La Musicienne, la Renarde et la Prêtresse - Cérémonie symphonique [terminé]

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Mar 19 Avr 2016 - 23:32
Le soleil faisait plonger ses rayons dans les vagues, et ces dernières renvoyaient de temps à autres un reflet éclatant qui disparaissait aussitôt. Le vent léger apportait à la prêtresse une odeur iodée revigorante. Perchée sur une falaise de pierre, elle laissa la lumière, les embruns et le bruit des vagues guider ses pensées. Elle appréciait ces instants de communion, lorsqu'un lieu où une atmosphère particulière vous plongeaient dans une rêverie intense. Elle remerciait Nagakabouros, qui avait le secret de ces instants de grâce. Elle se mit à fredonner une rengaine qu'elle avait entendue près du Pont du boucher, lors de ses séjours à Bilgewater :

"Nous donnons not' dîme, à la Grande Barbue,
Hardi le marin, vogue vers le butin !
Et c'est nous qu'on trime, nous voilà bien eus.
Hardi le pirate, vogue sur la frégate !
Au fond des abîmes, les poissons repus,
Hardi le corsaire, vogue loin de la terre !
Se feront régime de nos corps fourbus."
Le marin, le pirate, le corsaire, tous oui tous retournent à la mer !"


L'air était simple, les paroles faciles à scander. Cela avait probablement été écrit par quelque mousse en permission, découvrant les joies de l'alcool dans sa première taverne ; mais la prêtresse y voyait un message profond, facile à appréhender. Après avoir poursuivi leurs rêves, tous les hommes retournaient au vortex. C'était simple et vrai. Il y avait un peu de Nagakabouros dans cette chanson populaire.

En redescendant de la falaise par un chemin escarpé et caillouteux, elle continua de chantonner, marquant les temps forts en frappant du plat de la main sur l'idole dorée qu'elle portait continuellement. Elle croisa en cheminant quelques pêcheurs ainsi qu'un groupe d'enfants, et tous la regardaient passer avec étonnement. Elle avait conscience d'être une chanteuse médiocre, mais peu lui importait le regard des autres, elle se sentait d'humeur à fredonner.

Arrivée en bas, elle s'enfonça dans une petite jungle, écartant les branches qui lui barraient la route. Elle atteignit une petite sente qui serpentait, formée par les pas de générations d'autochtones. En suivant ainsi le chemin que ses ancêtres avaient probablement façonné, elle déboucha sur une sorte de village, en bord de mer. Le lieu était idyllique. Cahutes et maisons se côtoyaient, s'incrustant parfaitement dans un paysage de sable fin et de verdure. Quelques greniers sur pilotis, des champs protégés par des barrières de bois, et un grand temple de pierre surplombant la scène venaient compléter le tableau.

Tout en saluant les habitants qui lui faisaient signe, elle progressa vers le temple, gagnant de la hauteur via des marches taillées à même la roche. Ici comme sur la falaise, le son de l'océan était omniprésent. La prêtresse pénétra dans le grand bâtiment, passant sous des arches qui portaient des inscriptions en buhrun. Partout, sur les murs que le temps avait couverts de mousse, on pouvait voir des gravures anciennes, représentant des vagues, des navires et des monstres marins. La pénombre ambiante du temple rendait ces figures mystérieuses, changeantes. Illaoi se rendit directement au cœur du lieu de culte. C'était une grande salle circulaire, au centre de laquelle se dressait une statue imposante, représentant un amas de tentacules, entourant une tête bardée d'yeux et de crocs.

Quelques villageois se trouvaient là, se recueillant devant la sculpture. Illaoi avisa un prêtre au fond de la pièce, et elle traversa silencieusement les lieux pour le rejoindre. Il portait les tatouages inhérents à son poste de gardien du temple, ainsi que des bracelets de corail étroitement enroulés sur la peau tannée de ses avants bras.

"Bonjour Apôtre de la vérité. Est-ce que Nagakabouros s'est manifesté aujourd'hui ?"

Fit-il d'une voix grave et posée.

La prêtresse ne releva pas. Il avait employé son titre le plus pompeux, et savait pertinemment qu'elle détestait cela, mais elle se contenta de sourire à pleines dents. Elle était décidément de trop bonne humeur pour ressentir la moindre contrariété.

"Notre Mère se manifeste à chaque instant, au travers de tous nos désirs. Elle n'attend pas qu'un misérable apôtre se poste sur une falaise pour lui communiquer ses volontés. Cependant, j'ai eu une révélation intéressante."

L'homme se montrait visiblement intéressé, mais elle ménagea un temps d'arrêt, juste pour le voir piaffer d'impatience.
"J'ai pris conscience qu'il manquait quelque chose à nos sermons, à nos cérémonies. Il sera bientôt temps de rendre grâce aux serpents pour leur protection. Je veux que cette année, nous le faisions en musique."

Le prêtre semblait décontenancé, autant que les pêcheurs qui l'avaient croisée ce matin, mais elle poursuivit malgré tout :
"Je crois que Nagakabouros est perpétuellement là pour nous inspirer. Mais pour la cérémonie, des paroles ne suffiront pas. Je veux que celle-ci soit mémorable, qu'elle marque les fidèles autant que les serpents. Je veux que ce jour-là, l'esprit même de notre Mère soit tangible pour tous ceux qui ont fait le choix de vivre selon ses principes."
"Crois-tu vraiment que jouer de la musique changera quoi que ce soit ?"
"Tu attendais une révélation, non ? Je l'ai trouvée. L'océan nous gratifie de son chant mélodieux, à chaque instant. Tantôt grondant, tantôt apaisé. Il est juste que nous lui rendions la pareille lorsque nous nous rassemblons pour le remercier."

Laissant là son interlocuteur, la prophétesse quitta rapidement la salle de prière, s'isolant dans une petite écritoire pour rédiger une courte lettre dans laquelle elle priait les responsables des temples de trouver des hommes et des femmes sachant jouer d'un instrument, et désireux de participer à la cérémonie qui approchait. Elle recopia soigneusement le tout plusieurs fois, puis elle remit les feuillets à un assistant qui passait pour qu'il se charge de les transmettre.

Reprenant le chemin de la sortie elle affichait désormais un sourire satisfait. Elle avait une idée bien précise de sa propre contribution à l'évènement. Lors de ses courts séjours à l'Institut, elle avait repéré une femme, apparemment douée d'un talent très poussé pour la musique. S'il fallait rendre une prestation digne d'un dieu, il lui faudrait une musicienne d'exception. À minima. Restait à savoir comment la contacter. Fallait-il se rendre sur le continent et entamer des recherches, ou envoyer une lettre à destination de Demacia ? Finalement, la prêtresse décida de se rendre à nouveau sur la falaise de pierre blanche. Le trajet lui permettrait de trancher.
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Sona Buvelle
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Sam 23 Avr 2016 - 17:26
Ce matin-là, je me baladais près d’un lac proche de la ville, autour de moi, j’entendais le bruit des enfants qui jouaient, le vent qui soufflait dans les saules, les clapotis des rames des bateaux sur l’eau et tant d’autres petits bruits du quotidien qui au final devenait une énième mélodie à mes oreilles. Je lançai un caillou dans l’eau et regardai longuement les petites vaguelettes former un rond parfait autour, j’étais hypnotisée par ce spectacle de la vie de tous les jours. Tout en recommençant, je laissai mon esprit vagabonder un peu. Je me rappelais du tableau sur l’un des murs de l’orphelinat, il avait beau être extrêmement laid, je l’avais regardé pendant des heures : on y voyait une sorte d’être étrange, comme une sirène mais particulièrement laide. Elle attirait vers elle les mousses sur les bateaux aux alentours, malgré son manque évident de beauté le monstre happait toute l’attention des marins qui avaient l’air d’être attirés par elle, j’avais l’impression de pouvoir entendre leurs cris de terreur couverts par un chant à la fois magnifique et horrible. Ce chant était-il reproductible ?

Je fus ramenée au monde réel quand une main qui me semblait immense s’abattit sur mon épaule. Quand je me retournai, le soleil m’éblouissait et je ne vis qu’une silhouette massive se dressait derrière moi. Petit à petit quelques détails de la personne m’apparurent, c’était une femme assez forte à la couleur de peau mat, tatouée qui me sourit à grandes dents. Je reconnus l’étrange personnage : c’était Illaoi que j’avais déjà aperçu à la League. J’étais apeurée, que me voulait-elle ? J’avais entendu parler d’une légende sur elle et ses épreuves qui pouvaient s’avérer mortelles, avais-je le choix de relever son défi ou … « Bonjour jeune fille, j’aurais un service à te demander »
J’hochais la tête, les yeux écarquillés et elle s’assit à côté de moi avant de continuer : « As-tu déjà entendu parler de Nagakabouros ? Ne t’inquiète pas, je ne veux pas te faire passer l’épreuve, tu peux me répondre tu sais. Soit … Nagakabouros est notre dieu, Il est la mer, les océans et bien plus encore et je suis son apôtre, je porte sa parole. Avant de t’en dire plus, j’aimerais que tu me joues quelque chose de beau, j’ai besoin de savoir si tu es digne de cette tâche. » Fébrilement, je pris mon Etwahl entre mes mains, ce n’était pas le moment de faire une fausse note. Je jouais, un morceau traditionnel assez populaire à Demacia, le compositeur était mort il y a quelques années et m’avait offert la première partition qu’il avait faite. Cette musique avait beau être emportante, Illaoi ne semblait pas être satisfaite. « Non, je veux entendre ta musique, celle de ton mouvement. »

Étonnamment, ses paroles ne m’effrayèrent point, elle me donnait même l’envie de me dépasser plus que jamais. Cette musique était l’une de mes préférées et elle ne l’avait même pas écoutée jusqu’au bout ? Elle voulait être impressionnée ? Bien, qu’elle s’y prépare donc. Sans réfléchir à ce que je faisais, je fis sortir la musique du bout de mes doigts, celle des bateaux qui coulaient et des marins criaient, une musique d’une sublime horreur, de terreur apaisante, celle de la Sirène de l’orphelinat. Plus tu crois t’éloigner d’elle et de son chant et plus tu t’en rapproches. Je la revoyais elle et tous les matelots, chaque détail de la peinture revenait devant mes yeux. Puis soudain, je suis sortie de cette transe, j’entendis un bruit extérieur, était-ce un cri ? Un appel à l’aide ? Jamais je ne le sus. Je revins à moi et je vis, devant moi Illaoi, les yeux fixant l’eau à quelques mètres de nous sur laquelle se reflétait le soleil couchant, pourtant, le soleil me semblait encore haut lorsque la prêtresse m’avait interpellée.

« Merci, tu peux t’arrêter … D’où te vient cet instrument ? Et cette musique ? Tu n’étais pourtant pas la quand … Non laisse tomber, ce doit être une simple coïncidence. Mais j’ai les réponses à mes questions, sauf une seule : serais-tu prête à jouer pour un Dieu ? » Était-ce là une métaphore, une blague ou une demande sérieuse ? J’avais réussi à la convaincre que ma musique était bonne mais … un Dieu ? Comment un dieu pourrait-il avoir besoin de mes musiques ?
« Ne t’attends pas à devoir jouer trois petites mélodies … Cette musique devra représenter le mouvement tout en restant accessibles à tous les pieux. Et ce serait mieux que tu en fasses une sur laquelle un chœur pourra chanter. T’en sens-tu capable ? »  

Ses paroles semblaient justes et sa demande sincère, sur un bout de papier je lui griffonnai ma réponse : « J’accepte ton épreuve Illaoi, mais il y a deux choses importantes, je ne pourrais pas chanter, ni même parler car ma bouche est incapable de produire le moindre son. Ensuite, sache que je ne peux réellement composer que sur mes souvenirs, ou un ressenti, si ton Dieu est comme la mer, nous devrions nous en approcher. »
« Alors je te donne rendez-vous demain au lever du jour devant la porte de la ville, prépare toi à ressentir Nagakabouros » Et c’est ainsi que je me retrouvai à l’attendre le lendemain matin mon baluchon sur les épaules et mon Etwahl sous le bras. J’allais enfin affronter cette sirène, confronter son chant au mien ...
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Sam 23 Avr 2016 - 18:34
Ahri sentait la déprime l’envahir. Comment expliquer ce sentiment ? Elle se sentait incomplète, à moitié vide. Quelque chose l’empêchait simplement de pouvoir s’épanouir pleinement. Elle se sentait mal, oppressée. Titubant d’une ruelle à l’autre, elle s’arrêta dans la pénombre pour reprendre son souffle. Ses oreilles s’abaissèrent et ses queues ne voltigeaient plus dans l’air fébrile. Ahri était mal en point. Pas physiquement, non. Son corps de rêve, ses jambes allongées, ses bras agiles, et son visage angélique n’avaient rien. Tout se passait au sein de sa tête. Pire, dans son cœur. Ahri était à moitié humaine. Et cela commençait à la ronger terriblement. Son sourire mielleux avait quitté ses lèvres, et ses mains tremblotantes vinrent l’enserrer. Elle se sentait si seule, si incomprise. Elle était le fruit de l’impossible, elle surpassait la frontière du monde animale. Mais elle ne pourrait jamais se faire accepter telle qu’elle était, à moitié Renarde. Les humains ne pourraient voir en elle la mère de leur enfant, l’héroïne courageuse qu’elle était, la mage exemplaire. Dans ce monde où elle n’existait pas vraiment, seule la League avait su lui donner du baume au cœur. Cette faille rassemblait tellement d’individus. Tous aussi particulier les uns que les autres, comment avait-elle pu sombrer ? Son unique espoir s’était envolé. Et sa joie de vivre avec.

