/! Activer les pop-up lors d'une arrivée de MP pour écouter la notification sonore :) Modifiable dans mon profil/!

Rien de personnel... [pv Graves]

 :: Runeterra :: Noxus :: Bas-fonds Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Evelynn
~Fais moi mal~
avatar
Féminin
Messages : 113
Date de naissance : 30/08/1986
Date d'inscription : 13/11/2015
Age : 30
Localisation : Un peu partout
Emploi/loisirs : Assassinat
Mer 16 Déc - 18:11
Evelynn se fondait dans la nuit noire comme un fantôme, pratiquement silencieuse, on entendait parfois le bref claquement d'une lanière de cuir qui se déroulait dans l'air vif du soir, se mêlant aux bruits des cordages qui frappaient les longs mâts des bateaux au rythme du zéphyr. Le corps soigneusement emmitouflé dans une grande cape brune d'aspect rapiécé, son halo de cheveux roses désordonnés plaqué sur le crâne par la large et lourde capuche de laine, qui dissimulait son visage aussi bien que n'importe quel masque, elle poursuivait sa marche avec vivacité parmi les autres silhouettes louches qui se concentraient dans cet endroit précis des docks de Noxus.
La faune alentours était variée, marins, voleurs, mercenaires, filles à l'affection négociable, joueurs, petits escrocs et autres éminents membres légèrement en marge de la société. La faiseuse de veuves sourit, elle aimait l'atmosphère de joyeux et dangereux capharnaüm de ce genre de lieux, même dans une ville aussi policé que Démacia il existait toujours une brève enclave de non loi dans laquelle la lie de l'espèce humaine se vautrait avec un plaisir non dissimulé, attirant même pour de brefs instants ceux qui condamnaient son existence en public et qui pourtant se réjouissaient en secret de l’opportunité de pouvoir faire sauter la soupape du verni civilisé pendant quelques heures. Mais là on était à Noxus, et l'enclave s'étendait même dans plusieurs quartiers de la ville, enfin une cité ou il faisait bon vivre et qui offrait de vrais amusements et de belles opportunités pour qui se classait dans la catégorie chats plutôt que souris au moment de la distribution des rôles.
L'assassin bleu s'accorda une pause brève dans une encoignure de porte, son regard jaune dardant ses iris de feu sur l'établissement qui répandait, pas nécessairement dans l'ordre, la fumé de différents tue poumons, des cris de douleur et de plaisir, des rires, une lumière chaleureuse, et des poivrots imbibés dans le caniveau ou plus loin pour ceux expulsés manu militari par l'armoire à glace qui servait de videur, bref un lieu parfait ou dépenser son argent quand on avait le goût pour les endroits trépidants et débordants de vie.

*La vie, pas pour longtemps cependant, mon chéri, il est l'heure de payer pour ton outrecuidance, ta tête va voler, fait moi confiance...*

Evelynn se glissa en catimini dans la ruelle qui bordait le 'chaton lubrique', une des choses à savoir sur les assassins c'est qu'ils rentrent rarement dans un endroit par les ouvertures prévues à cet effet. Avisant une lucarne ouverte, la tueuse grimpa rapidement sur le mur suintant de gros moellons et se saisie du rebords. Une traction et quelques contorsions plus tard, elle se laissa tomber souplement dans une chambre dont les occupants endormis en tas bienheureux ne soupçonnèrent même pas son passage. Dans le couloir elle croisa un soiffard égrillard qui reconnaissant sous la cape des formes féminines entreprit de lui demander son tarif, un bref Aarg plus tard, il se tenait l’entrejambe en gémissant et pouvait s'estimer chanceux, si un décès n'avait pas risqué d'attirer l'attention il aurait récolté une remontrance bien plus définitive. Une fois arrivée au solide escalier de bois qui montait de la salle principale jusque dans les chambres, la jeune femme s’accouda nonchalamment à la balustrade et sembla disparaître dans la fumée.

