.
Néanmoins, sa proposition avait quelque chose… D’intéressant, une fois retiré les formes qu’elle avait décidemment mal choisi pour m’aborder. Avais-je déjà imaginé ce que pourrait être un règne sur ces terres ? Elles étaient malades, et je voulais les purger. Mais les diriger… Sans doute. Cela ne devait pas être facile. Bien entendu, j’avais déjà rêvassé à cette idée, mais sans jamais vraiment la toucher du doigt de façon plus réfléchie, ni aux conséquences que cela impliquerait.

« Vous êtes ceux qui étouffez les enfants dans les berceaux. Pas moi » lachai-je finalement après avoir relâché d’un coup la gravité qui la clouait au sol.


« Je ne compte pas laisser Noxus mettre mes terres à feu et à sang, et je n’ai pas besoin d’avoir un intérêt calculé pour ça. Mais je ne compte pas non plus laisser la tumeur qui les gangrène se développer. Alors dis moi, puisque tu es ici. Que comptes-tu faire, toi, la plus jeune dirigeante actuelle, pour changer ces traditions cristallisées et qui stérilisent petit à petit ces terres ? »


Mon ton était dur, froid, et ma voix en résonance comme mille timbales alentours. Mais après tout, j’avais affaire à une personne courageuse, n’est-ce pas ?



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Karma
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Karma prit une dernière bouffée d'air, sentant naturellement le mana se distordre autour d'elle, la Duchesse posa sa tasse de thé sur le plateau de mana qui commençait déjà à descendre au sol. Elle ne tenta pas de lutter, sachant que cela était vain et qu'il y avait plus de chances de se blesser qu'autre chose. Alors elle se laissa descendre sans grâce, se retenant de serrer sa mâchoire à cause de la pointe d'agacement et de la douleur qui se rependaient petit à petit dans son corps. La Duchesse se retrouva clouer au sol sur le dos, croisant les bras sur sa poitrine et respirant de plus en plus lentement pour éviter d’étouffer, le Mantle se posa dans un tintement métallique au dessus de la tête de la championne, se clouant à son tour au sol. Karma regarda Syndra s’élever au-dessus d'elle pour l'écraser plus encore, le regard de la Duchesse ne trahissant pas ce qu'elle ressentait à l'égard de la championne, sachant que cela la condamnerait aussitôt. Ce n'était pas de la peur ni de la haine, Karma ressentait une profonde pitié pour Syndra.
Le conseil lui avait arraché sa vie au plus jeune âge, et elle avait vécut une vie solitaire entouré de personnes effrayées et sa colère l'empêchait de s'en rendre compte, au pire encore, elle s'y plaisait. Je n'avais pas devant moi une noble dirigeante, je me trouvais en face à une enfant capricieuse qui avait les jouets les plus destructeurs de ce monde, et cet enfant refusait de mûrir car elle n'acceptait pas de voir au delà de sa colère. Elle allait passer sa vie diriger par sa colère et ne vivrait jamais véritablement. Alors oui, je n'éprouvais que de la pitié pour cet enfant que le Conseil avait détruit.

« Puisque tu n'as pas l'air de comprendre. Tu te trouves sur mon domaine, ici. Et le temps où l’on m’assignait un Ancien comme mentor ou maître est révolu depuis longtemps. Le dernier a fini ici même. »


Telle une marionnette, Karma se laissa guider par le pouvoir de Syndra, regardant ce qu'elle lui présentait. Les traces encore visibles d'un meurtre, je ne savais pas si elle comptait me choquer par cette action, j'avais déjà tué auparavant, des centaines de personnes étaient mortes à cause de mes actes, ce que j'avais ici? C'était une erreur du conseil qui avait coûté la vie d'une personne innocente. Cependant, je savais que c'était un avertissement que je ne pouvais plus ignorer.