Encore engourdie par ses réflexions, une douce mélodie attira son attention. Tendre et captivante, les oreilles d’Ahri se tournèrent dans la direction. D’où provenait cet air, que racontait-il ? La renarde s’avança timidement vers l’endroit. Tapis dans l’ombre, seules ses queues manquèrent de la trahir, gesticulant sous l’adrénaline. Son cœur s’était soulevée aux premières notes, et c’est la poitrine enserrée qu’Ahri découvrit l’auteur de cette mélodie. Une jeune femme à la chevelure d’azur, aux traits doux. Ses prunelles ambrées de l’animal la fixèrent avec intensité. Qui était-ce que cette femme massive à côté d’elle ? Lui voulait-elle du mal ? Non, elle semblait aussi traversée qu’Ahri par l’air joué. L’animal avait toujours eu beaucoup d’empathie pour la musique. C’était un art qu’elle avait appris à aimer lors de sa transformation. Les villageois non loin de sa forêt natale jouaient de bien nombreux instruments. Et à chaque fois, la petite bête ne se lassait pas d’écouter leur chant. Alors Ahri tendit l’oreille, curieuse de connaitre l’identité des deux amies. C’est ainsi qu’elle apprit le lieu d’un curieux rendez-vous.

Ahri arriva donc près d’une grande porte. Elle avait suivi la jeune artiste dans le plus grand silence. La demoiselle attendait avec son baluchon, sans-doute patientait-elle pour l’autre inconnue. Soudain, quelqu’un sembla arriver. Ahri se jeta dans un buisson voisin, et grimpa à l’arbre le plus proche. Dans le feuillage, la demoiselle comptait bien observer la scène dans se faire repérer. Peut-être pouvait-elle espérer voir un concert ? Cette musique avait emporté son cœur, elle voulait à tout prix en savoir plus sur la talentueuse jeune femme. Ses notes avaient su lui faire oublier sa peine le temps d’un instant. C’était magique. Et cela attirait la mage bestiale. Quant à ce drôle de village, elle ne le connaissait pas. Elle avait hâte d’en apprendre davantage.
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Sam 23 Avr 2016 - 20:31
L'astre solaire faisait naitre dans le ciel d'innombrables nuances colorées qui venaient se refléter sur les tuiles humides de rosée. Illaoi se plaisait à contempler de tels spectacles à l'occasion, mais l'heure de son rendez-vous approchait et plutôt que de flâner, elle filait à travers les rues encore désertes. Elle avait dormi dans une auberge bon marché, dans un lit visiblement taillé pour quelqu'un de deux fois plus petit qu'elle. Elle avait renoncé à faire rentrer tous ses membres dans le cadre de bois, et elle avait jeté le matelas à même le sol, avant de profiter –enfin- d'un sommeil réparateur. Sitôt le ciel éclairci par le début d'un nouveau jour, elle était sur le pas de la porte, son idole sur l'épaule.

Arrivée à la porte est, elle constata que la musicienne était déjà là. Apparemment prête depuis bien longtemps à partir. Elle passa la gigantesque embrasure, sous le regard d'un garde somnolent qui attendait visiblement qu'on le relève…
"Matinale je vois. Parfait."

Elle avait lâché cela dans le dos de la jeune femme aux cheveux bleus, qui se retourna aussitôt. Illaoi la toisait maintenant, comme on examine un cheval avant de faire son acquisition. Il n'y avait là aucune intention de vexer ou d'importuner la demoiselle, mais l'Apôtre avait une façon bien à elle de fixer les gens quand ceux-ci l'intéressaient. Son regard s'attarda sur l'instrument délicat, qui la veille aussi avait retenu son attention. En bien des points il était semblable à son idole. Il accompagnait toujours sa propriétaire, et plutôt que d'être  lui-même une source de puissance, il était un puissant catalyseur, capable de sublimer le talent de la joueuse.

Elle reprit la parole, en même temps qu'elle reprenait la marche. Rester immobile plus longtemps que nécessaire était un terrible gâchis, et puisque la musicienne semblait encline à l'accompagner et aussi prête que possible, il ne fallait pas s'embarrasser d'un long prologue. Elle expliquerait en cours de route.
"Une cérémonie approche, que les gens de mon peuple appellent "Nadak-Aeyaa". Ce n'est jamais une date fixe, simplement le jour que nous estimons le plus propice. Au soir, nous appelons les serpents qui nous protègent de la brume maléfique et qui portent le regard de la Mère jusqu'au fond des abysses les plus sombres. C'est aussi le jour où ils se montrent le plus actifs. Nous les remercions via des offrandes et nous festoyons à la gloire de Nagakabouros."

Elle avançait, toujours d'un pas décidé. Elle ne doutait pas un seul instant du fait que Sona la suive. Mais elle avait noté tout à l'heure la différence de morphologie pour le moins frappante entre elles, et elle tenait à éprouver le courage de la jeune femme. Tiendrait-elle le rythme, et suivrait-elle les pas de géant de la prophétesse ? Là encore, elle n'en doutait pas, il s'agissait après tout d'une championne de Demacia. Mais ce qui l'intéressait chez elle, bien plus que le talent pour la musique, c'était son âme. De quoi elle était faite, au plus profond d'elle-même. Si Sona se plaignait, il lui faudrait trouver un meilleur artiste pour incarner musicalement son dieu. Au contraire, si elle se montrait opiniâtre –ou assez maligne pour ne pas avoir à marcher- cela confirmerait la prêtresse dans son choix, et il se préparerait alors une cérémonie que nul n'oublierait.

"Un petit navire nous attend sur la côte. Ce ne sera pas le grand luxe, mais la traversée sera relativement rapide, si nous ne faisons aucune mauvaise rencontre. Et une fois arrivés à Buhru, tu seras logée et nourrie, aussi longtemps que tu resteras."
Elle s'accorda un regard en arrière. D'une part pour s'assurer que la musicienne tenait l'allure et n'avait pas griffonné quelque chose pour lui "parler", et d'autre part pour jeter un coup d'œil circulaire. Elle aurait juré voir quelque chose bouger dans les buissons environnants, mais peut être que la lumière rasante projetée par le soleil levant avait abusé son regard…
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Sona Buvelle
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Dim 24 Avr 2016 - 21:12
Jusqu’à présent le voyage se passait bien, nous marchions d’un bon pas, un peu rapide à mon goût mais je n’allais pas faire d’aveu de faiblesse si vite. Après tout, n’étais-je pas partie pour l’aventure ? Nous dûmes marcher plusieurs heures pour atteindre un petit village possédant un petit port. Durant ce long trajet, Illaoi m’avait longuement expliqué certaines subtilités de la cérémonie. Cependant, elle semblait aux aguets, était-elle toujours ainsi ou craignait-elle un quelconque danger ? Quoiqu’il en soit, nous arrivions donc sur les docks, plusieurs barques et petits bateaux flottaient sur une eau plutôt sale et dégageant un relent peu subtil de poisson pourri.

L’embarcation qu’Illaoi avait prise pour le voyage était plus massive, certes équipée du strict nécessaire mais au moins, il y avait deux cabines à peu près séparées et un cale pour les réserves lors des longs voyages en mer. Un mat assez haut se dressait, sur les côtés il y avait plusieurs rames, au cas où le vent ne se lèverait pas. L’embarcation semblait assez solide malgré qu’elle ait l’air plutôt vieille. Mais après tout cela voulait dire qu’elle avait déjà tenu longtemps. La prêtresse avait l’air de s’y connaitre et d’avoir déjà sillonné les flots plus d’une fois alors je lui faisais confiance pour tout ce qui était du domaine nautique.

Je testais le lit qu’Illaoi m’avait désigné comme étant le mien, pas très confortable mais je m’y ferais certainement. Je vis subrepticement une ombre sur le mur mais rien en me retournant. Je devais sûrement être fatiguée. Mais il ne faisait pas encore nuit et je comptais bien montrer à Illaoi que j’étais prête à accomplir ce qui devenait mon devoir. Je montai alors sur le pont avec mon Etwahl et je la vis, hissant une voile sur le mat du bateau. Son visage était crispé par l’effort et je l’aurais volontiers aidée si j’avais compris quoi que ce soit à ce qu’il se passait. Lorsqu’elle eut fini elle revint vers moi, et m’annonça que je ferais mieux de me rendre utile durant la traversée.  Je me rendis donc dans la cale pour chercher de quoi cuisiner le souper. Il ressemblerait à ce que l’on mangeait à l’orphelinat : des patates, du lard fumé et des légumes conservés de façon douteuses. Je faisais de mon mieux pour en faire quelque chose de bon quand une main se colla contre ma bouche. « Pas un bruit ma belle. »
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Lun 25 Avr 2016 - 15:56

Ahri les avait suivis. Aller savoir pourquoi, cette mission d’espionnage l’excitait énormément. Sa curiosité avait été piqué à vif et elle ne pouvait se résigner à abandonner sa douce musicienne. Arrivant devant un bateau massif, la renard se cacha derrière un tonneau et prit le temps de réfléchir. Les deux compères semblaient prendre la mer. Hm. Ahri hésita. Elle ne connaissait pas la destination. Et surtout, elle n’avait jamais particulièrement aimé les bateaux. Ses gros engins lui faisaient peur, et elle détestait ça. L’océan était beaucoup plus beau de loin, lorsqu’il se noyait avec l’horizon. Plusieurs fois, elle pensa s’être fait repérer. Mais aucun cri ou main gigantesque ne vit stopper sa route. Alors, sans plus attendre, elle grimpa sur le navire au dernier moment. En deux bons agiles, la brune tomba sur le pont en silence. Elle était trop à découvert par ici, alors elle décida de s’enfuir à l’étalage du dessous.
Ahri était mal en point. Non, elle n’avait pas de nausée, bien au contraire. Elle avait faim. Quand avait-elle mangé sainement pour la dernière fois ? Son dernier véritable repas remontait à ses derniers instants passés à la League. Un soupire de nostalgie s’échappa d’entre ses lèvres, puis elle se prit dans les bras comme pour se réconforter elle-même. Cet élan dépressif la reprenait à nouveau. Et comme pour s’en débarrasser au plus vite, la jeune femme essaya de trouver le chemin de la cuisine. La renarde avait néanmoins perdu toute son agilité. Les remous de la mer et les secousses des vagues faisait tanguer ses jambes bien plus que le bateau en lui-même. La jeune femme titubait, maladroite. Mais un doux parfum alléchant réveilla son instinct. Après quelques pas hasardeux, elle déboula dans la cuisine. Devant elle, une jeune femme à la chevelure extraordinaire semblait s’afférer. Une odeur remarquable s’élevait dans l’air, et l’animal ne put retenir sa langue de lécher ses lèvres avec appétit.
Mais comme elle l’avait imaginé, son entrée n’avait pas été silencieuse. Avant que la musicienne ne puisse se retourner, Ahri se jeta sur elle et plaque une main sur sa bouche.

« Pas un bruit ma belle. »

Elle ne voulait pas l’effrayer, malheureusement si son physique attirait les hommes, il repoussait bien des femmes. Ahri retourna l’artiste pour l’avoir en face d’elle, et la contempler davantage. Qu’elle était belle. Ses grands iris topaze, ses cheveux si longs et si soyeux, son corps tout en chair et volupté. Ahri rêvait de ce corps qu’elle n’aurait jamais. Elle était coincée dans cette semi apparence humaine, ses queues se baladant frénétiquement derrière elle. Comme pour la rassurer, elle ajouta.

« Je ne te veux aucun mal »

Après quelque seconde, elle la fixa intensément, lui intiment de garder le silence, retira sa main. Eh bien. Elle qui voulait rencontrer la talentueuse demoiselle, elle était servie. La voila en tête à tête avec elle. Et soudainement, Ahri se sentit gênée. Gênée d’être une intruse, gênée de l’avoir effrayé, de l’avoir suivi comme l’aurait fait un enfant immature. Ses joues rosirent, et elle se recula, lui laissant ainsi de l’espace. Il ne fallait pas qu’elle previenne le reste de l’equipage. Après tout, l’autre humaine aux tatouages semblait beaucoup moins tendre. Ahri n’avait pointt envie de se battre. De toute manière, avait la force de rivaliser avec une telle créature ? L’inquitude vint assombrir son visage. Puis elle huma l’air, et son ventre gémit. Mon dieu, qu’elle avait faim. Et ce qui cuisait sous ses yeux ne fit qu’aggraver sa situation. Les yeux emplis de paillette, Ahri bavait littéralement devant le plat. Il l’hypnotisait tellement, qu’elle en oublia de se présenter.
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Lun 25 Avr 2016 - 23:12
La prêtresse s'activait sur le pont, en compagnie de deux natifs de Buhru qu'elle avait "réquisitionnés" et de deux vieux marins recrutés à Bilgewater parmi la frange la moins encanaillée de la population. Le navire en lui-même appartenait à son ordre. Il servait principalement aux déplacements des prêtres et prêtresses entre les îles de l'archipel, mais de temps à autre elle se permettait de l'utiliser pour s'éloigner des Îles aux Serpents. C'était cependant la première fois qu'il s'éloignait autant de son chantier naval. Illaoi encouragea son équipage hétéroclite tandis que les dernières manœuvres importantes s'effectuaient. En souquant fermement un dernier nœud, la prêtresse indiqua au premier homme qui passait d'aller prendre la barre. Il s'exécuta en grommelant. Il mangerait probablement en dernier, le temps qu'on le relève.

Se hissant dans le hauban rudimentaire –en vérité, deux brins de corde liés par des cordages de moindre envergure- son idole sur l'épaule, Illaoi put prendre appui sur le mât et porter son regard sur l'horizon. Le temps était clair, le ciel dégagé. Sur la côte Ouest du continent, il y avait assez peu de hauts fonds et d'avancées rocheuses, aussi l'assignation d'une vigie permanente était superflue. Cependant, elle appréciait le fait d'être en mer. L'effort lui avait donné un regain de vitalité et le roulement du navire lui procurait une certaine allégresse, perchée sur son mât. Elle aperçut alors un point noir au loin. Ils avaient quitté la côte depuis quelques heures, tout au plus. Et ils se trouvaient encore relativement proches de Demacia. Aucune raison, donc, de s'alarmer à la vue d'un autre navire. Il s'agissait probablement d'une embarcation de pêche, ou d'un navire militaire de la flotte démacienne. Rien d'inquiétant.