*Alors petit cœur, ou te caches-tu, en pleine lumière je pari, à jouer au flambeur, éternel m'as-tu-vu, mais ceci est ta dernière sauterie*

Un rire plus puissant que les autres vrilla les tympans de la faiseuse de veuve, ses yeux forcèrent le nuage de fumée nicotinique et découvrir la joyeuse créature responsable de ce bruit. Grand, fin, portant un bouc soigneusement taillé, le sourire étincelant derrière la moustache pointue, ses yeux bleus brillants comme des saphirs, le joueur blond tenait une bouteille de bière d'une main, le postérieur d'une fille de l'autre et semblait passer un excellent moment en compagnie de plusieurs hommes du même acabit.

*Sale petite pourriture...*

Evelynn plissa les yeux et malgré sa colère ne se précipita pas, Nikedim était méfiant, sous son apparence débonnaire se cachait un esprit tranchant comme un rasoir et plus tordu qu'un tire bouchons, sans compter les réflexes de serpents de cet escroc aux multiples talents, dont celui de dissimuler un peu partout des lames de lancer tout aussi redoutables que la fine épée qui lui ceignait la taille.
Lentement elle dévala l'escalier au milieu des courtisanes et de leurs clients qui montaient dans les chambres, elle se glissa de tables en tables avec l'assurance silencieuse d'un chat en chasse. Il n'était plus qu'à quelques mètres à présent, espace qu'elle traversa en un éclair, prête à lacérer avec un bonheur non dissimulé ce dos qu'elle avait autrefois caressé, sa main se leva, sa main s'abaissa et rencontra...
… du bois! L'assassin poussa un cri de surprise, de douleur et de frustration mêlée, la situation avait tournée aigre en un instant. La lourde table ronde venait d'être renversé par sa cible pour éviter un projectile tiré par un cigare rougeoyant derrière un fusil, le bang! avait retenti avec force dans la grande salle, arrachant de grosses échardes de bois au bouclier improvisé et démarrant presque aussitôt débandade et bagarre générale dont le blond profita allègrement pour s'enfuir.
Dégageant le bout de sa bottine de sous le lourd plateau de chêne qui venait de l'écrabouiller, l'assassin furieuse se débarrassa de sa cape et bondi avec le manque de grâce caractéristique de qui se demande s'il n'a pas un os du pied cassé, dans la direction de la cible... Mais c'était peine perdue, elle du se baisser pour éviter un coup de pied de chaise visiblement destiné à quelqu'un derrière elle, et empoigna un gringalet qui passait par là comme bouclier contre une lame adroitement lancée dans sa direction.

"Nikediiiiiiiiiim!"

Elle avait hurlé le nom avec haine, il ne se retourna même pas, pas fou, il savait à qui appartenait cette voix. Ils progressèrent en direction de la porte, la tueuse écumait en taillant son chemin dans la cohue, défigurant définitivement un malchanceux sur sa route d'une griffure nonchalante, envoyant au tapis un autre indigent d'un ongle tranchant dans la carotide, mais la cible avait déjà atteins la sortie et disparaissait dans la nuit plus vite que les projectiles lancés à sa poursuite qui ricochèrent sur les pavés comme des abeilles furieuses.
Passant sa rage sur un crétin à porté en l’envoyant dans un autre monde, Evelynn se tourna vers la haute silhouette et son fusil, qui semblaient tout comme elle nullement concerné par l'agitation autour, comme s'ils évoluaient dans un décors ou seul avait compté la proie échappée.

"Toi!" Cracha t'elle. "Tu viens de commettre la dernière erreur de ta vie!"


http://i86.servimg.com/u/f86/19/34/51/86/215aea10.jpg
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar
Invité
Sam 14 Jan - 21:59
La porte d'un pub s'ouvrit brutalement. Le pianiste enjoué avait les doigts suspendus dans le vide et tremblants, le barman arrêta d'essuyer sa chope. Plus un bruit au sein de la taverne noxienne, tandis que la porte se referma. Le fusil dans une main, je tirai une latte de mon cigare de l'autre, puis écrasai celui-ci contre le mur : il arrivait au bout, de toutes façons. La musique reprit doucement, avant de reprendre la même assurance qu'avant. Je m'attelai au bar, mon joujou adossé contre et à portée de main.

