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Le château dans le ciel (end)

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Luxanna Crownguard
J'ai un rire et n'hésiterai pas à m'en servir!
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Lun 21 Déc - 0:24
J'avance au petit trot sur la route, je rebondie avec mauvaise humeur sur mon alezan qui ne semble pas perturbé le moins du monde… il a de la chance lui. Un soupir s'exhale de mes lèvres, envoyant une petite brume dans l'air froid, l'hiver viens, et avec lui les mauvaises nouvelles, et même les très mauvaises.
Je repense aux rumeurs qui cours depuis quelques jours, les coursiers rapides qui ont déboulés à tout vitesse dans la cité, les réunions urgentes organisées à la va vite derrière les portes closes en plein milieu de la nuit, et le brief le lendemain matin par un Lestrin aux cernes si épaisses qu'elles pourraient passer pour une deuxième paire de pommettes. Mes sourcils se froncent en me remémorant la dernière partie de notre entretient, le plus inquiétant que j'ai eut avec lui, j'ai l'habitude de fourrer mon nez dans 'les affaires qui puent' pour reprendre les mots de celui qui me commande, mais celle là ferait passer les émanations chimiques putrides zauniennes pour un délicat bouquet de lilas...

-Le nexus blondinette, ce putain de cailloux de centaines de tonnes de pierre magique s'est fait la malle, ou plus précisément a été chopé par quelqu'un!
-Commandant...
-Tu sais ce que ça veut dire?
-Oui commandant, ça signifie la fin de la ligue à moyen terme si ce n'est à court terme.
-Et tu sais ce que signifie la fin de la ligue?
-La guerre commandant...
-T'es trop jeune pour avoir connue ça fillette mais crois moi, t'en a pas envie...
-Je n'en ai pas envie commandant.
-J'ai envoyé tout ce que j'ai de disponible pour retrouver le nexus, t'es magicienne, tu sais ce que vaux un bordel de cailloux comme ça...
-Oui commandant.
-Alors remue tes fesses encore plus que d'habitude, et vas à la pioche aux infos à l'institut, j'ai aucun autre champion dans mon équipe, évidement on va envoyer des représentants officiels dare-dare, peut être ton frère ou le sénéchal en plus d'autre gus, mais toi tu va me faire de d’officiellement officieux pigé?
-Oui commandant.
-Et poupée?
-Commandant?
-Soit prudente Luxanna...
-Je le suis toujours Maximilien.


Je ferme les yeux un instant et me frotte les paupières, pour une fois même le souvenir du contraste entre les expressions colorées et l'individu calme, intelligent et raffiné qui les prononcent ne parviens même pas à m'arracher un sourire, la guerre menace, et on m’envoie en plein dans l’œil du cyclone. Je boude d’autant plus que si une délégation démacienne est envoyée à la ligue, et si mon frère en fait effectivement partie, je rate une occasion de passer un peu de temps avec la personne que j'aime le plus au monde... mes pensées dérives soudain, peut être qu'Ezreal sera à la ligue? Peut être que j'aurai droit à ce rayon de soleil dans l'océan de noirceur qui déferle sur Runeterra? Et s'il est là on...

… ma monture s'emballe soudain, le cheval passe du pas au triple galop dans un temps tellement record qu'il pourrait bien y avoir de la magie là dessous, je perds les étriers sous le coup de la surprise et manque de tomber, les rênes se sont fait la malle en même temps que les anneaux de fer qui soutenaient mes pieds et je n'ai d'autre choix pendant un temps qui me parait infiniment long que de m’accrocher de toutes mes forces à l'encolure tiède, crispant mes doigts dans les crins épais de la bête éperdue de peur.
J'arrive à reprendre une posture un peu moins de guingois en serrant les flans de mon cheval comme si ma vie en dépendait, mes cuisses gémissent sous le coup de l'effort, du bout des doigts j’attrape le cuir tressautant dans la crinière, un des étriers me broie à moitié le tibia en le heurtant à cause des cahots, mais je parviens à remettre mon pied à l'intérieur, puis dans le second. Je me redresse alors pour tirer sur les rênes et arrêter cette course folle dans le bois, lorsque je rencontre avec dureté une solide branche de l'un des augustes représentants de dame nature.

*Un, deux, trois, nous irons aux bois... Quatre, cinq, six, faire de l'exercice... sept, huit, neuf, casser son crâne d’œuf!*

J'ouvre un œil trouble et reviens à la conscience petit à petit, une douleur lancinante étreint mon front, je lève prudemment une main et tâte la grosse bosse qui s'est formée pendant mon inconscience, mes doigts reviennent tachés d'un peu de rouge sombre... du sang séché, depuis combien de temps suis-je au pays des songes?
Complètement désorienté je me redresse doucement, ma monture a définitivement disparue, j'ai des bleus partout, seul point positif, j'ai toujours mon bâton de magicienne qui se rappelle à mon bon souvenir dans mon dos, et ma sacoche avec mon argent, mon carnet et les deux trois petites babioles que j'emporte toujours avec moi, en revanche je peux dire adieu aux provisions à ma couverture et au reste du nécessaire de bivouac. Vu que ça ne sert à rien de s’apitoyer, je cherche le cheval quelques instants mais il est certainement déjà loin, puis met le cap en grommelant vers ce que j'estime être la direction de la route, j’essaie de hâter le pas, le soir commence à tomber, j'ai du rester un bon moment évanouie.
Deux bonnes heures plus tard il est évident que je suis complètement perdue et que mon sens de l'orientation est aussi défectueux que possible! La branche a du me faire plus de mal que prévu. N'ayant guère le choix je continue dans la direction que je me suis fixée, peut rassurée par les bruits du genre animal et peu amicaux qui retentissent au loin.

*Un bâtiment? Lux tu es sure que tu vois ce qui ressemble fortement à une forteresse en plein milieu de nul part, ou il ne devrait justement y avoir rien?*

Je touche une fois de plus ma bosse mais l'édifice persiste à rester réel, ainsi que la douleur dans ma tête, méfiante je m'approche doucement de l'endroit, essayant de demeurer à couvert, puis lorsque je suis assez prêt je saisi mon sceptre, et m'approche en catimini de l'imposante éminence. Un escalier taillé dans la roche apparait et semble s'élever loin au dessus, l'endroit est assez inquiétant, mais la perspective de passer la nuit dans la campagne sauvage autour, compte tenus des grognements entendus tout à l'heure, rend préférable n'importe quel truc construit de la main de l'homme.

Je m'écroule à moitié sur les dernières marches, pratiquement hors d'haleine, les genoux et les cuisses en compote, je maudis en silence l'architecte de cet endroit en m'appuyant sur mon sceptre qui répand une douce lueur sur la pierre nue, encore heureux que je puisse me faire de la lumière quasiment à volonté, sinon je serais sans doute morte après avoir glissée quand la pluie a commencée à tomber.
Je suis arrivée sur la surface la plus plane depuis le début de mon harassante ascension, et elle ne s'étend pas sur une très grand ère, tout de ce que je peux distinguer dans les ombres au travers du rideau de l'averse, c'est que l'architecture ne semble pas Démacienne, les bords des toits relevés sont même typiquement ionien, ce qui n'a absolument pas de sens... Je cesse de me poser milles questions et me met à l’abri sous le porche monumental, je m'appuie contre la porte pour finir de reprendre mon souffle au sec quand celle-ci s'ouvre toute seule et manque de me faire tomber à la renverse.
L'entrée est obscure et parfaitement silencieuse, il ne semble y avoir personne... ça et là je remarque des traces de combats anciens, ce n'est pas fait pour me rassurer, mais l'endroit est désert par ailleurs, sans compter que le coup de tonnerre qui retenti derrière la porte n'a rien de d'engageant, quitte à prendre des risques j'aime autant le faire sans être trempée. J'explore rapidement cet espèce de vestibule mais ne pousse pas trop loin ma visite, la fatigue de la journée se rappelle à mon bon souvenir et mon mal de crâne persistant m'empêche de me concentrer correctement.
Finalement j'opte pour me laisser tomber sur le haut d'un l'escalier qui descend, assise sur une marche, appuyée contre le mur, je suis rencognée dans l'ombre et presque invisible si un hypothétique habitant débarque, mais vu le barouf que j'ai fait en fermant le lourd vantaux de la porte, il y a peu de risque, si quelqu'un avait du venir, il l'aurait fait à ce moment là... surement. Je réussi à dénicher un reste de biscuit dans ma besace, il doit trainer là depuis un moment mais je le grignote avec plaisir entre deux bâillements. Je resserre les pans de ma cape autour de moi, colle mon nez sous mon écharpe, et fini par fermer les yeux, la tête contre le mur de pierres froides.
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Lun 21 Déc - 17:16
Le froid était vif, dans les noirs sombres environnants. Quelques grognements animaux lointains parvenaient, mais aucun n’osaient approcher, pénétrer ce territoire évident qui n’était désormais plus le leur. Du moins, tant que la forteresse s’y trouverait.
Toute la soirée, ils s’étaient activés, en cadence rapide telle des fourmis autour de leur reine, pour ramener des provisions importantes. Des denrées achetées dans les villages environnants, et des déchets évacués. Le dernier départ avait été si précipité qu’il rapidement fallu se poser, mais cette fois, la forteresse céleste était apte à reprendre son chemin à travers les cieux, par la seule force de la volonté de sa souveraine.

L’un était retardataire. Il était attendu avec un agacement certain, par sa souveraine, dont l’envie de le laisser au sol grandissait avec chaque seconde qu’elle passait à ne pouvoir exercer et développer sa puissance. Lorsqu’enfin, dans la nuit, il se présenta à a souveraine, c’était avec anxiété et imploration d’un pardon pour ces désagréments. Mais son excuse étant valable, magnanime, l’altesse des lieux le lui accorda, non sans un énervement certain. Elle n’aimait pas parler à ses serviteurs. Non pas qu’elle les méprise, ceux-là avaient choisi avec discernement leur côté, mais la souveraine obscure était d’un tempérament solitaire par nature.
Finalement, un grondement sourd, et une vibration se firent sentir. Assise sur un grand trône de pierre, dans une semi pénombre,  la puissante mage était à l’œuvre pour soulever dans les airs l’immense bâtisse, faite de pierres et de roches taillées, rassemblées entre elles, tenant par la pure volonté de celle qui les manipulaient. A peine le bas de la structure avait-elle quitté le sol, que les vibrations cessèrent, et que l’élévation ne se faisait quasiment plus sentir. N’importe quelle passagère clandestine peu habituée à ces décollages, aurait sans doute juré qu’il ne s’agissait que d’un tremblement de terre, et n’aurait pu savoir qu’elle se trouvait désormais dans une forteresse volante, qui gagnait désormais les cieux. Il aurait, pour cela, fallut grimper les étages, pour accéder à une ouverture, une fenêtre, ou un espace entre les pierres, pour s’apercevoir que le paysage les entourant était désormais céleste.

En parlant de passagère clandestine, celle qui se trouvait à bord finirait forcément par se faire découvrir. Il fallut quelques heures, tout de même. Blottie dans des escaliers, d’une des parties les plus humides de la forteresse, celle-ci ne tarderait pas à retrouver ses vêtements humides et froids. Mais profondément endormie, ce fut finalement lorsqu’une servante emprunta le dit escalier, torche en main, qu’elle fut découverte.
Grande, les cheveux fins et raides, châtains, et la silouhette svelte, elle tendit sa torche pour éclairer ce qu'il lui semblait avoir aperçu. Une jeune femme se trouvait ici, emmitouflée dans une cape. D’une main, elle secoua son épaule, la regardant avec méfiance. Ses yeux, d’un gris électrique, semblaient regarder à travers elle, sans se fixer. Mais cette jeune femme-là avait bien été reconnue comme une étrangère, et n’avait rien à faire ici.

« Qui êtes vous, et que faites vous ici ? » demanda-t-elle lorsqu’elle l’eut réveillé.

Sa voix ne portait ni agressivité, ni amitié. Un peu d’inquiétude et de méfiance, tout au plus. Pourtant, le ton était clair, sur le statut de la visiteuse. Les surprises de ce genre n'étaient pas les bienvenues ici, et la jeune femme s'était attirée des ennuis, à n'en pas douter. Restait à savoir jusqu'ou ils iraient, mais les grandes portes étaient désormais solidement fermées, et la fuite voudrait signifier de s'enfoncer dans un terrain qui lui était inconnu, contrairement aux habitants des lieux.
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Luxanna Crownguard
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Sam 2 Jan - 15:29
Le sommeil m'avait pris comme une chape de plomb sur le cerveau, trop d'émotions et presque une commotion au crâne avaient sérieusement entamés ma résistance, déjà que suis loin d'être une personne dotée d'une grande endurance physique, comme la plupart des magiciens... Bref, en dépit du froid qui s'insinuait doucement au travers de mes vêtements par le biais de son amie l’humidité, je dormais à poings fermés dans cette bâtisse que je pensais abandonnée.
Un vague tremblement et un bruit comme un grondement m'arrachèrent un moment aux bras de Morphée, j'entendais la pluie qui tombait toujours au dehors et mis cela sur le compte d'un puissant orage, après tout si j'étais entrée pour m'abriter ce n'était pas pour rien, les cieux étaient plus noirs que de l'encre quand j'avais pénétré dans la bâtisse et les nuages menaçant qui déversaient des torrents de pluie avaient une bonne tête orageuse. Je me rencognais un peu plus dans mon escalier, et me rendormis en grommelant après ma malchance et le monde d'une manière générale, mon humeur angélique habituelle cédant face à l'adversité.

Une main se pose sur mon épaule, je soupire dans un demi sommeil et tente de repousser le voile devant mes yeux, j’essaie d'ouvrir mes paupières lourdes comme des tentures de velours sombre.

"Talon... foumwala paix..."

Les bleus de ma chute la veille se rappellent à mon bon souvenir de même que les courbatures de mes cuisses bien trop sollicités, sans compter les crampes et engourdissements qui se promènent dans mes os et mes muscles comme des touristes avides, mon esprit reprend les commandes, je ne suis pas à Zaun, ça c'est du passé, je suis... je suis dans une bâtisse abandonnée.
Mes yeux s'ouvrent en grand mes pupilles crient au supplice lorsque la lumière d'une torche les forcent à se refermer d'urgence, des boules multicolores dansent sous mes paupières, je papillonne pour essayer de faire le point sur la femme qui se tiens devant moi, mes neurones se mettent en branle à toute vitesse, cette fois c'est bon, je suis complètement réveillée, et de surcroît je m'en veut de mon manque de prudence, si cette femme avait eut de mauvaises intentions j'étais déjà morte, mais bien que ma vie ne m'ait fort heureusement pas été ôtée pendant mon sommeil, je décale ma main pour saisir discrètement mon bâton sous ma cape tandis que j'analyse l'allure de mon interlocutrice.

"Je … suis juste une voyageuse égarée, pardonnez moi je pensais l'endroit abandonné, j'ai eut une mésaventure avec ma monture et je suis monté ici pour m'abriter avant de reprendre ma route, la porte était ouverte..."

Ne pas donner mon nom, c'est mieux ainsi, si la femme ne m'a pas reconnu, elle n'a pas besoin de savoir que Luxanna Crownguard se trouve devant elle, ma relative célébrité me sert autant qu'elle se deserts inutile de prendre des risques... Et encore moins tant que je n'en sais pas plus sur l'endroit où je me trouve.
Je me lève avec une brève grimace, je serre les dents et tente d'oublier tout les grincements de mes os, mon corps me présente une addition salée pour la journée d'hier que je tente d'oublier. Mes yeux se braquent sur la femme, elle a un air méfiant, et aussi ce soupçon de tête baissé et de docilité que l'on trouve chez tous les serviteurs de l'univers, ce que me confirme ses vêtements à la coupe simple, pratique, de facture moyenne, et gris... une couleur passe partout pour ceux qui vont partout sans se faire remarquer. Je soupire intérieurement après moi même, je ne suis pas vraiment fière de ce que je m'apprête à faire, mais bon... la situation me recommande de prendre un petit avantage.

"Bien, il se trouve que je suis pressée, je vais donc vous laisser, navrée d'avoir pensée que l'endroit était abandonné."

Je redresse ma tête, prend mon air le plus noble, la femme est plus grande que moi, ce qui n'est pas très compliqué à vrai dire vu que je suis bâti comme une crevette, mais j'ai des centaines d'années de noblesse démacienne dans mon patrimoine génétique, et avec une éducation qui habitue à donner des ordres, la pauvre créature n'a aucune chance je vois déjà ses yeux qui se baissent. Sans lui laisser le temps de se reprendre je gravi les quelques marches qui me séparent du rez de chaussé puis avance d'une démarche qui se veux conquérante et assurée, mais légèrement claudicante car je suis encore rouillée à cause de la position inconfortable de cette nuit.
Je saisi la porte avec fermeté, elle résiste... je fais une seconde tentative puis une troisième, mais elle ne bouge pas d'un poil, quand je pense qu'hier elle a pivoté sur ses gonds comme les yeux d'un mercenaire sur un tas d'or... Je soupire et me retourne vers la femme qui m'a suivi lentement, certainement parfaitement au courant que je ne pourrai pas ouvrir cette fichue porte, elle ne se presse pas et arrive à ma hauteur.
J'ai un moment que l'on pourrait qualifier de flottement, je regarde un peu plus en détail les grand yeux cave de l'inconnue, et remarque une chose que je n'avais pas vu précédemment et qui est loin de me rassurer.

*Ce genre de lueur dans le regard n'est pas naturelle, ce genre de lueur dans le regard est du à de la magie, il y a un mage ici, et un puissant, He...merde, dans quoi je me suis encore fourrée...*

Mon trouble n'apparait pas plus d'une seconde sur mon visage, pourtant je suis dans mes petits souliers, un grand château presque vide, un serviteur enchanté, quel est cet endroit, à quoi je m'expose? Je garde mon air autoritaire de façade et lâche d'un ton ferme et dégagé, comme si j'avais juste oublié de mettre du sucre dans mon thé.