Cependant, alors que le navire s'approchait, Illaoi poursuivit l'observation depuis son perchoir, tentant de détailler le bâtiment qui approchait. Il était visiblement gros. Cela éliminait la probabilité de simples pêcheurs. Et à mesure que les courses respectives des navires les approchaient l'un de l'autre, d'autres détails vinrent perturber la prophétesse. L'absence de pavillon, les voiles noires et rapiécées. Le navire lui semblait étrangement familier, mais elle était encore trop loin, et sans lunette, impossible d'être affirmative. Des pirates ici ? Improbable, mais pas impossible. Qu'il s'agisse de mercenaires à la solde de Noxus, ou simplement de pillards un peu plus aventureux que la moyenne, l'influence démacienne pouvait leur sembler dérisoire face à l'ampleur des prises qu'ils pouvaient faire. Cependant, Illaoi comptait bien ne pas faire partie d'un quelconque butin.

Elle sauta à bas de son perchoir, amortissant le choc avec l'idole qui laissa une profonde marque circulaire dans le bois du pont. Se relevant prestement, la grande femme se rua vers l'ouverture qui menait à la cale et lança le classique mais efficace :
"Tout le monde sur le pont !"

Elle voulait croire qu'il ne s'agissait là que d'un inoffensif navire marchand, ignorant des coutumes pirates qui consistaient à hisser des voiles noires. Mais elle souhaitait retourner sans encombre à Buhru, avec Sona. Et si ce navire lui barrait la route… Elle posa la paume de sa main gauche sur le métal froid de l'Œil de Dieu. Il semblait humide au toucher, comme si la relique venait d'être extirpée du fond des océans. Psalmodiant en buhrun des incantations ancestrales, elle ne cessait de fixer la tache grossissante qui venait à leur rencontre. Les premiers tentacules se matérialisèrent autours du petit navire, surgissant de la surface sans une éclaboussure. Leur lumière éthérée jetait des reflets inquiétants sur l'eau. Ils n'avaient peut-être pas l'avantage du nombre, et pour toutes armes, ils disposaient d'avirons et peut être de quelques coutelas rouillés. Mais la manifestation de son dieu pourrait –elle l'espérait- dissuader la menace potentielle de les aborder.

Dans le cas contraire, il y aurait pas mal de grabuge, mais elle était prête à parier qu'elle arriverait saine et sauve à Buhru avec la musicienne à ses côtés. Et peut-être même à bord d'un navire plus imposant qu'au départ. Sinon, c'est que Nagakabouros avait d'autres projets pour elle. Avec un sourire confiant, Illaoi plaça son pied droit sur la rambarde de tribord, écartant les bras comme pour dire "Je vous attend". Elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Toujours à la barre, l'un des marins fixait d'un air anxieux le navire approchant. L'autre marmonnait une prière en serrant son coutelas dans sa main droite et des amulettes dans sa main gauche. L'une d'elle représentait une sorte de crapaud avec une tête de poisson chat. Illaoi pouffa. Quel genre de dieu voudrait de cette apparence ? Les buhruns se tenaient en retrait. Et elle espérait que Sona serait bientôt là. Après tout, elle aussi devait avoir une certaine expérience du combat. La prophétesse reporta son attention devant elle, prête à accueillir le vaisseau qui ne déviait pas de sa course.
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Sam 30 Avr 2016 - 19:37
"Navire en vue capitaine!"

Voilà une nouvelle qui fait plaisir à mes oreilles.

Pour résumer la situation, disons que étant donné que les eaux de Bilgewater  n'étaient plus vraiment rentables en navires marchands ou en autres types d'activités lucratives, j'ai décidé de me rapprocher du continent en espérant faire de meilleures "pêches". J'ai voulu prendre un certain risque: m'installer non loin de Demacia qui était, selon les dires, une cité débordante de richesses. J'étais conscient de la dangerosité et de la pure folie de cette décision, mais pour moi et mes hommes qui stagnions depuis plusieurs jours sans aucuns abordages ou expéditions, le jeu en valait la chandelle: les navires marchands Demacien transportent toujours des tonnes de marchandises de grandes valeurs: étoffes, armures, pierres précieuses et surtout beaucoup d'or...

"Quel genre de navire moussaillon?" criai-je à la vigie

"Navire léger capitaine!" hurla t'il "Armement inférieur au notre, surement des marchands!"

"Parfait!" lui dis-je "Tout le monde à son poste! Branle-bas de combat!"

"A vos ordres capitaine!" répondit l'équipage

Pendant que mes hommes se précipitaient chacun à leur poste, je fis signe à la vigie de descendre pour se préparer lui aussi à l'abordage. Il descendit en moins de deux et me confia sa lunette avant de descendre dans les cales pour chercher ses équipements. Je regardais le fameux navire marchand qui avait eu le malheur de nous croiser; à l'heure qu'il était, ils devaient nous avoir vus et devaient être complètement paniqués. Un grand sourire sadique se dessina sur mon visage abimé: j'adore quand on me craint.

Voulant pousser le vice de l'exaltation jusqu'au bout de la manœuvre, j'utilisa la lunette de la vigie pour voir les visages effrayés de ces pauvres bougres pendant que mon navire s'approchait de plus en plus d'eux. Je distinguais le bâtiment qui était vraiment misérable comparé au mien... "Tiens?" me dis-je "J'ai l'impression que l'un d'entre eux fait des signes... Que ce que..."

...

"PAR LA GRANDE SAINTE BARBE DES PROFONDEURS DES ABYSSES!!!"

La personne que je voyais nous faire des signes n'était nul autre que... Illaoi, la prêtresse aux tentacules qui m'avait sauvé la vie à Bilgewater.

"DAMNATION! MALEDICTION! MILLE MILLIARD DE MILLE SABORD!"

Je continua de sortir un torrent de jurons tout en observant les agissement de la prêtresse: elle semblait nous attendre fièrement, prête à se battre; elle avait même invoquée des tentacules qui entouraient son navire...

"... Je suis maudis..."

J'explose avec fureur la lunette avec mon bras métallique; mes hommes commencèrent à s'inquiéter de me vois aussi furax.

"Euh capitaine... Quels sont les ordres?" osa demander l'un de mes hommes

"On vire de bord..."

"Pardon?"

"ON VIRE DE BORD ET TOUT DE SUITE!!!"

"Mais... Capitaine! On va pas fuir alors qu'on est supérieur en..."

BLAM!

Le corps du malheureux s'écroule sur le pont sous les yeux horrifiés de ses camarades...

"D'autres réclamations?" Silence de mort "ALORS VIREZ MOI CE NAVIRE DE BORD MAINTENANT!!!"

Ils exécutent l'ordre; je prend à part la vigie qui revenait tout juste des cales: "Donne moi le pistolet de détresse" Il me le donna et je tira en l'air une fusée qui explosa en produisant une couleur blanche: signe de paix.

"En espérant qu'elle saisisse le message..." grommelais-je.

Pour la première fois de mon existence, j'ai renoncé à attaquer un navire marchand... "Hum..." Je fis un léger sourire "J'espère que c'est pour une bonne cause que tu ais besoin de ce navire... Illaoi"

Le bruit des mouettes piailleuses se fait entendre...


    
      "Sabordez ces gueux de mer, ils nous ont volé not'recette"
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Sona Buvelle
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Mar 3 Mai 2016 - 17:53
La personne qui m’avait intimé le silence me fit me retourner, je vis alors pour la première fois  l’ombre qui nous suivait depuis notre départ : Une magnifique demoiselle qui avait la singularité physique d’avoir, surmontant sa longue chevelure noire de jais, une paire d’oreille de chat, je remarquais aussi plusieurs longues queues au pelage blanc derrière elle. En dehors de cela, elle ressemblait à une fille normale si ce n’est d’une extrême beauté. Elle me fixait, semblait happée par quelque chose dans mes yeux. D’ailleurs les siens étaient magnifiques, des yeux de félin, à la fois doux et perçants dont le regard léger équivalait à une caresse.

«  Je ne te veux aucun mal » Voyant que je ne me débattais pas, elle retira lentement sa main de mon visage. Elle se recula et baissa les yeux, et d’un coup ses joues rougirent, comme si elle était gênée d’être là. Je pus l’entendre humer l’air et ce fut suivi par le bruit d’un ventre affamé, ainsi, il ne s’agissait là que d’une pauvre petite vagabonde n’ayant pas mangé depuis trop longtemps et qui cherchait à partir. Elle avait peut-être commis un délit de vol à Demacia et souhaitait fuir. Cela me rappela l’orphelinat où je fus contrainte moi aussi de m’abstenir de manger. Je me pris donc d’empathie pour cette femme-animale qui semblait avoir agi sans vouloir nous faire de mal. Je lui servis donc une assiette de patates au lard, certes c’était plutôt frugal mais cela ne semblait pas la déranger : elle avala son repas plutôt vite et avait même l’air d’apprécier.

Une fois son estomac apaisé et sa lourde gêne mise de côté elle m’expliqua qu’elle s’appelait Ahri mais aussi comment elle était arrivée ici et une partie de sa vie d’avant, c’est ainsi que j’appris qu’elle faisait aussi partie de la League et que sa disparition lui avait retiré son gagne-pain. Elle m’avoua aussi ce qui l’avait poussée à venir sur ce bateau, la musique … La mélodie qu’elle avait entendue lui avait fait ressentir des choses nouvelles : sa forme animale était comme une prison pour elle et, la musique l’avait en quelques sorte libérée pour quelques instants. Elle était émue : son discours résonnait comme étant sincère et elle semblait dans le besoin, je devais l’aider mais elle m’avait explicitement demandé de ne pas dévoiler sa présence à Illaoi, du moins pas tout de suite, elle ne souhaitait pas être jetée par-dessus-bord ou quoique ce soit.

« Tout le monde sur le pont ! » L’appel du capitaine nous sortit de notre conversation, surprise, je regardais la jeune femme qui se trouvait devant moi. Avait-elle rusé pour tenter une attaque contre nous ? Non, son visage affichait une mine aussi surprise que la mienne. Hésitant un instant, je décidais de quand même aller rejoindre les autres sur le pont du bateau. Me dépêchant d’appeler mon Etawhl à moi en y courant, je ne vis pas si Ahri me suivait ou non.

Arrivée dehors je vis pour la première fois une partie de l’étendue du pouvoir d’Illaoi : tout autour du bateau, sortant de l’eau mais aussi du bord extérieur de l’embarcation, elles avaient un aspect spectral terrifiant. La prêtresse elle se dressait fièrement sur le pont, un pied sur la rambarde et elle regardait droit devant elle. Je suivis alors son regard et vis ce qui avait provoqué toute cette agitation, un bateau apparemment pirate ou à tout le moins hostile s’approchait de nous.

BLAM

Un coup de feu, personne ne fut touché, du moins pas sur notre navire, le leur par contre virait de bord et nous vîmes, sifflant dans le ciel, s’élever une fusée qui éclata dans un bruit sourd. Une lumière blanche traîna quelques instants dans le ciel tandis que les tentacules autour de nous rétrécissaient avant de disparaître. Je regardais Illaoi quelques instants, confuse … Elle restait dans un calme plat, comme si elle avait l’habitude de ce genre événements particuliers. Elle brisa le long silence qui s’installait d’une simple question : «  Quand mangerons-nous ? ». Je retournais donc dans la cuisine retrouver la renarde et terminer de préparer de quoi nourrir tous les mousses. J’espérais que rien de problématique n’arriverais avant que nous retrouvions la terre ferme.
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Mar 10 Mai 2016 - 11:39

Gangplank

Ahri

Illaoi

Sona

「 la musicienne et la pretresse」
La demoiselle semblait muette, d’après ce qu’avait compris Ahri. Cela ne la dérangeait pas. Au contraire, elle dégageait encore plus de charme. Elle semblait bienveillante, à l’écoute et sensible. Décidément, cette jeune femme étonnait la renarde. Elle lui donna à manger, et le ventre de la clandestine la remercia d’un gargouillement monumental. La demi-humaine avala son assiette et resservit. C’était vraiment bon. Ahri décida de meubler le silence en parlant un peu d’elle. Elle n’était pas à l’aise, mais se dévoiler devant elle ne la gênait pas. La musicienne aux couettes bleues lui inspirait confiance. Elle avait un air serein qui rassurait la magicienne. C’est alors qu’un fracas vint tourmenter leur échange. L’inconnu attrapa son instrument et fila sur le pont. Ahri resta de marbre, hésitant. La suivre et risquer de se faire repérer ? Que ferait-elle si on la jetait en mer ? Elle détestait l’eau. Mais après de longue minute de réflexion, Ahri se releva. Si un navire les attaquait, sa bienfaiteuse serait peut-être en danger. Elle lui devait beaucoup. Ce n’était peut-être qu’un repas, mais cela en disait long pour la renarde. Elle était l’une des premières femmes et ne pas la haïr. La plus part d’entre elle la jalousait pour son physique. Ahri essuya ses lèvres sur revers du poignet et prit la direction du pont.

Malheureusement, en mer, la renarde avait perdu toute trace d’agilité. Une vague plus importante que les autres vint se fracasser contre la coque, entrainant une secousse à laquelle Ahri ne résista pas. Titubant, tentant de se rattraper maladroitement, Ahri tomba sur la table. Sa chute renversa le chaudron que l’artiste venait de préparer ainsi que d’autres ustensile et couvert en métal. Le bruit de fracas fut infâme. L’équipage serait bientôt averti de sa présence. Après tout, la musicienne étant parti des cuisines, il ne devrait pas y avoir de bruit à l’intérieur. Ahri se précipita derrière plusieurs caisses de vivre entreposées pour se cacher tant bien que mal. La porte s’ouvrit, et c’est sa chère amie qui entra. Ahri soupira de soulagement et sorti de sa cachette. Elle s’excusa, gênée, d’avoir renversé le repas qu’elle venait de préparer, et tenta de nettoyer comme elle pu.

- J’ai glissée…

Explique-t-elle. C’est alors que de lourds pas raisonnèrent tout près. La renarde braqua ses prunelles d’or sur la porte, prête à bondir derrière ses caisses.

(je laisse Ialloi choisir si c’est elle qui vient ou un pnj marin)
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Mar 10 Mai 2016 - 22:01
Gangplank… Elle comprenait maintenant pourquoi elle trouvait ce navire familier. Certes, elle ne le connaissait pas aussi bien que le Dead Pool, mais elle avait tout de même gravé dans sa mémoire le profil du nouveau jouet du pirate. Sa présence ici était une amusante coïncidence. Avec un soupir, Illaoi s'éloigna du bastingage tandis que le nuage de fumée blanche se dissipait lentement. Elle regrettait simplement de n'avoir pas pu inculquer un peu de "sagesse" à une bande de pirates, mais peut-être cela valait-il mieux. Un abordage les aurait probablement retardés de beaucoup, sans compter les risques de destruction et d'avarie. La tension étant redescendue, l'équipage réduit commença à manifester son envie de manger.  Illaoi jeta un regard à Sona qui déjà replongeait vers le pont inférieur. La musicienne se montrait brave, calme et ordonnée. Mais peut être qu'un peu d'aide lui serait utile. Et après tout, entre deux abordages ratés, la prêtresse pouvait bien veiller à la bonne marche du navire. Un équipage repu ne fait pas d'histoire, et deux paires de bras valent mieux qu'une en cuisine.

En descendant les marches abruptes de bois patiné, Illaoi entendit de l'agitation dans la petite pièce qui tenait lieu de cuisine. Visiblement Sona ne chômait pas et s'activait déjà pour servir tout le monde. Se baissant pour passer l'embrasure étriquée de la porte, Illaoi ne remarqua d'abord rien d'anormal. Hormis bien sûr la nourriture au sol et une sorte d'éclair blanc qui avait disparu en un clin d'œil derrière les caisses arrimées dans un coin. La prophétesse jeta un regard circonspect à Sona qui ne semblait pas être la responsable du gâchis. L'Œil de Dieu brillait d'un faible éclat dans la pénombre environnante, mais pas assez fortement pour projeter un reflet qui aurait pu l'abuser. Quelqu'un ou quelque chose se terrait bien derrière ces caisses. Et vu que la jeune femme aux longs cheveux bleus ne lui indiquait pas de quoi il s'agissait, la prêtresse en déduisait qu'elle savait.

"Quel dommage que les vagues aient jeté notre repas à terre. Si j'avais su que ces pirates obéissaient au seul ruffian incapable de me vouloir du mal, je ne t'aurais pas appelé sur le pont, et tout ça ne se serait pas produit. Les desseins de Nagakabouros nous égarent parfois tant ils sont complexes…"

Sa voix remplissait la pièce exigüe. Elle avait espéré déclencher une réaction derrière la pile de denrées, mais seul le silence lui répondit. Sona la dévisageait, visiblement incertaine. Si elle n'avait pas dénoncé le passager clandestin, fallait-il en déduire qu'elle voulait le protéger ? Illaoi sourit à cette pensée, tandis qu'un large tentacule se déployait en spirales depuis sa relique. Sans un bruit Illaoi leva son idole, jusqu'à presque toucher le plafond. Puis le tentacule s'abattit, non pour broyer comme elle savait si bien le faire, mais pour agripper l'une des caisses. Arrachant les cordes qui la maintenant arrimée, l'appendice spectrale envoya valdinguer la pièce de bois. La femme qui se tenait derrière avait pour signe distinctifs une brassée de queues virevoltantes, de charmantes oreilles de renard, et de beaux yeux ambrés, ceux d'un animal acculé.

"Des desseins forts complexes en effet. Je me rappelle avoir fait embarquer une musicienne à bord, ni plus, ni moins. Le renard était un supplément ?"


Elle attendait la réaction de l'intéressée, l'idole toujours brandie. La seule raison qui faisait qu'elle n'avait pas attaqué sans sommation, c'était l'étrange réaction de Sona. Cette dernière semblait couvrir l'inconnue, et donc lui faire confiance. Mais Illaoi ne la connaissait pas, et la prudence était de mise. Elle ne se ferait pas ravir sa musicienne fraichement recrutée à la veille d'un évènement aussi important que le Nadak-Aeyaa.
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Sona Buvelle
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Jeu 12 Mai 2016 - 20:51
"Des desseins forts complexes en effet. Je me rappelle avoir fait embarquer une musicienne à bord, ni plus, ni moins. Le renard était un supplément ?"

La prêtresse brandissait son idole de façon menaçante vers la clandestine. D’un instinct protecteur je décidais de m’interposer entre les deux, Illaoi me regardait d’un air mi surprise,  mi amusée. Elle hésitait à jeter la renarde par-dessus bord. Je devais lui faire comprendre qu’elle avait besoin d’aide et qu’elle ne nous causerait aucun mal. Du moins c’était ce que je croyais. D’un autre côté, je ne pouvais pas les laisser seules sous peine de ne plus jamais revoir Ahri. Ne sachant que faire, je restais là espérant que la situation se débloque d’elle-même.

Un court moment de silence régna puis, Illaoi me tourna le dos résignée, elle comprenait que j’avais confiance en Ahri et qu’elle n’aurait rien de moi si elle la maltraitait.

« Vous partagerez donc la cabine et la nourriture, elle ne se montre pas aux matelots et une fois arrivés à Burhu elle nous quitte. Quant à toi et tes motivations, nous en reparlerons Sona »
soit, ce serait toujours ça de pris, au moins la jeune fille ne mourrait pas de faim ou de solitude le temps du trajet et puis, elle pourrait toujours tenter de négocier par après si elle faisait une bonne impression par la suite.

La traversée continua alors son cours, je passais mon temps soit dans la cabine dans laquelle Ahri me racontait sa vie, ses aventures amoureuses et des expériences vécues à la League, soit en cuisine à préparer les repas pour lesquels les marins me remerciaient toujours chaudement, parfois un peu trop. Je profitais aussi un peu du voyage sur le pont, l’odeur iodée et salée de l’eau de mer chatouillait mes narines et la douce brise caressait ma peau. Nous n’eûmes pas vraiment d’autres perturbations durant notre voyage cependant je m’inquiétais de l’attitude d’Illaoi à notre égard : elle ne s’était pas montrée particulièrement amicale elle était maintenant très distante avec nous. Le fait que j’ai lui ai caché la présence d’une passagère clandestine semblait avoir brisé la confiance qu’elle avait en moi. Néanmoins nous étions tolérées et elle souhaitait toujours que je joue pour la cérémonie en l’honneur de Nagakabouros.

Il était temps que nous parlions toutes les deux, que je lui explique mes actes et qu’elle m’aide à ressentir Nagakabouros pour que je puisse composer quelque chose qui lui corresponde. Seule avec elle dans sa cabine, j’étais scrutée par son regard accusateur. Je le fuyais en observant ce qu’il y avait autour de nous : c’était assez sobre : un lit, deux chaises et un bureau sur lequel étaient posées quelques feuilles et une bougie. Dessus elle avait griffonné quelques vers, les paroles de la chanson qu’elle pensait peut-être faire. Le style était assez simple et plutôt maladroit, un peu comme les chansons que les marins chantaient au final. Si c’était cela que son dieu voulait, elle n’avait pas besoin de moi, mais plutôt d’une bonne dose de whisky et d’un vieux violon désaccordé.
« Alors, tu comptes rester longtemps ici sans rien faire ? Je croyais que tu devais me voir de toute urgence. » En effet, elle n’était pas contente…


Merci Janna:
 


Si nous apprenions d'abord à écouter le silence ?
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Sam 14 Mai 2016 - 0:47
La prêtresse aux cheveux épais comme du crin passa une main dans sa tignasse, tâchant de démêler l’indémêlable. Sona était toujours enfoncée dans son mutisme. Ce n'était pas un problème de parole, Illaoi se moquait bien de son handicap. Mais la jeune femme savait se faire comprendre autrement. Et dans cette cabine qui roulait avec le navire et la houle, Illaoi ne discernait aucune trace d'expressivité, aucun semblant de réaction. Sona ne manifestait rien, malgré la question qu'elle venait de formuler. Était-ce à cause de son comportement avec la femme renarde ? Probablement. Cependant, la question n'était pas de se faire apprécier de la musicienne ou de l’anthropomorphe, mais bien de préparer quelque chose digne d'un dieu. De son Dieu. Et la femme aux cheveux bleus se murait dans son "silence" à elle. Fuyant son regard et ses questions. La géante se résolut à changer d'approche.

"Notre route nous mène actuellement vers un archipel où les miens ont vécus depuis toujours. Nous sommes d'excellents marins, des pêcheurs hors pair et les serpents sont nos alliés. Mais mon peuple a vécu si longtemps reclus qu'il a oublié que le monde était vaste et plein de nuances. Ils tolèrent à peine les paylangis de Bilgewater, et cela fait des lustres que nos bateau ne voguent que d'une île à l'autre. Nos protecteurs se sont établis dans ces mers et nous avons fait de même."

Elle marqua un temps de pause, cherchant toujours à capter l'attention de Sona. Ses doigts pianotaient sur la table qui vibrait à chaque impact.
"Le prix de notre isolement relatif, c'est que notre culture est centrée uniquement sur ce que nous vénérons et ce que nous sommes. Notre musique est rudimentaire. Nos mœurs sont figées. Cela est à la fois bon et mauvais. Ce qui est sûr, c'est que je veux changer tout ça. Je ne veux plus que les Buhruns restent sur leurs îles avec pour seules interactions les escales de navires marchands et les rares passages à Bilgewater. Je veux que les gens de mon peuple découvrent les musiques, l'architecture et les armes du continent. Qu'ils redécouvrent l'envie de voyager. Qu'ils comprennent enfin comme moi que tous nous sommes des enfants de Nagakabouros, et que même les paylangis peuvent le servir de par leurs actes."

Voyant que Sona prêtait attention aux notes griffonnées sur la feuille, elle s'en empara, la brandissant comme une preuve tangible et irréfutable.
"Vois par toi-même. La mer. La joie. Le combat. Les serpents. Je suis incapable d'écrire sur d'autres sujets parce que je suis ignorante. Comment pourrais-je montrer à mon peuple les merveilles de ce monde alors que je suis l'une des leurs ?"

Son ton montait, la passion flamboyait dans ses iris verts.
"Toi Sona, tu es une musicienne. Tu as vu le continent. Tu as joué sur bien des sujets, avec bien des émotions. C'est l'énergie du Vortex qui anime tes doigts. Je désire faire de toi un exemple de ce dont que les autres peuples sont capables. De ce qu'il y a de neuf et de beau en ce monde."

Froissant brusquement la mince feuille entre ses doigts puissants, elle jeta la boule obtenue au sol.
"Oublie ces paroles sans valeur. Mon peuple connait déjà cela. Il sait que Nagakabouros est la mer et le ciel. Je veux lui montrer que notre dieu est aussi tout le reste. Le tranchant d'une lame noxienne, et la volonté inébranlable du soldat qui la brandit. Les progrès technologiques de Piltover, et la réflexion des savants qui se pressent là-bas. La composition musicale d'un orchestre démacien, et les sentiments que l'on ressent lorsque l'on écoute."

La prêtresse laissa ces derniers mots en suspens, guettant la réaction de Sona. La jeune femme comprendrait-elle ses inquiétudes, son envie de bien faire ? Elle se morigéna mentalement pour sa prolixité. Qui cherchait-elle à convaincre, la musicienne, ou elle-même ? Les Buhruns n'avaient pas été très réceptifs à ses tentatives jusqu'ici. Que ce soit les échanges avec Gangplank ou la fondation de temples dans la cité portuaire, aucune de ces initiatives n'avaient spontanément emporté le cœur de ses semblables. Elle espérait furieusement changer cela, grâce à Sona. Mais seulement si cette dernière se montrait à la hauteur. Finalement, l'Apôtre ajouta, dans un
souffle :

"La renarde ne me gêne pas personnellement…"

Son regard se fit sévère, sa mâchoire était serrée.
"Mais si tu me caches des choses, comment pourrais-je avoir en toi la confiance nécessaire ? Il me faudra te faire accepter, te mêler à une de nos plus grandes cérémonies. Les miens ne comprendraient pas mes choix si, soudainement, j'amenais une femme comme elle dans l'archipel. J'aurai déjà bien assez de mal à les convaincre de te tolérer toi. Mais si tu joues comme tu as joué pour moi. Si du bout de tes doigts s'échappe l'essence de Nagakabouros, alors ils comprendront. Une fois la cérémonie terminée, je me porterai même garante d'elle, si cela est nécessaire. Si je peux l'aider en quoi que ce soit, je le ferai, même. Mais en attendant, j'ai besoin de ton talent. Compose, laisse libre cours à tes désirs et à tes pensées. Ta musique incarnera le changement dont mon peuple a tant besoin."
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Jeu 19 Mai 2016 - 20:36

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Ahri

Illaoi

Sona

「 la musicienne et la pretresse」
Ahri s’en voulait. Elle avait bien remarqué que sa présence n’enchantait pas la prêtresse. Après l’avoir reposé sur le sol, elle était repartie. Le silence s’imposa donc entre la renarde et la musicienne. Silence qu’Ahri trouva pesant au début. Elle se sentait coupable de l’avoir mise en mauvaise posture. Après tout, c’était elle la clandestine, pas Sona. Elle devait se sentir à l’aise. Mais Ahri trouva le moyen de meubler la conversation, la faisant même rire de quelques exploits. Après tout, ses aventures pouvaient être assez exaltantes si on prenait soin de les raconter sur le bon ton. Mais bientôt, Sona s’éclipsa. Ahri croisa les bras sur sa poitrine, hésitant longuement. Elle avait la formelle interdiction de quitter la pièce, mais… L’autorité lui passait par-dessus la tête. Certes, cette prêtresse géante était très impressionnante. Le respect s’imposait face à elle, Ahri ne le niait pas. Mais elle était venue ici pour écouter Sona. Et si cette dernière devait composer, la renarde voulait être présente.
Ahri bondit hors de la cabine, à l’affut. Quelques marins étaient sur le pont, mais tous semblaient occupés par la mer et les diverses tâches qui leurs étaient imposées. Ahri se faufila jusqu’à la chambre où une voix forte raisonnait. Bien évidemment, son chemin ne fut pas si facile. Un matelot semblait avoir choisi de se reposer juste devant la porte. Ahri le charma, et l’attira plus loin. Une fois la voie libre, elle cola son oreille à la porte et écouta la conversation.
Hm. Ahri renifla, préoccupée. Sona était une grande virtuose, la renarde n’en doutait point. L’animal comprenait aussi la position de la prêtresse. Elle souhaitait donner la curiosité du voyage, l’envie d’aventure. Sona était la musicienne parfaite pour incarnée ces sentiments. Ahri se souvenait encore de l’air qu’elle avait joué, traversant son corps avec douceur et emportant ses tourments au loin. Motivé par cet élan, Ahri ouvrit la porte et déboula dans la cabine modeste. Les mains dans le dos, elle prit la parole d’un ton sérieux qui ne lui ressemblait pas.

« Je n’ai pas besoin que l’on se porte garant de moi. Et Sona n’est pas responsable de ma présence. »

Ahri se rapprocha du bureau, et s’installa derrière Sona. Elle braqua ses prunelles ocre sur la prêtresse, choisissant de ne pas fuir son regard puissant.

« J’ai été témoin de l’art de Sona, et en la voyant partir avec vous, mon instinct m’a poussé à la suivre. Je ne saurais expliquer ce sentiment… Mais croyez-moi, vous pouvez lui faire confiance. Elle a choisi de me protéger sans que je lui demande quoi que ce soit. Ne la blâmez pas pour mes tords, c’est moi la clandestine ici. »

Ahri regarda le sol quelques instant, puis reprit sa respiration.

« Ecoutez, Sona est une virtuose. Je suis sure qu’elle saura écrire la mélodie parfaite pour votre peuple. Moi, j’ai foi en elle, en son talent. »

Ahri stoppa son monologue sur un sourire sincère vers la musicienne, qu’elle portait déjà dans son cœur. Sa musique était extraordinaire, pleine d’une magie inconnue. L’emotion qu’Ahri avait ressentie… était indescriptible. Et si quelqu’un était capable d’inspirer autant de joie, de curiosité, d’envie, c’était bien Sona. Bien que la renarde en elle-même pouvait tout aussi bien caractériser ces sentiments aussi. Mais Ahri enfouit cette pensée au fond d’elle, se concentrant sur la réponse de la prêtresse.

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Sona Buvelle
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Mer 25 Mai 2016 - 15:49
Elle était venue … elle avait bravé l’interdit pour venir ici. Je restais bouche bée devant Illaoi, moi qui lui avais promis qu’Ahri resterait discrète, elle quittait déjà la cabine. Mais j’admirais aussi son aplomb et sa loyauté, elle avait fait cela pour moi, sachant pertinemment qu’elle n’en avait pas le droit. Ce qu’elle avait dit me touchait au plus profond de moi. Illaoi quant à elle semblait résignée, si nous voulions faire cela qu’il en soit ainsi. Ahri serait donc libre de se déplacer sur le bateau à condition de ne pas se faire remarquer outre mesure et, une fois arrivé à Buhru, Illaoi ne promettait rien de plus pour Ahri qu’une excuse à son arrivée là-bas et un moyen de monter légalement sur le prochain bateau qui quitterait l’île.

Mais, même si Ahri était d’agréable compagnie, la traversée qu’Illaoi m’avait annoncée comme étant rapide me semblait au contraire plutôt longue, nous étions déjà là depuis trois jours et, hormis mon voyage enter l’orphelinat et Demacia je n’étais jamais vraiment partie de chez moi. Et, bien plus que l’essence de Nagakabouros, c’est l’ennui qui commençait à venir en moi. Je commençais à déprimer lorsqu’Ahri, qui s’ennuyait aussi à ne pas pouvoir sortir me proposa quelque chose d’intéressant : nous allions interroger les marins sur ce qu’ils pensaient d’Illaoi, de Nagakabouros et de la musique … D’un côté cela nous permettrait d’en apprendre peut-être un peu plus sur la prêtresse et de l’autre qui sait, je pourrais être plus inspirée pour mon morceau.

Les marins venaient presque tous de Bilgewater, ils craignaient et admiraient la prêtresse, mais ne croyaient pas à Nagakabouros. Et c’est justement pour ça qu’ils craignaient Illaoi, même si elle les avait protégés jusqu’à aujourd’hui, ils avaient vu ses pouvoirs et les rumeurs qui couraient sur elles étaient toutes plus abominables les unes que les autres. Pour ceux qui avaient quelques connaissances musicales, ils tentèrent d’expliquer ce qu’ils ressentaient tant bien que mal, mais ne savaient pas poser de mots ou d’air bien précis sur ce qu’ils ressentaient. Sauf un, les autres marins semblaient le respecter, il parait que cet homme était né au milieu de l’océan et ne l’avait jamais quitté. « Tu veux que je t’explique pourquoi nous jouons ? Pourquoi nous chantons ? On le fait parce que l'Océan est grand, et qu'il fait peur, on le fait pour que les gens ne sentent pas le temps passer, et qu'ils oublient où ils sont, et qui ils sont. On jouait pour les faire danser, parce que si tu danses tu ne meurs pas, et tu te sens Dieu.  On le fait parce qu'un bateau, tu peux toujours en descendre : mais de l'Océan, non... » Il demanda ensuite à me parler, sans Ahri. Il voulait m’expliquer ce qui,  pour lui était la musique et, pourquoi il n’était jamais parti de ce bateau.

Nous sommes donc allés dans la cale tous les deux, j’observais alors son visage : il avait l’air âgé d’une quarantaine d’années, son crâne était rasé de près et ses yeux étaient si perçants qu’il semblait capable d’inspecter l’âme de ceux qu’il voyait. De lui se dégageait une sorte de mélancolie, il portait en lui le poids des souvenirs, celui des voyages. D’un petit étui, il sortit un violon et puis il se mit à jouer. Quelques notes timides surgir au début, puis, l’harmonie commença à se construire et, la plus belle musique que j’ai pu entendre caressa mes oreilles. Elle était lente, chacune des notes était imprégnée d’une histoire et résonnait avec les autres pour en former une nouvelle, plus émouvante que la précédente. Il m’intima alors de danser et se mit à bouger lui aussi, la musique continuait, toujours plus parfaite. J'ai compris, à ce moment-là, que ce qu'on faisait, ce qu'on était en train de faire, c'était danser avec l'océan, moi et lui, des danseurs fous, et parfaits, emportés dans une valse lente, sur le parquet doré de la nuit. Était-ce là une façon de me montrer ce qu’était Nagakabouros pour Illaoi ?
« Tu sais, je n’ai jamais quitté ce bateau et je vais t’expliquer pourquoi : regarde ton instrument. Les cordes ont un début. Et les cordes ont une fin. Toi, tu sais qu'il y en a 6, là-dessus personne ne peut te rouler. Elles ne sont pas infinies, elles. Mai toi, tu es infinie, et sur ces cordes, la musique que tu peux jouer, elle, est infinie. Elles, elles sont quatre-vingt-huit. Toi, tu es infinie. Voilà ce qui me plaît. Ça, c'est quelque chose qu'on peut vivre. Mais si je monte sur cette passerelle et que devant moi se déroule un instrument de millions de notes, des millions, des millions et des milliards de notes, qui ne finissent jamais, et ce violon-là, il est infini
Et si cet instrument-la est infini, alors
Sur cet instrument-la, il n'y a aucune musique que tu puisses jouer. Celui-la, c'est Kangourous qui y joue. »


Il me regarda ensuite longuement, de haut en bas, il prit son inspiration, prêt à demander quelque chose d’important. Puis il sourit et, dans un léger souffle, m’indiqua qu’il était de temps pour moi de remonter, nous arriverions probablement bientôt.

En effet, dans les heures qui suivirent, nous vîmes la lumière d’un phare au loin, indiquant que notre route touchait bientôt à son but.

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Jeu 26 Mai 2016 - 20:02
La mer murmurait, et le vent venait gonfler les voiles du petit navire. Illaoi à la barre se laissait bercer par le doux roulement provoqué par les vagues. Elle se focalisait sur son cap, ne pensant à rien d'autre qu'à la direction qu'elle suivait. Elle entendait de loin en loin depuis quelques heures déjà le piaillement des oiseaux. Ils approchaient des terres. La proximité des îles de l'archipel faisait qu'une fois entré dans cette zone, il ne fallait jamais bien longtemps pour rejoindre la côte la plus proche. Les Îles aux Serpents. Un inextricable fouillis d'îlots et de rocs, parsemé çà et là de quelques îles plus imposantes. Plus jeune, elle avait fait l'erreur de penser qu'il s'agissait de son chez soi, que cet archipel était celui de son peuple et que Nagakabouros veillait sur lui.

Mais si sa formation d'Apôtre lui avait véritablement apporté quelque chose, c'était une révélation. Une vérité simple et frappante à la fois. Elle était partout chez elle. Nagakabouros n'était pas que le dieu que ses semblables vénéraient, il était omniprésent et arborait différentes formes pour tous ceux qui prenaient la peine d'observer et de voir. Et en tant que prêtresse, elle se devait de guider tous ceux qui ressentaient le mouvement comme une nécessité, pas seulement les Buhruns. Cette vision étriquée de la religion, avec une représentation unique de la divinité et des fidèles liés par leurs ressemblances, c'était un contresens total. Si elle voulait prétendre apporter la Vérité, elle devait commencer par faire admettre à son peuple que le monde entier était en mouvement. Et que chaque être vivant en dehors de l'archipel avait son rôle à jouer dans ce grand Tout.

Elle vira légèrement pour éviter un banc de sable bien visible. L'eau était claire ici, et l'on pouvait deviner sous la surface des formes variées, mouvantes ou immobiles. Rochers, coraux, banc de poissons compacts ou requins démesurés… Avec les remous, il était parfois difficile de distinguer véritablement ce que l'on observait. Et cette observation n'en était que plus fascinante. Brusquement, une mélodie venue du pont inférieur vint couper court au fil de pensées d'Illaoi. Elle tendit l'oreille. La mélodie était belle, et elle lui évoquait ce tourbillon de nuances qu'elle venait d'observer. Un océan de notes, dont les vagues brouilleraient la surface, rendant ce qui se trouve en dessous plus flou, plus mystérieux. Même si la musique ne la transportait pas comme l'aurait fait celle de Sona, elle parvint à lui arracher un sourire pensif. Le musicien était à l'évidence plutôt doué.

Malgré sa curiosité, elle se retint de laisser la barre à un autre pour aller écouter de plus près. La zone était dangereuse, pleine de rocs et de courants contraires, et elle estimait la connaitre mieux que tous les membres de l'équipage. Plus d'un petit navire, ayant perdu l'appui du vent s'était éventré sur des rochers saillants dans la région. Et elle n'avait pas fait tout ce voyage pour s'échouer si près du but. Aussi elle se reconcentra sur son cap, tandis que les dernières notes à peine étouffées par le bois du pont lui parvenaient.

***

Enfin. Dans les derniers instants de navigation, les lanternes du navire s'étaient embrasées une à une, mais à présent, une autre lumière bien plus puissante les éclipsait. Le phare se tenait là. À Demacia ou à Noxus, on l'aurait probablement qualifié de pittoresque, de "petit". Mais il s'agissait néanmoins d'un des plus grands bâtiments de l'archipel – si l'on exceptait les empilements hétéroclites de navires de Bilgewater – et il avait de mémoire d'homme toujours veillé au bon retour des buhruns qui s'aventuraient au large. La nuit empêchait de bien se représenter son architecture, mais Illaoi l'avait assez contemplé pour connaitre chaque détail. Sa forme torturée, presque naturelle, comme une excroissance rocheuse sortie de la falaise. Sa pierre grise, battue par les embruns qui lui conféraient un aspect luisant. Et son ingénieux système de miroirs qui projetait la lumière en flèche, droit sur l'horizon. Avec un peu d'imagination, on aurait presque pu se figurer un monstre à la peau écailleuse, dont l'œil luisant scrutait les navires qui passaient.

La prêtresse rappela tout le monde sur le pont, demandant à l'un des buhruns de la relever à la barre. Elle désirait superviser les manœuvres qui se préparaient. Déjà les lueurs plus ténues du village venaient côtoyer celle du phare. Bientôt elle serait à terre, avec la clef de la réussite cérémoniale à ses côtés. Et une renarde anthropomorphe. Elle grogna tandis qu'elle abaissait une voile récalcitrante. Illaoi n'avait jamais de difficultés à se jeter dans la tourmente. Mais devoir lutter contre son propre peuple et ses croyances, c'était pour elle une grande déception. Fraichement sortie de son entrainement, elle pensait améliorer radicalement la situation, changer rapidement les mentalités. Mais elle avait sous-estimé l'entêtement de certains. Et bien qu'en quelques années elle ait apporté plus de changement que trois générations d'Apôtres avant elle, les résultats n'étaient jamais à la hauteur de son ambition démesurée de faire mieux, de voir plus grand.

Dans les prochains jours, elle jouerait sa crédibilité. Elle se doutait bien que personne ici n'oserait la remettre ouvertement en question, mais ses décisions se devaient d'avoir un impact significatif. Sans quoi, elle n'aurait pas assez d'une vie humaine pour étendre l'influence de son dieu par-delà les mers. Et pour le moment, elle n'était sûre de rien. Pour le moment, elle s'en remettait à Sona pour bien faire. Et à Nagakabouros pour la guider… Ils accostèrent rapidement, tandis que la prêtresse lançait des ordres sonores. Plusieurs autochtones se massèrent sur la jetée, certains se positionnant même pour recevoir les cordages et aider à l'amarrage du bâtiment. L'on déploya une simple passerelle instable, et bientôt tout l'équipage se trouva sur la terre ferme. Plusieurs enfants de tous les âges se ruèrent en criant vers les arrivants, les plus téméraires allant jusqu'à enlacer les jambes de la géante.

Tout en riant, elle ébouriffa les cheveux d'un gamin à la peau mat, vêtu d'une veste et d'une sorte de pantalon trop petits pour lui.
"Ici à Buhru, la jeunesse ne dort jamais !" fit elle en se tournant vers Sona et Ahri. "Il y a toujours quelque chose à faire, un nouveau jeu à découvrir, une nouvelle grotte à explorer… un nouveau serpent à chasser !"

Elle agita ses bras pour disperser la volée de petits buhruns, poussant un drôle de rugissement qui fit rire les plus âgés et effraya les plus jeunes. La nuée se débanda pour mieux se reformer et encercler cette fois ceux qu'elle ne connaissait pas, à savoir les deux autres arrivantes. Sona et la renarde étaient assaillies de questions dans un dialecte qu'elles ne comprenaient probablement pas et de cadeaux –majoritairement des mangues et des fleurs. Mais si l'accueil des enfants était chaleureux, celui des adultes était autrement plus réservé. En relevant la tête, Illaoi constata que les regards étaient au mieux étonnés, au pire méfiants. On pouvait tolérer les paylangis tant qu'ils se massaient à Bilgewater, ou en petit nombre sur l'île pour faire un peu de commerce. Mais la prophétesse amenait cette fois une fille aux cheveux bleus, et une créature plus étrange encore. Elle ne laissa pas le silence s'installer et marcha droit sur le gardien du temple à qui elle avait confié son projet avant de partir.

Après des salutations sommaires, elle présenta rapidement les arrivantes, insistant sur le fait que Sona était une musicienne reconnue, capable de faire des merveilles. Quant à Ahri, elle resta vague et se borna à dire qu'elle accompagnait son invitée de marque. L'homme croisa les bras, entrechoquant ses bracelets de corail. Il dévisageait à présent la musicienne, et tout le groupe d'habitants l'imitait.
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Jeu 16 Juin 2016 - 13:16

Gangplank

Ahri

Illaoi

Sona

「 la musicienne et la pretresse」
Ahri avait passé le reste du trajet seule. Illaoi semblait occupé à la navigation, quant à Sona, elle avait tenue à interroger quelques marins. Ahri s’était posté à divers endroits, profitant de l’air iodé qui venait gifler son visage en continu. Mais le navire accosta, et Ahri fut heureuse de pouvoir enfin poser pied à terre.

Lorsqu’elle descendit de l’embarcation, Ahri fut surprise de trouver bon nombre de gens. Plusieurs villageois de tous âges s’étaient regroupés autour d’elles. Certains semblaient curieux, étonnés. Mais la plus part des regards posés sur la renarde ne la rassurait pas. Elle se mit en retrait, laissant Sona et Illaoi passé en premier. La jeune femme ne se sentait pas à l’aise. Elle se rendit soudain compte de la bêtise qu’elle avait commise. Pourquoi diable avait-elle tenté de suivre cette musicienne ? Elle ne savait rien de sa destination. Et voilà qu’elle suivait désormais les deux jeunes femmes, les mains dans le dos, tentant de rendre sa présente la plus discrète possible. Malheureusement la masse de queue se mouvant avec grâce dans son dos ne rendait pas la tâche facile. La renarde les suivit en silence. Elle jeta quelques regards aux villageois, et rendit leur sourire à ceux qui acceptaient sa présence d’un chaleureux mouvement de tête. Elle ignora les enfants, mal à l’aise devant leurs yeux écarquillés, et emboita le pas à ses deux compères. Rapidement, son regard se promena sur les lieux qu’elles traversaient. Cet endroit lui était inconnu, la demoiselle profitait de chaque seconde pour graver tous ces détails en mémoire. Elle suivit le groupe sans dire mots.

(desolé, je savais honnettement pas quoi ecrire de plus… sorry pour le timing un peu long)


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Sona Buvelle
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Lun 20 Juin 2016 - 16:31
Les Buhruns nous fixaient assez étrangement, il fallait avouer que noter groupe attirait les regards assez facilement. Les enfants s’approchaient avec de grands yeux, heureux d’avoir un nouveau spectacle qui leur changeait du quotidien, mais aussi heureux du retour de la prêtresse sur l’île. Celle-ci paraissait d’ailleurs tendue, son visage était crispé et le sourire qu’elle tentait vainement d’afficher n’était pas naturel. Quelque chose la tracassait … Nous suivîmes le petit groupe d’autochtones avant d’arriver dans leur village. Là-bas nous attendait un petit comité d’accueil et, parmi eux, trois personnes attirèrent mon attention : ils étaient vêtus différemment des autres et semblaient être très respectés des villageois. Ils devaient certainement occuper une place importante. Le plus petit des trois posa sur nous un regard dédaigneux et dit, d'une voix nasillarde, les premiers mots qui n’étaient pas dans leur langue étrange afin que tout le monde le comprenne : « C’est cela l’avenir de nos rites … une femme aux queues de vulgaire animal et un autre à la chevelure bleue. Nagakabouros se sentira sans aucun doute des plus respecté ! » L’ironie était perceptible dans sa voix, son objectif ne semblait rien d’autre que de nous tourner en ridicule devant toute cette foule déjà méfiante. S’il voulait jouer, il en serait ainsi, nous jouerons …

J’empoignais mon Etwahl et lui dédiait une de mes mélodies les plus dansantes, juste pour lui … Le vieux rabougri ce mit alors à se trémousser comme dans sa jeunesse, peut-être même mieux et ce sous les rires de toute l’assemblée. Au bout de quelques minutes, je décidais d’arrêter là son supplice. Je ne m’octroyais jamais ce plaisir si ce n’est lorsque l’on s’attaquait aux gens qui comptent pour moi. Une fois sa danse terminée, je lui offris mon plus beau sourire auquel il ne répondit pas. Il ne dit d’ailleurs plus un mot pendant un long moment, ne sachant comment réagir. Ses deux compères non plus d’ailleurs, ils avaient du mal à garder une contenance après cela. Le plus grand d’entre eux fit un pas en avant, s’éclaircit la gorge et, d’une voix bien plus grave et calme que son homologue, dit ces mots : «Après cette démonstration … évidente. Nous comprenons mieux tes motivations à amener ces jeunes filles en ce lieu. Néanmoins, il serait peut-être bienvenu d’accueillir nos invités en bonne et due forme. Si vous pouviez vous présenter ? »

Le fameux moment, j’étais incapable de répondre et un silence gênant commençait à s’installer. « Sona, elle s’appelle Sona Buvelle. Moi je me nomme Ahri. » Elle posa sa main sur mon épaule et ajouta à voix plus basse «A mon tour de t’aider. » « Je vous souhaite donc la bienvenue sur notre île, je suis Laykos, c'est moi qui m'occupe du temple en compagnie de ce petit Conseil. Veuillez excuser notre léger manque d’hospitalité, mais, nous n’avons pas l’habitude d’avoir des étrangers. Et au vu de votre physique … atypique, nous avons été quelque peu surpris. »

Ils nous parlèrent alors longuement de Nagakabouros, de l’importance de ce que je devrais faire et tant d’autres. Ils ne me dirent pas pour quand serait la cérémonie, mais exigeaient déjà d’entendre ma musique, quelque chose de vrai, ce que je jouerais à ce moment-là. Le problème étant que cette musique-là n’existait pas encore … tous les regards se posèrent sur moi, y compris ceux d’Ahri et d’Illaoi pour qui cette mélodie aurait une importance particulière. Le doute m’envahissait, qu’allais-je leur jouer. Je n’avais pas encore tout à fait ressenti Nagakabouros et il ne m’inspirait que quelques petites phrases mélodiques … Je devais gagner du temps. Il fallait espérer que la prêtresse comprendrait ce que j’allais faire. Sur mon instrument, mes doigts tracèrent une mélodie qu’ils connaissaient déjà … la chanson de la sirène. Si le morceau plaisait et qu’Illaoi arrivait à gagner un peu de temps, juste assez pour que je puisse trouver Nagakabouros, tout restait possible sinon …


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Lun 27 Juin 2016 - 1:31
La musique de Sona était assurément surprenante. Faire danser ainsi un invocateur de Serpents rompu aux techniques de contrôle mental, et qui plus est simplement en se concentrant sur lui… La jeune femme n'avait pas seulement un talent de musicienne, elle semblait également capable de lier un peu d'essence magique à ses notes. Mais ce n'était pas cela qui faisait sa véritable force. Lorsqu'Illaoi avait pris la décision de retrouver Sona et de l'amener ici, elle comptait davantage sur la capacité de la musicienne à insuffler des émotions par la musique même, sans autre artifice. Lorsqu'elle s'était trouvée coupée de la réalité, complètement transportée par les harmonies sonores, elle avait compris toute l'étendue du pouvoir de la jeune Buvelle.

Mais la musique qu'elle déployait à présent, si elle était fort agréable, n'avait pas ce on-ne-sait-quoi de magique, de transcendant. La petite assemblée semblait à peine se satisfaire de la prestation. Était-ce là une mélodie digne d'un dieu ? Assurément pas. Illaoi le savait. La prêtresse qui se trouvait immédiatement derrière Sona capta un regard qui signifiait beaucoup. Elle y lisait de l'appréhension, du doute, un appel à l'aide silencieux. Tandis que les notes qu'elle et Ahri connaissaient déjà affluaient, elle recula d'un pas, laissant la fille aux cheveux bleus devenir le centre de toute l'attention. Ce qu'elle s'apprêtait à faire était risqué.

"Uwon shayos kaya…"
C'était à peine plus qu'un murmure, et seule la femme renarde avait pu capter ce début d'incantation. L'instant d'après, un lien invisible se tendait entre l'Œil de Dieu et Sona qui jouait toujours. Indéniablement, ce que s'apprêtait à faire la prophétesse était risqué. Pour la musicienne.
"Uwon shayos kaya !"
Illaoi ramena d'un coup sec son idole en arrière arrachant une part de l'énergie vitale de Sona à son réceptacle de chair. Le corps de cette dernière s'était légèrement raidi, mais ses doigts couraient toujours sur les cordes, poursuivant leur mouvement presque machinalement. Une Sona Buvelle éthérée apparu devant la prêtresse et Ahri. Illaoi espérait simplement que la renarde ne tenterait rien de stupide. Elle n'avait pas le temps de lui expliquer son plan. D'ailleurs, elle n'avait pas de plan. Elle agissait à l'instinct, comme elle aurait dû le faire depuis le début.

La prêtresse se laissa glisser dans un état de transe, rejoignant Sona dans son "monde". Ce n'était pas à proprement parler une dimension parallèle, puisqu'il s'agissait en fait d'une superposition à la réalité. Mais il fallait être très réceptif pour voir cette vérité. Ou s'être fait arracher son âme par un Apôtre. Illaoi grimaça. Elle aurait voulu éviter de tester Sona. Surtout alors que cette dernière tentait de faire bonne impression auprès des représentants locaux. En procédant ainsi, elle forçait la jeune femme à lutter sur deux fronts. Mais il s'agissait du moyen le plus rapide et le plus efficace pour rencontrer Nagakabouros. Et c'était ce dont elle avait besoin. Pour comprendre.

A la différence d'une âme stagnante cependant, Sona n'avait en théorie rien à craindre de l'épreuve. Et Illaoi l'épaulerait du mieux qu'elle pourrait. L'âme de la musicienne faisait face à la grande femme qui devait lui apparaitre distante, floue, comme plongée sous un océan presque transparent. Les réactions de chaque esprit à l'épreuve étaient différentes. Illaoi espérait simplement que celui de Sona serait de ceux qui comprennent rapidement et lutte pour s'en sortir au plus vite. Autrement, plutôt que d'améliorer la prestation, cette entrevue avec Nagakabouros risquait de complètement la ruiner.

Tachant de se concentrer, Illaoi focalisa son attention sur l'esprit. Elle lui lança des mots que lui seul pouvait entendre :
"Ouvre les yeux, Sona ! Tout est Nagakabouros ! Tu n'as pas à composer, la musique est déjà là… Entends-la… Ressens-la !"
Des tentacules commençaient à se matérialiser autour de l'âme, cinglant furieusement dans sa direction. Ils s'emparèrent d'elle et commencèrent à la balloter. Ce n'était pas une épreuve physique, mais il fallait maintenant voir si la détermination de Sona et sa grandeur d'âme seraient suffisantes. Il fallait avoir foi…
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Sona Buvelle
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Ven 1 Juil 2016 - 12:00
Le morceau était beau, mais le public semblait septique, même s’il n’avait probablement jamais rien entendu de tel, c’était le chant de la Sirène, pas celui de Nagakabouros et même eux étaient capables de s’en rendre compte … Mais ils me laisseraient peut-être une seconde chance.
J’enchaine les accords et les variations quand, sur l’un des accords de résolution principaux, je me sens violemment tirée. Pourtant, je suis toujours là, debout, en train de jouer. Pendant cette demi-seconde de déconcentration l’Etwahl avait pris le relais. Personne ne semblait l’avoir entendu. Je ferme les yeux, juste quelques instants pour me re-concentrer.

Pourtant je vois, tout autour de moi … je suis quelques mètres à côté de l’endroit où je suis censée être. Tout le monde avait disparu, "Ouvre les yeux, Sona ! Tout est Nagakabouros ! Tu n'as pas à composer, la musique est déjà là… Entends-la… Ressens-la !" Illaoi m’observe, son regard est bienveillant mais il y a une étincelle d’inquiétude qui se transforme vite en une expression d’effroi. Je n’ai pas le temps de voir ce qui l’inquiète ainsi car je ressens comme une douleur sur tout mon flanc gauche. Mon corps s’élève du sol et s’écrase lourdement quelques mètres plus loin contre un muret. Je vois alors tout autour de moi des tentacules verdâtres s’extirper de chaque mur et du sol.