- ça sera quoi pour toi ?
- Dis-moi que t'as quelque chose de buvable, j'en ai marre du vin démacien...il te reste des larmes de Kraken ?
- Pour un premier verre, t'aurais pu prendre moins fort, mon gars.

Le verre glissa sur le comptoir, verre que je rattrapai au passage. C'était un alcool très fort qui provenait uniquement de Bilgewater, et l'on disait souvent que seuls ses habitants pouvaient boire ce breuvage sans faire aussitôt de comas éthylique. Mon voisin me dévisageait depuis plusieurs minutes déjà, et il avait bien raison : je n'étais pas venu ici pour me détendre et boire un simple verre.

Il y avait dans les parages un type recherché qui avait une grosse prime sur la gueule. C'était un escroc, un voleur, qui adorait le jeu. Ah, si c'était Tobias, je ne serais pas aussi décontracté. Il commençait à se faire une assez bonne réputation, paraissait-il : parfait, encore un à qui briser ses rêves serait une partie de plaisir. Je n'avais pas beaucoup d'information sur ce type, et ça allait vachement m'entraver. D'après les ouïs-dire - surtout parvenues après avoir sorti les crocs -, la cible était assez grande, l'air provocateur, et jouait beaucoup. Tandis que je fracassai mon verre sur le bar, j'entendis un rire qui me fit grincer des dents : l'espace d'un instant, j'aurais juré que c'était Tobias que j'avais entendu, mais quand je tournai la tête, au fond du bar, j'aperçus un groupe autour d'une table, mais l'un d'eux attira plus mon attention : il avait l'air bien installé, en tout cas. Mon intuition laissait croire que c'était lui. Il avait l'air d'être occupé : bon timing.

- Tu peux garder la monnaie, lançai-je au barman en même temps que deux serpents d'argent.

Il fallait agir rapidement, surtout avec ce genre de personnes. Aussitôt, je saisis mon arme à deux mains et tirai dans sa direction. Autant la détonation fit pas mal de boucan, comme à ses habitudes, mais mes balles rencontrèrent une table : je pestai. L'ambiance bascula rapidement, entre les chaises volantes et les bouteilles fracassées. La cible s'élançait vers la sortie, mais il fallait d'abord passer par moi : je tirai une seconde fois, mais il évita gracieusement mon tir. Eh merde, il fallait recharger : d'ici là, il aurait filé. Je tentai tout de même le tout pour le tout. Afin d'avancer plus vite, et aussi pour éviter une bouteille projetée vers moi, je roulai en avant, tout en rechargeant le plus vite possible : une fois en position, la porte était déjà ouverte. Dans mes espoirs, je tirai quand même, sans doute dans le vide, je le savais.

Désormais redressé, je réalisai à quel point je détestai ce genre de guignols. Toujours une carte dans leur manche pour s'enfuir rapidement. Tandis que je m'allumai un autre cigare, j'aperçus au coeur de cette bagarre une silhouette féminine qui s'approchait de moi.  

- Toi! Tu viens de commettre la dernière erreur de ta vie!

Ah, donc je n'étais pas le seul à vouloir sa peau...? Hé mais, c'était à moi qu'elle parlait. A en lire la colère dans ses yeux, j'allais certainement passer un sale quart d'heure.

- Oh là ! Tu calmes le ton, hein ! Je pensais pas qu'il filerait aussi vite.

Je m'attendais déjà à finir égorgé contre le bar, mais par je ne savais quel miracle, je pus vivre quelques heures de plus.

- Dans tous les cas, ça ne sert à rien d'étriper les gens. Continue à t'amuser, moi je vais le chercher.