« La seule raison pour laquelle tu es encore en vie après t’être approchée ici, est que tu n’as pas été impliquée dans les décisions qui me concernaient. Tu es aussi manipulée par eux que par l’Institut, et tous ceux qui me craignent sans comprendre. »

Aussi triste que cela était, il n'y avait rien à comprendre sur toi, et il y avait une juste raison pour laquelle beaucoup te craignait. La quête de liberté était une quête que je comprenais parfaitement, ne m'étais-je pas battu pour le liberté de mon peuple et de ses droits? Sauf que tu ne t’intéressait qu'à ta propre liberté, écrasant celle des autres sur ton chemin, c'est pour cela que des mots comme monstres et tyran étaient murmurés à ton sujet. Tant que tu en montrais pas que tu pourrais changer, personne ne tenterai de te comprendre, et à juste titre.

« Vous êtes ceux qui étouffez les enfants dans les berceaux. Pas moi »

Bien sur, je suis certaine que tu es une image de bonté pour me faire ce genre de remarque.
Karma se releva lentement, reprenant une rythme de respiration normal alors que le Mantle se repositionna doucement dans son dos. Elle se reconcentra sur Syndra, s'efforçant de garder un visage neutre malgré le tumulte d'émotion qui la troublait.

« Je ne compte pas laisser Noxus mettre mes terres à feu et à sang, et je n’ai pas besoin d’avoir un intérêt calculé pour ça. Mais je ne compte pas non plus laisser la tumeur qui les gangrène se développer. Alors dis moi, puisque tu es ici. Que comptes-tu faire, toi, la plus jeune dirigeante actuelle, pour changer ces traditions cristallisées et qui stérilisent petit à petit ces terres ? »

Premièrement, cela était bon de savoir que, d'une certaine manière, les envahisseurs allaient devoir prendre Syndra en compte. Elle n'était pas avec nous, loin de là, mais cela était mieux que rien. Deuxièmement...
Karma eut un léger sourire devant la question de Syndra. Le futur était tellement complexe et empli d'opportunité, je ne me serais jamais attendu à rejoindre le conseil lors de ma formation au monastère. Je n'avais pas passé des années de formations sous un des membres du conseil, il n'avait nullement imprimé leurs doctrines en moi. Atteindre le Conseil était quelque chose de difficile, un honneur parmi les honneurs, et j'étais l'une des plus jeunes Anciennes de l'histoire de Ionia. J'avais sut me faire entendre et le j'avais obtenu ma place au prix d'une guerre et de plusieurs centaines de vie perdues. Il était hors de question que je laisse passer cette chance, Ionia se devait de changer pour perdurer, et j'étais d'accord avec Syndra, les Anciens étaient la raison de cette stagnation. Mais loin de moi l'idée de cracher sur ce qu'ils avaient fait, les Anciens avaient fait de terribles erreurs, et leurs principes dataient d'une autre époque. Mais ils avaient guidés Ionia depuis des décennies... Avec un succès mitigé, mais cela était mieux que rien.
J'avais tellement de plan pour Ionia, et si nous parvenions à traverser cette période de trouble, j'allais user tout ce temps pour donner à mon pays un nouvel age d'or, libéré des traditions sans les renier, embrassant le futur sans renier le passé.

"Ionia manque cruellement de choix. Une poignée d'individu ne devrait pas diriger le destin de milliers. L'idée même d'un Conseil a fait son temps, il faut laisser la place à une nouvelle manière de partager le pouvoir. Un nouveau système tranchant avec les traditions, tout en permettant leurs existences."

J'y avais longuement réfléchis, voyant les problèmes de l'intérieur du conseil, voyant les dysfonctionnement et les décisions qui ignoraient l'existence des petites gens au nom de traditions qui perdaient petit à petit leurs sens alors que le monde progressait sans nous. Mais qu'était Ionia sans ses traditions? Qu'était Ionia sans le festival qui avait permit cette rencontre? Nous n'étions pas obligé d'oublier le passé pour progresser.