Une fausse note, et du retard, un temps complet sur ma mesure. Un pan de l’architecture est fragile. Ca ne passera pas inaperçu, du moins pas chez quelqu’un d’exigeant. Ce n’était pas possible … C-comment ?

Les tentacules se lèvent, une première s’abat quelques pas devant moi, comme pour me mettre en garde. Quand elle se relève, la dalle est fissurée … Une deuxième fonce sur moi mais j’arrive à l’éviter sans trop de soucis, je regarde Illaoi pour voir si elle est capable de m’aider. Ses yeux sont emplis de compassion mais elle baisse le regard, comme si elle se sentait coupable. Sur ce laps de temps, l’une des tentacules m’attrape la jambe et me tire en arrière, à portée de toutes les autres.

La musique n’est plus naturelle, mes doigts sont crispés … elle sonne mais c’est comme si toute la magie en était extraite, une simple musique comme toutes les autres.

Les membres s’attaquent à moi, chaque fois plus forts, ils ressemblent à des serpents enragés s’enroulant autour de moi et leurs coups mordant la chair. Des serpents … Lestara m’avait raconté que, dans des contrées lointaines des gens étaient capables de les charmer avec la musique. C’était cela qu’Illaoi me demandait ? « La musique est déjà-là … ressens-la » C’étaient les derniers mots qu’elle m’avait dits. Je devais entendre leur musique, la copier pour les dompter. D’un effort incroyable, j’arrive à m’extraire, du moins un peu. J’allais devoir jouer en évitant leurs attaques, elles semblent surprises d’entendre les notes, me laissant quelques secondes de répit pour me libérer un peu plus. Après quelques notes, j’arrive à entendre en elle la musique, ou plutôt les musiques, chacune d’entre elle a sa propre mélodie et toutes mises ensemble elle forme un orchestre complet, une construction magnifique et complexe. Un premier tentacule avance plus timidement, ne sachant pas comment réagir, j’adapte, je l’entends et joue avec elle sa musique, elle s’arrête et recule un peu.

La symphonie retrouve sa magie, la Sirène se transforme petit à petit, un immense oiseau prends sa place et s’envole. Les notes emplissent mon corps et me rendent détermination et courage, elles prennent leur place et me guident.

Un second tentacule arrive, plus agressif et sa musique n’a pour effet qu’un ralentissement, mais en l’enrichissant un peu, il se calme aussi, il se met même à me protéger des attaques suivantes. Chaque nouvel ennemi qui arrivait ajoutait une portée dans la partition, qui devenait à la fois plus difficile car il fallait garder chaque voix mais plus simple car l’harmonie me protégeait chaque fois un peu plus.

La symphonie continue d’évoluer, l’immense oiseau s’embrase et devient une autre créature et ainsi de suite. Le monde entier s’y trace, les paysages défilent et évoluent même à travers le temps. Chaque note qui résonne ajoutant sa pierre à l’édifice et les rythmes, lents ou rapides rendent ce voyage fluide.

« Sona, il est temps pour toi de voir la Vérité, tu es prête ! Retourne dans ton corps » Chaque note devient alors un être vivant, chaque être vivant semble guider vers moi, comme pour me faire partir, mais je reste debout et joue un accord dont je n’avais jamais connu l’existence, quelque chose de nouveau, d’inexplicable … comme si l’on découvrait une nouvelle couleur qui ne serait pas un mélange de deux autres.


J-je suis de retour, la musique se termine elle aussi sur cet accord, il lui faudrait un nom … J’ose à peine ouvrir les yeux, de peur de voir ce qu’il s’était réellement passé. Je sens la main d’Illaoi se poser sur mon épaule, elle me fait signe de me taire, chose qui est pourtant innée chez moi. Mais je comprends que personne ne doit être au courant de ce qu’il s’est passé. Autour, personne ne réagit, personne n’ose parler ...


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Jeu 20 Oct 2016 - 20:47
Bouche bée, la prêtresse laissa passer un instant. On eut dit que le monde entier s’était muré dans le silence. Dans le groupe de villageois, personne n’osait se mouvoir, les respirations étaient saccadées et pourtant silencieuses. Les vagues roulaient sur le rivage et s’écrasaient sur le sable sans un son. Comme la lueur d’une bougie face au soleil, tout éclat sonore produit en cet instant serait passé pour une injure à la musique qui venait de s’éteindre. Illaoi regarda ceux qui se montraient si agressifs quelques instants auparavant. Beaucoup de buhruns pleuraient, de ces larmes que l’on verse lorsque l’on ne sait comment réagir. D’autres étaient pâles, le regard perdu dans le vague, comme assommés. Et certains contemplait désormais la musicienne avec déférence, les yeux débordants d’admiration.

La prophétesse se porta aux côtés de la jeune femme aux cheveux bleus. Sa grande main se posa sur l’épaule de cette dernière, l’attirant doucement à l’écart. Elles firent quelques pas, qu’Illaoi mit à profit pour se préparer mentalement à parler. Il fallait s’arracher de cette torpeur qui les avait tous rendus aussi muets que la démacienne.

"Je..."
Le son de sa propre voix lui fit l’effet d’une myriade de lames frottant contre un panneau de cristal, et elle grimaça avant de reprendre.

"Ce que tu viens de faire..."

Raaaahhh ! À quoi bon parler ? Rien ne pourrait exprimer ce qu’elle ressentait. Alors elle se contenta de marcher, droit devant elle, entraînant toujours Sona à sa suite. La prêtresse était littéralement dépassée. Elle avait l’impression que c’était elle que la musicienne venait de mettre à l’épreuve, et non l’inverse. Elle se sentait faible, les jambes flageolantes, le cœur tambourinant follement. Et tandis que le monde retrouvait peu à peu sa voix, les questions se bousculaient dans sa tête. Finalement elle s’arrêta, lâchant par la même occasion la main de la jeune femme. Elles se trouvaient devant une bâtisse étrange, le toit couvert de feuilles de palmes bipennées. Illaoi désigna la paillote, puis elle joignit ses deux mains à plat à côté de son oreille tout en inclinant la tête. Elle s’approcha ensuite de l’entrée, écartant la tenture qui empêchait le vent, les moustiques et le sable de s’engouffrer à l’intérieur.

Dans un coin, une corbeille de fruits frais trônait, elle la désigna également avant de laisser le pan de tissu retomber. Elle fit ensuite volte-face et se mit à marcher de long en large, sur la plage. Visiblement, le tourbillon émotionnel s’intensifiait, et rien ne venait le soulager. Son dieu lui était apparu l’espace d’un instant, plus clairement, plus intensément que toutes les fois précédentes. Et il dansait. La Mère se mouvait au rythme de la musique de Sona. Ces accords avaient ébranlés la trame de l’Univers tel qu’Illaoi le concevait. Elle qui n’avait jamais eu peur, qui doutait si rarement, elle s’était sentie faible. Faible ! Abasourdie. Immobile. Quelle souffrance pour une prophétesse. Voir quelqu’un d’aussi peu impliqué dans sa religion parler à son dieu bien mieux qu’elle ne l’avait jamais fait. Sentir qu’en quelques minutes la musicienne s’était plus approchée de la Vérité qu’elle-même en toute une vie.

Un long cri s’échappa de ses lèvres tandis qu’elle abattait ses poings dans le sable. Elle resta là, prostrée. Sona devait la regarder bizarrement. Elle s’en moquait. C’était la seule façon qu’elle avait d’extérioriser son désarroi. Le grondement des vagues revenu la calma un peu. Elle laissa le son régulier bercer son esprit, les battements de son cœur s’espaçant peu à peu pour se calquer sur le rythme du ressac. Finalement, elle rassembla assez de force pour se redresser de toute sa hauteur. Elle jeta un dernier regard à la musicienne. Un regard qui voulait tout à la fois dire «par quelle magie ?» et «merci». Puis elle repartit en courant vers les hauteurs du village, ses bottes soulevant la poussière et claquant sur la pierre à chaque fois que son pied frappait le sol.
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Sona Buvelle
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Dim 11 Déc 2016 - 21:46
Le silence était aussi beau que pesant. Ou peut-être étais-je la seule à le ressentir comme cela ? La prêtresse m'emmena vers ce que je devinais être sa maison, quelque chose de très modeste, bien loin du luxe du manoir démacien mais plus chaleureux que l’orphelinat.


Je” Elle s'interrompit "Ce que tu viens de faire..."  Elle coupa de nouveau sa phrase, elle semblait avoir du mal à parler. Illaoi se mura donc dans le silence, me désignant une couche et quelques fruits, adoptant des gestes pour se faire comprendre. Un cri s’échappa soudainement de son corps, emplissant tout l’espace sonore. Un son puissant, de la rage. J’étais paralysée, je la regardais, sans oser bouger tellement elle me terrifiait. Elle quitta la case en courant,  non sans plonger son regard légèrement adouci dans les miens.


J’étais donc à présent seule dans la petite cahute. Les fruits avaient beaux être très appétissants, je n’avais aucune envie de manger, ce qu’il venait de se passer était à la fois si beau et si horrifiant que je ne m’en remettais pas. C’était donc cela l’Epreuve, les histoires que l’on racontait dessus n’étaient pas tout à fait fausse, mais pas vraie non plus. Ce qu’il venait de se passer était inracontable, irreproductible. Mon corps et mon Etwahl étaient épuisés et je me couchai bien vite sur la paillasse mise à ma disposition pour un repos mérité.


Il fut spécial, envahi de rêves et de cauchemars en tous genres. D’une part, je me vis retrouver des parents, du moins ce qui s’avérait y ressembler. En fait, c’étaient des silhouettes harmonieuses, dégageant une aura chaleureuse, j’étais redevenue une enfant et ils me prenaient dans leur bras. Je revis aussi Lestara qui me souriait. Puis cela basculait vers le monde de la prêtresse, ou tout le monde mourut, ne laissant derrière eux que mon instrument, me laissant seule, incapable de crier mon désespoir.


Je me réveillai, toujours collée à mon Etwahl et, profitant de la fraîcheur de la nuit, et décidai de sortir quelques temps. Les bras de Morphée qui m’avaient si vite étreinte m’étouffaient et il me fallait respirer. Le ciel étoilé s’étendait par dessus mes yeux, brillant de milles feux et je me laissai guider jusqu’au bord de l’eau par la lumière blanchâtre de la lune. Assise au pied d’un arbre, serrant mon instrument contre moi, je me laissais transporter par ce spectacle qui devenait presque mystique. Le silence nocturne régnait, dégageant une paradoxale et magnifique musique, pleine de mélancolie et d’espoir.


Je restai là, subjuguée par ce spectacle plusieurs heures, ne me levant qu’avec le soleil, lorsque ses reflets embrasèrent le ciel et la mer sous mes yeux. Je retournai alors à la case ou Ahri et Illaoi devaient sûrement dormir. Je n’avais même pas pris la peine de les regarder en partant ce matin. Pourtant, une fois arrivée, je ne vis personne, ni renarde si prophétesse. Seulement un mot laissé par Ahri … elle était partie, ne laissant aucune autre explication.


Ne sachant ni où Illaoi se trouvait ni comment occuper mon temps seule, j’entrepris alors vainement d’écrire la symphonie jouée la veille. Le travail était long, méticuleux et nécessitait beaucoup de patience et de minutie. Toutes les notes s'entremêlaient comme les racines des arbres, les accords se surposaient comme les vagues et la mélodie dansait tel l’espoir. Cette pièce symbolisait la vie, la Vérité comme ils l’appelaient ici ... Nagakabouros. Cela prit plusieurs heures avant d’arriver au plus difficile : l’accord final. Toutes les notes, bien que nombreuses et alambiquées se suivaient logiquement mais la fin était impossible à retranscrire. De plus, il n’y avait qu’une seule Etwahl et je ne pouvais me permettre de la leur laisser. Je pris donc le chemin du village le soir même pour me renseigner sur les instruments locaux et pour chercher à qui enseigner l’art de la musique, du moins de celle-ci. Je cherchais donc naturellement leur lieu de culte puisqu’il s’agissait d’une oeuvre cérémonielle.


Arrivée sur la place, je tentais de me faire comprendre par le public qui semblait très soucieux de moi mais qui malheureusement ne comprenait rien à mes signes  … Qui plus est, je ne comprenais pas grand-chose à leur langue qui n’était ni le Démacien ni l’Ionien. Les gens se pressaient autour de moi, m’assaillant donc de questions incompréhensibles, certains essayaient même de me prendre mon instrument. Mais petit à petit, la foule sembla se lasser de cela et seuls les plus persistants restèrent. C’est là qu’une idée me vint en tête, j’allais choisir mon premier interprète, regardant la dizaine de personnes toujours autour de moi, je leur fis signe de s’asseoir. L’enseignement prendrait surement un peu de temps…


Merci Janna:
 


Si nous apprenions d'abord à écouter le silence ?
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Mer 14 Déc 2016 - 22:51
La prêtresse avait passé la nuit à faire ce qu'elle faisait de mieux, s'agiter en tous sens. Elle avait rapidement écouté les comptes rendus des gardiens de temples et des buhruns musiciens arrivés des autres îles. Ses pensées refusaient catégoriquement de se poser, et elle ne retint quasiment rien de ces réunions. Ses interlocuteurs discutèrent un moment du Nadak-Aeyaa et de leurs rôles respectifs avant d'aller se coucher. Illaoi, elle, avait passé le reste de la nuit à tourner sans cesse dans le village, encore chamboulée par ce qu'elle venait de ressentir. Aux aurores, elle avala un déjeuner frugal à base de mangues fraiches puis se rendit sur la falaise, pour se trouver seule à seule avec la Mère.
 
Le fracas des vagues en contrebas, le vent dans ses cheveux, l'odeur iodée. Rien n'avait changé depuis son départ. Pourtant, elle se sentait comme une étrangère dans ce lieu familier. Elle n'entendait plus rien aux paroles de l'océan. L'inspiration, la motivation et la sérénité la fuyaient dans un moment des plus cruciaux. Le manque de sommeil la poussa à psychoter, chose qu'elle ne se serait jamais permise, ni cru capable de faire. Prenant brusquement conscience de son état, la prophétesse se gifla. Ce n'était pas une de ces petites claques que l'on se met pour se tenir éveillé, elle fit littéralement apparaitre un tentacule pour se frapper elle-même en plein visage. Lorsqu'elle se releva, sa joue gauche commençait déjà à gonfler et pourtant le sourire renaissait déjà sur ses lèvres fendues.
 
"C'est un test, hein ? Pour me rappeler que nul n'est exempt ? Que même moi, je dois repousser mes limites ?" Elle hurlait, face à la mer, à la face à son créateur, enfant ridicule qui se dresse contre son parent. Mais chaque mot emporté par le vent était un poids de moins sur son cœur de géante.
 
"Tu crois que je n'y étais pas préparée ? Que je ne savais pas qu'un jour où l'autre tu me mettrais à l'épreuve, moi que tu as choisie pour tester les autres ?" L'idole -qui avait roulé un peu plus loin lorsque la prêtresse avait encaissé le coup- semblait la fixer de ses grands yeux vides. Au pied de la falaise, les vagues s'écrasaient toujours, avec régularité, pas une plus grande que les autres.
"Ne me répond surtout pas ! Je n'ai pas besoin de conseils, ni d'inspiration ! Tu m'as donné deux bras et deux jambes, je n'ai pas besoin de plus pour accomplir ma tâche. Et jusqu'à mon dernier souffle je serai la plus dévouée de tes tempêtes !"

 
Il est toujours bon d'avoir une petite discussion avec son dieu pour recadrer les choses. Même lorsque le dieu en question était du genre à ne pas écouter du tout. Jamais Illaoi n'avait subi une telle remise en question de ses principes, mais un quart d'heure à hurler seule face à une étendue d'eau salée avait suffi. Elle se sentait bien plus calme. Elle oublia la privation de sommeil, la jalousie momentanée qu'elle avait ressentie, la pression de l'évènement qui approchait. Plus rien ne comptait, à part sa mission. La préparation du Nadak-Aeyaa. Elle repositionna la relique sur son épaule et redescendit à grande enjambée vers le village.
 
Arrivée au temple, elle constata que Sona s'y trouvait déjà. Elle ne vit pas la femme renarde, mais cela ne la dérangeait pas outre mesure. À présent que la musicienne avait gagné le respect de tous, sa compagnonne pouvait bien aller déambuler où elle souhaitait, personne n'irait l'importuner sans une bonne raison de le faire. Plus besoin donc de la surveiller. La prêtresse s'avança dans le vaste bâtiment de pierre, détaillant la scène qui se déroulait devant ses yeux. La jeune femme à la chevelure azurée donnait une leçon. Illaoi alla s'adosser à un pilier, les yeux plissés. Elle ne souhaitait pas interrompre son invitée alors qu'elle œuvrait. Lorsque la leçon prit fin, elle s'avança enfin dans le champ de vision de la musicienne et leva la main pour se signaler.
 

"Je vois que tu prends des initiatives. C'est bien. Mais avant d'enseigner et de diriger, assurons-nous de rassembler tous les gens concernés."
La grande prêtresse héla un prêtre et l'envoya faire le tour des cases du village pour rassembler tous les musiciens volontaires ainsi que les principaux religieux responsables des îles environnantes. Ensuite, elle se dirigea vers la plage où elle avait ordonné le rassemblement. Du monde s'y pressait déjà, simples curieux ou musiciens arborant des instruments variés et hétéroclites. Percussions primitives, à base d'os et de bois. Tambours de peau. Flutes de toutes les longueurs et de tous les diamètres. Choristes à la peau tanné, et ici et là, dans cette masse de gens, quelques privilégiés avec des instruments plus complexes probablement récupérés lors d'un troc à Bilgewater.
 
Illaoi ramena le calme, usant de sa voix grave pour couvrir le brouhaha. Elle s'adressa en buhrun à l'assemblée. Puis elle se tourna vers Sona et lui désigna les hommes et les femmes face à elles.
"Ils sont tous à ton écoute. Tu guides, ils s'exécuteront. Élimine ceux qui ne sont pas capables de t'accompagner. Ceux qui sont assez bons, indique leur ce qu'ils devront jouer par l'exemple. Rappelle-toi, ils ne sont là que pour amadouer les serpents, aucun d'entre eux n'est capable... de faire ce que tu fais. De jouer la musique du Monde. Sers-toi d'eux pour te mettre en valeur."
 
Puis la prêtresse se tut et alla se camper un peu plus loin. Ce n'était pas un cadeau que de propulser ainsi Sona en professeure d'un tel groupe de personnes, mais la prophétesse tenait pour acquis que tout un chacun était capable de faire preuve d'autant d'anthropogogie qu'elle. Il était facile pour elle d'enseigner aux gens, puisqu'il suffisait de quelques coups pour ramener les plus récalcitrants dans le droit chemin. L'idée qu'apprendre à des gens un morceau de partition requérait un peu plus de finesse ne lui effleura même pas l'esprit. Elle attendait simplement des résultats.
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Sona Buvelle
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Dim 8 Jan 2017 - 15:59
Les musiciens Buhruns avaient été répartis en plusieurs groupes selon leurs instruments, il y avait d’une part tous ceux qui jouaient des percussions, d’une autre les flutistes et au centre, les cœurs divisé entre les hommes d’une part, les femmes  et les enfants aptes à chanter de l’autre. Devant eux, quelques instruments à cordes, deux vielles et un autre que je n’avais jamais vu, à la caisse de résonnance rond et avec quatre cordes et l’instrumentiste jouait en les pinçant ou avec un archet.

Le premier travail de sélection fut long, il fallait passer devant chaque groupe, demander à chacun de jouer quelques mesures afin de sélectionner qui était capable de rester. Il m’était désagréable de demander à certains de quitter le groupe car cette symphonie était comme le disait Illaoi « la musique du monde » et selon moi elle devait donc être interprétable pour celui qui le souhaite. Il fallait cependant admettre que certains choriste chantaient faux, que des percussionnistes manquaient les temps, que les flutistes accéléraient et que les cordes n’étaient pas accordées de la même façon.
Décidais de garder néanmoins des éléments moins faciles sur le côté, formant un groupe à part et bien défini qui aura cours dans la soirée.  Je réservais la journée pour entrainer les autres et la nuit pour répéter seule et faire les arrangements. Je ne pouvais me permettre de perdre du temps et, je craignais le regard qu’Illaoi qui surveillait les répétitions. Je savais que nous n’avions pas beaucoup de temps avant Nadak-Aeyaa et que l’erreur n’était pas permise si je voulais ne plus jamais avoir affaire à l’épreuve de la Vérité.

Nous primes donc comme référence l’accord principal du morceau que chacun du arpéger, en dehors des percussionnistes, et sur lequel tous les instruments durent se calquer pour la justesse du groupe. L’Etwahl qui ne se désaccordait jamais servait de diapason commun. Le morceau était long, l’apprentissage devait cependant être court mais je n’avais pas la possibilité de leur apprendre à tous l’entièreté d’une si longue pièce. Les plus rapides aidèrent donc les autres musiciens tandis que je passais dans les autres groupes. Les percussions étaient les plus faciles à mener, je leur tapais le rythme dans les mains et ils le copiaient. Les plus doués sentaient les mouvements de crescendo et de diminuendo dès les trois premiers essais. Les viellistes suivaient l’harmonie parfaitement et les flutistes doublaient les parties plus simples de la mélodie. Le plus dur fut pour les chanteurs, comment conseiller quelqu’un sur un domaine dont on ne sait absolument rien … J’avais beau leur répéter les notes à faire, je ne savais leur donner aucun autre conseil. Comment leur faire savoir la sonorité que je cherchais, le timbre ou les nuances si ce n’était en le leur montrant ?

Malheureusement le soir tombait déjà et l’orchestre fatiguait, je n’avais toujours pas trouvé comment occuper les derniers musiciens qui étaient déjà partis vaquer à leur occupations et qui ne reviendraient surement pas avant demain. Chacun rentra chez lui pour se reposer et ceux qui pouvaient se permettre de ne pas travailler le lendemain furent conviés à revenir dès le matin, pour les autres, ce serait le plus tôt possible.

La nuit fut courte, je devais travailler sur ce morceau tant il était complexe, il fallait que tout le monde ait sa place … Les chanteuses buhrunes feraient les voix de sirènes avec les flûtes dans le premier mouvement, il ne fallait rien d’autre par la suite les percussions battaient comme les vagues, de façon régulière et forte. Une fois cette partie passée, le morceau prenait plus d’ampleur, tous les cœurs doivent entrer en scène en crescendo. Je décidai de na pas leur donner de paroles, Nagakabouros était en réalité impossible à décrire par des mots. En effet, nous ne nous comprenions pas avec, ils ne sont donc pas universels ; les mots ne sont pas la Vérité.

Le lendemain, les répétions s’enchainaient, chacun travaillait dur pour la fête de Nadak-Aeyaa, c’en était presque obsessionnel pour les habitants de l’île. Ils étaient tous heureux d’y participer activement, de montrer leur amour à leur déesse-mère. Il fallut néanmoins plus de temps que ce que je pensais pour parvenir à un résultat réellement satisfaisant. Cependant, je n’avais toujours pas trouvé de solutions pour le groupe mis à part qui n’était pas revenu depuis la première fois. Lorsque j’annonçais à l’orchestre que nous pourrions bientôt jouer, même dès que les autres parties de la fête seraient prêts eux aussi, ce fut la liesse générale : certains dansèrent, d’autres chantèrent quelques chansons locales. Je compris que l’on attendait plus que nous pour commencer.

C’est à ce moment qu’un détachement de quelques personnes vint vers moi, ceux qui avaient dû nous laisser, ils me sourirent, prirent des instruments et jouèrent ce que les autres musiciens leur avait appris. Ils avaient travaillé dur et ensemble pour y parvenir et le morceau n’en était que plus beau. Nous sommes alors remontés au village ou les préparatifs avaient déjà commencé depuis plusieurs jours.

Tout le monde s’était déjà activé à préparer la grande cérémonie, des serpents de toutes les couleurs étaient dans des jarres, ce qui était plutôt effrayant mais qui semblait rassurer les Buhruns ; ils adoraient cet animal plus que tout autre. Des lumières naquirent un peu partout, chacun déposant des torches ou des bougies. Des parfums d’épices et de nourriture emplissaient les rues et la joie était visible sur le visage de chacun.  Illaoi fit soudain un appel qui se répandit partout et, tous les habitant se mirent en rang, marchant jusqu’au temple dans un silence soudain et total. Dedans nous attendaient quelques personnes, habillées avec différents costumes. Il y eut alors des danses cérémonielles, des chants dont je ne compris pas un traître mot et toute une procession. A la fin de cela, on me fit passer moi et les autres musiciens devant toute la foule.

Nous nous sommes installé devant, le village était petit mais l’île était habitée à d’autres endroits et quelques bateaux avaient amené du public supplémentaire. L’un des prêtres ritualisa la musique et la prophètesse se rapprocha de nous. La départ fut donné par les chœurs, suivis des flûte et de l’Etwahl, la magie de la musique résonna dans tout le temple, les doigts des joueurs dansaient sur leurs instruments qui chantaient chacun au nom de la Grande Barbue. L’ampleur du morceau était puissante, comme la dernière fois sur la place et, bien que ce soit la seconde écoute pour tout le monde, elle restait tout aussi impressionnante. Mon instrument vibrait entre mains, il n’était plus seulement témoin de sa musique mais d’une musique collective, d’un ensemble gargantuesque, le monde chantait avec nous. Je prêtais ma musique à Nagakabouros, il nous prêtait sa voix pour qu’elle résonne en ce lieu.

Le morceau était né, il vivait, il dansait, il riait, il pleurait et il se déplaçait dans le temple, l’île s’était tue pour écouter l’orchestre. Puis le morceau s’est éteint, il restait dans les cœurs mais plus un son ne venait de lui. Le silence reprit sa place, tout était immobile ; le public, les musiciens, les serpents … Personne ne bougeait. Illaoi fut la première à sortir de cet état, donnant un petit discours qui parlait certainement de la raison d’être de ce morceau et petit à petit les gens quittèrent le temple pour aller profiter de la fête, quittant cette torpeur qui les avaient tous pris. Les musiciens se félicitèrent, tous très fiers d’avoir été de ceux qui ont joué la musique du monde.

La fête battit son plein toutes la soirée, je m’étais assez vite retirée, les gens étaient devenus chaleureux avec moi mais cela tenait plus du respect par politesse et de la reconnaissance que d’une vraie intégration. Je ne comprenais toujours pas un traître mot dans leur langue et j’étais incapable de prononcer quoi que ce soit pour tenter de m’intégrer. La présence rassurante d’Ahri, la renarde, me manquait. Elle me comprenait bien et je pensais avoir trouvé en elle une amie. La raison de son départ m’intriguait …

Je retournai près de la mer, regardant si Nagakabouros voulait me dire quelque chose mais bien évidemment, rien de particulier ne perturba mon regard, j’y vis là une invitation à rentrer, la cité des Justes me manquait, mon devoir était accompli. J’avais appris bien des choses lors de ce voyage. Mes pensées furent troublées par le bruit d’un animal derrière moi. J’eu juste le temps d’apercevoir un renard passer et ce cacher dans les fourrés. Je levai les yeux au ciel et remerciai mentalement la championne et le dieu de ce qu’il m’avait apporté.

Je retournai à Démacia comme je l’avais quittée, par la mer. Les adieux furent sobres mais le regard que je partageais avec la prophètesse ne trompait pas, je serais probablement un jour de retour ici pour un autre Nadak-Aeyaa.


Merci Janna:
 


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