"Toute réflexion faite, il ne serait pas très polie de ma part de quitter l'endroit sans remercier mon hôte involontaire... je vous suit?"
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Sam 2 Jan - 21:28

De légères gouttelettes d'humidité tombaient régulièrement dans le corridor frais et humide. Aussi chaleureux que celle qui venait de surprendre la demoiselle clandestine dans son sommeil paisible au milieu de la cage d'escalier. Neutre, et froide, elle l'observait, remonter les escaliers, pensant pouvoir fuir tel un oisif colibri. Elle n'avait donc pas la moindre idée d'ou elle se trouvait, à n'en pas douter, à moins qu'elle ne cache effectivement des ailes sous sa cape, ce qui l'aurait bien étonnée. Cependant, la stature noble de cette "invitée" l'incitait à penser qu'elle ne tenterait sans doute rien d'irréfléchi ou de trop suicidaire, ce qui était bien tant mieux. Car s'il lui avait fallut déranger sa souveraine en urgence pour lui demander de maîtriser la demoiselle si celle-ci tentait d'attaquer ou fuir, vu l'humeur de la Dame, il valait mieux ne pas se trouver dans son sillage. Au moins si elle restait docile, pourrait-elle prendre le temps d'amener les choses avec plus de tact, et les chances de survie de l'intruse n'en seraient que multipliées.

Elle remontait tranquillement les marches, lui emboîtant le pas, ce dernier résonnant sourdement dans l'escalier sombre, tel une crypte. Un très léger sourire amusé se dessinait sur les coins de ses lèvres, à peine visible dans le noir du hall, en constatant les efforts de la tête blonde pour tenter d'ouvrir les lourdes portes de pierre, en vain. Et pour cause, celles-ci n'avaient même pas de gond, et n'étaient maintenues, comme tous les autres blocs de pierre formant l'imposante structure, que par la volonté et la puissance de celle qui l'avait créée. En l'entendant "changer d'avis", se rattrapent très noblement aux branches pour ne pas perdre la face, elle hocha la tête d'un air entendu.

" Une décision bien plus sage, en effet. Suivez moi "

Tel un feu follet voletant, éclairant le chemin à travers l'obscurité profonde d'une nuit calme, la jeune femme guidait Luxanna à la lueur de sa torche, l’entraînant vers un long escalier, qui grimpait, tout comme à l'extérieur, en spirale. Rapidement, celui-ci se retrouvait éclairé de torches régulières, et de quelques paliers ou elles ne prenaient le temps de s'arrêter, de la lumière ou un bruit léger perçaient parfois. La jeune femme était endurante et rapide dans les escaliers, habituée à l'exercice, mais ralentit le pas en constatant la difficulté de la demoiselle à suivre son allure. Après quelques minutes, un pas descendant se fit entendre, et un homme, à la même stature droite les croisa. Tout comme la jeune femme, ses yeux étaient d'un bleu gris électrique, comme si toute couleur en avait été absorbée, et il la dévisagea quelques instants.

" Qui est-ce, Eléana ?", demanda-t-il d'un ton neutre, mais visiblement aussi intrigué que méfiant.

" Je l'ai trouvée endormie à l'intérieur. Je l'emmène voir notre souveraine ".

" Fais attention, elle n'est pas dans de bonnes dispositions. Le retard l'a beaucoup agacée ".

Elle acquiesça, visiblement au courant du fait, et poussa légèrement la concernée dans le dos pour l'inviter à reprendre la montée. De légers courant d'air, et une sensation fraîche pouvait commencer à se faire sentir, tandis qu'elles grimpaient. De ce qui pouvait être estimé, vu la taille extérieure du bâtiment, elles étaient arrivées à la moitié de la hauteur de celui-ci, lorsque l'escalier prit fin, sur de grandes doubles portes, grandes ouvertes, qui menaient vers le dehors, sur une grande plateforme. Large, entièrement faite de pierre, elle était entièrement entourée de hautes roches masquant toute vue vers l'extérieur de la forteresse, si ce n'était le ciel étoilé que l'on pouvait apercevoir en levant le nez. Ainsi protégé, le vent n'était que minime, et permettait à la visiteuse d'admirer le spectacle du majestueux temple Ionien qui se dessinait devant ses yeux, bien à l'abris du reste du monde. Celui-ci était incrusté aux roches qui en faisant le tour, d'ou coulait de nombreuses cascades d'eau retombant tranquillement dans un petit lac en contrebas, surplombé d'un pont de pierre qui permettait de passer entre deux bâtisses, les autres étant pour la plupart reliées par d'autres escaliers encore, taillés à même la roche, visibles ou non.

" Notre souveraine est toute proche. "

Sa voix était toujours calme, mais dénotait une légère inquiétude. En entrant par les grandes portes du bâtiment principal de ce temple, l'atmosphère y était bien plus tiède, moins humide, et les lieux étaient légèrement mieux éclairés, bien que de longues ombres s'étendaient tout de même. Au bout d'un long couloir, celles-ci, venues de la salle attenante. faisaient danser de grandes sphères d'ombre noires sur les murs, tournant, virevoltant. Un peu tendue, la jeune femme toussota, se présentant avec Lux dans la salle qu'elles avaient cherché à atteindre tout ce temps.

" Quoi ENCORE ?! " s'exclama une voix, dont l'origine était difficile à déterminer. Elle résonnait dans l'espace, comme venue de toute part, et de tous les côtés à la fois. Néanmoins, il n'était pas difficile de deviner qui venait de s'exprimer ainsi.

Assise sur un immense trône taillé dans une roche luisant légèrement d'une lueur sombre, percé de quelques fenêtres sans vitraux ne laissant apparaître qu'un ciel noir, se tenait une figure que Lux avait déjà peut-être pu apercevoir sur les champs de Justice. Vêtue de noir, contrastant avec la longue chevelure d'un blanc lunaire retombant le long de son corps, des sphères plus noires encore que l'oeil ne pouvaient percevoir, dont l'extérieur luisait d'une lumière violine venaient de s'arrêter dans leur danse, se figeant tout autour d'elle.
Syndra, la souveraine obscure, dardait un regard coléreux sur les arrivantes.


" Pardonnez moi, votre altesse ", dit la servante d'une voix douce.
" J'ai trouvé une passagère clandestine. Cette jeune femme, s'était assoupie en bas "

Elle designa Lux, s'écartant légèrement, s'attendant probablement à ce que Syndra veuille lui faire face. Cependant, celle-ci rabattit l'idée d'un simple geste de la main, visiblement exaspérée, ne laissant pas le temps à la demoiselle de lacher un seul mot.

" J'ai dis que je ne voulais pas qu'on me dérange. Laissez là dans les cachots, je m'occuperai de son cas plus tard "


Ses lèvres n'avaient pas bougé, mais cette voix grave et autoritaire s'était bien faite entendre partout dans la pièce néanmoins. A ces mots, ses sphères recommencèrent à tournoyer autour d'elle, sveltes et menaçantes, telles des oiseaux de proie prêts à fondre sur leur cible. Sans se faire prier, la jeune femme qui venait de conduire Lux lui empoigna le bras, l'incitant par son geste à s'éloigner rapidement de là.

" Et donnez lui de quoi se réchauffer. Vous voyez bien que cette petite est trempée
" lança cette même voix semblant venir de partout à la fois, qui résonnait, après analyse, directement dans l'esprit même de ses interlocuteurs.
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Luxanna Crownguard
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Dim 10 Jan - 1:05
J'adresse une moue dédaigneuse à la jeune femme mais je n'en mène en réalité pas large, ma main s’aventure dans mon dos et caresse avec délicatesse mon sceptre dissimulé par ma cape, sa présence me rassure, si je dois me coltiner un autre magicien, au moins suis-je armée. Je lui emboîte le pas dans un interminable escalier en spirale, heureusement que celle-ci n'est pas trop resserrée sinon les crampes aux cuisses se disputeraient le droit de m'empêcher de monter avec la nausée.
J'ai l'impression que l'ascension est interminable, l'envie de jeter un sort de lévitation pour épargner mes pauvres muscles me démange de plus en plus surtout que ma guide ne s'arrête pas un seul instant pour reprendre son souffle, elle doit être habituée elle, mais je me retiens ne sachant pas dans quel guêpier je me suis fourrée, j'aime autant garder le secret de mes pouvoirs pour le moment, l'effet de surprise est un avantage indéniable, mais je me sent tout de même un peu fébrile, je pousse un petit soupir tout en ordonnant à mes jambes de gravir une autre marche.

*Bon sang ils doivent tous avoir des mollets d'acier dans cet endroit.. enfin quand je dis tous... on ne peut pas dire qu'on se bouscule ici.*

Comme de fait exprès pour me contrarier, des pas descendants signalent la présence d'un autre habitant, un bref coup d’œil me permet de le classer dans la même catégorie que... Eléana donc, je frissonne d'une part à cause de l'humidité qui a trempé ma cape et une partie de mes vêtements, mais surtout car les yeux vides de toute volonté qui se posent sur moi ont de quoi mettre mal à l'aise.

*Quelle genre de 'souveraine' enchante et enchaîne ses sujets de la sorte?*

Je suis encore un peu l'homme du regard lorsqu'il disparaît dans les escaliers, un nouveau frisson me parcoure et je ne proteste même pas lorsque la servante me pousse pour que nous poursuivions notre terrible ascension, j'ai de plus en plus d'appréhension sur ce qui m'attend au sommet de ces marches. Je suis haletante lorsque nous arrivons enfin sur une surface plane à l'extérieur, j'aspire à grandes goulée l'air presque glacial de la nuit et contemple la grande étendue pierreuse devant moi.

*Bon sang, il n'y a pas un seul végétal dans cet endroit?*

Le moins que l'on puisse dire c'est que malgré l'absence de vert l'endroit est conçue pour impressionner au maximum les visiteurs, c'est grandiose et ionien, si jamais j'avais encore eut des doutes après le porche d'entrée au toit recourbé, l'immense temple qui s'étale devant moi et vers lequel nous nous dirigeons possède toutes les caractéristiques de la civilisation des îles. Je reste un moment sans voix face au spectacle grandiose de la multitude de cascades qui se déversent les unes dans les autres avec un bruit doux. Une bruine glaciale se dépose sur mon visage alors que nous empruntons le pont de pierre qui permet de traverser le lac et de rejoindre ce que je suppose être l'édifice principal et sans doute la demeure de la fameuse souveraine. Le spectacle a beau valoir le coup d’œil, je suis glacée jusqu'aux os, je ne trouvais pas la température si froide tout à l'heure, je met ça sur le compte de la fatigue, mon petit roupillon dans l'escalier est loin de m'avoir rendu toute mon énergie. La servante m'annonce que nous arrivons et je surprend des accents inquiets dans sa voix.

*Tu as peur non? Ta maîtresse te terrifie, remarque à ta place je le serai sans doute aussi vu tes yeux, et même sans être à ta place je n'en mène pas large, quelle genre de créature habite un temple ionien gigantesque en plein milieu des champs démaciens, tout en passant parfaitement inaperçue?* "Ne la faisons pas attendre d'avantage alors... je brûle de faire sa connaissance."

Je regrette presque aussitôt ma bravade alors que pénétrons dans la pièce et faisons enfin face à la magicienne, enfin surtout face à des boules d'énergies arcaniques pures qui virevoltent dans la salle telle une volée d'étourneaux. Ma main passe de nouveau sous ma cape et j'empoigne dans une sorte de spasme mon fidèle compagnon de bataille, plus pour me rassurer que pour me lancer dans la moindre activité magique, les ballons violets qui tournoient ne sont certainement pas d'innocents jouets.
Je sursaute légèrement lorsque la voix retentit, enfin la voix, il s'agit moins d'une voix que d'un son qui entre dans l'esprit sans passer par les oreilles et qui se fond dans les os, tinte dans le crâne et impose sa présence avec force. J'écarquille les yeux et étudie la silhouette svelte aux longs cheveux de neige qui dirige cet endroit. Assise sur un trône, le port altier à rendre jalouse la moindre des princesses, et le regard plus agressif et incisif qu'un faucon en plein piqué, la femme me toise de toute sa hauteur alors que sa servante lui signale ma présence.

*Ok ok, réfléchit Lux, cette tête ne t'es pas inconnue, enfin plus que la tête c'est la magie qui est utilisée ici qui t'es familière, quelle genre de magicienne, de magicienne ionienne, n'oublions pas, utilise des sphères de magie pure? Il faut de la puissance, et aussi...* "Syndra..."
"
Ma voix est plus un murmure qu'autre chose et elle se retrouve en concurrence avec les ordres insonores de la magicienne sombre, peut probable donc que l'une ou l'autre femme m'ait entendue, et de toute manière quelle importance, elles savent toutes les deux qui est qui, enfin sauf moi.
Syndra pourrait me reconnaître, nous sommes championnes toutes les deux et mon visage est connu, mais il lui faudrait sans doutes quelques indices pour percevoir la dame de lumière dans la voyageuse en habits simples et sales, avec sa grosse bosse sur le front. Ceci dit je ne sais pas si mon identité changerait quoique-ce-soit. Je ne sais pas grand chose sur la souveraine, mais à mon avis elle se fiche des interdictions de la ligue sur le meurtre entre champions, surtout que ces derniers temps les invocateurs ont d'autres nexus à fouetter, au moins Syndra étant ionienne, il est peu probable qu'elle soit du coté de Noxus et donc ouvertement hostile à Démacia... peut être.
Pendant que je réfléchissais, Eleana a saisi mon bras pour n’emmener sans autre forme de procès vers les cachots, je la foudroie du regard et me dégage de sa main d'un mouvement brusque du bras, j'ai horreur qu'on me saisisse de la sorte, et a moins d'avoir une poigne de fer ou une arme, pas question que je me laisse faire. Syndra choisi ce moment pour lancer une dernière recommandation qui m'aurait fait chaud au cœur si elle ne m'avait pas condamné au cachot quelques secondes plus tôt.
Je pousse un soupir d'agacement, je commence à en avoir assez d'être ballotté par les événements depuis hier, entre le cheval, l'orage, la nuit dans les escaliers et maintenant ça... J'ai froid, faim, je commence à frissonner de plus en plus régulièrement ce qui veux dire qu'en plus de l'hématome de la taille d'un œuf sur le front je dois avoir chopée une grippe ou un refroidissement quelconque. Bref, je suis à bout, de nerfs et surtout, surtout de fatigue, alors même si ça doit contrarier son altesse royale, et même si ce n'est certainement pas le plus prudent dans la situation présente, je lance d'une voix fatiguée.

"Une chambre et un baume cicatrisant me tentent plus, s'il vous plaît?"

Un frisson plus important que les autres choisi ce moment pour remonter ma colonne vertébrale, je touche mon front délicatement et saisi le bras de la servante qui sursaute, le léger vertige qui monte en moi demande un appui supplémentaire si je ne veux pas m’étaler par terre.
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Dim 10 Jan - 19:16
Les sphères noires violines volaient, virevoltaient dans l'air, prêtes à fondre telle une nuée de corbeaux sur celles qui étaient visiblement des intruses autour de la souveraine obscure. La réaction précipitée de sa servante pour tirer Lux hors de là n'était que pour leur propre sécurité, car il ne fallut qu'un instant pour que certaines s’abattent là ou elles s'étaient tenues précisément quelques instants plus tôt, au moment même ou la jeune invitée posait sa question. Ainsi, elles formaient une barrière infranchissable, qui permettait à celle qui les animait d'ignorer plus facilement ce qui l'entourait, telle une enfant ayant décidé de faire semblant de ne pas voir quelqu'un.

Eléana retint la demoiselle par l'épaule pour l'empêcher de tituber, l’entraînant plus délicatement hors de la pièce. Une fois hors de vue de la mage aussi puissante que caractérielle, elle prit le temps de souffler un instant, soulagée, et de s’enquérir du regard de l'état de la tête blonde qui s'était invitée en ces lieux. Celle-ci semblait bien épuisée, et au bord de tomber, et n'avait pas l'air bien menaçante, aussi, elle pouvait se permettre une certaine souplesse. Limitée, cependant, car si la jeune femme causait problème ce soir, et qu'elle devait déranger sa souveraine, elle ne donnait pas cher de leur peau, à toutes les deux.

" Suivez moi. Il ne vaut mieux pas jouer avec le feu lorsqu'elle est de cette humeur. Demain, elle sera sans doute dans de bien meilleures dispositions, et vous écoutera sûrement. "

Mêlée à une légère anxiété, qui se dissipait tout de même maintenant qu'elles s'étaient éloignées, se mêlait néanmoins un grand respect dans le ton d'Eléana, lorsqu'elle évoquait Syndra. On aurait même presque pu déceler une pointe d'affection, dans sa voix calme et neutre.
Soutenant la demoiselle, elle l'accompagna, dans vers un autre bâtiment, et un autre escaliers. Celui-ci était bien plus serré dans sa spirale, et donnait l'impression de descendre le long d'une vis géante, chaque pas résonnant sur les dalles de pierre. La descente fut plus rapide, et visiblement, elles étaient au coeur même de la structure.

Eléana s'arrêta devant un palier, ouvrant la porte qui y menait, tout en faisant signe à Luxanna de s'arrêter ici.

" Attendez moi ici, je vous prie " demanda-t-elle d'un ton cordial, mais ferme. Servante ou non, elle n'obéissait qu'à une seule personne, qui avait donné des ordres, qu'elle se devait de respecter. Elle pénétra dans la pièce, pour revenir quelques instants plus tard, portant, pliée dans ses bras, une couverture de laine, ainsi qu'une sorte de tunique anthracite. Au dessus, se trouvait un linge d'une couleur blanchâtre, tirant légèrement sur le vert clair, à l'aspect rugueux, qu'elle lui tendit.

" De la fibre de bambou. Pour vos cheveux. C'est très absorbant "

Elle reprit sa descente sans un mot de plus, l'accompagnant durant les quelques minutes encore qu'elle durait, la soutenant lorsque cela était nécessaire.
Les marches s'arrêtèrent sur une grille en fer forgée, qu'Eléana ouvrit grace à un système de levier présent au niveau de la rampe d'escalier. Celui-ci était situé trop loin de la pièce ou cette grille menait pour être activé depuis l'intérieur de celle-ci, et avait pour visée claire de ne pouvoir permettre l'ouverture ou la fermeture que depuis l'extérieur.

Remarquant la moue de la jeune femme devant l'aspect de ces grilles, elle lui adressa un léger sourire, accompagné d'un signe de tête désolé.

" Ne craignez rien. Notre souveraine n'est pas quelqu'un de cruel, et si vous n'avez rien à vous reprocher de plus qu'une erreur, vous ne resterez pas là longtemps. Et ce n'est pas moins confortable que n'importe quelle autre chambre ici "

Elle l'encouragea à pénetrer, dans la grande pièce dont le sol semblait constitué de nombreuses pierres agglutinées ensemble, qui remuaient parfois légèrement, tout en lui laissant les couvertures, aussi chaudes que si elles avaient reposées près d'un feu durant des heures, ainsi que la tunique.
Il y faisait agréablement tiède, plus que dans l'escaliers du moins, et les murs de roche autour étaient chauds. Assez faiblement éclairée, comme le reste de la structure, le grand feu qui brulait, sur un socle de pierre au centre de la pièce, assurait tout de même de voir devant soi. Non loin était posé un futon sur le sol, sans doute assez peu confortable pour une démacienne habituée à dormir sur des matelas moelleux, mais qui permettrait tout de même un sommeil réparateur. Après tout, la battisse était de construction Ionienne, et il était clair que les lits à l'intérieur le seraient eux aussi.

" Je vous apporte quelque chose pour votre blessure ", ajouta Eléana une fois que la demoiselle eut accepté de pénétrer les lieux, un peu contrainte malgré la politesse qui entourait sa captivité.

Elle disparut dans les escaliers, l'écho de ses pas l'accompagnant, jusqu'à disparaître. Il fallut une quinzaine de minutes pour qu'il retentisse de nouveau, annonçant son retour. Comme promis, elle lui rapportait un baume, aux odeurs de camomille et de miel, qu'elle vint lui donner directement à l'intérieur, laissant la grille ouverte durant son passage. Le message était implicite, mais clair. Elle aurait droit à un traitement généreux tant qu'elle ne poserait pas de problème, qu'elle perdrait à la moindre tentative de causer des troubles.

Après lui avoir souhaité un bon repos, elle inclina légèrement la tête, avant de repartir, la laissant là, pour le restant de la nuit. Il n'y avait pas de fenêtre, et pour cause, la pièce se trouvant au centre d'une structure bien plus large, il ne pouvait y en avoir, aussi, il était difficile de déterminer le jour de la nuit. Le seul indice serait son retour, lorsqu'elle consentirait à revenir la chercher pour la ramener vers les hauteurs de la forteresse.
Ce qui arriva effectivement le lendemain, en milieu de matinée. L'écho des pas résonnant dans l'escalier de pierre annonça l'approche de sa gardienne, au moment même ou un grondement sourd résonnait dans la pièce. Autour, l'une des roches qui se dressait pour former un des murs de la pièce s'écarta des autres, lentement, révélant un espace de vide sombre en dessous, qui plongeait vers les plus bas fond de la structure.

Ou plutôt, ce trou aurait dû être entièrement sombre, vu sa profondeur. Mais tout en bas, loin en dessous, des mètres et des mètres en contrebas, brillait le faible éclat de quelque chose qui parvenait à luire dans l'obscurité. Une brillance magique, sans aucun doute. L'oeil avisé aurait pu reconnaitre, durant les quelques instants avant que ce vide ne soit comblé par une plateforme de pierre venant descendre le combler, la brillance d'un Nexus, tout en bas.
Faite d'un bloc de pierre plat, avec largement la place de se tenir, cette plateforme semblait flotter dans le vide, puisqu'il restait une très légère interstice entre le sol de la piece, la plateforme, et le mur qui avait reculé.
Le bruit des pas d'Eléana se tût, le temps que la grande grille forgée ne s'ouvre, et qu'elle pénètre dans la pièce. Avec un sourire avenant, elle salua la demoiselle, et sans aucune hésitation, se dirigea vers la plateforme en question, sautant dessus avec légèreté, visiblement habituée et confiante.

" Montez. Notre souveraine est de bien meilleure humeur, elle va nous permettre de monter bien plus vite "
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Luxanna Crownguard
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Lun 18 Jan - 15:59
Mon léger malaise prend plus ou moins fin en même temps que je vois plusieurs sphères de magie s'écraser là ou nous nous situions à peine une seconde plus tôt, je remercie en silence Eleana qui a profité de mon étourdissement pour me tirer hors de portée du caractère de cochon de sa maîtresse. Je rassemble mes forces pour ne pas m'écrouler, d'autant que je suis toujours en passe de finir la nuit au cachot ce qui est loin de me plaire. Une fois sorties, je jette un œil à ma guide qui semble soulagée que nous ne soyons plus dans le voisinage de la souveraine des lieux et de son énergie meurtrière, pourtant lorsqu'elle parle d'elle la servante semble pleine d'une sorte de déférence affectueuse. Je hoche doucement la tête, je me souviens de la vieille gouvernante de mon père que nous avions gardé à la maison malgré son grand age, elle parlait de celui qu'elle avait en grande partie élevé exactement avec le même ton, une sorte d'admiration respectueuse qui dénotait sa fierté d'avoir servi et de servir les Crownguard.

*Manquait plus que ça, une fanatique...* "Hum, vivement demain alors..."

La balade vers l'enfer reprend alors que la jeune femme me guide vers un autre bâtiment et un autre escalier qui met mon estomac dans un état proche du retournement, je ne sais pas qui est l'architecte des lieux, mais je lui dirai bien deux mots. Heureusement la torture ne dure pas longtemps, et nous nous arrêtons à ce qui est pour moi le premier palier. D'un œil éteint je regarde Eleana rentrer dans la salle, et obtempère à sa demande en restant gentiment adossée au mur. Un bref instant, l'opportunité de jouer la fille de l'air me tente, mais pour aller où? Cet endroit ne manque pas de cachettes assurément mais si c'est pour passer quelques heures encore à geler dans des escaliers inhospitaliers...
Je récupère machinalement l'espèce de serviette qu'elle me tends, mais la garde à la main, car nous reprenons déjà notre descente et je suis plus préoccupée par la nausée qui reprend que par l’état d'humidité de ma chevelure.
Une fois enfin à destination j'ai un mouvement de recul en voyant les grilles ouvragées qui bardent le passage de la grande pièce à l'aspect de hall sombre qui s'étend devant mes yeux. Je jette un regard perçant à la servante, malgré son ton doux je n'aime pas être contrainte dans mes mouvements, néanmoins la pièce, chaude, dispose d'un grand feu dont mes os transits ont cruellement besoin et une de ces sortes de matelas ioniens tout plats qui en cet instant me promet mille merveilles de confort.

*Ha bah... au moins je ne manquerai pas de place ici, j'ai connu des chambres d'auberges moins sympathiques, quoique certainement pas aussi étranges, et puis vu l'aspect rébarbatif de cet endroit elle me dit certainement la vérité quand au fait que ce n'est pas moins agréable ici que dans les vrais chambres.* "Je ne crains rien, je n'aime pas l'idée d'être enfermée c'est tout..."

Je m'assied par terre, pendant qu'elle part chercher quelque chose pour ma bosse, je pince l'arrête de mon nez et soupire longuement tout en chauffant mes mains sur le feu qui brûle avec ardeur, j'ai l'impression que la vie reviens dans mes membres au fur et à mesure et finalement peut me chaut qu'aucune ouverture ne fasse office de fenêtres dans cette espèce de caverne aux murs curieusement tièdes et au plancher insolite. J'ignore combien de temps passe mais j'ai un sursaut en entendant des pas revenir, il semblerait que je me soit assoupie légèrement, la servante se penche et me donne un baume à la douce odeur sucrée puis s'en va après m'avoir souhaité de bien me reposer.

"Merci... Eleana."

Je soupire de nouveau, j'ai déjà récupéré, rien que de me trouver dans un endroit à la température correcte m'a fait le plus grand bien. Je retire mes vêtements et les dépose en rond autour du feu, je me sèche et me nettoie du mieux possible à l'aide du drap en bambou, regrettant presque de ne pas avoir demandé de l'eau chaude et du savon pour me laver car je ne dois pas vraiment sentir la rose. Une fois à peu prêt propre j'étale la pommade sur mes contusions qui colorent ma peau de jaune et de bleus par endroit, sans oublier cette fameuse bosse, et enfile la tunique grise, curieusement assez douce. Rasséréné et dans un état mille fois plus potable que tout à l'heure, je tire le futon le plus proche possible de l'unique source de chaleur et de lumière et m'enroule dans les couvertures avec un petit gémissement de satisfaction. Je reste environ cinq minutes à contempler le feu dans une sorte de transe hypnotique puis fini par céder et met ma sacoche sous ma tête en guise d'oreiller, mon bâton entre mes bras tel un doudou, je succombe presque immédiatement aux charmes de Morphée.
Je me réveille à une heure complètement impossible à déterminer, mais je me sent dans une forme presque olympique si ce n'est... Mes muscles et mes os grincent alors que je m’étire de tout mon long sur le matelas un peu dur qui m'a fidèlement soutenu cette nuit. Le feu semble avoir baissé un peu mais il répand toujours une chaleur bienveillante sur mon corps meurtri, je rassemble mes affaires enfin sèches et sort un nécessaire de couture de ma sacoche, je répare les petits accros à ma cape et mon pantalon, que la chute de la veille à bien sollicité, puis me badigeonne de nouveau du baume offert royalement par mon hôte, ma bosse a déjà presque disparue et avec le mal de tête persistant. N'ayant de plus à faire pour le moment je remet mes habits et me dérouille un peu en explorant la pièce, je n'apprend pas grand chose à part qu'elle est grande et vide...
Un grondement sourd retentit soudain en même temps que les pas d'une personne approchant, je jette rapidement un œil et reconnaît la silhouette grande et presque décharnée d'Eleana prêt de la grille, mon attention se reporte alors sur le trou ouvert dans le mur, mon regard et ma curiosité plongent dans les profondeurs et ce que j’aperçois ou semble apercevoir me coupe littéralement le souffle. Je suis à quatre pattes en train de plisser les yeux pour mieux déterminer si je n'ai pas des hallucinations lorsqu'une sorte de plate forme bouche le trou.

*UN NEXUS! Non de... un p***** de nexus!*

Je me relève rapidement et est bientôt rejointe par une servante toute guillerette qui sautille sur la plate forme avec légèreté. Sachant ce qui se cache dessous je hausse sourcil interrogatif à son encontre et avance prudemment mon pied, puis toute ma personne.

"Oui j'imagine qu'elle est mieux pour s'autoriser une telle dépense de magie..."

Je remet une mèche rebelle derrière mon oreille regrettant de ne pas avoir pensée à prendre mon bandeau, puis je pose mes mains sur mes hanches, d'un air qui se veut confiant en attendant la suite, de toute manière depuis que mon cheval à décidé de m'abandonner j'ai la forte impression de ne rien maîtriser dans cette histoire, alors autant se laisser porter et profiter du paysage...
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Mer 3 Fév - 22:02
A peine Luxanna eut-elle posé les deux pieds sur la plateforme, que celle-ci commença à s'élever rapidement dans cet interstice entre les parois extérieures de la forteresse, et les murs intérieurs. La vitesse rendait difficile de rester debout sans tomber à genou sur la pierre, mais A il fallut moins d'une minute aux deux jeunes femmes pour se retrouver de nouveau à la surface, à ciel ouvert, et à l'air libre.

La dalle, ayant repris sa place sur le sol, n'était presque plus différentiable du reste de celui-ci dans ce paysage Ionien bien entouré de ses protections de roche, oasis au milieu du reste du monde si différent. Un petit lac, surmonté de divers ponts suspendus permettant des accès plus aisé entre les bâtiments du temple construit sur les fondations rocheuses, à divers niveaux. Des cascades venaient se jeter dedans, produisant un son calme et apaisant permanent, rompant le silence éternel de cette forteresse isolée du reste du monde. Des grosses carpes apparaissaient parfois à la surface, cherchant un peu de nourriture, et l’espace d’un instant, l’on aurait vraiment pu se croire à Ionia. Mis à part le fait qu’aux dernières nouvelles, elle était supposée se trouver en plein milieu des terres Démaciennes, et qu'il faisait étrangement froid.

Sans plus attendre, Eléana guida le demoiselle au même endroit que la veille, à l'intérieur du temple de pierre l’air un peu moins inquiète, cette fois. Elle lui adressa même un sourire encourageant, puis s'inclina légèrement, avant de prendre congé, en annonçant l'arrivée de leur "invitée", puis retira rapidement à l’écart, les laissant seules pour un face à face des plus asymétriques.

La souveraine dominait Luxanna de toute sa hauteur, asseyant sa position de force. Lévitant à près d’un mètre du sol, ses longs cheveux blancs voletant autour d’elle, tranchant avec le sombre de ses vêtements, et surtout, des sphères plus noires que l’œil ne pouvait percevoir qui volaient paresseusement autour d’elle, aussi intrigantes que dangereuses. Son visage était partiellement masqué par le masque de pierre qu’elle portait. Un symbole récurrent à Ionia, mais qui était usuellement porté dans le dos ou à l’épaule. L’avoir ainsi sur le visage était inédit, et signe de rupture profonde avec les traditions ancestrales.
Royale dans sa stature, dangereuse dans chaque parcelle, elle dévisagea la jeune invitée. De nouveau, sa voix résonna, venue de partout à la fois, à travers la pièce, forte, grave et puissante, prompte à assourdir ceux qui l’entendaient.

"« Qui es-tu ? Et que fais-tu ici, dans MA forteresse ? » Lui lança-t-elle, d’un ton plus sceptique qu’agressif.

Néanmoins, il était clair qu’un seul mot de travers de la part de son interlocutrice aurait pu amener à des conséquences dramatiques. Et si la demoiselle n’avait pas encore fait le lien entre l’occupante des lieux, et la réputation de son lieu de vie, elle ne tarderait pas à le découvrir à grand coup de vertige. La souveraine attendait des réponses, et malgré ses dispositions meilleures que la veille, n’avait pas l’air d’être une patience à toute épreuve.
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Luxanna Crownguard
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Ven 5 Fév - 20:52
Ce n'est pas la première fois que je lévite perchée sur un objet, mais à cette vitesse vertigineuse certainement pas, je pose doucement une main sur mon estomac une peu retourné par les événements, il émet d'ailleurs un vague gargouillis de protestation. Nous nous retrouvons très rapidement sur la même grande esplanade qu'hier, et je peux contempler un peu plus les détails du style ionien de l'endroit, toujours dubitative quand la présence d'une telle architecture en plein milieu des champs démaciens, d'autant que la bâtisse ne semble pas récente, elle est même très probablement bien plus vieille que sa propriétaire. Une fois de plus je me perd en conjectures, aurais-je été téléporté? Avec un nexus à disposition en plein centre de cette forteresse, si mes yeux ne m'ont pas mentis tout à l’heure, j'aurai bien pus être transportée sur des milliers de kilomètres sans problème, mais je suis magicienne, j'ai du mal à croire que l'on puisse me faire ça sans que je m'en aperçoive, sans compter que le bâtiment qui se découpait dans le ciel du royaume lorsque j'ai gravi ses marches était bel et bien réel, on ne peut tout de même pas téléporter un endroit de cette taille?
Nous traversons de nouveau le lac, dans un air vif, posant nos pas sur l'un des ponts suspendus qui relient entre eux les différents bâtiment, certains semblent surgir directement des cascades. Une fois de plus je trouve que l'endroit manque de végétaux bien qu'il soit grandiose à couper le souffle. Puis nous revoici en présence de la souveraine des lieux, Eleana s'éclipse rapidement après avoir annoncée ma présence.
J'ignore si c'est parce que je m'y attendais dorénavant, ou parce que je suis moins épuisée, mais sa présence m’abasourdie bien moins en dépit de son port royal, de cette manière de ne toucher le sol, et du vol obsédant des sphères arcaniques autour d'elle telle une volée de corbeaux charognards. En revanche le masque de pierre devant son visage et cette voix qui semble surgir de toutes parts y compris de mes propres os, sont loin de me rassurer, même si le ton est légèrement plus amène qu'hier soir.

"He bien... c'est un peu embarrassant..."

J'ai à peine fini cette entrée en matière que j'ai déjà la forte impression que sa patience est à bout, vraiment cette femme est plus royale que le roi et doté d'un tempérament à déclencher des guerres, qu'elle est certainement capable de remporter toute seule d'ailleurs... Je soupire rapidement et accélère le débit de mes paroles.

"...Pour faire bref, j'ai eu un accident de cheval, je me suis perdue, j'ai cherchée un abris pour la nuit, j'ai vu la forteresse dans les champs, je suis montée, la porte était ouverte et l'endroit semblait désert, alors je suis restée pour me reposer un peu en attendant qu'il fasse jour."

Je hausse les épaules et écarte les mains en signe universel de paix, et un peu aussi de 'c'est pas de ma faute c'est arrivé par hasard'. Je ne sais pas vraiment ce qu'elle a bien pu prévoir pour moi pour la suite, je n'ajoute donc rien de plus, mais mes lèvres me brûlent, j'ai en réalité beaucoup de questions à lui poser, beaucoup de choses à lui dire, à commencer par le fait que je sais qui elle est, et mon identité, seulement est-ce vraiment prudent pour le moment?

"Je..."

Un grognement sonore retentit dans la salle comme si un lion c'était soudain réveillé et signalait sa présence au monde entier. Mes yeux s'écarquillent et je deviens rouge comme une tomate sous ma capuche car le fauve n'est autre que mon ventre qui réclame bruyamment de la nourriture. D'une petite voix gênée, je lâche un léger.

"...pardon... pas mangée depuis hier matin..."

Si j'avais la moindre crédibilité aux yeux de cette femme, elle vient de partir en fumée aussi sûrement qu'une feuille de papier dans les mains de Brand, entre ma voix, mon air de moineau ébouriffé et ça... on peut dire que je fais forte impression.
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Jeu 11 Fév - 4:47
Between you and me, now...


Ma vie est en haut. Je n’aime pas avoir à descendre. Si les besoins de ces corps d’humains si faibles ne m’y obligeaient pas, je dériverai à jamais, sans attaches.
Chaque jour, chaque nuit, je m’élève un peu plus. Envers et contre tous ceux qui se sont prétendue à même de me priver de ce qui m’appartient, de me brider. Malgré chaque obstacle levé devant moi, chaque ennemi sur mon chemin, chaque tentative de me piétiner. Malgré toute l’incompréhension, toute la jalousie, toute la peur qui les menait à vouloir m’étouffer.  Je me suis levée face à ce monde maladif, ce monde affaibli, enfermé dans des schémas dont le sens s’est perdu depuis des centaines d’années, et dont seuls des concepts inadaptés perdurent comme une tumeur grignotant chaque particule de raison.

C’est en m’élevant face à ce monde, au-dessus de ce monde, que j’ai gagné ma place dans les cieux.

C’est pourquoi chaque minute passée sur la terre était une contrainte. Aussi bas que les insectes que j’ai l’habitude de contempler depuis le ciel, ce territoire que personne ne vient me disputer. A portée de tous ces êtres soumis à leur vision étriquée, effrayés, que la peur de l’inconnu, de cette puissance sans limites que je représente, pousse à vouloir tenter de me mettre des chaines. Ceux-là même qui m’ont poussé à m’isoler là-haut, pour enfin pouvoir me consacrer à ma magie sans devoir subir leurs assauts constants. Les derniers en dates, à l’Institut de la guerre, ont tenté, plus sournoisement, de peu à peu prendre le contrôle sur mon pouvoir, et profiter de moi. Ils en ont payé le prix, et je n’en ai appris de cette erreur.

Devoir me poser ne me plaisait pas. Devoir rester plus longtemps que prévu m’avait mis en rogne.
Savoir que l’un de ces insectes m’avait suivi, jusque là-haut, dans ma forteresse de tranquillité, ou rien ni personne ne devais pouvoir m’atteindre, me mettait hors de moi.

Je mourrais d’envie de la jeter par-dessus bord, et de la regarder aller s’écraser au sol, que son corps brisé soit un avertissement pour tous. Cependant, j’avais appris à ne plus prendre de décision sur le coup de la colère. Je savais que je pouvais le regretter par la suite, et autant qu’il m’en coûtait, je me contentais de fulminer, en l’ayant fait mettre hors de ma vue, sans la tuer sur le champ.
La compagnie des autres ne m’attire pas. J’ai bien assez de ressources en moi, qui ne demandent qu’à être exploitées, pour m’encombrer de ces relations sociales. Je tolérai la présence de ceux qui avaient embrassé ma cause, et ma souveraineté. Ceux-là ne tentaient pas de m’arrêter, au contraire, ils m’encourageaient, et me facilitaient la tâche en me débarrassant des problèmes matériels futiles qui auraient occupés mon temps. Quelques sujets fidèles, qui seraient dans mes bonnes grâces tant qu’ils me seraient dévoués.

Toute la nuit durant, j’avais contemplé, en lévitation au sommet de ma forteresse, le ciel étoilé à n’en plus finir, qui défilait sous mes yeux. J’étais plus près des étoiles qu’aucun n’avait sûrement jamais été, et cette idée me faisait vibrer au plus profond de mon être, tout en m’apaisant. L’air était frais, caressant ma peau et mes cheveux dans ce calme immense, les murs qui m’entouraient m’abritant du vent qui parcourait ces hauteurs.
Je ne voulais pas m’en abriter. Je voulais ressentir chaque sensation de cette immensité.
Lentement, je m’élevais, lévitant plus haut au-dessus de ma forteresse. Je sentais chaque pierre, chaque élément, que je maintenais ensemble dans un vol harmonieux, telle une construction complexe de centaines de particules, tenant ensemble par la seule force de ma volonté. Plus je m’élevais au-dessus d’elle, plus le vent se faisait violent, secouant, tentant de me déloger, et fouettant mon visage, tandis que la magie que je pliai à ma volonté me maintenait malgré cette force brute. Ma puissance, contre celle de la nature. Au milieu du ciel.
J’en finis presque pas oublier mes contrariétés, et la passagère clandestine qui se trouvait à mon bord. Sentir ces liens avec les puissances célestes m’enveloppait d’une aura paisible, et me faisait sentir plus complète. Je finis par redescendre à l’abri, reposant le pied à « terre », relâchant la magie que j’avais déployé. C’était comme inspirer, et expirer. Un peu d’air restait toujours au fond des poumons, et cet air représentait la magie permanente que j’utilisais sans même y penser pour garder ma forteresse dans les airs. Le reste était ce dont je m’emplissais, puis me relâchait, pour me sentir vivante.

C’est finalement une fois que le jour fut levé que ce caillou dans le pied se rappela à ma mémoire, par l’intermédiaire d’Eléana. M’ayant trouvé assise sur l’une des roches au bord du lac, dont l’eau était en permanence brassée par des cascades, dans un système fermé poussé par ma magie par simple nostalgie des décors Ioniens, elle vint s’enquérir de ma disponibilité pour me débarrasser de ce problème. J’hochai la tête, en agitant légèrement la main à la surface de l’eau, attirant les carpes qui vivaient là. Elles entretenaient mon calme, et l’apaisement qui m’avait gagné durant la nuit. Je dû néanmoins me résoudre à quitter cet endroit calme, reprenant ma lévitation, puisque même dans le ciel, j’aimais ne pas me restreindre à avoir du sol sous mes pieds, pour me diriger à l’intérieur du temple. Là où je m’étais libérée de mes chaines, là où ma souveraineté avait débuté. De là, je me concentrai sur chaque partie, chaque masse, que j’élevais dans les airs ensemble. Fermant les yeux, je me fis une représentation spatiale de ce que je ressentais, repérant chaque objet en mouvement à l’intérieur, les reconnaissant comme les êtres vivants qui circulaient. Je n’avais aucun moyen, si ce n’était en reconnaissant approximativement leur poids, de savoir à qui ces corps appartenaient, mais je savais plus ou moins ou chacun était supposé se trouver à ce moment-là. Je pouvais, lorsque je me concentrai sur cette tâche, suivre leurs mouvements, savoir où ils se dirigeaient, et quand ils approchaient. Repérer ainsi la descente d’Eléana, vers le poids léger de la jeune femme qui était monté à mon bord. Faire se mouvoir chaque partie à mon gré était un jeu d’enfant, et il n’était pas difficile de faire s’écarter l’un des lourds murs de pierre, pour permettre aux deux femmes de remonter plus rapidement en élevant une dalle vers le haut de la structure, après qu’elles aient pris pied dessus.

Je rouvris les yeux une fois chaque objet retourné à sa place, et les deux corps mouvants arrivés devant le temple. Et me levai de mon siège à leur approche, lévitant au-dessus du sol pour dominer la pièce, et pouvoir mieux appréhender la scène. La veille, je n’avais pas pris la peine de regarder qui avait ainsi osé s’embarquer clandestinement à bord de ma forteresse. Cette fois, je pris le temps de dévisager cette tête blonde. Elle me paraissait plus faible qu’une brindille. Sans doute une de ces femmes soumises sans même questionner sa place, par cette société malade qui étouffait chaque personne souhaitant développer ses capacités d’une façon qui la ferait s’élever au-dessus de la masse, tirée par le bas pour que seuls de rares privilégiés puissent la dominer.

« Qui es-tu ? Et que fais-tu ici, dans MA forteresse ? », lançai-je, curieuse de savoir ce qui avait bien pu l’amener à faire quelque chose d’aussi stupide.

Peut-être était-elle en quête de faire partie de mes fidèles, et de ceux qui reconnaissaient ma souveraineté ? Si tel était le cas, une telle approche aurait été particulièrement osée, mais j’aurais apprécié ce courage.
Au lieu de ça, elle commença à partir dans d’interminables explications sur la raison, le pourquoi du comment, et les détails de son arrivée ici, ce qui ne m’intéressait absolument pas. Au contraire, cela eut vite fait de m’irriter, sans compter qu’elle n’avait pas répondu à ma première question, et commençait à se plaindre. Agacée, je finis par la soulever du sol d’un simple geste de la main, tandis que ma volonté se concrétisait avant même que je n’ai eu le temps d’y réfléchir, et par la plaquer au mur le plus proche ainsi, sans bouger de ma position. Le choc devait être rude, mais j’avais tout de même retenu ma magie suffisamment pour ne pas la blesser, qu’elle soit en état de répondre.

Un sifflement de colère m’échappa, lorsque je senti une magie faire opposition à la mienne. Pas assez forte pour l’empêcher de jouer les filles de l’air, mais suffisamment pour absorber une partie du choc et l’en protéger. Je n’avais pas déployé beaucoup de magie pour ce simple geste, et son geste n’était qu’une crachin face à un torrent, mais qu’elle tente ainsi de s’opposer à moi m’avait hérissé. Cette fois, je fis un bond en avant, sans pour autant toucher le sol, pour me rapprocher d’elle.

« Tiens tiens tiens, mais n’avons-nous pas une petite mage ici ? », sifflai-je d’un ton douçoureux, mais qui ne présageait rien de bon. Il n’y avait pas d’amusement dans mon ton, malgré les mots que j’avais employé. « Je t’ai demandé ton nom. Mais si tu ne veux pas répondre, la porte de sortie est grande ouverte ! »

Savoir que j’avais face à moi l’un des produits des bonnes éducations magique, bien bridées, une jeune femme couverte de chaines qui l’empêchaient probablement d’éveiller tout son potentiel, m’irritait grandement. Je ne savais pas si elle avait réalisé qu’elle se trouvait à près d’un kilomètre au dessus du sol en ce moment même. Ni ce que j’allais faire d’elle. Je me méfiais particulièrement depuis que j’avais quitté l’Institut en assez mauvais termes, de ceux qu’ils pourraient envoyer pour tenter de me mettre des bâtons dans les roues. Et n’était pas franchement convaincue par les explications de la tête blonde.
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Luxanna Crownguard
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Jeu 3 Mar - 20:07
La faim qui tiraille mon estomac n'est très vite plus qu'un problème hautement secondaire, la patience de Syndra a définitivement fini aux oubliettes et je sens une puissante magie se déployer et m'envoyer valdinguer contre le mur comme une poupée de chiffons. Tout s'est déroulé tellement vite, je n'ai consciemment pas eu le temps de faire quoique ce soit pour réagir, mais mes instincts ont fait le travail tous seuls, sans même avoir posée la main sur mon sceptre, j'ai lancé un sort de bouclier, me protégeant au moins un peu de la terrible puissance qui voulait faire craquer mes os contre la pierre. Le choc ne me coupe pas moins la respiration, et mes omoplates gémissent à cause du traitement qu'elles viennent de se voir infliger, j'espère que je pourrai remettre la main sur la pommade à la camomille, une bonne demi douzaine de bleus supplémentaires viennent de s'ajouter à ma panoplie de la veille.

*Bien, pour ce qui est de ne pas trop dévoiler qui je suis on repassera.*

Je soupirerai bien intérieurement si seulement j'en avais le temps, la sombre magicienne s'est déjà rapprochée de moi et à entendre son souffle furieux et l’inflexion dans sa voix, il ne fait nul doute que j'ai intérêt à filer doux si je ne veux pas finir aplatit et épinglée sur son mur tel un insecte intéressant 'blondus gêneusus n°6, type magicus'.
Je me retiens de lui dire de se calmer, que j'ai tout simplement passée sa première question aux oubliettes sans faire exprès, toute concentrée que j'étais à expliquer la manière dont j'avais atterrit ici, j'ai comme l'impression que c'est le genre de choses qui ne feraient que la contrarier d'avantage, surtout si je lui dit de se calmer, vraiment là je crois que je toucherai la timbale. Je fais un sourire crispé sous ma capuche et mon dos faisant toujours un câlin au mur, lève un bras pour dégager mon visage juvénile de l'ombre du vêtement et plonger mon regard bleu dans les pupilles sans vie du masque de pierre furieux devant moi.

"Je suis Luxanna Crownguard de Démacia, dame Syndra, la... hum, la dame de lumière."

Mon regard de cille pas tandis que je déclame mon identité d'une voix assurée, elle l'est moins en ce qui concerne le surnom dont la ligue m'a affublé quelques temps après mon arrivée, je l'ai toujours trouvé un peu pompeux, mais je me dis que sa mention peut sans doute aider mon interlocutrice a me situer, après tout si j'ai entendue parler d'elle, elle à bien du entendre parler de moi au moins une fois. Ce qui me laisse également un minuscule espoir: les champions ne sont pas censés s'entretuer celons le règlement, sauf que si moi je continue d'appartenir à la ligue tant que Démacia ne se sera pas prononcée en ce qui concerne les derniers événements, j'ignore tout du statut de Syndra.
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Ven 4 Mar - 21:29
Luxanna Crownguard… Ainsi donc il s’agissait de cette petite Démacienne, championne de la League, hein ? La Dame de Lumière se prétendait-elle. Là où on l’avait surnommée souveraine obscure…  Lumineuse dans tout, sauf dans ses idées, visiblement, si elle disait vrai et était vraiment venue ici par simple erreur, ce qui semblait d’autant plus difficile à croire aux vues du statut de la demoiselle.

Syndra resta quelques instants à la regarder, sans lâcher mot, sans faire mine d’esquisser un mouvement.  Les secondes devaient sembler une éternité pour la demoiselle suspendue à un fil d’une mort aussi violente que certaine, mais c’était la dernière des préoccupations de celle qui la tenait ainsi, et qui ne brillait pas par son sens de l’empathie.

A ses yeux, elle n’était rien d’autre qu’une autre de ces enfants bridés, enchainés, qui avait succombé aux griffes sournoises de l’Institut de la Guerre, comme elle l’avait fait avant de finalement s’en libérer. Mais vu le titre sous lequel s’était présentée Luxanna, il semblait qu’elle n’avait pas franchi le pas. Peu étonnant… Syndra ne connaissait pas précisément les mœurs de Démacia, mais il ne lui semblait pas qu’il s’agisse de la contrée autorisant le plus de liberté individuelles et de libre pensée.

Finalement, elle recula, lentement, et la laissa purement et simplement retomber sur le sol. Elle n’était rien d’autre qu’une autre victime faible, des modèles malades de ce monde, où personne n’avait le droit de sortir du lot. En un sens, elle lui aurait presque inspiré de la pitié.
Cependant, depuis les derniers évènements, elle se méfiait énormément de tout ce qui venait de l’Institut, qui n’avait probablement pas apprécié son dernier coup d’éclat. Non pas qu’elle ait peur d’eux, elle avait prouvé par ce geste qu’elle était prête à les provoquer ouvertement, et les méprisait. Mais elle portait une telle rancœur, s’il se révélait que la jeune fille était un pion à leur service, et avait été envoyée pour fureter, il n'y avait aucune hésitation quant au sort que Syndra lui réserverait.

« Hors de ma vue », siffla-t-elle à son encontre. La jeune mage lui avait déjà fait perdre assez de temps comme ça. Elle lui ferait la clémence de lui laisser la vie tant qu’elle ne la dérangerait pas –ce qui n’était pas gagné, vu l’attitude agaçante de la demoiselle. Cependant, son sourire niais et son côté guilleret avait quelque chose de presque… rafraichissant, pour la souveraine au caractère si colérique-. Pour ce qui était de la façon dont elle sortirait d’ici, elle n’aurait qu’à espérer se montrer assez supportable pour rester en vie jusqu’à la prochaine descente.

Aux mots de sa souveraine, la servante, qui n’était pas bien loin, fit un rapide signe à Luxanna pour qu’elle la suive. Il y avait un grand garde-manger ou elle pourrait se servir, vers lequel elle comptait la conduire si toutefois la demoiselle avait l’intelligence de ne pas remettre en question la demande de Syndra quant à sa disparition immédiate. Auquel cas, la faim risquerait bien d’être le dernier de ses soucis.


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Luxanna Crownguard
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Dim 6 Mar - 23:44
Je reste suspendue contre le mur telle une nouvelle tapisserie démacienne, clouée par le pouvoir de la maîtresse des lieux, pourtant mon regard azur ne cille pas et je continue d'offrir son éclat à celui bien plus morne du masque de pierre. Les secondes s'égrènent, peut-être même des minutes, difficile de savoir quand tout ce qui compte est le courant invisible d'interrogations, de doutes et de magie qui circule entre nous. Ma position n'est pas très confortable, loin s'en faut, ceci dit j'ai déjà connue pire, entre autre dans la propre demeure des Crownguard, clouée par le regard dur de mon père m'enjoignant de faire mon devoir, aucun visage de calcaire ne peut m'effrayer autant, pas même s'il s'assortit d'une puissance magique prête à me rompre les os. Je reste donc là et à part un certain ennui et une méfiance qui me fait me préparer à lancer de nouveau de quoi me protéger, je puis rester ainsi aussi longtemps qu'elle tiendra le sortilège, ne cherchant pas une seule seconde à m'en défaire. Bon pour être tout à fait honnête, je ne suis pas sure de le pouvoir, j'ai beau ne pas être une magicienne de pacotille, ce qui s'oppose à moi là n'a rien de comparable avec ce que je peux déployer, et de surcroît nous nous trouvons sur son terrain...
L'étreinte invisible se relâche en même temps que Syndra se recule, j’atterris avec une certaine souplesse au sol, je n'ai pas la grâce féline d'un assassin mais je suis néanmoins capable de ne pas me couvrir de ridicule par moments. Je hausse tout de même un sourcil dans une interrogation silencieuse.

*Alors c'est tout? Me faire monter ici, m'interroger à grand coups et se lasser aussitôt de ma présence une fois mon identité découverte?*

J'ai peut être une un peu trop haute idée de ma personne, mais c'est sans doute la première fois que l'on fait si peut de cas de mon patronyme ou de mes dons, je ne sais que trop penser de ce qui est en train de se dérouler ici, mais au moins on ne semble pas me vouloir du mal ce qui n'était pas vraiment gagné de prime abord, même si 'hors de ma vue' n'est pas vraiment une façon polie de congédier une squat... invité. J'hésite légèrement sur la marche à suivre, dois-je l'implorer de m'accorder un peu plus de son précieux temps? Je n'ai guère envie de mettre un genoux à terre, je me suis déjà montrée assez docile à mon goût, et puis je n'aime pas courber l'échine sans raison, même si ce que je pense avoir entrevue dans les profondeurs de cette forteresse vaut bien la peine que je face preuve d'une certaine souplesse. Je finis par décider de suivre le rythme de la magicienne sombre, son humeur étant plus changeante qu'une girouette en pleine tempête... et puis qui sais, j'obtiendrais peut être quelques renseignements de la part de ses serviteurs, si toutefois elle en a plus que les deux que j'ai rencontré jusqu'ici. Je fronce le nez un très bref instant et exécute un petit salut, le plus courtois possible sans trop perdre Syndra de vue, bien élevée ne veut pas dire complètement imprudente.

"Dame Syndra... au plaisir."

Un de mes sempiternels sourires accroché aux lèvres, le n°3: politesse et maîtrise en toute neutralité, pour être précise, je me rapproche de mon âme damnée d'un pas calme prête à la suivre dans une nouvelle descente aux enfers, en espérant qu'elle m'apportera de quoi me nourrir au passage.Une fois hors de portée d'oreilles je ne peux m'empêcher de glisser quelques mots.

"Elle était assurément d'une humeur radieuse aujourd'hui."

Si elle a entendu ma petite pique, Eleana reste pourtant fidèle à elle même c'est à dire, froide, grise et sans vie, sauf à l'évocation de sa maîtresse. Je ne compte pas vraiment les marches qui nous emmènent à l'endroit ou se trouve la cuisine, mais elles me semblent relativement peut nombreuses. J'ai beau essayer de m'y retrouver, l’architecture interne de cet endroit est trop tarabiscoté et unis pour que je puisse bien différencier un palier d'un autre et si elle n'était pas aussi basse je crois que je serais presque incapable de retrouver l'entrée et partir si d'aventure l'occasion m'en était donnée. Ma guide me fait pénétrer dans un grand réfectoire vide mais impeccablement entretenu, je hausse un sourcil circonspect, cet endroit a du accueillir beaucoup de gens à une époque, ce qui n'est plus le cas, à moins que Syndra n'ai fait le ménage à sa façon... J'avale ma salive et soupire, jetant un œil par une des premières ouvertures que je rencontre dans cet endroit, déduisant par là que nous devons nous trouver sur la face externe de la montagne, puis lorsque que je réalise ce que j'ai sous les yeux, toutes autres idées quittent mon cerveau. Délaissant la femme grise je m'approche de ce semblant de fenêtre creusée à même le roc et contemple le monde des centaines de mètres plus bas, les yeux écarquillés et la bouche sèche.

"Bonté divine..."

Deux autres personnes entrent dans la pièce pendant que je tente de reconnaître quoique ce soit dans le paysage qui se déroule sous mes yeux, mais je n'y prend absolument pas garde, trop inquiète de mon sort et de ce qui risque de m'arriver ainsi perchée dans le ciel.

*Et dire que j'ai pensée que c'était une grosse dépense de magie le coup de la pierre qui monte ce matin... pas étonnant que l'architecture de cet endroit ne soit pas démacienne... il ne vient pas de Démacia... et si je ne l'avais jamais croisé auparavant c'est bien parcequ'il n'avait jamais été là...*

Je sursaute en entendant mon nom, répété à plusieurs reprises, de manière courtoise, et cerise sur le gâteau sans omettre mon nom de famille, les nouvelles vont vites apparemment dans cet endroit. Je me retourne, lâchant à regret la vue des champs, villages et forêts de mon royaume qui défilent sous mes yeux et s'enfuient hors de ma portée. Un grand homme au même regard de soumission magique qu'Eleana vient de poser une assiette fumante de ce qui ressemble à une soupe de poulet épaisse, accompagnée de pain blanc, de fromage, de quelques fruits de saison et d'un pichet d'eau, le tous en quantité suffisante pour en nourrir trois comme moi.

"Je... merci."

Je m'assied sur le banc de la grande table longue de plusieurs mètres qui doit avoir été fabriquée pour accueillir toute une foule et entame d'un bon appétit mon repas, quelque peu dérangée néanmoins par les regards électriques que me lancent Eleana et les deux hommes, on dirait que je suis une sorte de curiosité étrange pour eux. Tentant de ne pas me laisser désarçonnée je plaque un sourire sur mon visage et commence à faire ma Lux.

"J'imagine que nous aurons bientôt quitté Démacia? Je m'excuse je n'ai aucune idée de la vitesse à laquelle nous allons, ce n'est pas courant les... bâtiments flottant propulsés par magie... Il... il doit falloir une source assez puissante pour faire tenir tous ça en l'air... non?"
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Lun 28 Mar - 0:41
" Que vous soyez encore debout et en état de faire ce genre de commentaire en est la preuve " répondit très simplement Eléana à la remarque de Lux concernant l'humeur de sa maîtresse. Sa voix n’était pas spécialement chaleureuse, puisque Syndra n’avait pas semblé apprécier la venue inopportune et imprévue de leur invitée. Néanmoins, elle la guida, contournant le grand lac ou quelques carpes venaient parfois chercher leur nourriture à la surface, l’entrainant à travers des escaliers et pontons de bois, jusqu’à ce qui s’était avéré être autrefois l’attablée ou se restauraient les moines de ce temple.

Une grande salle ouverte sur toute une façade, qui donnait directement au-dessus du lac, non loin de l’une des cascades qui s’y déversait, et accompagnait les lieux d’un bruit de chute d’eau constant. Dans sa partie couverte, se trouvait une grande table de pierre, dont la vue pouvait offrir, si l’on se plaçait du bon côté, directement sur l’intérieur de ces lieux, vu d’un point global, offrant un panorama des plus agréable, et parfaitement au teintes Ioniennes. De l’autre côté de cette salle, se trouvait un garde-manger faisant office de cuisine, rempli, puisqu’ils venaient de refaire des provisions. Les moments ou la nourriture était les plus festifs, et ou les aliments frais étaient rapidement consommés, pour être bien vite remplacés dans les jours suivants par une alimentation sèche et se conservant plus longtemps.

Mais surtout, la pièce étant creusée à travers même la roche qui formait la structure globale de la forteresse, elle offrait une fenêtre tournée vers l’extérieur de celle-ci. Fenêtre que Luxanna ne mit pas longtemps à trouver, et à réaliser dans quelle situation délicate elle se trouvait. Si les deux autres serviteurs de Syndra avaient rejoints Eléana pour s’informer de qui était cette curieuse présence, et lui apporter le repas demandé, il n’y eut qu’elle pour avoir un léger sourire amusé en la voyant comprendre à quelle distance du sol elle se trouvait.

« Miss Crownguard ? » demanda-t-elle, après quelques secondes à la voir ainsi figée à la fenêtre. Elle dû répéter plusieurs fois sa demande pour avoir une réaction de la part de l’intéressée, avant qu’elle ne finisse par s’arracher à sa vision des hauteurs, et remarquer la nourriture qui venait de lui être apportée.

De son côté, elle s’était adossée contre le mur près de l’escalier qui les avait menées ici, bras croisés. Ce genre d’attitude n’était pas vraiment habituelle venant d’une servante, du moins, pas celles dont Luxanna pouvait avoir l’habitude à Démacia. Pas de petites rondes ni de révérences, pas d’attitude droite comme un I, mais une attitude, sans perdre en dignité, qui restait naturelle. Les deux autres étaient plus figés, et visiblement, suivaient ses instructions. Eléana était visiblement en ces lieux la personne en charge de beaucoup de choses, et celle avec qui la souveraine traitait directement.
Leur invitée ne tarda pas à se tourner vers elle tout en mangeant, et à commencer à lui poser des questions. Elle se privait ainsi du panorama donné sur l’intérieur de la forteresse et le lac, mais elle aurait sans doute l’occasion de l’admirer plus tard. Pour le moment, trouver des réponses semblait être une priorité pour la demoiselle, ce qui était compréhensible. Aussi, elle écouta patiemment ses questions, attendant que son flot verbal ait fini par se tarir, pour commencer à répondre.
Du moins, elle s’apprêtait à le faire, mais là ou ses lèvres semblaient s’ouvrir pour commencer une phrase, aucun son ne s’ouvrit, tandis que son visage se teignait d’une certaine surprise. De son angle de vue, elle pouvait aisément voir par-dessus l’épaule de Luxanna, ce qui se déroulait au niveau de la façade ouverte de cette salle de restauration.

« Et ne crois-tu pas que je représente une source assez puissante ? » sussura une voix douçoureuse, venue de juste derrière de tête blonde bien curieuse.

La curiosité était un bien vilain défaut. Un de ceux qui peuvent faire perdre un temps précieux, mais tel un chat attiré par un pot de crème, Syndra peinait à se concentrer de façon pure et sans entraves, en sachant cette étrange demoiselle à son bord. Un mage, et une demoiselle de son âge qui plus était... Le genre de personne qu'elle n'avait guère l'occasion de fréquenter. Sa présence en avait presque l'air amusante, passé les moments d'irritations lorsqu'elle l'avait devant elle.
Aussi, elle avait bien vite cessé de se gorger de puissance, pour aller prendre l'air. Ses pieds touchant le sol, si on pouvait l'appeler comme ça, l'espace de quelques minutes au bord du lac, elle avait entendu des éclats de voix venant de la salle de réfectoire. Le genre d'endroit dont elle ne prenait pas la peine d'accéder par les escaliers. Curieuse, elle avait de nouveau quitté le sol pour aller observer la scène par la façade découverte, venant poser le pied sur la partie découverte, pour y trouver Luxanna en train d'inonder de questions sa servante bien plus patiente qu'elle.
Bien trop de questions, agaçante petite curieuse. Et la curiosité est un vilain défaut.


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Luxanna Crownguard
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Ven 8 Avr - 20:35
Le nez dans mon potage, délicieux d'ailleurs, les yeux rivés sur la figure austère d'Eléana qui s'apprête à me répondre, je suis aux premières loges pour voir l'expression de surprise se peindre sur son visage, et peut être un peu de peur aus...
Je sursaute et manque d'avaler de travers ma gorgée de soupe en reconnaissant la voix qui viens de soupirer à mon oreille. Il me faut une petite trentaine de secondes pour toussoter, reposer ma cuillère et m'essuyer la bouche avant de me retourner, tentant d'afficher un air a peu prêt neutre, même si j'ai l'impression d'être un chiot, surpris à coté d'une flaque de liquide louche. Ayant déjà pu expérimenter un le caractère ouvert et charmant de la magicienne, je m'apprête a sortir une réponse toute en diplomatie, mais la vision que j'ai d'elle a cette distance et légèrement en contrebas me coupe légèrement la chique pendant une fraction de secondes. Ma bouche choisi ce moment pour fonctionner toute seule, relayant mes pensées sans même passer par le moindre filtre mental au préalable et c'est en toute ingénuité que mes lèvres formulent.

"Hoooo! Vous avez vraiment des yeux magnifiques..."

J'ai à peine fini ma phrase que mon cerveau réalise que j'ai prononcée à voix haute ce qui m'a traversé l'esprit à cet instant, je rougis alors violemment. Ne voulant pas que Syndra crois une fois de plus que j'essaye d'échapper a ses questions, d'autant que c'est assez douloureux quand elle les reposent, je m'empresse d'ajouter.

"Sinon, je n'en sais rien, je veux dire, c'est la première fois que je vois ça, mais il semblerait que la réponse soit oui, ce qui est vraiment très impressionnant."

Et je suis sincère, mon ton, mon visage, tout mon être le laisse penser, même si j'ai quelques petites réserves, me disant que Syndra doit profiter également de l'immense énergie du nexus entreposé dans son sous-sol, s'il s'agit bien d'un nexus, une fois de plus rien ne me permet de l'affirmer a 100%. Mon esprit étant toujours une vrai chaudière sur le point d'exploser, je me met à songer à ce que j'ai sous les yeux et que peut de gens doivent avoir le loisir de contempler en détails, à savoir la magicienne, a la fois si proche et si lointaine, drapée dans sa dignité et sa puissance. Je suis étonnée car n'était son attitude hiératique et colérique, je me rend compte que son visage est très lisse et exempt de la moindre rides, laissant à penser qu'elle est bien plus jeune que ce que j'avais imaginé de prime abords.
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Dim 10 Avr - 2:32
Un sourire narquois étira, l'espace de quelques secondes, les lèvres habituellement si froide de la jeune mage, en constatant la réaction de sursaut de Luxanna, qui ne s'attendait visiblement pas le moins du monde à entendre sa voix venue de son dos.
Elle prenait son temps à se retourner. Comme craignait le moment ou elle s'apercevrait que Syndra se trouvait vraiment derrière. Comme si elle pouvait nier ce fait tant qu'elle ne la croisait pas. Assez longtemps pour que le sourire de la souveraine ne s'efface, remplacé par son air dont l'expression évoquait les tréfonds puissants d'un insondable océan, ses yeux violins dissimulés derrière ce masque de pierre qui était à lui seul, le symbole de son reniement des traditions.

Mais pas assez complètement dissimulés -évidemment, sinon elle n'aurais pas pu voir devant elle-, visiblement, puisque la demoiselle se cru bienvenue de feindre un commentaire sur ceux-ci. Syndra resta quelques instants interdite face aux mots de la jeune femme. Assez longtemps pour laisser cette dernière enchaîner sur la suite de son discours assez peu cousu, dont il fallut quelques instants à la maîtresse des lieux pour comprendre qu'elle répondait à sa question rhétorique posée plus tôt.

Sa servante, elle, avait très légèrement incliné la tête en croisant un instant le regard de sa suzeraine, et s'était éclipsée pendant que Lux avait le dos tourné et s'enterrait dans ses flatteries.
Syndra garda le silence, durant quelques instants. Elle regardait Lux, et s'interrogeait. Il était rare, pour elle, bien rare, de croiser des jeunes femmes de son âge, et de les approcher suffisamment pour pouvoir leur attribuer une identité, et non juste celle d'un membre anonyme d'une vaste société malade. Elle se demanda, durant ces quelques instants, à quoi pouvait ressembler sa vie. Sa vie était-elle autre chose que celle d'un soldat sans âme, formaté à suivre une doctrine sans jamais ne la questionner ? Etait-elle heureuse, se sentait-elle exister ?

Parfois, il arrivait à Syndra de questionner tout ce qui l'entourait. Se demandant si ce monde n'avait pas été qu'une vaste mascarade formée autour d'elle, dont elle serait le seul réel être vivant, évoluant dans un univers dont chaque présence n'aurait de sens que par rapport à ses propres interactions. Le genre de questionnements qui occupaient parfois son esprit lorsqu'elle n'était pas concentrée. Et qu'elle balayait rapidement. L'idée était idiote.

Eleana revint rapidement, portant avec elle un panier rempli d'un met typique des campagnes Démaciennes. Probablement acheté -ou volé- durant leur arrêt de la veille. Il s'agissait de sortes de brioches mielleuses, dotées d'un cœur crémeux et sucré. Une pâtisserie de choix, calorique et riche. Syndra posa les yeux sur les quantités astronomiques de nourriture qui avaient été fournies à Luxanna, tout en piochant dans ce qui venait d'être rapporté.

" Il y a quelques temps, ceci était un le réfectoire d'un monastère. Un lieu ou les moines et élèves pouvaient avoir la chance de recevoir tout juste ce qu'il fallait à leur corps en avoine bouilli ou légumes fades, pour tenir les exercices de la journée, sans encombrer l'esprit. Pas assez pour apaiser la faim ou satisfaire l'esprit, en somme. "

Syndra sembla s'amuser de ses propres mots, un sourire narquois pointant sur ses lèvres, avant qu'elle ne morde dans la pâtisserie crémeuse, un peu de sucre venant recouvrir ses fines lèvres. Assise sur la grande table de pierre, attitude bien peu en accord avec ce qu'elle racontait des lieux, de ce que l'on pouvait savoir du grand respect de l'étiquette Ionienne. Elle ajouta juste après ça, une fois sa bouchée avalée

" Tu peux manger à ta faim. Celui qui dictait ces principes idiot pensait qu'une magie trop puissante devait être régulée, et privée, pour rester à cette même limite insatisfaisante, plutôt que de la laisser s'exprimer... Mais désormais, ces lieux sont mon domaine, et ces principes n'ont pas lieu d'être "

Son attitude semblait plus détendue, et plus ouverte à la discussion. Pour le moment, du moins. Si la souveraine n'était pas quelqu'un de cruel, sa susceptibilité et son irascibilité n'étaient que trop difficiles à prédire pour ne pas marcher sur des oeufs.


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Luxanna Crownguard
J'ai un rire et n'hésiterai pas à m'en servir!
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Ven 6 Mai - 13:24
Mes réflexions semblent avoir plongées Syndra dans un abîme de perplexité, pour la première fois depuis notre rencontre j'ai l'impression de vraiment l’intéresser, pour une fois ma maudite spontanéité semble m'avoir servi à quelque-chose, à moins qu'il ne s'agisse là uniquement de la fameuse bonne humeur dont Eléana avait parlé. Je profite un maximum de ce moment de calme pour continuer à observer cette femme, me demandant ce qui peut bien se cacher dans cette tête aux longs cheveux blancs.

* Quelle genre de personne est-elle en réalité? Sa puissance et son caractère semblent des barrières contre le monde, ne se sent elle jamais seule? Vivre avec des serviteurs liés à la magie... n'est-ce pas  comme se cacher dans un coin avec des jouets, s'isoler dans sa propre folie... ou… se protéger ? Mais de quoi ?*

Mécaniquement je me retourne pour continuer de suivre la jeune femme des yeux, qui touche enfin le sol pour prendre place, une pâtisserie à la main, directement sur le plateau de la table... Je ne m'offusque pas vraiment de telles manières, et puis elle est chez elle, mais l'attitude noble et distante de la magicienne jusque-là détonne avec cette façon de se tenir, très loin de l'étiquette, qu'elle soit démacienne ou ionienne.
Imitant la maîtresse des lieux, et l’écoutant de même que mon estomac, je replonge dans mon potage, savourant les gorgées du liquide épais et légèrement épicé. Un de mes sourcils se hausse en l’écoutant parler des anciens occupants de ce lieu. Comme je l’avais pensée en voyant la taille de l’endroit et de la salle en particulier, il devait y avoir foule à une époque… visiblement pas si lointaine.
J’avale une gorgée de soupe avec difficulté, en songeant à ce qui a pu advenir des malheureux  lorsque Syndra a pris possession de l’endroit. Je rougis légèrement lorsqu’elle me parle de la faim qui a régnée ici, et en contemplant à mon tour l’abondance de nourriture que l’on m’a offert, bien plus qu’il n’en faut pour un petit estomac comme le mien, même affamé.
La suite m’étonne et me fait réfléchir plus profondément qu’elle ne l’a voulu sans doute, je tourne pendant quelques secondes ma cuillère dans le bol, songeant à ce qu’elle vient de me révéler, inutile d’être un intellectuel de haut niveau pour comprendre qu’elle me raconte une partie de son histoire. Soudain toute cette colère en elle ne me semble plus si illogique, les principes… les règles, l’obéissance, tout ça je connais aussi… Sans doute pas de la même manière, je n’aurai pas l’outrecuidance de comparer mon enfance de petite noble à la vie de la jeune femme dans ce lieu austère mais… Un petit soupir s’exhale de mes lèvres et je regarde Syndra, le visage lisse et dénué de ce sourire faux dont je me sers comme d’un bouclier.

"Les… pédagogues ou les gens qui nous élèvent ont souvent du mal à nous voir penser par nous-même et aiment à nous garder dans le carcan rassurant de leurs propres valeurs."

Machinalement je tourne encore cette satanée cuillère entre mes doigts, reprenant une bouché de bouillon, réfléchissant aux carcans dont je suis le produit, et à la manière dont moi j’y ai réagie. Ne souhaitant pas éterniser trop le silence non plus, je crois bon d’ajouter, à moitié en pilotage automatique.

"Merci pour la nourriture, et l’hébergement, il y a beaucoup d’endroits où je n’aurai pas été mieux accueilli en arrivant ainsi tel un cheveu sur la soupe... cela dit, je ne voudrais pas non plus abuser de votre hospitalité."

Et voilà que les sourires reviennent, pas vraiment éclatant celui-ci, mais c’est tout de même un vrai sourire de remerciement. Enfin… si on tient compte du fait que je me suis quand même retrouvée à moitié enfermée dans une Salle/grotte/chambre/cachot et surtout fait catapulter sur les murs par mon hôtesse, mais bref… il faut croire que je ne suis pas une personne si difficile que ça. Et puis si elle peut redescendre la montagne que je puisse me carapater en vitesse, ma curiosité quant à ce qui se trouve dans les entrailles de ce monastère est vive, mais pas au point de risquer la chute pure et dure jusqu'au sol depuis cette hauteur.

*Je devrai songer à m'améliorer en lévitation, flotter à un ou deux mètres pendant une petite minute ne suffira pas.*
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Dim 8 Mai - 20:02
« Nous ». Cette façon de s’inclure dans le problème n’était pas anodine. Pouvait-elle comprendre ? Avait-elle vécu quelque chose de similaire ? Syndra ne savait pas énormement de choses sur Démacia, mais de ce qu’elle savait, ce n’était pas un pays de liberté, bien au contraire. Plutôt du genre à forger les mentalités au fer rouge, pour ne pas qu’elles aient ne serait-ce que l’idée de sortir du moule.

Elle frémit un instant en songeant ce qu’elle aurait pu être si elle était née Démacienne. Peut-être n’aurait-elle jamais eu la simple idée de remettre en cause les valeurs qu’on lui imposait. Ou peut-être aurait-elle été elle-même. Y avait-il encore la place pour les caractères individuels dans le pays d’où venait la dame de la lumière ?

Son discours était-il sincère, ou n’approuvait-elle ses dires que par peur de son interlocutrice et des pouvoirs qu’elle était en mesure de déchainer, pour détourner l’attention sans pour autant être en mesure de remettre en question son éducation ? Il était difficile pour Syndra d’interpréter la réponse de la jeune femme, produit de l’éducation Démacienne et championne de la League. Elle semblait porter de nombreuses chaines sur elle, de nombreux poids, sans qu’il soit possible à la souveraine de deviner si elle serait propice ou non à tenter de s’en défaire. Mais si elle-même avait pu briser ses chaines, alors pourquoi d’autres ne pourraient-ils pas ?

Ces quelques instants de réflexion furent achevés par une réflexion de la jeune femme pour la remercier de… l’héberger ? Une jolie tentative de mettre de jolis mots sur une situation qu’elle ne maitrisait pas, sans doute pour se rassurer, et se dire qu’en respectant l’étiquette, elle resterait entre de bonnes mains. Un bref rire sarcastique s’échappa des lèvres de Syndra durant un instant.

« Je ne t’offre pas l’hospitalité. Tu es ici, alors que tu ne devrais pas y être, et à moins que tu n’aies envie de faire le grand saut, il faut bien faire avec ta présence. »

Le ton n’était pas agressif. Visiblement, en dehors de ses moments caractériels, Syndra n’avait pas grand-chose à faire de nourrir une bouche en plus avec de la nourriture qu’elle avait de toute façon prise à d’autres.
Sa bouche se referma de nouveau sur la pâtisserie, goûtant à des plaisirs sucrés qui dissonaient tant avec les souvenirs de ce que lui offrait son vieux maître, froid et insensible, qu’un sourire étrange s’en dessina sur ses lèvres. Aussi malvenue soit-elle, il était de son rôle de souveraine de s’assurer que personne n’ait à souffrir de privation sur son domaine. Et puis, peut-être pourrait-elle faire quelque chose d’elle, après tout…

« Lux, c’est ça ? » demanda-t-elle après avoir avalé sa bouchée, s’appuyant un peu plus contre la table.
«  Je suppose que tu as dû souffrir aussi de tes maîtres, de la prison dans laquelle leur discipline nous enchaîne… Pourquoi ne resterai-tu pas, sous mon règne, et les nouvelles valeurs que j’amènerai ? »

Elle se tourna plus en avant vers la demoiselle, plongeant ses yeux violins, plein de magie, sous son masque de pierre, vers le regard bleuté de la demoiselle. Comme pour la jauger, chercher à mieux la comprendre, mieux se connecter à elle

«  Tu pourrais libérer ton potentiel, oublier les limites que l’on t’a imposées. Briser tes chaines, et être libre. »

L’on n’attirait pas des mouches avec du vinaigre, mais Syndra ne tentait même pas d’ajouter de miel non plus. Elle se contentait de les appeler, sans artifices, maladroitement, mais sincèrement. Elle devait détruire les vieux maîtres, rendus faibles par la mentalité qu’ils n’avaient jamais remis en cause malgré l’évolution du monde, et plus froid que la pierre. Trop de vie étaient détruites, pour ceux qui n’avaient pas, comme elle, la force de briser eux même leur prison et leurs limites. Même s’il fallait pour ça, un petit coup de pouce pour faire réaliser à une victime qu’elle en était une. Son règne s’étendrait bientôt, elle en était certaine. Ceux qui n’étaient pas avec elle seraient contre elle, et ceux qui avaient été contre elle l’avaient bien vite regretté.[/color]


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Luxanna Crownguard
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Sam 25 Juin - 15:01
J'ai l'impression que Syndra et moi commençons à nous comprendre d'une certaine manière, quoique nos histoires soient vraiment différentes, du moins de ce que j'ai cru comprendre de la sienne, mais certains points communs demeurent et le fait qu'elle ait gardé son calme face à mes réflexions est signe que j'ai touché juste. Intérieurement je m'accorde un petit soupir de soulagement, il n'est pas aisée de parler à une véritable bombe vivante qui menace d'exploser dès que vous faites un pas légèrement à côté de la mince ligne de tolérance qu'elle accorde au monde.
Je crains d'ailleurs le pire lorsque son rire aigre retentit, pourtant sa réflexion me vexe et me fait monter très légèrement le rose aux joues, je viens précisément de la remercier de faire avec ma présence non souhaité, mais elle n'a visiblement pas comprit la finesse de ma phrase, enrobée de toute la politesse dont j'ai fait preuve, pur produit d'une éducation et d'un pays ou l'on place les bonnes manières et les euphémismes qu'elles engendrent aux rangs des qualités.

"Je préférerai éviter effectivement…"

Nous ne nous attardons pas plus sur le sujet, en tout cas elle ne surenchérit pas et moi non plus de peur que ce que je crains ne finisse par devenir réalité, à moins de me découvrir soudainement des dons vraiment incroyables pour la lévitation je ne survivrai pas à un ultime coup de sang de mon hôte.

*Et en étudiant la manière dont elle se déplace sur un léger courant arcanique, ça doit être reproductible. Si l'on tiens compte du flux continue qui doit se dégager pour empêcher le corps de toucher terre... mais est-ce qu'il s'agit de retirer sa masse à ce dernier ou de produire une sorte de zone qui repousse l’environnement extérieur ? J'aurai du demander à Miss Buvelle de plus amples renseignements sur la façon dont ell….*

Perdue dans mes pensées, planchant sur un problème magique comme un yordle baverait devant une pâtisserie, me nourrissant de potage de manière mécanique, j'avais presque oubliée Syndra l'espace de quelques instant jusqu'à ce que mon surnom de sorte de sa bouche. Me tirant de mes songes par l'étonnement d'entendre cette syllabe prononcé par les délicates lèvres de la magicienne qui ne semblait pas plus intéressée que ça par mon patronyme il y a peu.

"Luxanna en fait Lux c'est un su…"

Je ne finis pas ma phrase, d'une part car lui préciser que je n'autorise que mes amis à m’appeler ainsi n'est guère prudent toute réflexion faite, d'autre part car elle vient de commencer une série de réflexions qui me laissent littéralement pantoise. Pendant des secondes qui semblent durer des heures je contemple le visage jeune et lisse dont le regard violet vibrant de magie contenue darde ses iris sur moi. Je ne cherche pas à éviter cet échange, et me noie volontiers dans la connexion éphémère qu'il amène entre nous, puis la rejette instinctivement.

*Syndra comme souveraine… * "…Non."

Ma bouche à formulée ma pensée presque sans que j'en ai conscience l'offre de mon interlocutrice est sans doute très généreuse de son point de vue mais du mien elle ressemble à l'équivalent de : 'j'ai un sort pour détruire le monde, tu viens on appuie dessus ensembles !' Consciente qu'un tel refus catégorique demandes quelques explications surtout en face de Syndra, mon instinct de survie pousse les paroles suivantes à s’élever dans l'air rapidement.

"Je n'ai pas eut le choix pour beaucoup de choses, je le reconnais et en suis parfaitement consciente, mais… Bien que j'ai rejeté certaines valeurs, je mentirai si je disais que la plupart ne sont pas devenue réellement miennes, je ne souhaites pas détruire cela ni briser l'équilibre que j'ai fini par trouver entre mon éducation et mes envies. J'aime ce que je suis, mes amis, mon royaume, mon prince et mon roi, ma famille… ils sont tout à la fois chaînes et réconforts.  J'aime… ceux qui m'entourent même dans leurs imperfections."

Le ton est saccadé et précipité peut être, j'ai essayé de parler le plus possible avant le déferlement de fureur, tentant de l’apaiser en le noyant sous les mots. Je n'ai pas cherché à m'excuser, je ne veux pas m'excuser pour ce que je pense, simplement tenter de faire comprendre à la jeune femme seule dans sa pose hiératique devant moi que ce qu'elle me propose est ni plus ni moins que rejeter tous le reste… et que je suis incapable de vivre dans une telle solitude. J'ai pardonnée à ceux qui m'ont obligé, je suis en paix avec cette partie de mon histoire et ce n'est certainement pas aujourd'hui alors que je commence à remplir l'abysse insondable qui constituait mon existence en m'appropriant réellement ce que je n'ai fait que répéter pendant longtemps, que je vais briser ce que j'ai tout juste commencé à recoller à ma façon pour faire à celle d'une autre.

"Et puis...qui promet la liberté alors qu'elle enchaîne par la magie ceux qui la servent..."

Les yeux toujours vissés à ceux de la souveraine obscure, j’attends que le couperet de son mécontentement ne tombe, mais peut importe. Pour une fois j'ai fais mon choix et dit non et peu importe les conséquences pour ma survie. Je ne me laisserais pas imposer une existence une fois de plus, sa soit disant liberté n’amènera que feu et flammes.
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Lun 22 Aoû - 12:53
A quoi reconnait-on un vrai ami ?

A sa façon de rire avec soi, pleurer avec soi, être calme avec soi ? A savoir qu’il nous comprend, qu’il nous apprécie et est apprécié en retour ?

Ou est-ce à sa capacité à être toujours là, au fond de soi, sans doute aucun que jamais, il ne nous quittera ?

Si c’est ainsi que la véritable amitié se manifeste, alors Syndra pouvait affirmer qu’elle en avait avec elle la plus proche de toutes. Tapie au fond d’elle, prête à bondir à tout instant. Jamais seule, puisqu’à chaque instant, elle n’était jamais bien loin, et ne l’abandonnait ni ne l’abandonnerait jamais. Elle portait le nom de Colère, et était prête à la protéger de la douleur, à l’envelopper toute entière, lorsque le monde la rejetait et cherchait la vouer à la solitude. Non, cette amie-là, jamais ne la laissait être seule, même lorsque l’intégralité du monde voulait la détruire, et ce jusqu’au jour où elle aurait détruit l’intégralité du monde.

Et bien vite, celle-ci s’invita en elle, autour d’elle comme l’on enfilerait un vêtement, la couvrant jusqu’au bout des doigts, à mesure que son regard durcissait sous le masque qui cachait à moitié ses yeux animés d’une lueur vive. Une colère froide, tendue, qui faisait grincer des dents, pour la protéger de la déception. Elle ne voulait pas être de son côté ? Tant pis pour elle. Qu’elle retourne à la masse grouillante d’insectes incapables de voir plus haut que les brins d’herbes d’où elle était venue ! C’était déjà bien généreux de sa part de lui proposer de la rejoindre. Lorsqu’elle dominerait Ionia, peut-être comprendrait-elle son erreur, quelle que soit sa justification. Faire ses propres choix… Evidemment. Elle ne pouvait pas réfuter cet argument là, et s’apprêtait à répondre d’un sifflement méprisant et hautain à la réponse de la jeune femme.
Mais elle prononça les mots de trop.

Son sang se figea instantanément dans ses veines, avant de se mettre à bouillir, au point qu’une aura brulante semblait se dégager de chacune de ses pores. Son regard incendié se posa sur la jeune femme, empli d’une colère sans nom, lorsque celle-ci suggéra qu’elle avait pu enchainer magiquement ses serviteurs. Lui refusait-elle la capacité à avoir des personnes souhaitant la suivre volontairement ? L’insulte dépassait l’entendement.

En un clin d’œil, sa réaction se fit sentir, frappant tel un raz de marée submergeant le forteresse entière. Son bras levé, sa main se refermant dans l’air, saisissant par sa simple volonté la jeune femme par la gorge, et la projetant avec une violence inouïe droit devant elle, alors que toutes les pierres qui formaient la structure de la pièce volaient en milliers d’éclats, effondrant dans l’instant une part entière de la forteresse. Aspirées par le vide de plusieurs kilomètres qui s’étendait au-devant d’elles, nombreuses furent les pierres à faire la grande chute, offrant un désagréable spectacle de ce qui pourrait être un destin proche à la jeune blonde si Syndra venait à avoir l’idée de lâcher la gorge qu’elle enserrait magiquement, offrant un « choix » des plus épineux. Toutes les deux s’étaient déplacées si rapidement en direction de l’immensité du ciel qui les entourait, que la forteresse semblait déjà plus petite derrières elles, alors que la souveraine faisait face à son « invitée », lévitant dans l’air, les sphères d’énergie pure virevoltant au même rythme que le vent qui battait ses longs cheveux tout autour d’elle, sa poigne aussi serrée que sa mâchoire, douloureuse de crispation.

« Comment… OSES TU… Prétendre que j’enchaine mes serviteurs… »

Ses mots, articulés à outrance, transposaient d’une indicible colère, alors qu’elle pesait le pour et le contre sur le sort qu’elle s’apprêtait à réserver à la jeune femme, les idées brouillées par des battements sourds et brulants qui envahissaient tout son corps, sa vision, tel un voile rougeoyant. La privation soudaine d’air, causée par cette sortie brutale de la forteresse un tant soit peu protégée des intempéries, lui donnait un tournis qui ne l’aidait pas à reprendre son calme. Ne souhaitant pas pour autant que sa décision soit précipitée par la suffocation de sa victime, elle desserra lentement sa poigne magique, à gestes crispés. Entraînant par là même une prise moins sûre au-dessus du vide qui l’entourait, et une possibilité accrue d’une chute libre entraînant une mort aussi violente que précipitée. La question de pourquoi est ce qu’elle ne l’avait pas encore jetée par-dessus bord lui effleura l’esprit un instant, d’abord avec colère, puis avec le rappel moralisateur qu’elle ne souhaitait pas régner uniquement par la peur auprès des simples insectes, qu’elle pouvait brûler telle une fourmilière au-dessus de laquelle on poserait une loupe. Elle avait déjà agi sous le coup de la colère à de nombreuses reprises, et s’était aventurée à tenter de se contrôler et prendre le temps de se calmer avant de prendre une décision, bien que celle d’aller fracasser cette effrontée sur les rochers était des plus tentantes. Elle fit néanmoins un effort surhumain pour maitriser sa fureur, et se déplacer dans les airs pour se retrouver derrière Luxanna, projetant cette dernière sans la moindre douceur à l’intérieur de la forteresse, la laissant aller s’écraser au fond de la pièce d’où elles étaient sorties de manière plus ou moins précipitées.

Elle posa pied sur les dalles juste après elle, sous l’œil inquiet de sa servante, qui ne savait que trop bien à quoi la colère de sa souveraine pouvait mener.

« Montre lui ce que c’est, que d’être enchaînée » pesta-t-elle simplement d’une voix mauvaise à sa suivante, se déplaçant tout en faisant un geste du bras rapide pour qu’une paroi rocheuse venue de plus bas sur la structure vienne se placer là ou sa colère avait creusé un trou béant dans la forteresse, et le reboucher. Sans même regarder le résultat, elle s’éloigna par la terrasse intérieure de cette salle, pour aller disparaître au milieu des rochers soutenant les multitudes de cascades qui tombaient dans le lac central, là où elle pourrait passer sa colère destructrice.


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Luxanna Crownguard
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Dim 11 Sep - 21:33
Mes yeux ne cillent pas, mon visage reste lisse et ferme, nul sourire de façade n’éclaire la porcelaine rose de ma peau frémissante. Un étrange phénomène se produit alors, que j’ai déjà eut le loisir d’expérimenter lors de batailles, ou d’éventements suffisamment traumatisant pour le déclencher. Mon corps reste bel et bien en place, tandis que mon esprit semble se détacher de ce dernier, je vois alors toute la scène avec une acuité presque inhumaine tant elle est précise, le temps se distord un moment et c’est avec un curieux détachement et un ralenti digne d’un drame de pièce de théâtre que je contemple l’explosion de la bombe dont je viens d’allumer la mèche en toute connaissance de cause.
Pas de peur, pas le temps pour ça, toute mon attention est accaparée par Syndra, tel un petit mammifère qui contemple les crocs de son prédateur avec une horreur malsaine juste avant que la fin ne survienne. Les crocs de la souveraine obscure ne sont qu’énergie pure, mais cela ne les rends pas moins efficaces, ni moins impressionnants. Mes sens de magicienne sont saturés par les forces qui se déchaînent devant moi, la mèche brûle toujours, elle était bien courte pourtant mais le phénomène de distorsion m’accorde la capacité d’analyser plus vite que je ne peux réagir.

*Et voilà, je vole, qui eut cru que ce serrait aussi douloureusement facile?*

Projetée dans l’immensité du ciel dans une gerbe d’éclats de pierres et de déchaînement arcanique, seul l’étranglement qui me prive peut à peut d’oxygène et d’une partie de ma conscience me retiens dans le monde des vivants. Deux réflexes habitent tout mon être, le premier porte une main à ma gorge tentant en vain de trouver un moyen de desserrer l’étreinte magique en même temps que de m’y accrocher. Le second, mais qui arrive bien plus tard, est du à toute une vie passée à exercer la magie, une vie pas si longue que ça, une vie qui aimerait bien se prolonger, je commençais tout juste à m’amuser, je ne veux pas que sa se termine de cette manière ! Certain mythes veulent qu’au moment de mourir toute votre vie défile devant vos yeux, les miens contemplaient Syndra, magnifique dans sa monstrueuse colère, toute avoisinée de formules magiques et de souvenirs de mes études, d’une manière désordonnée ces hallucinations ne répondaient qu’a une seule logique...essayer de me faire survivre.

*Luxanna, il est temps pour toi de faire ce pourquoi tu as toujours eut un don… reproduire un sort, dit moi comment tu voles, je te montrerai comment je ne m’écrase pas.*

Tandis que mon cerveau se démène pour trouver une échappatoire avant de succomber au manque d’oxygène, je note pourtant dans les paroles grondés tels milles tonnerres un sentiment de vexation. Aurai-je fait erreur ? Des yeux de deviennent pas saturés de magie par hasard, si Syndra n’enchaîne pas ses serviteurs, sa présence leur fait bel et bien quelque-chose, et que dire de celle très fortement supposée du nexus prisonnier des entrailles du rocher. Mais je n’ai guère le loisir de m’attarder d’avantage sur mon éventuelle erreur d’interprétation, je sens soudain la prise se desserrer, mes mains battent l’air convulsivement pour me rattraper à l’intangible force qui me maintient en l’air. Je n’ai pas l’occasion de poursuivre cette gymnastique très longtemps, déjà la sombre magicienne se déplace hors de mon champs de vision, persuadée que je vais faire le grand saut je prend ce que je crois être ma dernière inspiration et j’ouvre grand les bras et chuchote.

"Vas-y..."

*Tu veux me tuer, fais-le! Mais il ne sera pas dit qu’a l’heure du trépas j’aurai montrée la moindre peur, fais-moi tomber, je ne crierais pas, je ne pousserai pas le moindre gémissement, j’essayerai juste de voler, ou bien peut-être aurai-je le temps de riposter une dernière fois avant la chute, mais tu ne m’entendra pas te supplier, ça j’en fait le serment.*

LA DOULEUR! une douleur vive qui irradie dans mes genoux, mes coudes, mon dos, mon ventre, presque tout mon organisme, une douleur qui se répand comme un feu de forêt dans tous mes membres et pourtant, je prend un tel plaisir à la sentir, ou plutôt à sentir ce qu’il l’a causée.
LE SOL ! celui de la forteresse et non du plancher des vaches, ce sol dur de pierres lisse et polies par des générations de moines et de serviteurs, si je n’avais pas aussi mal je l’embrasserais presque, mais déjà la caresse rugueuse et fraîche qu’il répand contre ma joue me fait un bien fou, presque autant que l’air qui circule librement dans mes poumons et ma gorge sans entrave.

*DEBOUT ! Ce n’est pas fini !*

Mon œil capte un pied menue qui se dépose à coté du patin désarticulé que je suis, je saisie mon bâton et m’en sers comme d’une canne pour me relever, appuyée sur lui, le cœur palpitant je regarde les acteurs de ce drame, presque insensible à l’impressionnant spectacle du mur qui se reforme par la seule pensée de Syndra. Je suis dans un sale état, ça je le sais bien, mais je ne cille pas, jamais… mes yeux sont toujours vissés sur la maîtresse des lieux, et il ne reflètent ni la peur, ni la soumission. D’autant que sa dernière phrase me glace, et me met moi aussi en colère, que connaît-elle de ma vie pour se permettre de dire une chose pareille? Des chaînes j’en porte tellement, leur lourdeur n’aura jamais rien de comparable avec de pauvres bouts de métal. Mais est presque déjà partie, ne faisait plus attention à moi telle une enfant qui a fait son caprice et va bouder dans son coin après avoir obtenu ce qu’elle voulait.

"Comme si je ne savais pas…"

Ma voix est amère et coassante, enrouée, je n’en aie cure, mon empathie naturelle s’effiloche de plus en plus, à mesure que mon corps souffre mes yeux se reportent sur Eleana, puisqu’il ne reste plus qu’elle je la défie du regard, attendant la suite.
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Dim 11 Sep - 21:38
L’explosion de violence ébranla toute la structure. Toute une colère contenue dans chacun de ses muscles, une colère venue du fin fond de son cœur emmuré, à l’image de forteresse de pierre, au plus profond d’elle, et qui ne demandait qu’à resurgir et tout détruire sur son passage à la première occasion. Forgée de magie brute, instable, ses sentiments ne se distinguaient plus de sa magie tremblotante. Une petite étincelle suffisait ce que la fragile enveloppe de raison qui l’entoure se brise en mille éclats, et laisse échapper cette effusion destructrice, qui pour l’heure, se matérialisait au milieu des cascades qui formaient la paroi interne de la forteresse interdite, projetant des trombes d’eau de par tous les fuseaux. Seule l’épuisement, du déchainement de toute cette colère qui l’habitait, pouvait parvenir à la calmer, et peu importe combien de violentes secousses devraient ébranler la forteresse sous le déchainement furibond de cette force incontrôlée.

Les yeux gris et froids d’Eleana se posèrent sur Luxanna quelques instants, la jaugeant. Il était difficile de deviner ses émotions, sous un masque neutre bien plus adroit que tout objet de pierre que pourrait porter sa souveraine pour masquer son expression. Simplement se contenta-t-elle de lui indiquer de la suivre. Elle marchait près d’elle, sans un mot, alors qu’elle l’entrainait vers une descente des escaliers, bien conscience que la forteresse risquait fort de ne pas être des plus stables, et que la jeune femme risquait de chuter et de se rompre le cou.
La servante finit néanmoins par rompre le silence qui accompagnait leur descente, s’exprimant sur un ton qu’elle voulait neutre, mais qui ne pouvait cacher quelques traces de ressentiment.

" Vous n'auriez pas dû dire ça. C'était gratuit, dur, et surtout, déshonorant. Pour elle autant que pour moi "

La demoiselle présenta des excuses en tentant justifier, expliquant qu’elle avait cru, vis-à-vis de la décoloration qu’elle avait pu apercevoir dans les yeux de ceux qu’elle avait croisés ici. Ces mêmes yeux qui lui jetèrent un regard froid, alors que leur propriétaire hochait négativement la tête, expliquant à son tour que cela n’avait rien à voir avec une forme d’enchainement quelconque, mais était simplement le résultat inévitable de ceux qui côtoyaient Syndra, et qui voyaient leurs iris se décolorer, sans doute pensait-elle, lié à la puissance magique qui imprégnait ces lieux.

" Elle est susceptible, mais pas à plaindre. Simplement parfois difficile à comprendre. J’ai un respect immense pour ma souveraine, mais j’ai aussi conscience qu’elle n’est encore qu’une enfant, qui a besoin d’être canalisée "

expliqua-t-elle simplement, en guidant Luxanna jusqu’à la pièce où elle avait déjà passé la nuit plus tôt, tout aussi identique qu’auparavant. Il n’y avait pas de méchanceté dans l’enfermement auquel elle l’amenait, simplement de l’obéissance patiente.

" Il y a bien peu de gens qui croient en elle, miss Crownguard, la plupart se contentent de vouloir l'éliminer. "

Discutant simplement, d'un neutre, courtois, mais qui laissait transparaître une certaine tristesse, elle tenta d’expliquer à sa captive quel genre d’expérience de la société Syndra avait pu vivre, et ce qui l’avait conduit à cette colère débordante qui l’habitait.

"C'est la raison d'une telle colère. Elle a toujours effrayé ses proches de par sa magie sans limite, et personne n'a jamais tenté de faire autre chose que de la contenir et l'étouffer, essayer de l'enfermer dans un carcan, au nom de l'équilibre. C'est pour cette raison qu'elle a aussi violemment réagit à vos paroles. Ce lieu a longtemps été sa prison "  

Malgré sa neutralité, il transpirait dans les paroles d’Eléana, une profonde affection pour sa souveraine, et ses mots sur l’histoire de la jeune femme au masque de pierre portaient à croire qu’elle avait été l’une de ses rares, si ce n’était la seule, confidente à ce sujet.

" Je vais devoir vous demander de vous séparer de ceci " lacha-t-elle finalement d’un ton neutre en désignant le bâton de Luxanna. "Il n’y a pas de chaines physiques en ces lieux, mais ce n'est pas l'objet de sa... vexation. Enchainer ce que l'on est à l'intérieur est différent de simples entraves "


Assise dans l’eau claire, tout semblait normal. Quelques remous agitaient mes vêtements, m’arrachant des frissons de froid, alors que ces cascades éternelles ronronnaient de leurs habituels remous, brassant l’air et l’eau ensemble, en milliers d’étoiles blanches. Ces mêmes cascades qui, un peu avant, vrombissaient du plus puissant des tonnerres, déferlant de trombes violentes, à en plonger dans le plus pur chaos tout ce qui m’entourait, fauchant tout sur leur passage. Combien de temps s’était-il écoulé ? Combien de temps avais-je passé ainsi, à laisser s’exprimer toute ma haine envers le monde entier sur ce que j’avais moi-même dû créer pour le fuir ? Quelques secondes, quelques minutes, des heures ? Je n’avais plus conscience de l’écoulement du temps, lorsque le voile rouge de la colère recouvrait mon champ de vision. Pourtant, tout était resté bien attaché. Rien ne semblait avoir changé en ces lieux, qui n’étaient pourtant qu’une création de ma volonté. Il aurait été si facile de tout disloquer, de laisser s’effondrer pierre par pierre tout ce qui m’entourait. L’envie n’était pas passée loin.
Comment mon front était-il arrivé à s’appuyer sur mon genou, les paumes appuyées de part et d’autre dans l’eau ? Elle était glacée.  Plus encore que l’air ambiant, à cette altitude, malgré la protection de la roche. Pourtant, sans que je ne me l’explique, quelque chose d’étrange caressait mes joues, glissant délicatement depuis depuis mes yeux. Quelque chose de brulant.


Tout était de nouveau calme, dans la forteresse. Les explosions et secousses s’étaient calmées, depuis près de deux heures déjà, et l’immense temple entouré de roches avait repris sa course lisse et tranquille dans le ciel. Dans la pièce sombre et fermée, la herse finit par s’ouvrir de nouveau. Aucun bruit de pas dans l’escalier n’avait précédé cette soudaine rupture du silence, alors qu’une silhouette se découpait dans la pénombre. Non pas celle d’un suivant quelconque, mais bien de Syndra elle-même, silencieuse et fermée. Semblant vouloir dire quelque chose. Elle se ravisa cependant bien vite, s’enfermant quelques instants de plus dans le silence, avant de lâcher simplement, d’une voix qui ne venait cette fois que d’une seule direction, la sienne.

« Je n’enchaine pas mes sujets »


Si ton bonheur est ailleurs

Pourquoi ne pas tout recommencer ?

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Luxanna Crownguard
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Jeu 13 Oct - 12:14
Les yeux toujours posés sur Eleana, mon regard vissé au sien, je ne sourcille même pas lorsque les explosions de colère retentissent plus loin, visiblement la ‘souveraine obscure’ canalise sa frustration en suivant le bon vieil adage ‘le meilleur moyen de maîtriser son ire est d’y succomber’. Une fois de plus je me fais la réflexion que c’est une attitude puérile. Je soupire intérieurement, le ressentiment brouille sans doute en partie mon jugement, mais actuellement après avoir failli mourir, j’ai beaucoup de mal à retrouver mon empathie naturelle.

*Une telle puissance à peine canalisée est terriblement dangereuse.*

Vacillant à chaque secousse qui ébranle la structure, je suis la servante dans les escaliers, descendant de nouveau dans les entrailles de la forteresse avec un certain plaisir, d’une part car il y fait meilleur que tout en haut, d’autre part parce que je ressent étrangement le besoin d’être entourée de murs solides que ce fut à droite à gauche en haut ou en bas. Sans compter que la précieuse maçonnerie, malgré les coups qu’elle subit me permet de me rattraper, lorsque je vacille à la fois de douleur, d’épuisement et des tremblements qui ébranlent l’architecture tout entière.
L’esprit ailleurs, tentant d’imaginer plus que jamais des moyens pour m’extirper de ce guêpier ou un cheval emballé m’a mené, je relève la tête avec surprise lorsque la femme grise rompt le silence dans lequel son obéissance neutre forcenée la plonge. Ses paroles projettent un froncement de sourcils sur mon visage, attirant une fois de plus mon attention sur la source de mes heurts, visiblement une incompréhension de ma part.

*He bien, puisqu’on me permet de répondre plutôt que de m’envoyer dans l’air…* "J’ai dit ce que j'ai déduis de l’imprégnation de vos yeux, si ce n'est pas le cas je vous prie d'accepter mes excuses sincères, mais comprenez que Moi Aussi j'abhorre l'esclavagisme."

Mon ton est didactique, quoique que peut amène. Ce n’est pas avec l’éminence grise de Syndra que je voudrai parler de ça, mais avec l’intéressée en personne, ce qui est visiblement impossible sans se retrouver transformée en crêpe. Le contraste entre la maîtresse et la servante m’agace, en fait, je serai prête à manger mon bâton contre une personne normale aux réactions mesurées avec qui un vrai dialogue est possible. Cela dit je suis tout de même intéressée par les renseignements que je tire d’Eleana, alors il s’agirait d’une saturation magique ? Sur le principe ce n’est pas impossible, les yeux brillants sont une composante de nombreux mages ou créatures magiques, et rester au contact d’une puissante source arcanique pendant longtemps change forcément les êtres à proximité…

"Dans ce cas je renouvelle mes excuses, je sais reconnaitre mes tords Lorsque j’en ai, et je suis prête à le faire devant Syndra également..."

J’insiste peut être légèrement lourdement sur le fait que MOI je suis capable de m’excuser, et de me remettre en question, sous-entendu sans balancer précédemment un laser lumineux dans la tête de mon interlocuteur, la conciliation faisant partie de mon caractère.

*Comme toujours Lux, la si gentille lux, toujours souriante et facile à vivre… des fois tu mériterais des baffes Luxanna Crownguard pour être autant une peluche… cela dit pour une fois si tu avais été plus caractérielle la chute étais garantie… Mais revenons à l’intéressant, à quel point la saturation est dangereuse pour ceux qui subissent les effets de puissants courants magiques sans être des créatures éveillées ? Les zones trop imprégnées par les guerres runiques sont peuplées de monstres et de mutations…*

Evidement je ne fais pas part de ce genre d’inquiétudes à ma guide, on va encore m’accuser de faire du mauvais esprit… cela dit pour peu que mes hypothèses s’avèrent exactes un jour ou l’autre, je frémis à l’idée de ce que pourrait ressentir La Source, condamnée à la solitude, encore plus qu’aujourd’hui dans sa muraille de colère. Sans doute est-ce ces réflexions qui portent les mots qui suivent à ma bouche, une fois n’est pas coutume, sans contrôle de mon cerveau.

"Vous savez, je la plains...même si elle mépriserait sans doute ce sentiment de ma part et qu'elle se mettrait de nouveau…" Un bruit d’éclatement et une nouvelle secousse choisissent ce moment opportun pour illustrer mes propos. "…en colère."

Je m’attendais plus ou moins à la réponse qui suit et m’accorde un mini soupir, autant parce que je suis blasée de la fierté de coq qui régit les caractères des habitants de cette forteresse, que parce que je retrouve ma chère et tendre amie à savoir la chambre/cachot/hall dans laquelle j’ai dormi cette nuit. Cela dit au risque de rentrer dans la polémique je crois bon de préciser mes pensées, trop de personnes méprises la pitié sincère qui n’est pourtant qu’un élan du cœur et non une volonté d’infantiliser ou de dénigrer.

"Ma pitié est amour et non condescendance, j'ai compris en filigrane les sentiments qui sont les siens... car je les connais, j'espère qu'elle réussira à trouver un équilibre et que ce jour elle n'aura pas fait fuir tous ceux qui auront eu l'infinie patience de croire en elle… Finissons-en"

Je retrouve avec un certain plaisir le moelleux relatif du futon, mes yeux se ferment tout seul en attendant la suite des évènements, les fameuses chaînes, youpi… Mes oreilles absorbent ce qu’Eleana essaye de m’inculquer de l’histoire de Syndra… Et je me surprends à la plaindre encore plus, mais cela me met aussi en colère, parce qu’elle croit être la seule à avoir été contrainte ? Sans doute est-ce sans commune mesure, mais avant de demander de comprendre à d’autre il faut faire l’effort de comprendre soit même.

"Je comprends son besoin de liberté....mais il est tellement violent."

En parlant de violence… J’ouvre en grand les yeux et transperce la jeune femme de mon regard azur, nul besoin d’avoir vu son geste pour comprendre qu’elle parle de mon bâton. Instinctivement, ma main se serre sur le bois patiné par les années à le manier et l’emmener avec moi, meilleur ami dans les temps difficiles, je n’ai pas besoin de lui pour faire de la magie, encore qu’il m’aide à la canaliser et la renforcer, mais surtout il est comme un porte bonheur, une sorte de doudou pour adulte qui me réconforte lorsque j’en ai besoin, qui est toujours là… L’abandonner, JAMAIS, laisser quelqu’un le toucher est pour moi un geste plus personnel que de me déshabiller entièrement… et quand on sait à quelle point mon éducation a été rigoriste sur ce genre de sujets au point que je ne peux m’empêcher de rougir à tout vas dès qu’une conversation s’en approche de prêt ou de loin…

*Tu crois que me priver de mon sceptre me privera de ma magie ? Idiote, imbécile, tout ce dont tu me priveras c’est des derniers lambeaux de patience qu’il me reste…* "Personne ne touche à mon bâton."

On pourrait lester les pieds d’un condamné à la noyade avec le poids de mes paroles, plus de gentille voix de petite fille, plus non plus de sourires, j’ai les mâchoires plus crispé qu’un dogue en chasse. La servante semble percevoir mon changement d’attitude et m’explique que je vais devoir obtempérer, dans mon propre intérêt. Je me redresse et réitère ma phrase, lui expliquant fermement qu’il est hors de question que la moindre main étrangère se pose sur mon sceptre, laissant clairement sous-entendre qu’elle n’aimerait pas se confronter à une seconde magicienne en colère. Peu me chaut qu’elle ne paraisse pas impressionnée à cette idée, j’ai l’habitude d’être sous-estimée et quoique mes ires n’aient sans doute pas la glorieuse explosivité de celles de sa maitresse, elles n’en sont pas moins mortelles pour ceux qui s’y confrontent armés uniquement d’une robe de service. Nous finissons pourtant par trouver un arrangement tandis que je maudis silencieusement ma passivité.
Je dépose moi-même mon précieux ami contre le mur du couloir, hors de portée de ma main, puis tout en le contournant soigneusement sans même le frôle à aucun moment, la femme m’enferme dans le noir et me laisse ainsi, seule, dans l’idée que me priver de mon jouet m’apprendra ce qu’est la frustration.

*Si tu savais…*

J’attends un assez long moment, puis m’assied en tailleur sur le futon et remue doucement les doigts de la main gauche. Un sourire en coin aux lèvres, je contemple avec plaisir une petite volute de lumière or et cyan qui virevolte joyeusement jusqu’au sceptre hors de portée et… normalement… de vue.

*Bien, voilà, félicitation, quelle rebelle, j’ai fait de la lumière…*

Je soupire et martèle rapidement le futon du poing pour le remettre en forme, puis je me roule en boule et laisse l’épuisement m’emporter à la lueur de ma propre magie, si fine et ciselée et dressée.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Je suis réveillée par le bruit de la lourde grille qui s’ouvre, un sursaut qui m’arrache un grognement de douleur lorsque mes bleus se réveillent et manifestent derrière mes muscles pour plus de considération et de meilleurs soins. Je regarde l’air légèrement hagard la personne qui entre, ne reconnaissant pas Eleana, jusqu’à ce que l’ombre des ‘cornes’ de la coiffe de Syndra et son regard violin brillant me donnent la réponse à peine une seconde plus tard.
Encore embrumée, je remets par réflexe mes cheveux en place et mon corps en position assise, scrutant d’un air curieux une magicienne en pleine réflexion ?
Plusieurs choses se passent alors simultanément, d’une part une voix agréable et unique me parle, et d’autre part je ressens soudain un vide que je n’arrive pas à expliquer et qui vrille l’air par son absence, sorte d’échos des cauchemars qui ont hantés mon sommeil agité pendant ce dernier enfermement. Commençant à connaitre le penchant impatient de la souveraine des lieux, je me redresse avec toute la grâce d’un échassier arthritique et hoche la tête affirmativement.

"Oui, Eleana m’a expliqué au sujet d’imprégnation magique, je suis sincèrement désolée d’avoir pensée à tort qu’il s’agissait d’un enchaînement magique… habituellement ce genre de symptômes résultent ce genre de sorts… Je te présente donc mes excuses."

Attendant une réaction, un peu résignée quant à l’éventualité de me retrouver de nouveau à faire tapisserie, je mets soudain le doigt sur ce qui ne colle pas et mon cœur se serre de même que mon estomac, un frisson part de la point de mes orteils et termine son œuvre en hérissant le duvet de ma nuque.

*La magie… il n’y a plus de magie… impossible, pourquoi je n’arrive plus à établir le contact !*

Chaque mage est bercé depuis l’enfance par un lien qui l’unit à la force primaire de Runeterra, je me souviens avec douleur et désagrément de la première fois où l’on avait brimé ce lien qui m’unissait à la terre, et de la frustration de ne plus pouvoir user de mes sorts à leur pleine puissance… Encore que, personnellement c’était surtout l’impression lancinante de perte d’une amie, d’une ange gardienne qui était le plus pénible, j’en avait voulue à la ligue pour ça sur le coup, même si l’on m’avait prévenue et que j’avais donné mon accord. Et voilà que cette sensation à laquelle je m’étais plus ou moins habituée dans le contexte de l’institut se manifestait dans la forteresse, Syndra me parlait, et le doute se fit en moi.

*Est-ce elle ? Serait-ce donc les fameuses chaînes enfin ?*

Je fais rapidement le lien avec l’histoire de cette dernière, puis je rejette en bloc toute cette idée, c’est idiot à formuler mais… aussi puissante qu’elle soit, je pense que la jeune femme est parfaitement incapable de maîtriser totalement sa propre puissance, alors celle d’une autre… Tout n’est que force brute chez elle, déchainement, je comprends soudain quel est l’avantage que j’ai sur elle, j’ai reçu une éducation magique, je connais et manie parfaitement mes élans lumineux, même si une émotion vive peut parfois me faire fuiter légèrement, Syndra elle agit à l’instinct de manière désordonnée et brouillonne, seule l’incommensurable force qui est la sienne masque cette faille.

*La ligue alors… mais pourquoi censurer ma magie ici ?*

Je ne tiens pas à arrêter mon interlocutrice dans ce qui semble être un de ses très bon moments, et au seuil même d’une certaine entente entre nous bien que nos différences fondamentales de perception du monde ne ferons sans doute jamais de nous des amies, mais… Le problème est majeur.

"Il y a un problème avec la magie… j’ai perdu le lien j’ignore depuis combien de temps, mais c’est de plus en plus palpable… le ressent-tu aussi ?"
Comme pour répondre à mon inquiétude de plus en plus prenante, je sens un vacillement dans la structure même de la forteresse dont le sol se met à pencher. "Les pierres perdent leur cohésion !"

Cette fois je ne cherche absolument pas à cacher la peur dans ma voix, si Syndra ne maîtrise plus sa magie, alors c’est la chute assurée et avec elle des milliers de tonnes de roches, dont celles qui nous surplombent. Une réflexe idiot me fait me tourner vers mon sceptre et courir dans sa direction pour le saisir, je m’apprête à lancer un sort de bouclier sur la souveraine déchue et moi-même lorsque je me souviens que je ne peux plus.
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Jeu 13 Oct - 13:14
Qui es tu, perchée là haut ? Une ombre planant au dessus des terres, tel un rapace géant prêt à fondre. Une souveraine suivie par aucun ou presque, rêvant de grandeur et de hauteur,, repoussant l'échéance en recherchant la puissance... Mais condamnée à devoir l'utiliser, encore et encore, jusqu'à l'épuisement, à extérioriser toute cette magie, faute de quoi elle s'accumulera au point de te faire exploser toute entière. La colère te protège, prenant le pas sur ta raison lorsqu'elle sent que trop d'énergie s'est accumulée en toi, et te force à l'évacuer violemment.  Mais chaque jour qui passe te demande de passer plus d'effort dans cette magie, qui elle, ne demande qu'à grandir, qu'à se nourrir, et s'accumule en moi de plus en plus vite, au point que les instants de répit, d'épuisement, sont de plus en plus rares.

Sans doute les anciens avaient-ils raisons. Sans doute étais-tu un danger pour ta famille, tes amis, ton foyer, tout ce que tu connaissais. Et t'enfermer dans ce temple était réellement une solution, la preuve : tu t'y enfermes seule désormais, et te coupe du monde un peu plus à chaque instant, repoussant violemment tous ceux qui pourraient tenter de t'apporter de la visite dans cette cellule que tu maintiens en cohésion avec tes propres forces, pour les empêcher d'exploser la face du monde.

Tiens, elle te tutoie, maintenant ?


Comme une enfant boudeuse, aux émotions trop immatures pour être capable de formuler des excuses, mais demandant quand même le pardon, Syndra silencieuse en écoutant les paroles de Luxanna. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû s'énerver comme ça. Elle avait failli la tuer, pour une simple erreur d'interprétation. Eleana lui avait expliqué, en l'aidant à se sécher et se changer après son passage dans le lac, de quels "symptômes" parlait la demoiselle. Comme à son habitude, son attitude parfaitement calme parvenait à tempérer son caractère, et la ramener vers plus d'équilibre, elle qui était tel un gaz des plus instables, prêt à exploser au moindre choc. Mais pour le moment, elle se sentait étrangement calme. Faible, après tout ce déchaînement, mais calme. Elle finit par murmurer d'une petite voix, rien à voir avec l'habituel force magique que ses cordes vocales elles même utilisaient pour résonner en temps normal.

" Je n'aurais pas dû m'emporter. Désolée de t'avoir blessée. Je ne me maîtrise pas toujours, mais ça n'est pas une excuse et... Je suis désolée "


Ses mots portaient une lourdeur, venue de loin. De toutes les fois ou sa colère, sa magie, les deux - puisque ces deux choses étaient si étroitement liées qu'elles ne formaient plus qu'une, puisque sa colère lui donnait de la puissance, et que sa puissance la forçait à exploser -, avaient pu blesser ou tuer des personnes, sans qu'elle ne l'ait voulu. De ces raisons qui avaient poussé les autorités à l'isoler du reste du monde, et à lui prendre la seule chose qui la rendait heureuse. Peut-être à raison.
Etait-ce le peu d'habitude de présenter ce genre de mots, qui agissait ainsi sur elle ? Elle ne s'était jamais sentie aussi... calme et faible à la fois. Comme si l'océan grondant en pleine tempête, qu'elle était usuellement, s'était simplement résorbé jusqu'à un mince ruisseau s'écoulant doucement après un jour de pluie. Elle soupira, en commençant à marmonner quelque chose concernant des bleus et comment les soigner, lorsqu'elle fut coupée par les paroles de la jeune femme

Un problème avec la magie ?

A peine eut-elle dit ça qu'elle senti quelque chose vaciller. Ouvrant grands les yeux, qui d'ailleurs, n'avaient plus rien de leur lueur violine, elle réalisa qu'elle ne ressentait plus les mouvements, les pierres, les éléments qui constituaient toute la forteresse qu'elle gardait dans les cieux. Un sursaut la força à se concentrer, alors que tout basculait - fort heureusement, il n'y avait ici rien à renverser -, tentant de reprendre le contrôle. Lourd... Trop lourd, trop complexe, rien ne tenait. L'effort était surhumain pour garder le bâtiment en cohésion et empêcher les milliers de pierres et de roches le constituant de se désagréger et de simplement tomber des kilomètres plus bas. Tout son corps en tremblait, alors que la panique la gagnait, face à l'incompréhension. Cette faiblesse, elle n'en avait pas senti de telle depuis... Depuis que son maître l'avait privée de sa magie. Mais à l'époque, elle était bien moins puissante, et c'était progressif. Là, en quelques minute, tout avait disparu, et son monde s'écroulait aussi vite que sa forteresse !

Et tout cela la rendait incapable de garder son calme. Pourquoi... Pourquoi était-elle privée de ce qui faisait tout en elle...

" Je... vais pas... tenir " articula-t-elle difficilement alors qu'il était visible, à tout son corps tendu, qu'elle était dans un état de concentration si extrême que ses muscles en tremblaient, et qu'elle s'épuisait aussi vite qu'un sprinteur en pleine course. La forteresse tremblait, vibrait de toute part, et si elle n'avait pas encore commencé à tomber en chute libre, et maintenait toujours une certaine cohésion, elle était en tout cas rapidement en train de descendre, promettant un atterrissage difficile à tous ses occupants. Elle avait le sentiment d'être dans un maelstrom, et que toute sa magie était immédiatement aspirée vers le centre de celui-ci.

L'un des murs qui protégeait la pièce ou elles se trouvaient s'effondra, laissant un trou béant dans toute une façade, vers le vide. Le vent s'engouffra immédiatement, faisant chuter la température en un clin d'oeil.

Sa voix résonna autour, bien qu'elle sembla cette fois lointaine et faible. Ordonnant à chacun de venir au niveau du lac. A peine ces mots prononcés, elle attrapa le poignet de Lux, pour l'entrainer vers les escaliers, avançant avec autant de difficulté que si elle avait réellement porté tout le poids de sa forteresse sur son dos, mais maintenant toujours la forteresse dans une certaine mesure, aidée par la puissance qui se formait directement en elle, alors que tout l'extérieur était privé de la moindre parcelle de magie. Quatre personnes se tenaient là haut, en panique. Eléana même avait perdu de sa contenance, et trois hommes, l'un que Lux avait déjà pu croiser, deux autres inconnus. La forteresse, elle, continuait de descendre vers le sol, assez lentement pour supposer qu'elle était toujours sous un certain contrôle, mais assez vite pour savoir que l’atterrissage, qui se rapprochait de minutes en minutes, et peut-être même en secondes désormais, allait être brutal.

Et enfin, le moment fatidique arriva. Un immense bruit secoua les environs, faisant trembler le sol, et créant une violente onde de choc. Mais qui étrangement, n'atteignit aucun des occupants de la forteresse clouée au sol, si ce n'était un peu d'eau venue du lac extrêmement agité par les remous.

Tous se trouvaient à deux mètres au dessus de celui-ci, en suspend dans les airs, alors que Syndra avait, dans la dernière seconde de chute, abandonné le controle de l'immense structure de roches, pour concentrer le peu de magie qu'il lui restait à faire léviter ses occupants pour les protéger de l’atterrissage brutal. Lévitation qu'elle ne maintint pas plus de quelques instants, avant de les faire retomber avec autant de délicatesse dont elle était capable - plus beaucoup - sur la roche qui entourait le lac. Elle même tomba à genoux, une main posée sur le sol, haletante et tremblante. Son masque de pierre s'était relevé sur son front dans sa chute, et son regard était bien visible, toujours rempli de panique et d'incompréhension, alors que tout son édifice se tenait désormais comme les restants d'une catastrophe naturelle, ayant rendu les sorties impraticables et éboulées


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Luxanna Crownguard
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Mar 25 Oct - 14:08
Ce rp se termine sur les évènements du rpcb histoire qui débute l'acte II, voir dans les événements pour les explications, en ce qui concerne nos protagonistes en rp,
la suite, c'est par ici:

Pour Lux :

Institut nocturne avec Katarina et Jarvan.

Pour Syndra :
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