"Un nouveau modèle libérer des tabous infligés par notre passé, où chaque village de Ionia aura son représentant élu et sa voix. La création de plusieurs écoles, enseignant la magie ou non, ouvertes à tous. Permettant aux nouvelles générations de décider de leurs futurs. L'existence d'une armée pour ne pas reproduire une nouvelle invasion Ionienne et nous protéger."

Cela sera le travail d'une vie, mais si cette vie doit être la mienne, alors soit. J'aurai pas de repos tant que Ionia n'ira pas de l'avant sans être ralenti par ce qui faisait d'elle Ionia.


"Le peuple dirigera Ionia, et Ionia dirigera son peuple. Chaque individu pourra choisir sa voix, qu'il décide d’honorer notre passé où de ce tourner vers notre futur, cela sera son choix. Cependant, cette utopie restera ce qu'elle est, une utopie."


Et je ne pouvais pas la blâmer pour ça, nous étions en train de parcourir deux chemins différents, à la fin, l'histoire parcourra un unique chemin. Et comme je l'avais dit auparavant, mon projet n'aura surement pas le temps de prendre forme avant de se faire souffler.
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Du vent, encore du vent. Son attitude neutre, calme, et même souriante, comme s'il ne s'agissait là que d'une conversation de plaisance autour d'une tassé de thé, m'horripilait au plus haut point. Mentalité bridée, qui t'interdit depuis toujours de montrer, ou même de ressentir quoi que ce soit, émotions étouffées dans un carcan au même titre que toute notion de liberté personnelle. Rentrer dans un moule et ne surtout pas en dépasser, pour que l'équilibre se résume à une grande ligne droite. J'avais envie de la secouer comme un prunier, jusqu'à ce qu'enfin, elle manifeste quelque chose. Pourquoi pas après tout ? Mais je préférai rediriger ma colère vers mes sphères pour le moment, les faire crépiter et tourner, sombrement. Je savais que si je cédais à la tentation de manifester ma volonté directement sur mon "invitée", elle risquait d'aller plus vite que mes réelles décisions à son sujet, et lui broyer les os sur une simple pensée.

Et puis ses paroles... De l'air brassé pour former de jolies phrases tentant de l'amadouer, sans qu'il n'y ait aucun fond qui ne fasse sens. Ce n'était que mots en l'air, belle prose, et voila qu'elle avouait elle même ne voir là qu'une utopie, et non avoir quoi que ce soit d'un projet, contrariant même ce qu'elle avait avancé quelques instants plus tôt sur une idée d'une ascension au pouvoir de ma part. Alors pourquoi venait-elle jusqu'à moi ? Pour m'embrouiller, m'amadouer, me faire perdre mon temps ? Voila ce que ma vieille amie Colère me susurrait à l'oreille, alors même que mes sphères chéries ne parvenaient plus à contenir mes émotions, et que la structure même commençait à trembler de rage autour de moi. Rester calme. Il fallait que je me maitr...

" ÇA SUFFIT "

Avant même que je ne l'ai réalisé, j'étais debout, suspendue dans les airs, et Karma avait volé dans le décor qui s'effritait, soulevant un nuage de poussière. Un regard confus à Eleana, et son petit signe de tête me confirma que la puissance qui m'habitait s'était faite trop violente, trop envahissante, et avait échappé au contrôle de ma conscience. Ne pas avoir le contrôle. Tout ce que je haïssais.
Je la ramenai jusqu'à moi d'un simple geste, lui faisant face, en la soulevant dans les airs à ma hauteur.

" Dis moi ce que tu me veux une bonne fois pour toute. Sans bavardage. Va au but, avant que je ne te change en balle "

Au moins, elle pouvait se targuer d'avoir toute mon attention. Et il me fallut un instant de trop pour réaliser quel danger cela représentait. Un instant à ne plus rien surveiller, à laisser la colère m'envahir. Je ne fis qu'entrapercevoir, sur mon champ de vision latéral, le mouvement de tête d'Eleana, sans y prêter attention. Son sursaut. La détonation.
Et la douleur.

Tout devint flou en un instant. Je ne maintenais plus l'Ancienne, qui retomba au sol. Mes genoux me faisaient mal. Pourquoi ? Je n'avais pas ressenti ce genre de douleur depuis... Trop longtemps pour que je ne m'en souvienne. Comme si une fumée rouge envahissait toute ma vision. Des intrus. Je sentais autour de moi, des masses en mouvement. Et la haine ne faisait que s'accroître.

C'était ça qu'elle me voulait. Une diversion ? Révéler ma présence. Me garder, me retarder, en attendant l'arrivée de... Oui, je reconnaissais cet engourdissement. L'Institut. Ils m'avaient retrouvé, au moment ou j'étais vulnérable, au sol. Et cette enfant de chiens, cette vendue de championne... Comment avais-je pu l'accepter à mon bord, rester à perdre du temps ?

Tout se faisait noir. De plus en plus. Je pouvais sentir des mains fraîches se poser sur moi. Eleana.  Elle essayait de m'aider à me relever, alors que je titubais, la gorge serrée à en étouffer. Des cris, des pas. Les autres arrivaient, courraient, alors même que toute la structure commençait à trembler, édifice en équilibre qui n'était plus retenue que par sa propre masse, et non plus ma volonté, qui flanchait à chaque secondes. Et puis, une nouvelle détonation.

Le temps s'était figé.
Le mouvement du corps était improbable. Il me rappelait celui de mon ancien maître, écrasé contre la pierre. Le dos cambré d'Eléana, son corps figé. Ma main tendue, ma volonté toute déplacée à tenter de la rattraper, de la garder dans les airs, en vain. Rien. Son corps s'effondra au sol comme une poupée de chiffons, alors que ses yeux même encore me fixaient avec desespoir, comme un appel à l'aide. L'appel à sa souveraine pour que je la protège, ou la peur de ne pas avoir su me protéger. Je n'en savais rien. Cet instant s'étirait, s'écoulait dans le temps, et rien ne venait. Tout était flou. Sombre.

Et plus rien.

Autour, comme un tremblement de terre, une partie de la structure s'effondra sur elle même. Les pans de murs tombaient, et seules les parties stables restèrent dressées, transformant la forteresse en un semblant de ruines. Cinq personnes entouraient la scène. Dès que la première fléchette avait atteint sa cible, deux s'étaient déployées pour maîtriser Karma, de façon préventive, pour sa propre sécurité, cherchant à l'escorter rapidement hors de la forteresse. Les autres, armés d'Hextech, réglaient le problème des suivants fidèles de Syndra, pendant que le dernier s'occupait de l'incantation. Elle était maîtrisée, et tombée inconsciente en moins de cinq secondes. Ne restait plus qu'à la ramener en sécurité à l'Institut.

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Jeu 11 Mai - 12:12
"ÇA SUFFIT"

Un cri de rage, digne de la plus terrifiante des banshees. Suivit d'un raz-de-marée magique qui s'écrasa sur la Duchesse. Sa colère était aussi palpable que la magie ambiante, faisant trembler les murs, le sol, la création toute entière. Il y eut un éclair de douleur et un nuage de poussière, et Karma serra les dents, devinant que ce qu'elle avait percuté devait être le mur. La douleur ne la dérangeait pas, elle avait connu une douleur bien plus intense à de nombreuses reprises. Un filet de sang coula le long de son menton, ses oreilles avaient un bourdonnement désagréable et la démangeait alors que le sa magie opéra instinctivement sur ses blessures. Elle laissa échapper une respiration difficile, ses poumons luttant contre la gravité alors qu'elle était transporté dans les airs par la magie de Syndra. Elle releva la tête, ignorant sa lèvre percée pour tenir le regard chatoyant de la Souveraine sans broncher, sans faillir.