Le fusil dans la main gauche, je tirai une autre latte, tout en me dirigeant vers la sortie. Il n'allait pas s'en tirer aussi facilement, et j'avais de la chance : celui-ci n'avait pas la capacité de se téléporter instantanément.
Invité
Revenir en haut Aller en bas
Evelynn
~Fais moi mal~
avatar
Féminin
Messages : 113
Date de naissance : 30/08/1986
Date d'inscription : 13/11/2015
Age : 30
Localisation : Un peu partout
Emploi/loisirs : Assassinat
Lun 6 Fév - 17:00
10 secondes, 3 pour se remettre de l’étonnement de se voir parler sur ce ton par cet abruti au cigare malodorant, 2 pour prendre une décision quant à quoi faire de son sort, 3 autres pour afficher un sourire carnassier aux dents longues, une lueur mauvaise dans le regard, et enfin les deux dernières pour faire demi-tour et repartir à la chasse au joueur tout en lançant d’une voix venimeuse une sentence qui portait bien son nom.

"Je m’occuperai de ton cul après, tu ne paies rien pour attendre…"

Les dents serrées, claudiquant toujours un peu à cause de la table ayant écrasée une partie de ses orteils, Evelynn s’élançant sans plus de manière au dehors, humant l’air de la nuit avec un sourire qui allait s’agrandissant, finalement ce n’était peut-être pas plus mal qu’il se soit échappé, ainsi… la chasse était ouverte ou des prédateurs poursuivaient le gibier le plus intéressant qui soit… l’homme. La ciblé était maligne, c’était bien ce qui faisait son charme, encore qu’il ne soit qu’une pâle copie d’un original bien plus exotique et grandiloquent dans ses habits de dandy et son masque moqueur de vil voleur au coin des lèvres.

*Mais cette mascarade, il est temps de faire cesser, à l’aide de ce camarade, qui n’était pas invité.*

Alors qu’elle disparaissait dans les ombres, se fondant dans la brume du soir qui se déposait lentement dans les rues, la faiseuse de veuve ouvrit les oreilles et poursuivit sa traque patiente, les sons de course, le halètement lent d’une respiration devenant sifflante par moment. Elle pouvait presque visualiser les artères gonflées du sang circulant à toute vitesse dans l’organisme paniqué… délicieux. Il savait qu’elle était là pour lui, il savait qu’il ne s’en tirerait pas sans souffrances, il savait qu’il avait fait son ultime erreur, et pourtant il persistait à vouloir fuir et tenter de sauver sa vie de pleutre… Un de ces noxiens et leur manière de révérer la force aurait trouvé cela pathétique, l’assassin trouvait cela palpitant… pour elle.

Mais ne répondait à la question secondaire de la traque : *Que faire du gros abruti au fusil ?*

La réponse vint rapidement, se servir de lui pour distraire l’autre, Nikedim était une vrai mangouste, agile et retord, il ne reculait devant aucun stratagème, aucune ruse, aucune méthode pour parvenir à ses fins, si un certain modèle était plutôt un gentleman, celui-ci marquait là sa différence en étant un tueur implacable et froid lorsque l’on regardait au fond de ses pupilles… Délicieusement charmant… quel gâchis, tuer un si bel animal, avec monsieur cigare en sus pour le dérangement évidement.
Toute à ses réflexions, elle perdit plus ou moins la piste au détour d’une ruelle qui s’enfonçait entre des maisons si étroitement proches qu’elle finissaient par se toucher et former un tunnel qui s’arquait dans la rue jusqu’à finir dans l’un de ces dédales souterrains dont Noxus avait le secret.
Prudente, Evelynn contourna soigneusement une charrette pleine de chiffons, à moins que ce ne fussent des cadavres, pour continuer dans la direction de l’antre des égouts.
C’était sans compter sans l’animation soudaine du tas de tissus qui reparti à fond de train dans l’autre sens après avoir certainement entendu les talons transperçant de la dame claquer sur le pavé.

