50 Shades of Zed [Pv: Syndra]

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Lun 7 Mar 2016 - 0:04


Le Nexus n'est plus.
Ce n'est pas forcément la phrase que tout le monde avait en tête le matin en se réveillant ou le soir en se couchant, mais cela demeurait un fait grave pour quiconque habitait Runeterra. D'ailleurs si l'on y repense, sa première pensée du matin, aussi banale soit elle avait d'abord été de se dire que son lit lui avait manqué. Les derniers jours avaient été longs depuis son départ de l'Ordre des Ombres, et c'était une forme de réconfort que de se savoir revenu à la routine. Même si Zed n'était pas de cette masse populaire de gens pouvant s'offrir le luxe d'avoir une routine.
Et la disparition d'un Nexus pouvait entrer en ligne de compte des éléments venant créer l'effet d'une trace de me... Des éléments venant entacher une journée. Si la ligue n'était plus, la Guerre reviendrait. Si la guerre revenait, comment les Nations allaient-elles se déplacer, si les Nations se déplaçaient, comment bougerait-il, comment agirait-il dans ses premières heures, comment allait-il agir contre les Kinkous.
Et puis le Nexus. Où était-il, pourquoi, aux mains de qui. Une bien belle tripotée de questions qui n'allait pas l'aider à éclairer son esprit. Aussi s'était-il concentré sur les tâches habituelles que lui incombait son rang. À laisser fonctionner son esprit sur des tâches usuelles, il savait qu'inconsciemment son cerveau réfléchirait à des questions plus poussées.

Ainsi plongé dans sa tâche, il ne faisait plus attention à certains détails, notamment l'heure. Et lorsque son office fût plongé dans la pénombre, il pensa dans un premier temps qu'un orage se profilait dans la région, sans pour autant avoir décelé dans l'air davantage d'humidité. Ce seront cependant les bruits de pas précipités dans le couloir, bien qu'étouffés, probablement ceux d'un jeune élève qui le tireront de ses pensées. Il redresse sa tête et son buste, fait quelques pas vers la porte de son office et attend. Quelques coups frappés respectueusement, et celle-ci s'ouvre à la volée. La stupéfaction que l'on peut lire sur le visage du jeune homme disparaît très vite suit à l'annonce de la nouvelle qui l'amenait ici.


« Maître, une île survole notre Monastère ! »
« Une île dis-tu ? »
La voix n'avait pas une once de surprise en elle. Il répète les mots de l'acolyte comme pour lui fait entendre ce qu'il venait de dire. Mais ce dernier ne semblait pas se démonter. Si son visage montrait une grande incompréhension quant aux événements qu'il était venu annoncer, il ne semblait pas douter de ce qu'il affirmait.
« U..Une île oui ! Venez voir, tout le monde scrute le ciel sans comprendre ! »
Lui non plus ne comprenez pas.
Rapidement rendu à l'extérieur pour pouvoir contempler de ses yeux, « l'île » tant attendue, Zed du se résigner. Dalaran flottait devant lui. Une île passait effectivement au-dessus de son Ordre.

« Que chacun reprenne ses activités, il se pourrait que je m'absente encore pour quelques jours. »


Sur ces mots le Ninja tourne les talons pour retourner à son office. Ses pensées s'agitent et se concentrent sur un seul nom : Syndra.
Peut être une déduction rapide, mais qui d'autre pourrait être la cause d'une telle prouesse. De ce qu'il avait entendu dans la ligue, Xerath, mais il n'expliquait pas ce que ferait ici l'être d'énergie pure. Quand à Syndra, on l'a dépeignait comme un ermite. Peu de raisons justifiaient de la voir ici, mais dans le contexte actuel il valait mieux prendre des précautions. Après tout qu'est-ce qui pouvait lui assurer qu'elle n'allait pas le déloger pour s'installer ici ?
Il ceint ses armes à ses poignets, ses shurikens à ses épaules et... le sort de son coffre de bois. Il le connaissait. Par cœur. Mais quand il avait le temps, il préférait le relire, comme pour se préparer mentalement à ce qui allait venir. Ce n'était en général que la solution de dernier recours, et pour une raison bien précise.

Trois sceaux. Trois autres sceaux supplémentaires. Ces derniers brillent devant lui à mesure qu'il les incante, de leur lueur malsaine si violente, de leurs reflets sanguins, comme rappel du tribut versé. Devant lui, une flaque se matérialise, noire comme les ténèbres les plus absolues, animées d’une légère rotation visqueuse. Il inspire un grand coup, et fais un pas dedans pour s'y laisser sombrer totalement, la flaque se refermant, les sceaux s'évaporant en fumée. La pièce, désormais vide.

Quelque part, plus haut dans le ciel, dans une roche autrefois rivée au sol, une flaque se matérialise, et laisse choir au sol la forme sombre d'un Ninja. Ses pieds touchent la pierre, mais le genou droit plie et la rotule heurte la terre tandis que ses mains viennent amortir la chute de son buste. Un râle métallique s'échappe du casque, vidant presque l'air de ses poumons.
Le lieu est idyllique. Il a chuté dans ce qui pourrait être une grande cour cerclée de remparts, si la présence d'un lac ne venait pas se faire remarquer. Il a failli chuter dans l'eau à bien y réfléchir. Il peut voir la clarté de l'eau et en deviner la fraîcheur tant il en est proche, s'il ne souffrait pas déjà tant. Il reprend bruyamment son souffle, et lève ses mains gantées de cuir devant lui. Il ne voit rien au travers du cuir, mais... le tribut lui est réclamé. La douleur s'empare de ses mains, glisse dans ses poignets et remonte le long de ses bras. C'est comme sentir ses veines se comprimer dans son corps, durcir et vouloir être arraché de la prison où elle réside. Il ne peut s'empêcher de fermer et rouvrir les poings comme pour en chasser la douleur. Mais il choit au sol, recroquevillé en avant sur lui-même, le casque tombe le premier en avant avec sa tête, tintant d'un bruit métallique clair suivi d'un nouveau râle douloureux, longue complainte déchirante s'élevant haut dans le ciel.
Livré seul à son agonie, il reste figé au sol, ses mains agrippées à ses bras comme pour en tenir la douleur. L'inévitable ne tarde pas à se réaliser. Son corps bascule sur le côté sous la souffrance, et plonge dans le lac jusqu'à présent étale, dans une gerbe d'eau. Quelques bulles remontent à la surface pendant que de nombreuses secondes s'écoulent péniblement, laissant au paysage de la forteresse, un instant pour retrouver sa quiétude. Sa main finira par ressortir de l'eau pour se cramponner à la pierre. Il se hisse péniblement, et roule sur le sol pour s'avachir sur le dos de tout son long. Son souffle est rauque et pénible tranchant avec l'eau qui s'écoule en filet mince par les stries de son casque d'acier jusqu'à la pierre désormais humide. L'envie de rester là à profiter du fait que le soleil réchauffe son corps après cette baignade surprise et imprévue n'était pas très loin, d'autant plus qu'il se faisait bercé par le chant de quelques oiseaux restés insensible à sa mésaventure. Mais il était venu pour trouver Syndra, et il ne pouvait pas se permettre d'être vu dans un tel état.

Il se redressera en s'appuyant sur la paume de ses mains. Il ne prendra pas même la peine d'essorer sa tenue ruisselante d'eau fraîche, sa main se posera très vite sur la roche depuis laquelle il avait chuté, morceau de remparts. Le casque d'acier tourne et observe les lieux, désormais que son esprit est un peu plus clair. Était-il seul en ce lieu ?




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Mer 9 Mar 2016 - 11:40



50 Shades of Nop
Zed et Syndra


Les paysages s’étendant sous ses yeux, larges plaines s’étendant, bordées de forêt et de pans rocheux à perte de vue, lui étaient familiers. Presque trop familiers. Le vent balayait les nuages, les faisant avancer paresseusement, au rythme de son voyage. Les ombres s’étendaient à perte de vue, sous la course du soleil, semblant donner vie à chaque particule présente en ces lieux, l’animer, et l’éveiller. D'ici quelques heures, haut dans le ciel, la lune commencerait déjà à apparaitre, pâle et transparente, mais légèrement rosie par les astres, qui se disposaient à leur bon vouloir, pour prodiguer à l’humanité ces quelques jours durant lesquels le spectacle de la Lune rougissant peu à peu, au point d’en devenir à son apogée, aussi écarlate que le sang, serait visible depuis Ionia. Un spectacle aussi rare que plaisant, chargé de superstition et de croyances depuis des temps immémoriaux dans le cœur des habitants de ces contrées, qui avaient pour habitude d’écrire leurs cauchemars, pour les suspendre au plus grand et plus vieil arbre, afin de s’en protéger jusqu’à la prochaine lune de sang. Un spectacle que Syndra n’aurait pas voulu manquer.

Ou était la limite, entre rancœur et nostalgie, dans le cœur d’une marginale, ayant laissé ses racines derrière elle pour s’élever à la force de ses propres ailes, de sa propre force, loin dans les cieux ? Plus fine, plus fragile que l’innocence d’un enfant, qu’une simple pensée fugace peut briser en éclats, qui jamais ne pourront être réparés pour redonner la pureté de cette haine originelle.

Agissait-elle pour le bien, pour le mal ? Ces notions avaient-elles encore un sens ? Si elle réécrivait l’histoire à l’apogée de sa vie brulante de passion et d’affects, à l’opposé des belles notions d’équilibre et de restriction Ioniennes, on la dépeindrait comme une sauveuse, comme une reine. Si elle était vaincue, alors elle ne serait qu’un monstre sans valeur, une menace sombre surgie des cieux, que des héros auraient anéanti pour rétablir la paix et le sacrosaint équilibre, qui régissait ces lieux depuis si longtemps sans remise en question, qu’on ne saurait plus dire ce que cette idée représentait réellement à l’origine.

Elle n’avait pas de doute sur ses idéaux. Mais parfois, lorsque l’univers lui rappelait l’immuabilité du rythme lent, de l’écoulement du temps, aussi puissante soit sa magie, aussi ancrée qu’elle puisse être dans les éléments, l’humilité se rappelait à elle. Une sensation déplaisante que de se sentir aussi minuscule qu’un grain de poussière dans un désert, mais qui l’aidait à garder les pieds sur terre, malgré sa tendance à jouer les filles de l’air et à se perdre dans les nuages. Etre en roue libre, sans personne qui puisse nous guider, sans un ancêtre pour donner un modèle, était parfois difficile, même pour celle qui avait violemment rejeté toutes les valeurs portées par les vieux maîtres. Chaque décision avait des conséquences, et personne ne pouvait l’aider à les prévoir.

Comme celle de voler bien bas, tant qu’elle se trouvait au-dessus d’Ionia, par exemple. Si en temps normal, Syndra préférait ne pas attirer trop l’attention sur elle et rester dans sa forteresse de solitude, elle n’hésitait pas à rappeler au bon souvenir des populations locales son existence, en survolant leurs têtes ignorantes et effarées. Qu’ils n’oublient pas qu’elle était là, et qu’un jour, bientôt peut-être, elle serait assez puissante pour remporter seule la guerre pour des valeurs libératrices que ce pays nécessitait.
Surtout maintenant qu’elle était en possession d’un des Nexus de l’Institut, et que celui-ci avait été frappé suffisamment fort pour être profondément ébranlé. Plus rien ne se dresserait bientôt sur sa route.

L’eau claire ruisselait sur sa peau et ses longs cheveux aussi blancs que neige, rejetés en arrière, collés à sa peau nue et frissonnante par les flots s’y déversant. Debout, les pieds nus sur la roche, sous cette cascade fraiche ruisselant sur sa peau la faisait délicieusement frémir, lui rafraichissant le corps et l’esprit. Un doux soupir d’aise s’échappa de ses lèvres humides, couvertes de gouttelettes, quelques-unes se glissant dans sa bouche pour déposer leur fraicheur sur sa langue, tandis que du bout des doigts, elle frottait délicatement sa peau ou moussait un savon parfumé. Elle aimait la vue du ciel déclinant, se chargeant de couleurs chatoyantes formant chaque jour, un spectacle unique, rendu plus contrasté encore par l’approche de la Lune de Sang. Aussi, elle l'attendait avec impatience.

Quelque chose se mit soudainement à l’irriter, pourtant, sans qu’elle ne sache immédiatement ce qui la dérangeait ainsi. Comme un grain de poussière chauffé à blanc, qui se baladerait le long de son échine. Sauf que la sensation n’avait rien de physique.
La magie qu’elle déployait pour maintenir sa forteresse dans les airs, chaque élément en solidaire des autres pour ne pas se disloquer, était si automatique, si intériorisée, qu’elle en était devenue inconsciente. Aussi, il lui fallut quelques instants pour percevoir que cette irritation venait d’une perturbation dans toute cette belle harmonie. Elle ferma les yeux, se concentrant un moment, pour savoir quel insecte se permettait de perturber son calme.

Le bruit de la cascade, et l’eau qui perlait sur ses yeux, lui masqua l’information d’un corps chutant dans l’eau quelques mètres plus loin. Mais pas la voix de sa demoiselle de compagnie, une personne parmi les rares serviteurs dont Syndra ne doutait pas de la fidélité, qui l’avait volontairement rejointe et circulait donc librement. Celle-ci l’assistait dans sa toilette, lui apportant savon, linge, ou l’aidant à laver ses longs cheveux lorsque sa souveraine en faisant la demande.

« Syndra, il y a quelqu’un, là-bas » lança-t-elle d’un ton inquiet. Celui qui signifiait que la personne en question n’aurait pas dû être là.

Un soufflement agacé s’échappa de ses lèvres, tandis qu’elle tendait le bras, pour que sa servante lui tende le grand linge tiède dans lequel elle pourrait s’envelopper en sortant de l’eau. Qui que ce soit, cette personne allait payer son intrusion dans son intimité.
Sa voix résonna. Forte, vibrante, profonde. Tout autour d’elle, à la surface de sa forteresse, dans le temple, à des mètres à la ronde, chaque être vivant pouvait l’entendre, sans qu’il ne soit possible de déterminer son origine. Venue de partout à la fois, de chaque parcelle, elle résonnait dans l’esprit même de ceux qui pouvaient l’entendre.

« Tu as une minute pour retourner à la place qui est tienne », gronda sa voix de tonnerre. « Ou tu payeras cher ton imprudence ».

Elle ne savait pas encore à qui elle s’adressait exactement, mais le terme de place était suffisamment générique pour s’adapter à n’importe qui. Et cette minute serait juste ce dont elle avait besoin pour se sécher, et se rhabiller, son intimité préservée par les pans rocheux d’où s’écoulaient les cascades tout autour du grand lac. Sa peau rencontra le contact rugueux du linge, sa servante l’aidant à éponger rapidement ses cheveux, puis se revêtir. Ses bas, sa jupe nouée dont les côtés s’étendaient autour d’elle, son bustier, et ses longs gants, aussi noirs que sa magie. Une tenue achevée par la décoration de pierre qu’elle portait, non pas dans le dos ou au bras comme la plupart des Ioniens, mais sur le front, comme un masque, et un signe de rébellion contre les normes établies et les traditions. Aussi sombre que ses cheveux étaient clairs, contraste aussi puissant que sa magie, cet atour représentait à lui seul ce que Syndra avait toujours été.

A peine l’eut-elle posé sur son front, que ses pieds décollèrent du sol, s’élevant de plusieurs au-dessus de l’étendue d’eau bouillonnante pour voir d’elle-même qui osait ainsi perturber son quotidien. Les pans de sa tenue volaient autour d’elle comme ses cheveux, au rythme mélodieux de la magie qui battait son tempo. Ses yeux luisants d’une lueur violine se durcirent encore en apercevant le gêneur.

Il ne s’agissait pas d’un de ses serviteurs fidèles. Il s’agissait d’une personne extérieure, au visage masqué de métal. Sans doute, se dit-elle, un Ionien envoyé là, elle ne savait pas trop comment, pour tenter de l’arrêter, une fois de plus. Ils étaient nombreux, à vouloir sa disparition, son anéantissement. Aucun ne comprenait ce qu’elle était, et tous la craignaient pour ça. Néanmoins, elle n’allait pas les priver de raisons de la craindre pour autant.

Elle dominait la scène, de toute sa hauteur. Perchée dans les cieux, s’élever avec sa forteresse n’était pas suffisant. Si quelqu’un venait à y pénétrer, alors elle monterait plus haut, pour toujours, garder la place qu’elle avait méritée, surélevée, inatteignable. Et de nouveau, sa voix résonna, plus forte, plus puissante encore, venue de partout et nulle part à la fois.

« Tu n’as rien à faire ici »

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Lun 28 Mar 2016 - 10:41


- Une minute. Cela lui laissait quelques secondes seulement de réflexion pour évaluer quelles étaient les possibilités qui s'offraient à lui, quelles étaient les choix pertinents s'il ne voulait pas se mettre la plus puissante des Ioniennes à dos. Et probablement voir sa vie s'arrêter plus tôt que prévu.
* Choisir de faire marche arrière poliment maintenant qu'il était ici. Oublions, cela ne valait même pas la peine d'en parler.
* L'affrontement. Il ne connaissait Syndra que de nom, aucune idée concernant ses techniques. Dangereux. Il lui faudrait au moins la voir, tâter du regard, sentir la confiance ou la peur monter en soi.
*Le discours. Pouvait-on réellement parler avec une femme comme Syndra ? Et si oui, comment.
* La fui. Bah voyons.

« Payer cher son imprudence ». Dans quels draps s'était-il encore mis ? Ceux de son lit lui apparurent d'autant plus lointains et agréables, dès leur simple souvenir. Son regard se lève un peu plus haut dans le ciel, vers ce qui lui semble être une silhouette humaine qui se rapproche au prix d'une lenteur implacable. Se perdant entre horizon et silhouette, son esprit se dissipera des quelques secondes de réflexion qui lui restait. Il était des moments fugaces comme celui-ci où il se demandait comment sa vie aurait pu tourner si le massacre à son village n'avait pas eu lieu. S'il n'avait pas rejoint les kinkous. Si la vie lui avait laissé être un rêveur. Fin de la question. Il ne se pardonnait pas lui-même ces instants interdits. Il était l'Ombre, agissait comme tel. Survivait. Depuis toujours. Le prix ne comptait pas, pas même celui du sang.

La silhouette était désormais à quelques mètres de lui, en hauteur, et lorsque ses yeux glissèrent dessus pour l'examiner, débuta mentalement l'inventaire des différents engagements possibles.
Jouer la carte de l'agressivité immédiate, lancer l'un de ses Shurikens pour tenter de focaliser son attention dessus, bondir de côté pour réaliser une percée sur un angle mort allait prendre trop de temps. Tentative d'autant plus futile que la cible devait être rejointe en hauteur.
Combler le vide entre eux, user de son ombre pour se jeter dans son dos où à ses pieds. Bondir. Trancher. Une. Deux secondes tout au plus. Mais il ne connaissait toujours pas le panel défensif de la Ionienne. Être victime d'une déferlante de magie avant même d'avoir pu prendre la place de son ombre ne demeurait pas une option intéressante.
Tenter le tout pour le tout. La bombarder de ses ombres, lacérer son corps, la marquer. La voir détoner. Mais si la Ionienne disposait d'un atout qu'il ne connaissait pas, il se retrouverait face à une jeune femme encore un peu plus éprise de rage. Sa décision était prise.

Bien que la voix résonna de nouveau à ses oreilles, emplie de puissance, il fallait lui reconnaître un certain charme. Il regrettait d'ailleurs de ne pouvoir la voir d'un peu plus près. Pour ce qu'il en voyait, la jeune femme qui se trouvait devant lui possédait les atouts naturels des Ioniennes. Il avait rarement pris le temps de batifoler avec les femmes, il le prenait rarement. Mais cette peau bronzée, elle évoquait un goût sucré, un arôme de caramel dans la bouche et une douceur de soie sur le bout des phalanges. Une pareille chevelure de nacre tranchait avec les standards, et il apprécia tomber sur les formes bien féminines alors que ses yeux suivaient sa chevelure. L'inspection, d'un niveau professionnel, qu'il pensait finir banalement, se conclut finalement sur les pieds en partie dénudés des bas qu'elle portait. Pourquoi pas ? Un effet de style comme un autre, qui eut même pour résultante de lui faire plisser le regard dans un effort mental pour réfléchir à cette coquetterie saugrenue.
Ce n'était pas souvent qu'il s'autorisait à considérer une femme... Comme une femme, et non pas juste comme un être humain comme un autre, un être de chair dont la puissance et la psychologie pouvaient infléchir sur son opinion. Le fait que cela se passe tandis qu'il était menacé de mort par cette même femme était sûrement en cause. Difficile de ne pas trouver séduisant un monument de pouvoir pareil. Icare s'était brûlé les ailes à vouloir toucher le soleil, il ne voulait pas en faire autant.


Je veux bien reconnaître faire preuve d'imprudence en venant jusque ici, mais j'ai une place à tenir en ce lieu, ne serait-ce que pour quelques instants. Je ne suis pas du genre à vouloir perdre mon temps.

-Quelle image devait-il renvoyer ? Appuyé contre la roche, le buste courbé, une flaque d'eau à ses pieds, qui s'agrandissait misérablement à mesure que ses vêtements laissaient s'écouler à grosses  gouttes les restes de son aparté avec le lac.
Un appui sur la roche pour se redresser lentement, mais bien droit, il oblige ses épaules à se remettre en place, carré, et ressent aussitôt la tension qu'il redoutait, entre les omoplates. Sa saleté de corps continuait à lui faire mal, quelques minutes encore à endurer avant qu'il ne puisse faire comme si de rien n'était. Il aura un léger spasme nerveux dans les épaules, mais son visage se lève fièrement vers Syndra afin de donner l'impression que son regard soutient le sien. Entre son masque et la distance qui les séparait, difficile de pouvoir lire dans les yeux l'un de l'autre, aussi l'apparence allait-elle jouer un certain rôle dans la première image qu'ils se renverraient mutuellement.
Ses mains gantées de cuir humide sont portées à hauteur de son buste, et viennent tâtonner les ceintures qui arment ses poignets de deux lames de pugilat. Le cuir grince lorsque les ceintures se délient et que les armes de pugilat tombent lourdement au sol, entamant un mouvement de balance tandis qu'elle penche d'un côté et de l'autre, le pendule cessant à mesure que le balancier se perd, et que les armes finissent par trouver un équilibre dans l'immobilité. Ses mains vont chercher quelques shurikens savamment dissimulés dans sa tenue, et les laissent choir dans un tintement métallique à chaque fois qu'il en récupère un nouveau. Chacun de ses gestes est rythmé par une chute de goutte sur le sol dans la flaque qui désormais s'écoule dans le lac, retrouvant sa source première. Il laissera un maigre arsenal à ses pieds, concluant l'inventaire de son désarmement par les bottes, se penchant tandis qu'il lève une jambe vers lui, se tenant en équilibre, afin de laisser le haut de ses bottes s'incliner vers le bas. À défaut d'arme supplémentaire, c'est un filet d'eau qui se déverse sur la pierre.
Patte blanche, ou plutôt paumes ouvertes vers elle en signe de... de paix ? De soumission ? De neutralité dirons-nous. Le Ninja avait déjà fait un magnifique pas en avant en se désarmant ainsi, il n'allait pas s'abaisser à lui baiser les pieds. Pas dans ces circonstances du moins. -


Cette impressionnante forteresse est actuellement au dessus de mon Monastère. Je m'interroge sur les raisons d'une telle ombre, et s'il est possible d'en discuter calmement, cette éventualité me séduit davantage que celle de passer par dessus bord. - Peut-être était-ce dû à sa baignade improvisée, mais il ajoutera rapidement après avoir tourné un bref instant sa tête vers la position du soleil dans le ciel - Il me semble de plus que l'heure du thé n'est pas si lointaine...



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Mer 6 Avr 2016 - 20:08



50 Shades of Nop
Zed et Syndra



Monastère.



Qu’espères-tu assise, immobile dans le noir ?
Une destinée au goût de marbre gravé ?


Une déferlante de souvenirs lui revint en mémoire. Les pierres froides, dont chaque grain de poussière devait être retiré avant de prétendre à quelconque repos. Ses muscles douloureux, forçant leur travail. Ce sentiment usant, de ne parvenir à rien. Le goût amer dans sa bouche, à chaque lever avant le soleil. La voix dure de son maître, et a douleur dans sa mâchoire, à serrer les dents sans dire mot, encaissant comme un chien docile. Un chien possédant toutes les armes pour venir à bout de cette injustice, mais prenant sur lui pour ne pas s’en servir.

Forge toi, écris ta propre histoire
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Ses yeux se plissèrent, tendant ses traits dans une expression haineuse, au moment où ce mot était prononcé. Comment un simple enchaînement de syllabes pouvait-il ainsi figer son sang dans ses veines, et la renvoyer des années en arrière ? Y avait-il une forme de magie derrière cela ?
Elle vivait pourtant toujours dans ce même lieu, ou elle pouvait narguer ses propres souvenirs. Contempler chaque jour la façade de pierre sur laquelle son ancien maître avait perdu la vie, après lui avoir refusé de lui rendre ce qui n’appartenait qu’à elle et elle seule.

Mais désormais, ce lieu était pour elle une forteresse, sa forteresse. L’évocation de ce qu’il était avant, un monastère, ou de tout autre lieu semblable, avait le don de la renvoyer, l’espace de quelques instants, dans un passé au symbolisme si puissant qu’elle en aurait physiquement senti un poids de chaines sur ses épaules.

La sensation s’estompa rapidement cependant, et le rictus de son visage, empreint de haine autant que de vulnérabilité, que les serpents dans ses entrailles lui avaient procuré l’espace d’un instant, disparut tout aussi vite. Elle n’était plus une enfant prête à se laisser berner et contrainte d’obéir aux adultes, et plus personne, jamais, ne pourrait lui reprendre ce qu’elle était. Elle avait le contrôle.
Ne restait qu’une seule certitude : se présenter comme dirigeant un monastère n’avait pas fait gagner de point à cet intrus, s’il cherchait à gagner sa confiance. Au contraire. Même si l’instant de colère brulante avait de nouveau laissé place à celle plus froide qui la caractérisait, même si l’ornement qu’elle portait devant le visage, juste au-dessus des yeux en signe de rébellion contre l’autorité, cachait en partie son regard, celui-ci était teinté d’une méfiance décuplée.

Il se présentait à elle d’une façon respectueuse, cependant. Pas assez pour compenser son intrusion dans son temple de solitude, mais c’était une approche bien différente de ceux qui avaient été envoyés pour tenter de l’arrêter jusque-là, bien qu’aucun n’ai jamais pu faire une telle… entrée. Se présentant sans tenter de se dissimuler, et allant jusqu'à retirer ses armes. Il fallait être fou pour se désarmer ainsi sans montrer de peur. Et il aurait fallut l'être encore plus pour penser que ses armes auraient pu le protéger.

Sans un mot, elle descendit légèrement, observant l’individu. Il ne portait aucun signe distinctif Ionien, ni au bras, ni sur le dos… Il semblait souffrant, cela dit, maintenant qu'elle l'observait de plus près, comme s'il avait été blessé récemment. Un détail qui l'importait bien peu, si ce n'était de soulever plus de questions sur qui il pouvait être. Mais le plus perturbant était ce masque qui cachait son visage. Elle n’aimait pas ça. Elle ne pouvait pas voir l’expression de son visage, ni ce qu’il ressentait.
Sans poser le pied au sol, elle ne planait cette fois qu’à moins d’un mètre du « sol », restant cependant à une distance respectable de l’intrus qui venait de lui suggérer de prendre un thé. Comme si la situation, et ses protagonistes étaient des plus banals. Même si ses traits étaient glacés dans le métal, le ton de sa voix ne semblait ni agressif, ni spécialement apeuré, de la peur de l’ignorant incapable de comprendre, et ne voyant qu’un monstre menaçant en elle. Elle se serait presque sentie comme une enfant, face au calme déconcertant d’un adulte, en train de tenter de mener sa barque de la façon dont il l’avait décidé.

Et cela lui rappelait encore plus son maitre. Agaçant.

« Tu es bien audacieux, de venir ainsi sans y être invité, et espérer que je me plierai à ta demande »

Divers choix s’offraient à elle. Elle pouvait l’écouter, savoir ce qu’il voulait. A vrai dire, il l’avait déjà dit, mais semblait enclin à plus de discussions.
Ou elle pouvait probablement désintégrer sur place cet intrus, lui briser la colonne contre la roche, laisser sa magie l’annihiler en un instant, ou tout simplement l’envoyer par-dessus bord et le laisser aller se rompre le cou en contrebas.

Oui, elle le pouvait. Cela ne signifiait pas qu’elle avait de raison de le faire, si ce n’était de se faire craindre un peu plus encore des populations. C’était enivrant, d’être vue comme toute puissante, d’inspirer la terreur, d’être cette souveraine inébranlable régnant sur les cieux. La tentation était forte. Arracher ce masque, voir la peur dans les yeux de ce simple homme, la terreur de sentir ses derniers instants arriver, et de regretter l’erreur d’avoir été trop audacieux…
Mais là n’était pas son but, aussi tentant pouvait-il être que de se laisser porter sur la voix de la cruauté que la toute-puissance pouvait lui procurer. Ce n’était pas en détruisant les peuples qu’elle instaurerait un nouveau règne, et elle ne souhaitait être souveraine d’une terre dévastée. Agir sans réfléchir, sur un coup de sang, ne la servirait pas, et elle le savait. Cet homme… dirigeait un monastère, ce qui ne l’aidait pas à ne pas le catégoriser immédiatement, mais semblait cependant assez loin de l’apparence qu’avaient les vieux maîtres Ioniens qui emprisonnaient et empoisonnaient les esprits de valeurs aberrantes et dépassées. Elle n’avait pas la moindre idée du genre de personne dont il pouvait s’agir, et c’était ce qui lui faisait réserver son jugement. Montrer les dents suffirait pour l’instant, si une raison lui venait de les utiliser, elle prouverait qu’elle n’était pas qu’un chien dressé à aboyer plus fort qu’à mordre.
Elle reprit finalement la parole. Sa voix, résonnante, grave, profonde, résonnait toujours dans l’air tout autour, semblant provenir d’une autre dimension.

« Peu m’importe ce qui se situe sous mon passage. Les cieux m’appartiennent, quoi qu’il puisse se trouver en dessous. Et ceux qui suivent aveuglément les vieilles traditions n’y sont pas les bienvenus ! »

Ses yeux se plissèrent sous sa couronne de pierre, alors qu'elle dévisageait ce masque de fer impassible. Elle aurait aimé voir la peur ou de la haine sur ce visage inaccessible à ses yeux. Elle aurait alors pu jauger plus facilement à qui elle avait affaire. Son ton se chargea d'acidité, ses mots sifflant

« En particulier ceux qui cachent leur véritable nature. »


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