" Dis moi ce que tu me veux une bonne fois pour toute. Sans bavardage. Va au but, avant que je ne te change en balle"

Les yeux de la Duchesse scrutait le visage de la Souveraine, il y avait du bon en elle, enfouit sous des années de haine et de colère, mais au plus profond cette partie de lumière existait. Sinon son île serait resté inaccessible, sinon ses servants ne seraient pas en vie, terrifié certes, mais en vie. Sinon elle aurait déjà profité de la situation pour envoyé un message au Conseil avec mon cadavre. La Duchesse en était certaine, il y avait de bonnes intentions dirigé vers le mauvais ennemi. Elle ne méritait pas de se faire chasser par la League, elle n'avait pas mérité le sort que mes confrères lui avait fait subir. Elle méritait une chance d'avoir le choix de continuer sur sa voie où de pouvoir en emprunter une autre.  
Les yeux de la Duchesse n'affichait pas de peur ni de colère, car même si Syndra tenait sa vie dans le creux de sa main, Karma ne voyait qu'une enfant qui avait perdu son innocence à cause d'une injustice causée par le Conseil dans lequel elle résidait.

"Parce qu'il y a du bon en toi Syndra, et que tu mérites d'avoir le choix, au moins une fois dans ta vie, de changer de voie sans conséquence."

Il y eut une détonation, un son qui gela le sang de Karma pour la première fois de la nuit. Elle tomba lourdement sur le sol, la respiration coupée alors qu'elle vit Syndra tomber au sol à son tour, pour la première fois depuis des années. Karma paniqua, qu'est-ce qui venait d'arriver? Elle activa sa magie en se relevant, se retournant pour...
Pour tomber nez à nez avec plusieurs silhouette encapuchonnées dans de long manteaux parcourut de runes qui luisait dans la pénombre. Ils avaient une démarche robotique, froide, celle de ceux que rien n'allait arrêter. Les invocateurs se tenaient devant elle, plus terrifiant que Syndra, plus terrifiant que les hordes noxiennes. Une émotion presque étrangère s'empara de la Duchesse alors que ses yeux s'illuminèrent d'une lueur jade, une émotion qu'elle croyait avoir bannit de sa vie depuis des années déjà, mais cette fois elle faisait de nouveau surface, et un rictus de haine déforma son visage alors que ses tatouages commencèrent à s'illuminer:

"COMMENT OSEZ-VOUS?"

La première fléchette se planta dans sa nuque, la seconde se planta dans son bras droit. Le poison fut aussitôt effet, engourdissant ses membres et perturbant le flux de mana. Karma chancela, tombant à genou alors que ses jambes refusaient de bouger. Son regard se fit plus flou, mais elle remarqua la forme immobile de Syndra gisant au loin, à ses côtés, la servante gisait telle une poupée de chiffon. Tout devient flou, la Duchesse entendit des explosions, elle sentit le sol trembler alors que deux bras la soulevait pour l'éloigner du... Du massacre qui se produisait sous ses yeux. Les serviteurs hurlaient, incapable de lutter contre les armes des Invocateurs, qui les immobilisaient un à un. Karma tenta une dernière fois de se libérer, de lutter contre la barbarie des Invocateurs. Elle tenta de pousser un dernier cri de rage, en vain.
Dans ses derniers lambeaux de lucidité, alors qu'elle venait d'être témoin de l'un des pires affronts de la League. Karma se résigna à son sort. Oh, elle allait lutter contre la League jusqu'au bout, elle allait tout faire pour que Ionia fleurisse de nouveau, elle allait passer sa vie en quête d'un moyen d'offrir un meilleur futur pour son pays. Certes, mais son destin était déjà scellé. A cet instant, Karma sût qu'elle allait mourir de la main de Syndra. Elle ne lui pardonnerait jamais, même en découvrant que Karma avait été manipulée elle aussi. Cela prendra peut-être des mois, des années où des décennies. Mais un jour, la League ne pourra plus la contenir, un jour elle attaquera le Conseil pour se venger.
Et ce jour sera le dernier jour de mon existence.
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