*Pas vu pas pris, pris, pendu, qu’elle fichu idiotie, ces foutus cliquetis maudite coquetterie et son cortège de conneries.*

Cela dit le barbichu avait commis une vulgaire erreur, car il se précipitait tout droit dans les bras de monsieur boumboum et son gros canon, qui étaient restés un peu à la traine derrière. Du moins l’espérait-elle, il allait pouvoir se rendre utile, s’il n’était pas trop bête. Ne résistant pas à la tentation de porter le coup de grâce sans priver son ancien amant d’une ultime vision de sa personne, elle se remis à marcher sans son cortège d'ombres, d’un pas plus lent cette fois, tout en fredonnant une petite comptine dont elle avait modifié les paroles.

"Un, deux trois, je suis derrière toi !
Quatre cinq six, avec tous mes vices,
Sept huit neuf, briser ton crâne d’œuf…
Nikedim, chéri... tu sais que tu me fend le cœur..."


http://i86.servimg.com/u/f86/19/34/51/86/215aea10.jpg
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar
Invité
Jeu 9 Fév - 22:32
Le bar était sans dessus-dessous, un brouhaha pénible s’élevait dans la salle, rythmé par les coups et les brisures de bouteilles. Malgré tout, je n’entendais plus la chaude ambiance qui régnait : mon regard fixait la porte ouverte depuis quelques instants déjà. Il avait filé, mais j’avais une chance de le rattraper. Enfin, c’était plus facile à dire qu’à faire : je m’apprêtai à chasser en terre inconnue et, avec toutes les ruelles qui reliaient les bas-fonds, j’allais certainement me perdre. Eh voilà ! encore un butin qui s’évapore ! Une lumière traversa alors mon esprit : la jeune femme qui avait failli me tuer tout à l’heure devait connaître les moindres recoins de Noxus.

- Au fait, tu saurais pas où il aurait pu…Hey, attends !!

A peine avais-je cligné des yeux que l’ombre se faufila à travers la sortie. Il ne fallait pas traîner : aussitôt, le fusil en main, je m’élançai au-dehors du bar au pas de course. Hélas pour moi, je la perdis déjà de vue, mais il y avait bien une chose que j’avais retenue : quand on poursuivait quelqu’un – surtout un certain dandy chaussé comme une courtisane –, il fallait tendre l’oreille. Le claquement de ses talons sur le pavé provenant d’une ruelle en particulier me parvint : bingo.

Je fonçai donc dans cette ruelle, à l’écoute des pas de ce qu’on pouvait temporairement qualifier de « complice » : on traquait la même personne, donc bon. Une chose de certaine, le fugitif avait la manie de prendre un chemin difficile d’accès ; décidément, plus rien ne m’étonnait. Je débouchai sur une ruelle un peu plus large, quand quelque chose de curieux et fortement prévisible se produisit : le contenu d’une charrette bien garnie – l’obscurité ne me permit pas de déterminer ce qu’il contenait – s’éparpilla soudainement, comme propulsé de l’intérieur, et une silhouette en sortit. A mesure qu’il se rapprochait de moi, un rictus se traça sur mon visage : jackpot. Regardant derrière lui et souriant de triomphe, il mit quelques secondes pour apercevoir mes deux canons chargés et pointés vers lui. L’enjôleur de service s’arrêta brusquement, les yeux braqués sur mon bijou.

- Alors, lançai-je tandis que je m’avançai lentement vers lui, on est content parce qu’on a semé la minette ?

La fraction de seconde qui suivit, il s’arma de dagues qu’il projeta aussitôt dans ma direction : le seul pitoyable réflexe que je pus avoir était d’utiliser mon fauve d’acier comme d’un bouclier. Je serrai les dents quand je m’aperçus que l’une d’entre elles raya ma crosse en bois poli et verni. Au même moment, quand je relevai la tête, il s’élança vers moi, davantage armé : il dût juger que j’étais une menace bien plus insignifiante que la donzelle qui le coursait. Le fusil toujours devant moi, je saisis une grenade fumigène, en arrachai la goupille avec les dents et la balançai juste devant moi. La fumée explosa dans un bruyant fracas et emplit rapidement toute la ruelle. Contrairement à monsieur, j’en avais l’habitude : pas besoin de tousser pendant trois jours et de plisser les yeux, pour moi, ça n’était que de la fumée. Cela dit, cette dernière était très opaque : impossible de voir clairement. Il fallait se baser sur l’ouïe. Alors, l’espace d’un instant, mes yeux se fermèrent, et un son me parvint, celui de talonnettes sur le pavé. Mon sixième sens me permit de saisir un bras, mais, le temps de plaquer la personne contre le mur, je m’aperçus que ça n’était pas la bonne.

- Quoi, encore là, toi ?

Pas le temps de se perdre en discussion : je l’entendis filer à l’opposé de nous. Aussitôt, je chargeai mon fusil et me mis en route. Ce guignol continuait de filer de ruelles en ruelles, sautait par-dessus des caisses ou des barrières, le tout pour me barrer la route. Pas de bol, un tir de mes canons et son plan volait en éclat. Je n’avais pas de temps à gaspiller à faire des cabrioles et d’ainsi le perdre de vue. Enfin, à force, oui, je l’avais perdu de vue, mais j’entendais toujours ses pas. De la fumée sortait de mes narines, n’ayant hélas pas eu le temps de tirer une latte avant. Soudain, les pas s’arrêtèrent : je ralentis ma course.

Je me trouvai dans une petite rue, trop large pour être considérée comme une ruelle, qui était coupée par plusieurs petits chemins qui longeaient les bâtisses. Des candélabres étaient parsemés çà et là, ce qui permettait d’avoir un minimum de visibilité. Rien. Personne. Pourtant, il ne devait pas être bien loin, vu que j’étais sur ses talons. Je soupirai longuement et caressai ma barbe en signe de réflexion. Mais où diable était-il passé ?!

- Toi, m’entendis-je murmurer, je sais que t’es dans le coin, tu peux pas te téléporter, pas comme cet abruti de…

Une idée m’apparut : qu’aurait fait Twisted Fate s’il n’avait pas le temps de se concentrer pour se téléporter ? Certainement que sa couardise lui aurait recommandé de se cacher quelque part : le temps de le trouver, et il aurait disparu. Je rasai donc les murs, la bête de poudre et de feu braquée dans chaque ruelle. Soudain, alors que je fouillai dans chacune d’entre elles, le bruit de pas reprit : je me retournai aussitôt et ne pus apercevoir que cette ombre sensuelle qui s’était lancée à sa poursuite. Un léger sourire étira mes lèvres, le temps de souffler un panache de fumée et de repartir en chasse. S’il y avait bien une chose qu’un homme ne devait surtout pas faire, c’était bien de s’attirer les colères d’une femme. Qu’elle fût douce comme une brebis ou combattive comme une louve, elle finirait toujours par obtenir ce qu’elle convoitait. Je me demandais d’ailleurs la connerie qu’il dût commettre, mais en y réfléchissant bien, vu la bonne compagnie qu’il avait au pub, la réponse était claire. Enfin, tout cela ne me regardait pas. Là, j’avais assez à faire avec une prime qui me glissait des doigts. Quand je parvins enfin à la revoir de loin, je m’arrêtai : plus rien ne semblait bouger, ni elle qui saisissait son col de ses griffes, ni lui qui, sans trop d’option, avait fini sa course plaqué contre un mur. Je préférai me tenir à l’écart : ça avait l’air d’être sacrément important pour elle, et, à mon avis, j’avais déjà grillé mon quota de jokers avec l’ombre. Il ne manquait plus que je ne lui gâchasse l’occasion de lui donner personnellement une bonne correction.
Invité
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en hautPage 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Rien de personnel, c'est juste pour le boulot. [Catwoman]
» [Rp Combat - Drak vs Misto ] Ce n'est rien de personnel
» Rien n'égale la soupe au giraumon de ma mère.
» Il n'y a rien de nouveau sous le soleil Lavalas
» Quand Steven Bénoit ne trouve rien à dire

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Valoran's Battlefront :: Runeterra :: Noxus :: Bas-fonds-
Sauter vers: